Une journée de la Mama


Elles ne sont plus la maintenant . .


Un peu partout probablement de MOSTA, MASCARA, SAIDA, et dans des coins plus reculés et à ORAN c'était la même chose .
Tôt levées le matin elles s'affairaient à la cuisine pour préparer dans la cafetiere au filtre en forme de chaussette, le Café du Chef, du mari quoi ... et les tasses pour les enfants, car il en avait toujours beaucoup .


Il leur fallait commençer par le dernier souvent quelques jours ou quelques mois, le torcher lui donner le sein, le faire roter, et le mettre dans les bras de la cadette , habiller, peigner, et surveiller qu'il n'y ait pas de LENTES du 3° ou 4°, et que l'ainé ait bien pris son casse croute dans sa musette .apprenti chez RENAULT c'est usant à 15 ans . et il faut de l'énergie .
Un peu avant huit heures il leur fallait conduire à la MATERNELLE les petites, revenir en passant par le MARCHE, marchander comme il se doit le Kg de CAVAILLAS, ou de SARDINES, mais aussi des CARAMELS, et autres BOGUES, les ROUGETS, BEZOUGUES, et PAGEOT c'était pour les jours de Fêtes .

Dés l'arrivée à la maison c'était la corvée, Battre les Tapis avec la TAPETTE, rien à voir avec autre chose ...! Aérer, et faire les Lits, vider, la TINETTE, laver le parterre, ranger, etc ...et surtout regarder si le BIDON de PETROLE n'avait pas besoin d'être renouvellé .
Rares était les familles modestes à disposer du GAZ de ville distribué par la C° LEBON, et fabriqué, en partie pres du Ravin de La MINA, ou à GAMBETTA, face à DUCROS .
Le menu n'était jamais ou presque programmé, c'était le MARCHE ou l'inspiration qui commandaient . la plupart du temps, la MAMA faisait un COCIDO, çà durait plus longtemps, et de plus c'était bon elle y mettait des Cardes des Petits Dés ( Pates des TAIBA ), une COUENNE, des BLANQUICOS des GUISANTES ( Pois chiches ) . et un Big Gros OS à Moelle .et quelques fois le COU, la Tete et les pattes d'une quelconque volaille .

Je me souviens du démarrage, des FOURNEAUX à PETROLE comme on les appelaient, des PRIMUS, Cylindriques, ou des AUER, de couleur Verte à 2 Feux .les ménages aisés avaient même le FOUR incorporé, et le FOURNEAU posé sur le POTAGER, terme employé, que nous appelons aujourd'hui, TABLE de TRAVAIL, ou PAILLASSE dans le midi .
Une petite FOURCHE de coton imbibée d'alcool à Bruler, venait entourer la Tête du brûleur enflammée, elle réchauffait la dite tête, et ensuite quelques coups de POMPES et ça se mettait à RONFLER, il fallait règler le débit, et quand ça se bouchait, il y avait alors un petit objet en tôle avec au bout un fin fil d'acier . le GICLEUR remplacé périodiquement .

Un peu avant 11 heures la MAMA allait chercher à la MATERNELLE l'Héritiere, mais dans ses bras et s'il y avait un peu d'aisance dans la maison une POUSSETTE pour la dernière, les autres revenaient de l'école par leurs prôpres moyens, non sans faire une partie de Billes avec les copains ou quelques Facéties du Moment, comme mettre des GRILLONS à l'intérieur de Balcons béants .ou flinguer un GORION avec le STACK . quand ce n'était pas les VITRES du voisin . celui-la même qui gueulait tout le temps .
Le repas se déroulait souvent autour d'une tablée, ou le Maître de Maison commençait par se servir le premier, en tirant de temps en temps sur sa BASTOS, ou une JOVER . la MAMA avait juste le temps de débarrasser la Table, qu'il fallait ramener l'avant derniere GINETTE à la MATERNELLE , la voisine était mise à contribution pour garder le BEBE.
Retour à la maison, la vaisselle dans une cuvette en Fer Galvanisé, et quelques éclats de CRISTAUX de SOUDE en raison de la salinité de l'eau , l'essuyage rangement etc ... Révision, des effets, raccomodage, des CHAUSSETTES du GASPARD, ( Le maître de Maison ) Les Pantalons étaient renforçés aux FESSES par une pièce rapportée, qui n'était pas non plus toujours assortie, mais l'essentiel c'est qu'elle supporte les séances de CARRICO, et Glissades.
Précision , même les familles modestes avaient la SINGER c'était le premier investissement familial et oh combien necessaire même que la ROBE de 1° Communion de FIFINE avait été cousue, la broderie elle ne savait pas le faire, mais cétait le Travail de l'AGUELA, qui marmonait dans la cour, pres du CANTARICO ( Gargoulette ) .
Repassage, et trempage dans la BUANDERIE Collective de la COUR du Linge, à lessiver le lendemain .Il y avait un tour de rôle fixé par le logeur .mais il était possible d'échanger son tour avec une voisine .les confusions et discussions fréquentes .étaient l'occasion d'envols de NOMS d'OISEAUX, et plus .
Le repassage d'abord la MAMA, allumait le KANOUN, avec des batonnets, et ensuite le charbon de bois acheté à l'épicerie ( Oui c'est l'Epicier qui vendait le Charbon, et les Hauts Bidons de 5 L de Pétrôle dûement scellés par la REGIE ). ... ( pas de petits profits c'est ETERNEL ) .pour l'ETAT FRANCAIS, Car c'était encore la FRANCE .
Il y avait toujours au moins 2 Fers au Feu, et un sur le Linge, la patte mouille et la feuille de Papier KRAFT qui servait à nettoyer l'outil, et de temps en temps un passage sur la BOUGIE .pour accentuer l'effet de glisse ...... un FARTAGE comme KILLY . (quand il skiait
) Le jour de LESSIVE, programmé par le Logeur permettait de disposer de la BUANDERIE, où le LINGE trempait depuis la veille, dans le FOYER toujours dans l'encoignure du Local il y avait le FOYER, sur lequel était plaçèe la LESSIVEUSE achetée chez CORIAT .... ou ailleurs .les CRISTAUX de SOUDE étaient largement utilisés ainsi que la traditionnelle BOULE BLEUE dans son habillage de toile, sensée blanchir les DRAPS .la MAMA y mettait aussi la Cendre du Foyer il paraît que ca purifiait le Linge .
Le BAQUET en Bois cerclé de robustes cerceaux métalliques, la PLANCHA ... comme on disait, en bois Dur et striée supportée par un crochet en forme de Note de Musique où s'échinait durant tout un aprés midi et quelques fois plus, l'étendage sur les fils de fer galvanisés, et nos célèbres EPINGLES en Bois aussi, qui nous servaient à certains jeux ( Le MAJONG de chez nous ) .
Pas souvent mais avec le temps, nos MAMAS pouvaient s'offrir moyennant une PIECE ( Modeste ) les Services de la Laveuse du QUARTIER, chez moi c'était la Brave JOSEPHA, unaniment connue et estimée, qui héritait aussi des vêtements archi usés que plus personne ne voulait porter .

Quatre heures et encore la récupération de la fillette, la distribution du Gouter aux enfants rentrés pour ceux qui ne s'étaient pas arrêtés en cours de route à grimper sur les FICUS, à jouer aux PIGNOLES, pour l'ORCHATA du JEUDI .
Ah ce gouter, si MAMA avait économisé quelques SOUS, c'était le rêve, des Tablettes de CHOCOLAT MEUNIER, que nous mesurions scrupuleusement pour savoir si PIERRE, n'avait la plus grosse que FIFINE etc .
La plupart du temps le gouter se résumait à une TAJA ( Tranche ) de PAIN Pesé ... terme qui voulait dire que c'était du Pain acheté au POIDS ...!sur lequel la MAMA avait déposé quelques gouttes d'HUILE d'OLIVE, Nature bien sur et si peu raffinée qu'elle était aussi verte que les OLIVES dont elle était issue, et presque aussi épaisse que l'huile de vidange du TAXI de Mr GUTTIEREZ .

Tout n'était pas triste, puisque le PHONOGRAPHE, accompagnait les travaux ménagers, il y avait CARUSO, CARLOS GARDEL, et sur le tard l'immense TINO, et même RYNA KETTY .
Vers les 21 Heures on soupait alors comme les ESPAGNOLS, tardé . c'était inévitablement la MARMITA du Midi, additionnée d'un plus d'eau, et la SEMOULE au LAIT qu'avait fait l'AGUELA qui s'oubliait avec la CANNELLE .
L'Hiver l'AGUELA, toujours dans la cendre du KAKOUN, faisait cuire les MOGNATOS ( Patates Douces ) les Rouges étaient les préférées,.
Quelques fois mais c'était extrêment rare ANGELE, la voisine d'à côté qui avait été jusqu'au CERTIF mais l'avait raté, venait corriger les additions du jeune JUANITO .et était remerçiée d'un Bol de Potagé . elle appréçiait beaucoup et n'oubliait pas de demander si elle devait revenir le lendemain .
La maisonnée allait se coucher vers 23 h, mais la MAMA, elle continuait à s'affairer, il y avait toujours quelque chose à faire .
Durant la nuit il fallait aussi qu'elles se lèvent donner la tétée au BEBE, veiller que les enfants soient bien couverts, et ......satisfaire le GASPARD, ça faisait partie de ses obligations ménagères, mais je crois aussi qu'elles y prenaient du plaisir .car ces MAMAS étaient toujours Belles .

Le DIMANCHE, c'était encore plus pénible qu'en semaine, car il fallait rendre la politesse de la semaine précédente, et accueillir, les GALIPIENZZO leur 5 enfants dont l'attardé, le CHIEN qui pissait partout, et le grand'père GATEUX sourd, qui pêtait et rotait sans retenue, et qui riait en montrant son unique incicive pourrie .
Le Menu du DIMANCHE, avait obligé la MAMA à se fendre de quelques DOUROS, authentique le FRANC, mentalement converti en DOURO.... allez savoir pourquoi . . permettait d'acheter le POULET, pas aux Hormones, celui qui avait passé son existance à cavaler au point qu'il fallait le déguster à la main et oublier la fourchette .


En été les boissons, l'ANISETTE d'abord, et le ROSE des Caves DURAND, ou de chez SENECLAUZE étaient raffraîchies par le morceau de Glace achete au Camion Hyppo, qui passait tôt le matin . le dessert , les CHUMBOS, ou la PASTEQUE c'était plus économique .du RAISIN du MUSCAT c'était un peu plus Cher, mais plus apprécié . à PAQUES les MOUNAS .
Le repas s'éternisait tard dans l'apres midi,et la MAMA, ainsi que Mme GALIPIENZZO s'activaient à débarrasser, faire la vaisselle, essuyer, RIRE et CANTAR .car l'important c'était de s'éclater un moment, et tout était occasion . .

ET POUR ELLES, pourquoi Mr DELANOE Es Maître dans l'ART des INAUGURATIONS, pour le moins douteuses, n'inaugurerait il pas une PLAQUE COMMEMORATIVE à la Mémoire de nos regrettées MAMA, qui à leur manière on fécondé un pays qui ne le méritait pas .


Nota. A part la correction de quelques fautes de frappe, j'ai volontairement conservé la typographie de l'auteur qui met en valeur certains mots et expressions par l'utilisation des majuscules en particulier.

et ce dessin de Roger, me fait songer que peut-être parfois après une journée bien remplie, la mama aurait eu une envie de longanisse