" MIZTECH S. L. I. "

HAUBOURDIN - SAINT-MACLOU

L'hospital

Mise à jour le 20/08/03

La

La fondation

L'histoire de Jean de Luxembourg est traitée dans une page de l'histoire d'Haubourdin.

Jean de Luxembourg

Le 24 avril 1466, Jean de Luxembourg et Jacqueline de la Trémouille fondent un hôpital dans la ville d'Haubourdin "au rieu qu'on dist de la Croix, à l'honneur de la passion de Nostre Seigneur et de la Vierge Marie, auquel hôpital avons estoré y avoir neuf lictz, si comme les sept, pour herbregier les povres passans pour une nuyt à une fois, et les deux autres lictz pour les povres femmes passans ; dont se il advenoit que d'aventure aucune povre femme se acouchast oudit hospital, ou que le mal luy prinst si soudainement qu'elle peuist en ce cas jesir son terme oudit hospital aux depens tels que la ditte femme pourra pourcachier, ou que ledit hospital pourroit supporter ; les sept litz seront fournis de laigne, potaige et autres nécessités".

Lesdits messire de Saint-Pol et la dame son épouse fondent également dans ledit hôpital une messe "qui se dira chacun jour perpétuellement au dict hospital, ou s'il estoit fortune de guerre, par quoy les messes dessus dites ne se peuvent à ceste cause dire en icellui hospital, en ce cas elles se diront à Lille ou ailleurs en lieu seur".

Après le lit réservé aux femmes accouchées, restera un lit réservé aux hommes et aux femmes, pauvres passants qui auront "leur herberge chascune nuyt à une fois sans y couchier deux nuys continueles, et depuis la Toussains auront potaige et feu jusques au Pasques seulement".

Les dépenses de ces lits et la nourriture des pauvres passants ont été estimées à "cinq rasières tant fèves comme poix pour ledit potaige et trois cens de faissel et deux cens de fagots pour cauffer lesdits povres par le temps dessus dit ; et pour les ditesmesses dires, parmi vin, pain et luminaire, que livreront les ministres dudit hospital, 85 livres, 4 sols, monnoye de Flandres. Et pour le concierge et gardequi administrera les dits povres, il aura les fruits du gardin, et une certaine somme que lui bailleront les administrateurs". L'entretien du mobilier, des lits et les réparations du linge et des bâtiments du dit hôpital et de la maison des Bosqués (ou ferme des Bocquiaux), est estimé 30 livres, monnaie de Flandres. La dépense totale se monte donc à environ 160 livres ; pour y satisfaire, les Comte et Comtesse de Saint-Pol donnent aux administrateurs de l'hôpital la ferme des Bosqués, située à Haubourdin et valant 160 livres de 20 gros la livre, "et composé d'un manoir amassé de maison manable, porte, grange, marescauchies, colombier, caves et autres édifices, avec le jardin dit de Bauvin, tenu des religieux et abbés de Loos, et 4 cents de terre ahanable ,près, herbages, bois,..." qui sont estimés 16 livres monnaie de Flandres l'an.

Changement de vocation

La propriété de l'hôpital d'Haubourdin et surtout l'administration des biens qui lui sont attaché connaitra bien des vicissitudes au cours des ages.

En 1608, une procédure est engagée contre Charles Mirabelle, bailli d'Haubourdin, au sujet de l'administration, de la recette des biens et revenus de l'hôpital et de l'objet pour lequel il a été fondé.

Très tôt, l'hôpital a eu une vocation d'enseignement. Lors de la nomination de Jean Dathis comme chapelain de l'hôpital, en 1623, parles administrateurs, agissant au nom du vicomte d'Haubourdin, les archives hospitalières signalent qu'il sera tenu d'y célébrer journellement la messe, d'administrer les sacrements aux malades, "de tenir escolle et d'enseigner la jeunesse, moïennant sallaire raisonnable".

En 1642, un mémoire est rédigé par les bailly et hommes de fief d'Haubourdin, au sujet des prétentions du vicomte d'Haubourdin qui voulait avoir le gouvernement et l'administration des biens dudit lieu, contrairement aux dispositions contenues dans l'acte de fondation octroyé par Jean de Luxembourg, Comte de Saint-Pol, et Jacqueline de la Trémouille, son épouse.

En 1672, par édit de Louis XIV, l'hôpital est réuni à l'ordre de Notre-Dame du Mont-Carmel et de Saint-Lazare. Les chevaliers de l'ordre de St-Lazare le détournent de sa vocation d'accueil des pauvres.

En 1681, un écrit atteste que Pierre Delangre, se disant receveur de l'hôpital a fait démolir tous les bâtiments sauf la chapelle. Ce document nous apprend que les Bâtiments étaient construits en pierre de taille de grés.

Le 3 mars 1687, une requête est adressée à "Messieurs de la Chambre Royale à Paris, par les manants et habitants d'de la Vicomté d'Haubourdin, tendant à faire assigner le sieur Clésieux qui s'est emparé des biens et revenus de l'hôpital, en qualité de commandeur et propriétaire pour l'obliger à remplir les charges de la fondation. Cette autorisation est accordée.

En 1687, un arrêt du conseil d'état, sur l'avis de l'évêque de Tournai, désigne l'emploi à faire au profit des pauvres, des biens et revenus de l'hôpital.

En 1698, des lettres patentes du roi Louis XIV rétablissent l'hospitalité pour les pauvres passants et pour les pauvres malades. La même année, les lettres patentes du roi sont enregistrées par une ordonnance du parlement.

En 1699, le problème n'est apparemment pas encore réglé car les administrateurs de l'Hôpital déposent une requête auprès des commissaires députés pour l'exécution des édits et déclarations afin d'être mis en possession de l'administration des biens dudit hôpital, contrairement aux prétentions du sieur Pierre Delangre, fermier des commandeurs de l'ordre de Malte, qui voulait faire servir ces biens à un but différent de celui pour lequel l'hôpital avait été fondé.

En 1722, archives C1, "inventaire des ornemens servans au service divin dans la chapelle de l'hospital d'Haubourdin".

En 1726, par supplique au parlement de Flandre, Lernould, avec d'autres hommes de fiefs d'Haubourdin, demande la reddition des comptes de l'hôpital et signale les dépenses absorbant une grande part du revenu annuel de 900 florins pour le logement, avec chevaux et carosse du seigneur de Longastre, qui n'avait pas sa résidence à Haubourdin, mais seulement une maison de recette. La chronique rapporte que M. le marquis n'a pas tardé à dégarnir ses appartements et ses écuries pour ne plus y reparraître.

En 1785, sur la proposition de Bresol, bailly d'Haubourdin faite au nom du marquis de Roquelore, agréée par le parlement, les mayeur, échevins, l'hôpital reçut des orphelins nés à Haubourdin à qui on apprit un état, le filage de la laine. Le 20 juin 1788, un projet d'érection d'une école de filature de draperie pour les pauvres et les orphelins est déposé. Il fut accepté car un autre document signale la nomination du directeur et du sous-directeur de cette école.

L'hospital au XIXe siècle

Un ouvrage, publié en 1849, nous apprend que le bâtiment, construit en briques est solide et assez élégant.

En 1860 Tierce nous indique que le personnel de l'hôpital comprend :
- 3 soeurs de la Sagesse (directrice et surveillantes)
- 10 vieillards hommes, titulaires
- 6 vieillards femmes, titulaires
- 6 vieillards hommes, pensionnaires
- 3 vieillards, pensionnaires
- 20 orphelines
- 2 servantes
soit un total de 50 personnes.

L'édifice fut reconstruit en 1878 et achevé en 1881 pour une dépense de 136 000 francs.

Le 23 mars 1882, le doyen Augustin Cateau, par délégation de l'archevêque de Cambrai, Mgr Alfred Duquesnay, obtient l'autorisation d'ériger les station du Chemin de Croix. La cérémonie aura lieu le dimanche des Rameaux deux avril 1882, en présence de l'abbé Deligny vicaire et de l'abbé Bourgeois, directeur de l'association Dominicale (?).

La gestion de la chapelle sera ensuite confiée à la paroisse Saint-Maclou par le maire Auguste Potié.

La chapelle de l'hospital

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