Les évènements familiaux à Oran
Un récit raconté par Roger Alfonsi avec sa verve coutumière

C'était il y a longtemps, et même tres longtemps, ni Jean Claude, ni Hubert des Hauts Plateaux n'étaient programmés et donc INCLONABLES comme on dit aujourd'hui; bon pour ceux qui ne me connaissent pas c'était dans les années 30 .

Ce qui va suivre se passait dans notre bonne ville d'ORAN autour du quartier St PIERRE, Rue d'ARZEW premiere deuxième et troisième arcades comme on disait alors .mais aussi ailleurs .
Baptême.
Comme je ne suis pas capable de vous raconter mon Baptême, je vous raconterai ceux auxquels j'ai assisté . Nul n'ignore qu'apres la naissance c'est l'évênement marquant d'un individu de quelques religions à laquelle il appartient .
Dans le milieu plus que modeste auquel j'appartenais; mais cela pouvait se vérifier chez d'autres il était important de fêter l'évênement avec le plus grand apparat , toute la famille même celle que l'on n'avait pas vue depuis des lustres était invitée .
Pour l'occasion il fallait que l'on puisse voir, et étaler ses atours, bien garnir le buffet, fleurir les tables sans oublier l'eternelle PIECE MONTEE, c'est à elle que se jugeait l'aisance des parents mais vous l'aurez bien compris, cela n'était que " PIPO " .

Première Communion
Pour la Première communion Deuxième évênement ITOU au precedent mais un cran au dessus, le communiant pour l'occasion cette fois c'est de moi qu'il s'agit et je m'en souviens encore on avait cassé la tirelire dans laquelle il n'y avait rien, mais exhumé quelques billets d'entre les draps vous ne savez pas mais les collectionneurs peuvent en attester, ils étaient presque aussi grands que les BILOCHAS que nous faisions monter au ciel depuis le Stade TURENNE, devenu plus tard le Lycée ALI CHEKKAL .
Mon habit avait été taillé dans un Coupon de Soie acheté chez DARMON, et ma Mother l'avait coupé ,surfilé, piqué...Le Brassard lui aussi en SOIE m'avait été offert par ma Marraine, c'était la tradition .Photo COLORISEE de chez ( Je ne souviens pas du nom, mais c'était Bd du 2° ZOUAVE au 1° ETage avec FLASH, ( Une poudre qui s'enflammait ) OUAI c'est VRAI . Comme il fallait en imposer le MISSEL ( que je n'ai jamais ouvert ) était recouvert de Basane, mais, le clou c'était le CIERGE .
Un Cierge bon c'est de la cire, et une mêche ...et bien non ce n'était pas que ça, il fallait toujours en mettre plein la vue, alors il avait été acheté chez le fournisseur préconisé par monsieur le CURE de ST ESPRIT a savoir le marchand de BONDIEUSERIES de la rue de la BASTILLE : vous allez comprendre pourquoi .
Et bien ce Cierge; comme ceux achetés par mes petits, et petites camarades était grand, Gros, et SCULPTE, de Roses et d'arabesques, entouré à la base d'une feuille d'Etain, il devait couter bonbon, mais il fallait qu'il en soit ainsi " AMEN " .
Comme j'étais, et suis resté toujours curieux des choses de la vie - voyez je suis passé du Mac à WINDOWS, et demain qui sait ..? - je m'étonnais que ces beaux cierges ne soient pas brulés aux pieds de la VIERGE de l'IMMACULEE etc ...de St ANTOINE, et pourquoi pas de St JOSEPH, et de bien d'autres, j'avais flairé le SCHMILBLIC d'alors, et observé que seuls les cierges Rachitiques, Tordus, Jaunis, Tronqués etc ...étaient brulés, les autres, ...ils retournaient moyennant finance de là ou ils venaient. ( Le mouvement perpétuel en somme ) .
La veille de l'évênement j'avais comme tous les autres du reste,rangé mon STACK, mon CANIF, à trente six lames, tire bouchons, Scie etc ...mes secrets, la Photo de ..... Chut etc ..dans la Boite à chaussures de chez BATA, et rendu la liberté au CAMELEON trouvé sur le Figuier de CANO.
La fête elle aussi rassemblait beaucoup de monde, et cette fois DEUX pieces MONTEES. et oui toujours en imposer, la règle . Même les petites Images Pieuses que j'offrais moyennant quelques piecettes étaient bordées d'un petit galon Doré ....

Le Mariage
Les Mariages, alors là le CLOU, le mien à été on ne plus discret alors autant décrire celui d'un de mes cousins .
D'abord les Fiançailles elles se fêtaient mais sans plus, le Grand jour par contre celui ou il fallait prononcer le OUI fatidique pour quelques fois le pire, était digne de celui de la QUEEN ELISABETH .
D'abord il fallait retenir la plus Belle Salle, il y en avait quelques unes de chouettes, j'ai le souvenir d'un Grande qui se situait en Face de la C° des EAUX à la Marine, juste au bas de la promenade de LETANG . elle ressemblait à une construction BALTARD ça ne devait pas être donné .

ROBLES, et ses Fiacres, Dynastie sans partage pour Mariages Déces, et autres .car un Mariage sans les FIACRES de chez ROBLES, ça ne vallait que DALLE .
En Hiver le FIACRE, à la Belle saison la CALECHE Découverte, des Fleurs en guirlandes, et la suite familiale à quatre épingles tous Beaux, Costumes tirés de la Naphtaline, Robes conçues et fabriquées par La couturière FIFINE à moins que ce ne soit la CONSUELO de quelque part, mais à la réputation établie, il fallait dire c'est FIFINE qui me l'a faite ...et ça en bouchait un coin .peut être deux ..?

Il fallait aussi s'attacher les services dun ORCHESTRE, le meilleur bien sur, mais quelques accordéonistes pas tres maladroits faisaient aussi l'affaire, mais c'était alors moins...Chic ..
La RIPAILLE, tout ce que l'imagination culinaire de nos MAMAS, TATAS, CONCHITAS,etc... était étalée, à volonté .Les eternelles Pieces Montées, encore plus couteuses que pour les évênements précedents et en abondance,il fallait que chaque invité puisse repartir avec un morceau de cette patisserie, pour .... l'AGUELA, ou l'AGUELO impotent qui n'avait pû venir, sans oublier les PELADILLAS, les vraies aux AMANDES, et teintées ... oui c'était plus joli .

Dans cette circonstance, il ne fallait surtout pas oublier d'inviter, le Chef d'équipe du Marié, ou son Patron, et la Mariee devait elle aussi ne pas oublier d'inviter le caissier Principal du magasin ou elle s'échinait Cinquante heures par semaine, pour se payer tout juste quelques douzaines d'escargots des Hauts Plateaux .

Il fallait toujours PARAITRE, c'était important,
pour un avancement, pour se faire respecter,
ou mieux se faire envier .

Que dire des Piques Assiettes, parasites sous toutes les Latitudes, qui se retrouvaient là comme la mouche dans le Potagé de CONSUELO .Critiques, comme toujours, mais qu'il fallait ménager, réputation oblige, et le bouche à oreilles ça aide .Ce qui a précédé était tres souvent l'objet de grands sacrifices financiers, et ma TANTE, Rue OZANAM était mise àcontribution ( Les anciens ne me contrediront pas . ) .les autres renseignez vous aupres de JC .

Les Funérailes.
Comme tout à une FIN, il me faut vous parler hélas de notre Fin de Vie à ORAN sous le regard blasé de notre Sainte PATRONNEde SANTA CRUZ .
Jusqu'en I942, il était courant de voir devant les immeubles ou était décédée une personne un immense Portique NOIR pour Adulte et Blanc pour Enfant avec l'initiale du défunt, et là aussi pour la mort il importait de PARAITRE, la Remise ROBLES, sous le Pont St CHARLES offrait tout un Service Impressionnant le plus souvent CORBILLARDS à Pompons, Draps Noirs tenus par la Famille, ou les proches, Caléches découvertes pour les Fleurs, il y en avait quelques fois plusieurs, Le FIACRE de Mr Le CURE, et de ses assistants, enfants de COEURS .

PARAÎTRE
Me remémorant cette époque j'en suis encore saisi par l'APPARAT et c'était plus souvent qu'on ne le croit le fait de gens pas nécessairement fortunés, mais la aussi il fallait le montrer .
Bien plus tard avant notre voyage au Pays de nos ancètres les GAULOIS ? ( Tu parles je suis 50 % CORSE 50% ANDALOU . ) mais pas le seul .j'ai eu à connaître les mêmes comportements et en particulier chez nos ENVIES COLONS de TEMOUCHENT, RIO SALADO, PERREGAUX etc.qui rivalisaient en s'offrant BUICK, LINCOLN, PLYMOUTH, quand ce n'était pas une MERCEDES 3OO SL , vous savez celle aux portes en AILES PAPILLON ....? ce qu'elle était belle .

Nous n'aurions jamais été de vrais LATINS - MEDITERRANEENS, sans que cela ne puisse se savoir,et donc se montrer, mais à ORAN c'était différent .c'etait à la puissance PLUS
En résumé nous étions sans le savoir encore des PIEDS NOIRS, ORANAIS.

Roger ALFONSI.



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