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HAUBOURDIN - SAINT-MACLOU

Le calorifère

Mise à jour le 28/05/05

Une aussi grande bâtisse ne pouvait qu'être froide en hiver. Dans le registre aux délibérations du Conseil de Fabrique nous relevons cette mention en date du 21 août 1887.

Affectation du legs de Mme Duchatelet à l'établissement d'un calorifère dans l'église.

Le dimanche 21 août 1887, en vertu d'une autorisation de Monseigneur l'archevêque en date du 17 courant, le conseil de fabrique s'est réuni à la sacristie en scéance extraordinaire à l'effet de modifier le paragraphe de la délibération du 17 avril précédent.
Etaient absents Mr d'Hespel, maire, MM François et Delehelle empêchés.
Sur cette observation de Monsieur le Président qu'un certain nombre de personnes demandent qu'il soit procédé à l'établissement d'un calorifèreavant d'agrandir la sacristie, le conseil dit qu'il ne s'y oppose pas et modifiant le paragraphe 4 de la délibération du 17 avril dernier, dit qu'aux mots d'agrandissement de la sacristie seront substitués ceux d'établissement d'un calorifère.
D'autre par le devis du calorifère se montant à 7000 francs et la somme à revenir de la vente dont il s'agit devant se trouver nécessairement insuffisante, le conseil est d'avis qu'il ne soit fait aucune demande de fonds ni à la fabrique, ni à la commune, mais qu'il y soit pourvu par souscription particulière et volontaire ; il décide en même temps que les travaux ne pourront commencer avant la réunion des fonds nécessaires.

La décision définitive sera prise deux ans plus tard ; Ce délai étant nécessaire à l'enregistrement de la succession. Et si l'on reparle de la nouvelle sacristie, c'est que le doyen Cateau avait l'air d'y tenir !

Séance du premier dimanche de juillet 1889.

L'an mil huit cent quatre vingt neuf et premier dimanche de juillet, les membres du conseil de fabrique s'étant réunis au presbytère sous la présidence de monsieur Célestin Cordonnier, Mr le Doyen dit qu'il a reçu de l'Archevêché communication d'un décret du Président de la république par lequel la fabrique est autorisée :
1 - à accepter le legs qui lui a été fait par madame Duchatelet ;
2 - à vendre cet immeuble aux enchères publiques ;
3 - à prélever une partie du produit de la vente et de l'affecter à l'établissement d'un calorifère dans l'église.
Monsieur le secrétaire du conseil, invité par monsieur le Président donne ensuite lecture du décret qui est ainsi conçu :

Le Président de la République

sur le rapport du garde des sceaux, ministre de la Justice et des Cultes ;
Vu les pièces produites ;
La section de l'Intérieur, des Cultes, de l'Instruction Publique et des Beaux-Arts, du Conseil d'état entendues,

Décrète
Article premier :
Le trésorier de la fabrique de l'église curiale d'Haubourdin (Nord) est autorisé,
1 - à accepter aux clauses et conditions imposées, le legs fait à cet établissement par la dame Vve Duchatelet, née julie-Colette Salomez, suivant son testament public du 12 Xbre 1887 et consistant en une maison estimée à 2500f, à la charge de la fondation des six messes chaque année et de recommandation au prône pendant dix ans ;
2 - à vendre, aux enchères publiques, l'immeuble légué sur une mise à prix égale au montant de l'estimation.
3 - Il sera prélevé sur le produit de la dite vente, la somme nécessaire, d'après le tarif approuvé du diocèse, augmentée d'un tiers, pour assurer l'acquit de la fondation temporaire.
Le surplus disponible de la vente sera employé, conformément à la délibération de la fabrique, à l'établissement d'un calorifère concuremment avec d'autres ressources.
Il sera justifié de cet emploi au préfet.
Article deuxième :
Le garde des sceaux, ministre de la Justice et des Cultes, est chargé de l'exécution du présent décret.
Fait à Paris, le 19 janvier 1889
Signé : J. Ferrouillot (?) ...

Le conseil, ouï la lecture du décret, charge le trésorier de faire le nécessaire pour entrer en jouissance du legs susdit et décide que sur le prix de la vente il sera retenu deux cent quatre vingt francs, somme suffisante pour en acquitter sûrement les charges pendant un an.

Monsieur le Doyen propose alors au conseil de profiter de l'occasion de l'établissement du calorifère pour construire une deuxième et vaste sacristie dont le besoin a déjà été tant de fois démontré et pour la construction de laquelle il a en main la somme nécessaire.
Il dit qu'ayant fait dresser à l'avance les plans et devis du calorifère et de la sacristie, ces deux constructions faites séparément coûteraient le calorifère 7200 francs et la sacristie 6800 francs ; mais réalisés en même temps et le calorifère placé sous la nouvelle sacristie, il y aurait une économie d'environ 2000 francs.
Dans ces conditions, il lui semble qu'il n'y a pas à hésiter.
Le Conseil, se ralliant à son avis, charge le bureau de faire toute la diligence possible pour faire réussir ce double projet.

Le calorifère peine à procurer suffisamment de châleur lors des hivers rigoureux. Voici un texte extrait du compte-rendu d'une réunion de Quasimodo (vendredi 14 avril) 1893.

Mr le Président attire ensuite l'attention du conseil sur le calorifére de l'église. Construit en 1890, il n'a pas jusqu'ici donné les résultats promis et convenus. En effet au moment de déciser de l'affaire, par une lettre du 4 juillet 1890, M. Gaillet, ingénieur-constructeur, disait : "Je garantis la bonne construction, l'emploi de matériaux de premier choix et le bon fonctionnement et je garantis une température uniforme de 10, 12 degrés au dessus de zéro dans l'église. Les foyers se chargent seulement une fois par 24 heures ou deux fois par les froids très rigoureux, sans surveillance ni manoeuvre entre les charges. La consommation de combustible sera en moyenne et par jour de dix hectolitres de poussier de coke ou combustible pulvérulent de nature analogue.
Or chaque fois que la température extérieure s'est abaissée à 16, 8 ou même simplement 6 degrés en dessous de zéro à l'intérieur de l'église et plusieurs fois même le thermomètre n'a pu atteindre ce degré.
L'année dernière, au moment du règlement définitif, Mr Gaillet a demandé à être payé en laissant un dixième, soit 520 francs de garantie qu'il disait plus que suffisant pour faire les travaux nécessaires à l'exécution de son engagement et nous donner complète satisfaction. Après avis de l'architecte, le compte a été réglé dans ces conditions ; malheureusement la température ne s'est guère modifiée pendant l'hiver 1892-1893 ; elle n'a obtenu que très difficilement 7 degrés bien que Mr Gaillet ait fait netretenir les feux pendant huit à dix jours par son propre chauffeur. Le conseil s'est réuni à ce sujet, hors séance, le 12 mars dernier et a décidé de réclamer de Mr Gaillet soit l'exécution de l'engagement pris conformément à la lettre du 4 juillet 1890 rapporté plus haut, soit le remboursement des sommes payées et la remise des lieux en l'état où ils se trouvaient avant la construction du calorifère.
Mr le Président communique au conseil un long échange de correspondance par lesquelles Mr Gaillet reconnaît qu'il ne peut atteindre une supérieure à 7 degrés mais où il prétend qu'en garantissant 10 à 12 degrés au dessus de zéro, il ne s'est negagé uniquement à fournir une température pour l'intérieur de l'église de 10 à 12 degrés au dessus de la température extérieure, en sorte que l'air extérieur étant à 10 degrés au dessous de zéro, nous devions nous déclarer satisfaits d'être à zéro à l'intérieur.
Sans s'arrêter plus longtemps à cette interprétation fantaisiste de son contrat, le conseil, s'en tenant à ce qu'il avait décidé, hors séance, au mois de mars, dit que Mr Gaillet doit être de nouveau mis en demeure d'exécuter à bref délai les travaux nécessaires pour obtenir pendant l'hiver prochain une température de 10 à 12 degrés au dessus de zéro, par tous les temps, dans l'église, ainsi qu'il s'y est engagé par la lettre du 4 juillet ci-dessus.
Pour le cas où Mr Gaillet n'obtempèrerait pas à cette mise en demeure, le conseil donne charge et pouvoir à son président de poursuivre par tous les moyens de droit la fidèle exécution de son engagement.

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