Depuis les années 1970 et encore jusqu'à nos jours, nous assistons impuissant à la mise à sac de l'église, menée de main de maître par les autorités municipales et ecclésiatiques. Ces pages vous permettrons de vous remémorer ou de découvrir la splendeur passée de notre édifice.
Cette photo du début du XXème siècle donne une idée de la magnificence de la décoration de l'église, comme ici lors d'une cérémonie en l'honneur de la Vierge-Marie.
Le Maître-autel
Je me souviens qu’à l’époque où j’étais jeune enfant de choeur il était très imposant. Cette photo a été prise lors des communions solennelles de 1959 par Julien Rinckenbach.
Sur la porte du tabernacle est représenté le Bon Pasteur portant sur ses épaules la brebis perdue (Luc, XV). Au-dessus du tabernacle se trouve l’exposition, ainsi appelée parce que c’est là qu’aux jours d’Adoration on expose le Saint-Sacrement à la piété des fidèles. Sur le baldaquin, à la pointe de l’ogive, on voit le Père Eternel baissant les yeux sur l’autel et étendant les bras. Sous la voûte, la colombe, symbole de l’Esprit-Saint (Matthieu III, 16). Avec le crucifix, dont la présence est obligatoire pour la célébration du saint-sacrifice, nous avons donc le rappel du mystère fondamental de notre foi, la Sainte-Trinité. De chaque côté du tabernacle, deux femmes portant l’auréole des saints : l’une paraît tenir le jas d’une ancre qui aurait été brisée ; l’autre a en main un calice surmonté de l’hostie ; nous aurions là la représentation de l’espérance et de la charité.
La partie gauche du rétable nous montre la manne dans le désert. La manne est la nourriture que les Hébreux, sortis d’Egypte et parvenus dans le désert, recueillaient chaque jour, sur le sol, pour leurs besoins de la journée. Au centre, Moïse avec deux cornes de feu sur la tête (Exode, XXXIV), un bâton levé vers le ciel. Au premier plan, un enfant prend de la nourriture dans une corbeille que tient sa mère. Dans le fond, des tentes. La manne est une des figures de l’Eucharistie.
C’est ce que rappelle aussi le panneau de droite : les noces de Cana, où Jésus fit son premier miracle en changeant l’eau en vin à la prière de sa mère (Jean II). On voit, debout, Notre-Seigneur et la Sainte-Vierge qui l’implore en faveur des nouveaux mariés. « Ils n’ont plus de vin ». Sur le devant, un serviteur verse de l’eau dans une cruche que tient l’enfant, cependant qu’à l’arrière plan, les invités, assis, présentent leurs coupes vides. Les deux parties du rétable sont encadrées d’anges tenant des encensoirs. De chaque côté, des lampadaires.
Sous l’autel même, un beau groupe en marbre blanc nous montre Jésus après la descente de croix ; le haut du corps est soutenu par Saint-Jean, à gauche, tandis que, de l’autre côté, Marie-Madeleine tient les deux coins du linceuil. Au centre, derrière le cadavre de son fils, la Mère des Douleurs contemple à genoux.
L’autel du Sacré-Coeur
Majestueux, cet autel tout en pierre blanche, était consacré, comme le maître autel. Il est la réalisation d’un voeu formé par les Dames d’Haubourdin durant la guerre de 1870, « l’année terrible », comme on prit l’habitude de l’appeler jusqu’aux horreurs de 1914-1918, de faire édifier un autel au Sacré-Coeur, si Haubourdin était préservé de l’invasion prussienne.
Le rétable se présente sur un double plan. Le plan supérieur est formé d’un grand rectangle surmonté d’une flèche élégante. Jésus-Christ, entouré de rayons semés de têtes d’angelots apparaît sur un autel à Sainte-Marguerite-Marie, dans la chapelle de Paray. Il lui découvre son coeur divin ceint de la couronne d’épines, avec la blessure sanglante que lui a fait le centurion ; des flammes s’en échappent. Il déclare à l’humble visitandine les reichesses insondables de son amour pour les hommes : « Voilà ce coeur qui a tant aimé les hommes ».
Au-dessous, sur les deux panneaux qui encadrent l’autel , Notre-Seigneur apparaît encore, environné de rayons. Sur le panneau de gauche, on voit en face du Sacré-Coeur, le pape PieIX, entouré de moines ; une femme couronnée, un sceptre dans la main gauche. C’est la France entourée de dames d’honneur ; le rappel du « Voeu national » fait par les catholiques français, après les désastres de 1870-1871, d’ériger, sur la colline de Montmartre, une basilique en l’honneur du Sacré-Coeur. Ce voeu fut encourag »é et béni par le Souverain Pontife et sanctionné par une loi de l’Assemblée Nationale le 23 juillet 1873, reconnaissant cette érection comm oeuvre d’utilité publique. On se souvient que Jésus avait chargé Marguerite-Marie de demander à Louis XIV « un édifice où serait le tableau de ce divin Coeur, pour y recevoir la consécration et les hommages du roi et de toute la cour », ce que le roi avait négligé de faire.
A droite le Sauveur est au-dessus des marches d’un autel. Près de lui, à sa gauche, le doyen Ravaux, en camail de chanoine, lui présente des jeunes filles agenouillées, dont l’une lui offre un autel – l’objet du voeu haubourdinois. A la droite de Jésus, les deux vicaires et neuf dames, dont deux à genoux, toutes en grande toilette de l’époque.
La porte du tabernacle représente le pélican se perçant du bec la poitrine, d’où s’échappent des gouttes de sang destinées à nourrir ses petits. Le symbolisme chrétien s’est inspiré de cette légende : Le pélican, c’est Jésus qui donne son sang et qui nous nourrit de sa substance dans l’eucharistie. Des deux côtés du tabernacle, deux anges, l’un les bras croisés sur la poitrine, l’autre les mains jointes dans une adoration profonde.
Sous l’autel, la dernière Cène du Jeudi-Saint. Tous les apôtres sont debout autour de la table, sauf deux qui se tiennent devant, l’un assis, l’autre à genoux. Juda, à gauche détourne la tête et tient dans la main la bourse qui renferme les trente pièces d’argent, prix de sa trahison. Deux anges encadrent le tout, porteurs de la matière de l’Eucharistie : une gerbe de blé et une grappe de raisin. L’Eucharistie n’est elle pas le don suprême de l’amour du Coeur de Jésus ? L’eucharistie nous donne réellement Notre-Seigneur tout entier sous les voiles de la petite Hostie.
Des deux côtés de l’autel, et faisant corps avec lui dans le bas, des colonnes se détachent de l’ensemble pour porter chacune un ange qui déroule une bannière. Le texte a été perdu lors des bombardements de 1940. Celui de droite porte la parole citée plus haut : « voilà ce coeur... ». Au-dessous des niches renferment six anges (il y en a beaucoup à cet autel) qui portent les instruments de la Passion.
Enfin, le socle de chacune de ces colonnes porte une inscription. Celle de gauche rappelle le voeu : « Saeviente bello atroci cum Germanis, voverunt Sacratissimo Cordi Jesus piae dominae Haubourdinenses, die 17 9bris anni 1870 ». (Alors que sévissait une guerre atroce avec les allemands, les dames d’Haubourdin firent voeu d’ériger cet autel au Sacré-Coeur de Jésus, le 17 novembre 1870).
Au-dessus de l’inscription, on voit le blason des marquis de Longastre, anciens vicomtes d’Haubourdin : d’argent à trois losanges de sable, posés 2 et 1. Ces armoiries n’ont jamais été adoptées par la communauté d’Haubourdin et ce fut probablement une erreur de les faire figurer ici.
L’autre inscription, où l’écu porte la lettre H (pour haubourdin), donne les noms des artistes qui exécutèrent l’autel : « Facerunt Verlinden et Boileau, inspirante R.D. Ravaux, decano ac parocho ia Haubourdin, anno 1876 ». (fait par Verlinden et Boileau, sous l’inspiration de M. Ravaux, curé-doyen d’Haubourdin, en 1876).
Les deux sauvages armés de massues , qui servent de supports aux deux blasons, sont les supports des armoiries de Longastre.
Les deux lustres suspendus de chaque côté de l’autel ont été offerts en 1887 par Mme Crépy, à l’occasion du mariage d’une de ses filles.
L’autel de la Sainte-Vierge
La statue de Notre-Dame de Lourdes se présente inondée de lumière dans un habitacle qui n’existait pas primitivement. Il fut édifié quand on bâtit la nouvelle sacristie.
La partie gauche du rétable expose la première apparition de la Vierge à Bernadette, le 11 février 1858. La voyante est à genoux devant la Vierge Immaculée ; derrière elle, sa soeur Marie et sa compagne Jeannne Abadie.
Le panneau de droite rappelle un des premiers miracles arrivés après le jaillissement de la source du 25 février : Le 4 mars, un enfant de deux ans se mourait dans une maison d’humbles journaliers, les époux Bouhorhorts-Ducouts. Le petit Justin était mal constitué, infirme, miné par une fièvre continue ; jamais il n’avait fait un pas. Une voisine préparait déjà un linceul pour l’ensevelir. Tout à coup, la maman prend le pauvre moribond dans son tablier, court à la grotte et le plonge durant plus d’un quart d’heure dans l’eau glacée de la source. Puis elle reporte dans son berceau le bébé raide comme un cadavre. Peu après, les parents perçoivent une légère respiration. L’enfant prend avec avidité le lait de sa mère. Le lendemain matin, pndant une courte absence de celle-ci, il se levait de lui-même, la mère le retrouva marchant dans la maison.
L’autel de Saint-Maclou
La statue de Saint Maclou se trouve dans un habitable qui a été bâti tardivement. La statue ne présente aucun attribut particulier de la légende du personnage et pourrait représenter n’importe quel saint pontife.
Les deux parties du rétable rapportent deux traits de la légende du saint. A gauche, c’est la légende du géant Mildu ; A droite, Maclou rend la vue à son persécuteur Hailoc.
L’autel de Saint-Joseph
(Si jamais vous possédez une photo...)
Cet autel fut offert, par reconnaissance, en 1877, par Jeanne Mariage, ainsi qu’en témoignait une inscription placée sur le bas même de l’autel. Il est en pierre, comme celui du Sacré-Cœur. La statue du Saint, qui porte un Lys dans la main, le domine. Sur la porte du tabernacle, un calice. Le rétable représente, à gauche, le mariage de Marie et de Joseph, présidé par le Grand-Prêtre ; à droite la fuite en Egypte. Encadrant le tout, deux anges portant chacun une banderolle. Sur l’une, on lit : « Allez à Joseph » ; sur l’autre : « Il exaucera votre demande ». Sous l’autel, la mort de Joseph dans les bras de Jésus et de Marie. Sur le mur latéral de droite des ex-votos en marbre blanc.