Le dimanche 21 août 1887, en vertu d'une autorisation de Monseigneur l'archevêque en date du 17 courant, le conseil de fabrique s'est réuni à la sacristie en scéance extraordinaire à l'effet de modifier le paragraphe de la délibération du 17 avril précédent.
Etaient absents Mr d'Hespel, maire, MM François et Delehelle empêchés.
Sur cette observation de Monsieur le Président qu'un certain nombre de personnes demandent qu'il soit procédé à l'établissement d'un calorifèreavant d'agrandir la sacristie, le conseil dit qu'il ne s'y oppose pas et modifiant le paragraphe 4 de la délibération du 17 avril dernier, dit qu'aux mots d'agrandissement de la sacristie seront substitués ceux d'établissement d'un calorifère.
D'autre par le devis du calorifère se montant à 7000 francs et la somme à revenir de la vente dont il s'agit devant se trouver nécessairement insuffisante, le conseil est d'avis qu'il ne soit fait aucune demande de fonds ni à la fabrique, ni à la commune, mais qu'il y soit pourvu par souscription particulière et volontaire ; il décide en même temps que les travaux ne pourront commencer avant la réunion des fonds nécessaires.
L'an mil huit cent quatre vingt neuf et premier dimanche de juillet, les membres du conseil de fabrique s'étant réunis au presbytère sous la présidence de monsieur Célestin Cordonnier, Mr le Doyen dit qu'il a reçu de l'Archevêché communication d'un décret du Président de la république par lequel la fabrique est autorisée :
1 - à accepter le legs qui lui a été fait par madame Duchatelet ;
2 - à vendre cet immeuble aux enchères publiques ;
3 - à prélever une partie du produit de la vente et de l'affecter à l'établissement d'un calorifère dans l'église.
Monsieur le secrétaire du conseil, invité par monsieur le Président donne ensuite lecture du décret qui est ainsi conçu :
Décrète
Article premier :
Le trésorier de la fabrique de l'église curiale d'Haubourdin (Nord) est autorisé,
1 - à accepter aux clauses et conditions imposées, le legs fait à cet établissement par la dame Vve Duchatelet, née julie-Colette Salomez, suivant son testament public du 12 Xbre 1887 et consistant en une maison estimée à 2500f, à la charge de la fondation des six messes chaque année et de recommandation au prône pendant dix ans ;
2 - à vendre, aux enchères publiques, l'immeuble légué sur une mise à prix égale au montant de l'estimation.
3 - Il sera prélevé sur le produit de la dite vente, la somme nécessaire, d'après le tarif approuvé du diocèse, augmentée d'un tiers, pour assurer l'acquit de la fondation temporaire.
Le surplus disponible de la vente sera employé, conformément à la délibération de la fabrique, à l'établissement d'un calorifère concuremment avec d'autres ressources.
Il sera justifié de cet emploi au préfet.
Article deuxième :
Le garde des sceaux, ministre de la Justice et des Cultes, est chargé de l'exécution du présent décret.
Fait à Paris, le 19 janvier 1889
Signé : J. Ferrouillot (?) ...
Le conseil, ouï la lecture du décret, charge le trésorier de faire le nécessaire pour entrer en jouissance du legs susdit et décide que sur le prix de la vente il sera retenu deux cent quatre vingt francs, somme suffisante pour en acquitter sûrement les charges pendant un an.
Monsieur le Doyen propose alors au conseil de profiter de l'occasion de l'établissement du calorifère pour construire une deuxième et vaste sacristie dont le besoin a déjà été tant de fois démontré et pour la construction de laquelle il a en main la somme nécessaire.
Il dit qu'ayant fait dresser à l'avance les plans et devis du calorifère et de la sacristie, ces deux constructions faites séparément coûteraient le calorifère 7200 francs et la sacristie 6800 francs ; mais réalisés en même temps et le calorifère placé sous la nouvelle sacristie, il y aurait une économie d'environ 2000 francs.
Dans ces conditions, il lui semble qu'il n'y a pas à hésiter.
Le Conseil, se ralliant à son avis, charge le bureau de faire toute la diligence possible pour faire réussir ce double projet.
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