Novembre à ORAN



C'était chaque année le même scénario, à l'arrivée des premiers frimas . Loin de s'engourdir la ville se métamorphosait, voyons, je vais essayer de me souvenir .

Les Arcades commençaient à accueillir nos fameux marchands de TURONES, des JIJONAS, des BLANDOS, ceux aux amandes grillées, bruns foncés, les Blancos avec les fruits confits, et bien sur les inimitables aux Amandes .
Les Péladillas, plutôt rondes et différentes de celles que nous confectionnaient nos éminents pâtissiers, et que nous ne dégustions que pour les Baptêmes, Premières communions, Mariages etc …. les Bonbons à l'Anis des Blancs et des jaunes qui ressemblaient à des fleurs de Mimosa , plus d'un y à laisser une quenotte .
Telles des denrées précieuses, ces bonnes choses étaient débitées avec délicatesse, pesées religieusement sur de petites ROBERVAL briquées a la Cendre . L'éclairage était dispensé par de petites lampes à Acétylène, et la petite flamme bleue donnait un halo du meilleur effet .

Qui se souvient de la SACOCHE en cuir portée en bandoulière et qui accueillait quelques Francs, mais nos compatriotes IBERES calculaient quelques fois en DUROS, et dire qu'il on dû s'adapter aux Nouveaux Francs PINAY, et même à l'EURO , pourvu que ça s'arrête la !
Rue de la BASTILLE, c'était aussi le moment ou nous pouvions déguster les Margaillons que nous connaissons maintenant en boîte sous l'appellation Cœur de Palmiers, ils étaient présentés en Chapelets, par les indigènes, d'autres présentaient aussi de vraies guirlandes d' ETOURNEAUX, qui nous désespèrent aujourd'hui et qu'il fallait, plumer, et surtout jeter le foie très amer .
Les ARBOUSES, en provenance directe de la Forêt de M'SILA , quelques fois acres, surtout si elles n'étaient pas bien mûres, les Charcutiers, Volaillers, présentaient, Lièvres, Perdrix, prélevés peut être au pays de notre ami HUBERT; ce gibier n'avait jamais connu le Parc d'élevage, quoique celui de SAUVEUR, au Pain de SUCRE, n'était pas à négliger avec ses Moules de CALAIS .. ? alors que les ZENORMES, locales étaient délicieuses, avec un petit Blanc de la MACTA .

Les premières DINDES, mais surtout les inimitables CABRIS, un délice, au Four avec des Herbes cueillies à CANASTEL, mais il y en avait aussi à FRANIN, etc… .y à t il quelqu'un qui en ai goûté chez le Papa FAUDRITT à KRISTEL … ?
Comment ne pas évoquer aussi les Dodues SALPAS, pêchées à la CUEVAL Del AGUA, ou à la Décharge de MONTE CHRISTO, offertes par des Pescadores amateurs, à même le trottoir, à l'angle de la rue LAMORICIERE, et de la BASTILLE ..
Notre ami RENE curieux de nature, se demandait pourquoi on appelait se délicat Poisson, poisson JUIF ….. ! comme si les poissons pouvaient avoir une religion sinon celle que de manger ce qui peut leur convenir, et après tout on mange bien de la LONGANISSE, qui n'est rien d'autre que la viande de CERDO, et tout le monde sait de quoi se nourrissent les CERDOS

. Les marrons bien sur il y en avait, et les marchands de CACAHUETTES, en vendaient des tout chauds, dans leur brûloir Made in Village Nègre .
Les vitrines, elles, présentaient des PINS, et oui pas de SAPIN … ! avec du coton symbolisant la neige, des loupiotes multicolores: bien sur rien à voir avec celles du Bd HAUSSMANN .
Les Charcutiers, rivalisaient d'imagination, en présentant les Petits Cochons en pâte d'amandes, concurrençant les TURONEROS.. ( Pas dans le LAROUSSE ) les petits pâtés à la chair à saucisse, galantines, et j'allais oublier, les inimitables MANTECADOS, au saindoux, et saupoudrés de CANNELLE .

Chez BOUAYAD face au RIALTO, les fameuses Dattes, farcies ou pas, et les Cadeaux, Babouches, Couvertures, Tapis du M'ZAB, de TLEMCEN, de KAIROUAN; mais FRAYNET rue de l'ARTILLERIE n'était pas en reste, et il fallait se presser pour adresser le Colis d'ORANGES les THOMSON à la Tata FIFINE à MAUBEUGE, elle ne voyait depuis la fin de la guerre que le Clair de Lune, après s'être mariée avec le Légionnaire WILLY .devenu gardien de Square dans cette belle ville .
Les coiffeurs, commençaient à remplir leurs carnets de Rendez vous, pour NAVIDAD, et NOCHE BUENA , les petites mains ORANAISES, se dépêchaient de tirer l'aiguille pour les bellissimas ORANAISES , du reste elles ont été et sont restées toujours belles .

Comme pour toute promenade, il était indispensable de se désaltérer, et les CARACOLES avant d'hiberner payaient un lourd tribut aux nombreux comptoirs de nos brasseries , pour se donner bonne conscience après X. anisettes, il était de bon ton de se faire servir un Panaché … ! Pouah. Avec mes excuses pour avoir oublié quelques spécificités locales, c'est déjà tellement loin tout ça .

Roger .