
Bon puisqu'on est dans les souvenirs, si nous parlions des lessives organisées sur les toits des immeubles quand les lave-linge n'existaient pas. Allez les filles, à vos souvenirs..
Michelle
C'est vraiment un sujet que tout pied-noir ne peut oublier. J'habitais un immeuble ou nous étions 9 locataires. A tour de rôle nous avions droit à l'accès de la terrasse pour la grande lessive. Comme nous étions une famille nombreuse, je ne te dis pas le nombre de draps et linge. Cela durait au moins 2 jours si je me souviens bien. Et pour tout te dire, ce jour là la femme de ménage ( fatma ) était nourrie mieux que la famille, afin d'avoir assez de force pour laver tout ce linge. Et pour le final, c'était la rivalité entre voisins pour savoir celui qui avait le plus beau linge. Souvenirs lointains mais toujours aussi frais dans notre mémoire.
(André Sportouch)

pour la terrasse, ho que oui j'en ai de bons souvenirs, nous, nous avions le droit de l'avoir le lundi, car c'est le jour de fermeture du salon de coiffure de mon père et dés le dimanche soir ma mère mettait toutes les serviettes et peignoirs à tremper dans les grands bacs en ciment qui avaient une "planche à laver" devant.Oh oui, je me souviens du jour de la lessive.....le lundi car nous avions droit ce jour-là soit aux lentilles ou aux haricots qui mijotaient toute la matinée le temps que ma mère faisait le lavage en haut sur la terrasse. Cette même terrasse où le matelassier venait redonner une nouvelle vie à nos matelas de laine.....
Ensuite dallé qué dallé avec la grosse brosse à laver en écartant les boules de saponil (?) mais le modernisme est arrivé et ma mère louait une des première machine à laver, il fallait brancher la bouteille de gaz pour que l'eau chauffe, mais le gros boulot était aussi pour moi car après l'école à 11h30 je devais tourner la manivelle de l'essorage. C'était deux rouleaux en caoutchouc noir, il fallait que tout soit fini avant 17 heures, heures où le loueur récupérait sa machine.
(Didier Barcelona)

Effectivement, la terrasse reste un beau souvenir; je crois que les garçons y trouvaient autant de plaisir que les filles ! j'ai eu en plus le bonheur de venir au monde et de vivre sur une terrasse, place Kléber ;à droite l'ancienne préfecture, à gauche l'hôtel Métropole, en face, l'imprimerie Fouque, au centre, la fontaine et les trois palmiers, majestueux !endroit idéal pour profiter pleinement de tous les défilés, revues, manifs etc.... de cette époque !
mais cette buanderie, c'était notre bonheur , deux bacs, assez larges pour nos servir de bassin les jours de grande chaleur ; que d'heures passées à barboter! à la maison nous n'étions que des garçons, 3 , et bien entendu toutes les " corvées " étaient pour nous ! ( je sens que nous allons aussi parler des cuivres et de la poussière sur ces fameux buffets tarabiscotés) ! pas de jupon à étendre ou a amidonner, mais en vous lisant toutes et tous, un geste, assez rituel m'est revenu en mémoire:
le " bleu " , ce petit cube, enveloppé dans un morceau de tissu, serré de plusieurs nœuds, que nous plongions dans une eau toujours fraîche, cette petite boule que nous brassions encore et encore, jusqu'à ce que l'eau soit aussi belle que le bleu de la mer ! Enfants, c'était toujours un miracle que de tremper tous les blancs, dans du bleu, pour les avoir plus blanc encore !!
mais pour ceux qui ont eu le plaisir de le connaître, il y avait un endroit convivial , où toutes les femmes se retrouvaient ( avec nous, petits porteurs) avec beaucoup de joie, toutes communautés confondues, c'était les lavoirs du ravin Raz-el Aïn ! (Guy Montaner)

Je voudrais dire aux filles, qu'elles n'avaient pas l'exclusivité d'accès aux terrasses des immeubles et aux buanderies. Non, mais!
Pour ma part (comme pour pour les tôles des monas à apporter au four du boulanger), j'avais un rôle de transport des corbeilles de linge vers la buanderie et aussi une aide pour l'étendage. Non sans avoir au préalable essuyé les fils pour enlever toute trace de rouille et salissures diverses.
Personnellement, je montais sur la terrasse aussi pour d'autres raisons :
- Tout d'abord, pour le plaisir d'écouter les rumeurs de la ville et admirer le panorama. Je voyais alors depuis l'arrière du Murdjajo, Santa-Cruz, une partie du port, Canastel, la pointe de l'aiguille, la montagne des lions, Gambetta, une partie de Saint-Eugène.
- Aussi, pour m'occuper de l'état du réservoir d'eau qui se trouvait dans une des buanderies. Entretien de la cuve, de la robinetterie etc. Ainsi j'avais un accès illimité à la terrasse. Et j'en profitais.
- Puis, comme je suis Radio-amateur, mes antennes étaient installées sur le toit des buanderies et sur la terrasse. Et pour cela j'étais suspect au yeux des CRS et gendarmes mobiles qui perquisitionnaient lors des bouclages de quartiers.
Comme j'étais absent pour cause d'armée, ils n'ont pas hésité pour tout démonter et confisquer.
C'est vrai que c'était un avantage inestimable. Et irremplaçable.
(Michel Gonzales)

Oui, bien avant l'apparition de nos lave-linges actuels, nous avions cette spécificité en Algérie, tout comme sans doute les régions riveraines de la Méditerranée, de pouvoir laver le linge et le faire sécher sur les terrasses de nos immeubles. Je me souviens de ma très douce grand-mère maternelle, chargée de superviser les lessives sur la terrasse après que la fameuse clé nous en ai été confiée. Pour avoir la paix, elle consentait à me confier le lavage de petits mouchoirs (déjà propres).
Quel plaisir de s'aider (fort maladroitement) de cette planche rainurée et de ce savon de Marseille pour frotter ces linges en imitant les gestes d'une ménagère ! Je plongeais alternativement mes petits mouchoirs dans l'eau savonneuse du premier bac en ciment, pour les rincer ensuite dans l'autre bac où l'eau coulait à flot.
Et puis venait le moment de l'étendage de ces linges, la sortie vers la terrasse où aveuglée de soleil, plissant les yeux, je trouvais enfin une petite place où placer ces mouchoirs à l'aide de solides pinces à linge en bois.
Quelques minutes à peine suffisaient pour que le soleil en absorbe l'humidité et nos mouchoirs claquaient au vent.
Ces souvenirs remontent vers moi et j'entends les chansons de ma grand-mère et de notre vieille Mimouna, notre "bonne" - plutôt l'amie de la famille - .
Quel bonheur ! Aussi imaginez un peu le désarroi des PN en constatant qu'à Paris il n'y avait pas de terrasse.
Qui a oublié le sketch de la Famille HERNANDEZ, où les PN arrivés à Paris demandent au concierge la clé de la terrasse ?
(Michelle Legales)
| Le linge sèche aussi sur la terrasse
du 4 rue Lamartine: Khalia Bessaraoui y a fait la lessive de la semaine et ma
petite soeur est dans les bras de Fifine la bonne espagnole. ( Photo JCP) N'est-ce pas aussi cela le symbole de l'Algérie: une petite métropolitaine entre une arabe et une espagnole ? |
| Sur cette même terrasse je ne suis pas très vieux lorsque je pose "pour la postérité", en compagnie de cette jeune danseuse qui est ma soeur. | ![]() |
Une fois par semaine j'avais la clé de la terrasse pour pouvoir laver mon linge la haut c'était vraiment super ce jour la je déjeunais sur cette terrasse!!!!!! on trempait le linge dans des baquets et on frottait ce linge avec du savon de Marseille sur la planche a laver !!! ensuite on le rinçait dans des bassins en ciment
Il y avait une chaudière ou on mettait des bassines en zinc que l'on remplissait d'eau savonneuse et on faisait bouillir le linge blanc!!!! avec un bâton on tournait le linge et on le mettait dans les bassins pour les rincer car impossible de les retirer avec la main c'était brûlant
Et puis on remplissait un baquet d'eau, on y mettait des pastilles de bleu ce qui rendait le linge blanc éclatant au soleil !
Sur nos terrasse des fils étaient tendus d'un mur a l'autre sur lesquels on étendait ce linge. Comme il sentait bon !!!! j'avais passé une merveilleuse journée malgré le travail que cela donnait. Quel merveilleux souvenir !!!!
jaja de l'azur
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sa mère Henriette LASRY |
La même entourée de ses deux filles Pierrette et Colette |
Il y avait aussi le renouvellement de la laine des matelas, ils étendaient la toile et cardaient la laine puis recousaient le matelas, cela se faisait aussi sur les terrasses, pour que la laine s'aère et prenne le soleil.
ah oui. Chez moi, et sans doute chez les autres aussi, il y avait deux matelas par lit. Et on les refaisait à tour de rôle. On mettait un tiers de laine neuve à chaque réfection.
Je revois le matelassier qui battait la laine sur la terrasse de mes parents. Sa venue était un grand événement. Je me souviens qu'il avait au moins 10 enfants. Je n'en revenais pas, moi qui était fille unique. Mon père aussi était d'une famille de 9 enfants mais pour moi c'était des vieux. Alors que les enfants du matelassier, eux, avaient mon âge et je pouvais les imaginer.
oui, je revois la grosse aiguille. Et quand il recousait le matelas, il y avait une impression de beau travail. Je les revois, tout bosselés et moelleux.
(Marie Thérèse Glaizal)
