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HAUBOURDIN - SEIGNEURS

Jean de Luxembourg, bâtard de Saint-Pol

dit le « Grand Haubourdin »

Mise à jour le 17/12/07

Les armes de Jean de Luxembourg

Jean de Luxembourg, seigneur d’Haubourdin, fut reçu chevalier de la Toison d’or lors du chapitre de Dijon en 1433 avec le diplome n°34. Les chevaliers avaient l’habitude de faire peindre un tableau d’armoiries, tel que celui présenté ci-dessus en Belgique, dans les stalles des églises où se tenaient les chapitres.

Il est impossible d’écrire dans le détail la vie très riche du vaillant guerrier que fut Jean de Luxembourg, bâtard de Saint-Pol, seigneur d’Haubourdin.

Jean, dit Hennequin est né vers 1400 des amours du chatelain de Lille Wallerand III de Luxembourg, comte de Saint-Pol avec son amie Agnès Dubus. Il est légitimé par lettres-patentes de Philippe-le-Bon, duc de Bourgogne, données à Arras, le 13 juin 1443. Par un testament de son père, daté du 15 avril 1415, il reçoit la terre d’Haubourdin. En 1420, il devient également seigneur d’Ailly sur Noye que le même testament avait préalablement légué à Jeanne de Luxembourg.

Fidèle aux traditions de sa famille, il s’attache à la maison de Bourgogne et la suit dans toutes ses guerres et alliances. Il apparait pour la première fois dans les chroniques en 1423. Assiégé avec le bailli de Vermandois dans la place de Balham en Champagne, il est délivré par son cousin Jean de Luxembourg. En 1424, il assiste au siège de Guise puis ravage le Barrois et prend part au siège de Braisne le Comte occupé par les anglais du duc de Glocester. Il passe ensuite par mer devant Harlem pour voler au secours de la ville de Horn en Hollande asségée par le sieur de Brederode. Ce dernier est focé de lever le siège et de fuir précipitamment en barque.

En 1425, il est présent à l’entrevue du duc de Bourgogne avec le duc de Bedford à Hesdin. Avec Drieu de Humières, il porte sur le bras droit une « rondelle d’argent où il y avoit peint une raie de soleil ». C’est un defi aux anglais pour soutenir que le duc Jean de Bourgogne, premier mari de Jacqueline de Bavière, a plus de droit sur les biens de celle-ci que le duc de Glocester.

Lors de l’épopée de Jeanne d’Arc, le seigneur d’Haubourdin sert dans l’armée qui combat la pucelle comme le regrette le pieux chanoine Lestienne. Orléans étant pris et le roi sacré à Reims, Bedfort craint de perdre Paris et deamnde du secours à Philippe le Bon qui lui expédie le corps de Picardie sous le commandement de Jean, aussitôt nommé capitaine de Meaux. Il n’y eut que quelques escarmouches mais le Seigneur d’Haubourdin s’y distingua : « Et comme je oy dire celuy de tous quy mieulx se monstra ce jour homme d’arme et qui plus y rompit de lances, ce fut le bastard de Saint-Pol ». Berdort en personne l’arma chevalier.

Dans une sortie pour libérer la ville de Paris menacée par Charles VII, il se laisse attirer dans une embuscade avec le sire de Saveuse. Tous deux sont pris « et sy fut le bastard de Saint-Pol très fort blécié d’une lance au col, dont il fut en grand péril de prerdre la vie ». Ils payent une forte rançon pour rentrer à Paris « dont les gens furent moult resjoys quand ils les virent ».

Le 10 janvier 1430, il assiste à Bruges au mariage de Philippe le Bon avec Isabelle du Portugal. Le 17 décembre 1431, il est à Paris pour assister au sacre du jeune roi d’Angleterre Henri VI. Il y fait office de grand maître d’hôtel et se distingue dans les joutes qui ont lieu le lendemain à l’hôtel de Saint-Pol.

En mars 1432, il prend part au siège de Lagny sur Marne. Avant l’assut, « Jean de Saint-Pol, qui portoit en sa devise en son estendard le soleil, dist tout hault qu’il faisoit veu à Dieu que, se le soleil entroit en la ville, il y entreroit aussi ». Son étendard fut pris. Le soleil entra donc dans la ville mais Jean ne put accomplir son voeu. Il fallut lever le siège. En se rendant à Paris l’année suivante, il est capturé par les français et emmené à Creil. Il doit payer « grant finance » pour être délivré.

Le 12 juin 1433, il est légitimé par Philippe le Bon qui le tient quitte des droits de légitimation « en considération des grans, notables et agréables services que le desusdit seigneur de Habourdin nous a faist ou temps passé en plusieurs et maintes manières, fait journellement et espérons que encore fera ou temps à venir ». Bientôt le Duc lui accorde une nouvelle marque de son affecction en le nommant chevalier de la Toison d’Or, au troisième chapitre de cet ordre tenu à Dijon, la veille de Saint-André 1433.

à suivre...

Le 29 juillet 1452, messire Jehan de Luxembourg fut nommé capitaine de Lille. Les écrits de cette époque disent que c'était pour la guerre contre "ceulx de Gand".
Il prêta, en cette qualité, le serment en la grande halle ès-mains du rewart de Lille, dans les termes suivants :
"Vous fianchies et jures a estre cappitaine de ceste ville droituriers et loyaux, et à warder la ville, les bourgeois et habitans d'icelle et leurs biens, bien et loyalement, et aussi bien le grant que le petit et le petit que le grant, en gardant les droits et franchises d'icelle ville et les subjes en l'obéissance de notre très-redoubté seigneur notre seigneur le duc de Bourgogne, comte de Flandres, et au surplus faire tout ce que bon capitaine doit faire ; et ce ne laires pour amour, pour hayne, pour perte, ne pour waigne ne pour chose qui avenue ne soit qui advenir puist que ainsi ne le tachies ; si Dieux vous ait et les saintes paroles qui là dedens sont escriptes."
Le seigneur d'Haubourdin s'était constamment signalé dans les tournois et les combats. En 1448, pendant la paix qui régnait en Artois, il entreprit de garder ce qu'on appelait alors un pas d'armes auprès de la cour du Beau-Jardin, sur le chemin entre Calais et Saint-Omer, pendant un mois. Cette entreprise fut soutenue en l'honneur d'une dame noble qu'il avait délivrée des mains des "rabeurs de route", avec tant de gloire et de bonheur, qu'il fut surnommé après le chevalier à la belle pélerine.
On croit généralement que la belle pélerine n'était que Jacquelines de la Trémouille, dame d'Ailly-sur-Noye, laquelle se rendait en pélerinage à Rome, qu'il délivra des mains de ces rôdeurs et qu'il épousa ensuite.

Les armoiries de Jean de Luxembourg et de sa femme Jacquelines de la Trémouille

Ledit sire de Halbourdin (sic), ajoute Commines, signa le 16 octobre 1465, avec d'autres seigneurs, un annexe au traité de Conflans, au moyen duquel Louis XI parvint à rompre la ligue des princes confédérés pour la guerre dite bien public.
Il rendit d'importants services pendant cette guerre ; c'est lui qui donna au comte de Charolais le conseil d'attaquer Paris, et qui sauva l'armée après la bataille de Montlhéri, en commandant, de concert avec le comte de Saint-Pol, que "on amenest le charroy pour enclore cette armée".
"Haubourdin" fut nommé quelques temps après chef des troupes ; en guerrier aussi brave que loyal et sincère, il ne craignait pas de blâmer la conduite de son maître, le comte de Charolais, lorsqu'il croyait que ce prince avait manqué de prudence ou de bonne foi.
Une lettre écrite par ce dernier et datée de Lyons-en-Santerre, le 7 juin 1465, nous apprend encore que le lendemain, Haulbourdin fera sommer la ville de Montdidier de se rendre au comte et nous voyons par une autre lettre de Louis XI, en date d'Abbeville, du tiers de Juillet 1465, que peu de temps avant, le sire de Haubourdin "chief d'icelui de Carolaois et avec lequel il était en armes contre ce monarque et la couronne, s'estait transporté en la ville de Mortaigne où il estaete entré avec ses gens et qu'il occupait sans vouloir la rendre ne remettre ès-mains du roi."
Cet exploit guerrier fut sans doute le dernier que fit Haubourdin, car, moins d'un an après, il rendait son âme à Dieu.
Il trépassa de "griève maladie", à la fin du mois d'août de l'année suivante, au dire du même historien, au moment même ou le duc de Bourgogne (Philippe-le-Bon)), qui était à Bruxelles fort débilité par maladie et par vieillesse rassemblait toutes ses troupes à Namur, dans le dessein de réprimer la révolte des Liégois.
Peu de Jours avant sa mort (28 juillet 1466), le sire d'Haubourdin avait fondé en notre commune, de concert avec sa femme, Jacquelines de la Trémouille, un hospice qui subsiste encore.

Cette fondation comprenait avec elle la ferme dite du Boquiau, située à Haubourdin, et qui sera ensuite possédée par ledit hospice.

Jean de Luxembourg et sa noble épouse furent inhumés à Ailly-sur-Noye. Leur tombeau commun se trouve dans l'église de ce lieu.

Le tombeau de Jean de Luxembourg et de Jacquelines de la Trémouille dans l'église d'Ailly-sur-Noye d'après une gravure de Boldoduc

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