Nous pouvons découvrir l’agencement du centre ville sur ce plan d’Haubourdin de 1702. Au centre, la place formée par le croisement de la rue de Lille à Haubourdin et du pavé de l’église, devenus respectivement rue Sadi-Carnot et rue Léon Gambetta. En bas et à droite le pont levis sur la Deûle. En haut et à gauche, la « ruyelle du Croissant ». C’est la plus ancienne rue de notre commune à n’avoir jamais changé de nom ! Au centre de la place, la Halle Echevinale, ancêtre de notre Hôtel de Ville, avec à sa gauche la chapelle Saint-Jean – Saint-Eloi, dite chapelle des Crépins. A l’extrémité gauche de la place, le pilori où l’on attachait les personnes condamnées pour des larcins afin de les exposer à la population. A côté du pilori s’ouvre le petit pavé, notre actuelle sur Victor Hugo. A l’entrée de cette rue et à gauche, la prison municipale.
La halle échevinale d’Haubourdin, devenue mairie, photographiée au XIXème siècle.
La petite rue entre les bâtiments, à droite, est notre actuelle rue Gambetta. Le personnage de petite taille qui se tient devant le pignon est le légendaire « Petit Poulain », porteur de télégrammes.
A l’époque féodale, l’administration de la commune est double. Le seigneur est représenté par le Corps Féodal constitué du bailly et des hommes de fiefs. Les habitants sont représentés par le Corps Echevinal ou Loi composé du mayeur et des échevins. Ce dernier corps est l’ancètre de notre actuel Conseil Municipal, composé du maire et de ses adjoints et conseillers municipaux. Les deux corps avaient sous leur responsabilité le greffier, le receveur et les sergents.
Toutes les séances de ces deux juridictions se tiennent dans la Halle, l’équivalent actuel de l’Hôtel de Ville. La Halle est une modeste construction carrée à un étage coiffée d’une très haute toiture à quadruple versant. La chapelle Saint-Jean – Saint-Eloi, chapelle seigneuriale présente sur le plan fut démolie en 1801 car elle tombait en ruine. Elle fut remplacée par des pièces surmontées d’une grand salle.
C’est alors que fut modifié le pignon encadré de piliers, surmonté de pots à feux, et qui ne laissa plus voir sous le fronton que quatre fenêtres rectangulaires assez banales. Un clocheton à cheval sur la toiture donne une allure rustique à cette construction de style classique. Les écuries qui se trouvaient derrière lédifice furent abattues en même temps que la chapelle. On projeta alors d’y construire une salle pour servir de prison en remplacement de l’ancienne prison seigneuriale.
La démolition de cet édifice fut votée par le conseil municipal en sa séance du 30 mai 1845 en même temps que l’acquisition de l’ancien bâtiment de la mairie actuelle. Ce dernier était la propriété de Nicolas-Frédéric Renaudin, né à Saint-Just, capitaine, chevalier de la Légion d’Honneur et de Saint-Louis, médaillé à Saint-Hélène, décédé à Haubourdin le 4 décembre 1863 à l’âge de 87 ans. Une vente des d’objets provenant de l’ancienne Halle avait déjà eu lieu dès 1836 dont une cheminée en marbre et des plaques de cheminée en fonte.