Un autre Tonton

 

 

 

 

Dans une Histoire précédente j’avais présenté mon TONTON  JOSE et son énamourée Charcutière, la Demoiselle DEVESA pour ne pas la nommer .

 

Tonton JOSE était l’intello de la famille puisqu’il avait été Fonctionnaire dans

L’administration Judiciaire .

 

J’avais aussi d’autres TONTONS, comme nous tous ; ceux du côté Pater étaient d’origine CORSE, quoique nés à ARZEW, là ou se prenaient les grosses crevettes roses, ils avaient grâce à FATALITAS embrassés les métiers du bâtiment , Maçons quoi.

 

Faisant pendant à TONTON  JOSE, et entouré de ses sœurs, dont ma MAMA

Il y avait un autre TONTON,  il s’appelait PACO .

 

Alors que JOSE s’était appliqué à la Communale, obtenu son certif et beaucoup plus encore, concouru avec succès pour décrocher une qualif recherchée, reconnue, respectable, enviée quoi . PACO lui était resté dans la nostalgie de son ANDALOUSIE natale .

 

TONTON  PACO, c’était pour moi le SPHINX personnifié, il ne parlait jamais, son univers c’était les barriques de chez SENECLAUZE .

 

SENECLAUZE, je crois qu’il n’à jamais connu autre chose, entré enfant il en est ressorti de nombreuses années plus tard, pour fuir comme nous tous .

 

A l’école du turbin journalier, pas de trente cinq heures, certes PACO était devenu un artiste de la barrique, il savait en fabriquer des petites, moyennes

et les énormes  qui s’entassaient sur les Pinardiers, à destination de SETE

ou PORT VENDRES .

 

TONTON PACO, homme discret, sinon secret, aimait venir chez ses parents, rue d’ARZEW , Mérendar,   <  Casser la croûte si vous préférez >, et il m’arrivait partager avec gourmandise sa Mérienda .

 

A droite en entrant dans le modeste logis de mes Aguélos il y avait un placard

ajouré faisant office de garde manger, comme il n’y avait pas d’électricité, ni

les moyens du reste il n’y avait pas de Frigo .

 

Le Placard Garde manger était le coin que je préférais, et PACO lui en raffolait, je revois encore pendues les BLANQUICOS, et les LONGANISSES

Ainsi que quelques MORCILLAS, en provenance de chez la Demoiselle DEVESA .

 

Rituel, quien sabé… ? le fait est que invariablement mon aguélita, présentait

à  mon TONTON un plat de ces bonnes choses, et quelques fois, si PACO

avait quelques instants de plus à lui consacrer, elle lui faisait des MIGAS

 

Les MIGAS de mon Aguélita, étaient faites avec du PAIN AMASADO rassis

c’était  certainement pour utiliser les restes de pain dur, car il était pêché de le

jeter, mais le plus souvent les MIGAS, étaient constituées de bonne Semoule

de Blé dur, touillées avec un instrument métallique long, et plat à son extrémité .

 

La dite Fourchette, ou Cuillère, avait été ramenée début 14 d’ALMERIA, c’est en ANDALOUSIE … !  avait et servirait encore longtemps .

 

Les rares moments que j’ai eu à partager ce frugal  ALMUERZO avec PACO

étaient pour moi un vrai bonheur , nous ne parlions pas, ou si peu, mais nous

savions apprécier , et l’Aguélita, en remettait encore .

 

PACO avait épousé MARIE, elle était originaire de Ste BARBE du TLELAT

mais  dans la famille nous disions la KLETA … ! pourquoi, j’lai jamais su .

 

PACO et MARIE s’étaient installés à GAMBETTA, rue NOBEL juste en face

le Jeu de Boules, au deuxième étage d’un immeuble, genre PATIO .

 

Vite et même très vite mon TONTON, et ma TATA se retrouvèrent à la tête

d’une nombreuse famille, et chaque fois qu’une naissance se profilait à l’horizon, mon Aguélita affligée me disait  dans son ANDALOU natal la Pobré MARIE, otro NINO, …..etc .

 

PACO, ne m’à jamais refilé sa recette, mais que n’aurais je donné pour avoir

accès à ses connaissances de Pêcheur, à la ligne .

 

Armé de son immense CANARON, qu’il avait percé sur toute sa longueur équipé d’une non moins grosse Bobine de Fil,  portant sur son dos la Hotte pas celle du Père NOEL, il n’y à jamais cru , mais celle de Vendangeurs, PACO

Immuablement, du 1 Janvier au 31 Décembre, sauf en cas de Tornade, prenait

le chemin le Samedi soir vers les CAGNARETTES, ou les BATTERIES ESPAGNOLES .

 

Rentré le DIMANCHE  au petit matin il y avait dans son SARNACHO que lui avait tressé son père, mon adorable AGUELITO,  JOSE, des SARS, VIDRIADES,  OBLADES etc ….et mes cousines en apportaient à la maison pour notre plus grand plaisir .

 

Du plaisir, bien sur, cela permettait d’avoir des nouvelles d’abord car le Téléphone, b’en nous n’en avions pas, de voir mes cousines, et de nous régaler de la pêche de PACO .

 

PACO était aussi un assidu du Jeu de Boules, il lui suffisait de traverser la rue

pour rejoindre  ses partenaires, et je me suis toujours demandé comment il pouvait communiquer avec eux, lui si avare de mots, il est vrai qu’il ne parlait

que la langue de CERVANTES, mais comme les autres n’étaient pas plus savants, alors … !

 

Apres quelques années à traquer depuis les rochers des CAGNARETTES notre faune aquatique, voulant probablement, s’essayer à autre chose, et mettre ses talents de travailleur du Bois à l’épreuve, mon TONTON entrepris

de se construire une PASTERA, comme l’avait fait mon camarade DEDE

en 38 .

 

Faute de garage, d’endroit ou installer son chantier, la décision fut prise de

Construire AT HOME, et comme il n’y avait que deux chambres c'est-à-dire

une petite cuisine, une salle à manger, et une chambre à coucher, ce fut la salle

à manger qui  Planches, Vis, Clous, outils etc …prirent le pas sur le Buffet, la Table, Chaises et autres .

 

Perso je n’ai pas assisté à la construction, mais je connaissais le projet, et même son avancement, via les cousines bien sur .

 

Je n’ai pas de souvenirs précis, mais racontée par < une de mes cousines > j’avais appris que la PASTERA achevée avait été descendue du deuxième Etage de la Rue NOBEL, par une Corde, et qu’elle avait été mise à l’eau CUEVA Del AGUA .

 

PACO n’à pas eu beaucoup de temps pour mouiller ses Palangrottes face à l’entrée du Port, je n’ai jamais su s’il avait comme moi le Mal de Mer, si

La PASTERA se comportait bien à la Mer comme on disait alors .

 

La PASTERA est restée là bas en 62 avec les illusions de PACO, de couler des jours paisibles , il s’est retrouvé sans savoir pourquoi ni comment à BEZIERS .

 

Entouré de ses enfants, de MARIE, de sa sœur VICTORIA, Tonton PACO

repris par le VIRUS de la pêche s’est reconstruit son petit univers de pêcheur

sauf qu’au lieu de tremper ses lignes au Sud de la MEDITERRANNEE, il

les trempaient maintenant au NORD .

 

Aurait il eu envie de reconstruire une PASTERA, je ne sais pas, ce que j’ai su

par contre c’est qu’il avait enfin obtenu la nationalité FRANCAISE, que grâce

à CLAUDINE, JOSETTE, JEANNINE, mes cousines appris à lire, et qu’il dévorait chaque matin, non plus des BLANQUICOS et autres, mais la DEPECHE du MIDI .

 

Avec MARIE, la tendresse même, VICTORIA, l’indispensable Tia,  PACO

sen est allé reposer d’une rude vie de labeur, sans concession, mais combien

il à su l’enrichir .

 

 

Je pense souvent à toi TIO .

 

 

Roger .