" MIZTECH S. L. I. "
HAUBOURDIN - SAINT-MACLOU
L'orphelinat Saint-Augustin
Mise à jour le 23/03/08
A l'emplacement de la cité qui porte le même nom s'élevait avant la seconde guerre mondiale l'orphelinat Saint-Augustin.
(Merci à M. Bruno Goislard pour ces deux photos)
L’orphelinat Saint-Augustin a été ouvert le 1er mars 1894 par Monsieur et Madame Butin, pour les petits garçons du canton orphelins de père et de mère. Monsieur Butin, obtint une présence des sœurs de la Sagesse de Saint-Laurent sur Sèvres pour tenir son orphelinat. L’idée de départ était bien de fonder un établissement uniquement pour le garçons mais les demandes réitérées des tuteurs pour placer les frères et les sœurs dans le même orphelinat afin de les élever en famille le décidèrent à bâtir un orphelinat mixte.
L’idée de mixité est tout de même assez restreinte à cette époque. Les frères et soeurs se trouvent seulement réunis lors de leur présence dans la chapelle. Pour s’entretenir entre eux dans la journée, ils doivent en demander la permission.
Les petits garçons quittent l’orphelinat à 13 ans car c’est en règle générale l’âge d’entrée dans le travail pour les pauvres de cette époque. Si la famille ne les réclame pas, l’établissement s’occupe de les placer, en principe en fonction de leurs goûts.
Les petites filles vont à l’école jusqu’à 13 ans. A cet âge, elles passent à l’ouvroir où elles emploient la plus grande partie de leur journée à la confection de corsets pour la Manufacture. Tous les matins elles font le ménage de la maison et tous les quinze jours elles font ensemble la lessive. Les jeunes filles restent à l’orphelinat jusqu’à 21 ans mais à 19 ou 20 ans, elles passent quelques mois à la cuisine et ensuite dans un ouvroir spécial où se fait la confection du neuf et le raccommodage des vêtements de la maison. De cette façon, elles savent faire un peu de tout à leur sortie. Comme pour les garçons, si les familles ne les réclament pas, l’orphelinat s’occupe de les placer dans des services où elles peuvent gagner honnêtement leur vie.
Monsieur et Madame Butin ont créé l’orphelinat pour les enfants du canton d’Haubourdin mais se sont laissé attendrir par la suite en y acueillant des enfants extérieurs au Canton.
Plusieurs autres personnes charitables se sont associées à cette œuvre de bienfaisance des fondateurs en donnant de l’argent pour cet établissement. Leurs noms figuraient sur des plaques de marbre placées dans le corridor d’entrée mais elles ont été perdues.
Une vue de l’intérieur de la chapelle de l'orphelinat
Nous devons à une demande, datée du 20 mars 1894, d'autorisation de bénédiction de la chapelle, expédiée à l'Archêque de Cambrai par le doyen Augustin Cateau, quelques éléments historiques complémentaires :
"Un nouvel orphelinat libre et tenu par des religieuses vient de s'ouvrir à Haubourdin pour garçons et filles. A la demande des Soeurs et de Mr Butin, le généreux fondateur, je viens solliciter de Votre Grandeur l'autorisation de bénir la salle destinée à servir de chapelle provisoire, ainsi que d'y célébrer la Ste messe, d'y conserver le Saint-Sacrement et au besoin d'y entendre la confession.
On me prie de demander en même temps pour la religieuse chargée de la sacristie, la permission de toucher les vases sacrés..."
Pour rappel, l'évêché de Lille n'existait pas encore à cette époque. Le courrier était assez rapide en cette fin du XIXème siècle car la réponse faite par le vicaire général H. Carlier, à même la demande, est datée du 21 mars 1894 :
"Accordé mais nous prions M le Doyen de remarquer qu'il n'y a pas lieu de donner la bénédiction dite "oriatorii publici" à une chapelle provisoire mais seulement la bénédiction commune dite "loci"."
Le chantier devait évoluer rapidement car dans un autre courrier daté du 6 décembre 1894, la soeur Cyprien, supérieure de l'orphelinat demande l'autorisation d'ériger un chemin de croix dans la chapelle. La réponse lui est donnée le 10 décembre 1894. Elle est signée monseigneur Henri Monnier, évêque de Lydda, qui est le titre du coadjuteur de monseigneur Stéphane Sonnois, archevêque de Cambrai.
(Le texte central en latin a été retiré pour cette reproduction)
Deux vues des pensionnaires de l’établissement.
Il a abrité le quartier général de l'état major français en 1940.
Presque entièrement détruit par les bombardements allemands, la décision de ne pas le reconstruire fut prise en 1960. Le montant des dommages de guerre a servi en partie à construire le nouveau centre paroissial.
© (2003) Jules DUJARDIN @ MIZTECH S. L. I.