Selon les archives communales, il semble que de nouvelles cloches ont été placées dans le clocher en 1613, puisqu'il est noté que les essais en furent faits par les sonneurs de Fournes, Prémesques, Houplin, Emmerin et Haubourdin. Notons que le sonneur se nommait " clocqueman " , dérivé du flamand :
Compte de l'église d'Haubourdin 1613-1615 :
" Païé à divers hostes de Haubourdin pour les sonneurs de Prémesque, Houplin, Emmerin, Haubourdin et Fourne, par l'ordonnance de messieurs de la justice après avoir sonné à l'espreuve des nouvelles cloces, la somme de XIII livres ".
Tierce dans ses notes historiques sur Haubourdin signale qu' "en 1779, il a été payé au sieur Béranger, pour 3000 livres de métal destinées à la nouvelle cloche, la somme de 2640 livres de France. "
Selon les recherches du chanoine Lestienne, la plus petite cloche, réquisitionnée comme les autres, fut sauvée par la municipalité et transférée dans le campanile de l'hôtel de ville. Elle portait l'inscription suivante :
"Messire Louis-François-Joseph de Houchin, chevalier, Marquis de Longastre, vicomte de Haubourdin et Emmerin, et A. L. S.
E. Thion, pasteur, S.T.L.
M. A. Wibaut, bailly ; J. B. Gouillard, substitut ; Adrien Richart, J. B. Weugle, A. Verdière, Eloy Delzenne, eschevins, et J. B. Carpentier, greffier dudit Haubourdin.
Corsin fait à Lille 1742."
Cette cloche dut sembler trop petite à l' administration communale car elle saisit bientôt l'opportunité d'en posséder une de plus grande puissance. Voici la requête qu'elle expédia au département :
" L'agent municipal de la commune d'Haubourdin aux citoyens président et membres composants l'administration centrale du département du Nord.
Vous expose l'agent municipal de la commune d'Haubourdin que lorsque le citoyen Maréchal, habitant la commune de Lille s'est transporté en cette commune pour, en exécution des ordres qui lui avoient transmises par le représentant du peuple lors en mission à Lille, procéder au renouvellement de la municipalité, il ordonna la descente de la cloche qu'on avoit réservé pour communale pour être envoié au lieu de la fonte et ne laissa qu'une très petite dont le son ne peut se faire entendre aux extrémités de ce bourg ; qu'étant néanmoins nécessaire qu'une cloche de commune soit d'un calibre à rendre un son qui puisse se répandre dans ses quartiers les plus reculés et même dans les communes voisines dans les circonstances ou des secours sont pressans ; que, d'ailleurs, étant destiné à sonner pour les alarmes, appeller pour les assemblées de communes et dans ce chef-lieu de canton, pour celles primaires, les fêtes et cérémonies publiques ; à quoi la plus petite suffire (sic). Il vous plaise, citoyen, l'autoriser à échanger cette dernière contre une des trois de la commune du Maisnil qui ont été transférées en suite de vos ordres dans ce chef-lieu.
Salut et fraternité - signé : A. Bresol
L'administration municipale du canton d'Haubourdin estime que la petite cloche qui existe dans ce chef-lieu ne peut servir comme cloche communale et qu'il en faut une dont le son puisse se faire entendre des communes voisines dans les circonstances nécessaires et qu'une des trois de celles de la commune du Maisnil peut-être conservée à cet effet.
Fait en séance du douze thermidor an quatrième de la république françoise une et indivisible (31 juillet 1796).
signé : G. Carpentier - président temporaire... "
La première remarque qui vient à l'esprit est que le niveau de bruit ambiant devait être extrèmement bas à cette époque car on imagine mal entendre actuellement une cloche d'Haubourdin dans les communes voisines. La réponse suivante fut fournie quelques temps plus tard :
" Vu par nous administrateurs du département du Nord la pétition qui précède du citoyen Bresol, agent municipal de la commune d'Haubourdin, tendante à obtenir une des cloches de la commune du Mesnil en échange de celle qui existe actuellement à Haubourdin.
Considérant que cette dernière commune ayant été dépossédée d'une cloche qu'elle s'était réservée pour le service public ;
Que celle qu'elle a en sa possession actuelle n'a pas de son assez étendu pour sa destination ;
Oui le commissaire du directoire exécutif ;
Nous, administrateurs susdits, avons arrêté et arrêtons que ladite commune d'Haubourdin est autorisée à échanger ladite cloche contre une de celles de la commune du Mesnil, qui dans ce moment se trouve à Haubourdin, à charge par ladite commune de constater ladite échange dans le plus bref délai.
Fait à Douai, en la séance du (22) vingt deux vendémiaire 5e année républicaine (14 octobre 1796). Présents : les citoyens Laurent, président, Dumoulin,Lorain, E. Desmoutier, Delval lagache, administrateurs, Groslevin, commissaire du directoire exécutif et Gautier, secrétaire en chef.
Pour expédition conforme :
Pour le secrétaire en chef, signé : Palette. "
Cette cloche ne devait pas demeurer longtemps dans le clocher car elle est félée et voici notre agent municipal qui présente une nouvelle demande " tendante à obtenir pour sa commune une des cloches existantes en ladite commune provenant de celle du Maisnil en remplacement de celle qu'elle possède et qui se trouve fêlée. "
Voici la réponse de l'administration :
" L'administration centrale du département du nord qui a vu la pétition ci contre après avoir oui le commissaire du directoire exécutif,
Considérant d'une part qu'il est indispensable a une commune de chef-lieu d'avoir une cloche soit pour les assemblées primaires, soit pour celles communales ;
Considérant d'autre part que cet échange devant s'effectuer sous la condition de représenter le même poids de métal, il ne pourra en résulter aucun préjudice pour les intérests de la nation,
Nous administrateurs susdits, accédant à la demande du pétitionnaire, avons par le présent autorisé et autorisons l'administration municipale du canton d'Aubourdin de donner en échange de la cloche possédée par ladite commune d'Aubourdin et qui se trouve aujourd'hui félée, une de celles existantes en dépôt dans son arrondissement et provenant de la commune de Maisnil, pourvu néanmoins que l'agent municipal d'Aubourdin représente une quantité de métal, au même poids et au même titre.
Ladite administration municipale demeure en conséquence chargée de nommer dans son sein deux commissaires pour assister à cet échange ainsi qu'à la pesée dont ils tiendront procès-verbal en présence du commissaire exécutif du canton et qui nous sera remis un extrait bien autentique.
La même administration demeure en outre tenu de faire conduire ces cloches sous quinzaine au dépôt national de Lille.
Fait à Douai, en séance du quatorze pluviôse an 6eme de la République Française..." (3 février 1798)
L'échange sera réalisé le vingt-cinq pluviôse :
- "L'an sixième de la rèpublique française, une et indivisible, le vingt-cinq pluviôse, nous François Becquart et Jean-Baptiste Rousselon, commissaires nommés par l'arrêté de l'administration municipale du canton d'Haubourdin du dix-huit du présent mois à effet de procéder à l'échange et à la pesée de la cloche accordée à la commune d'Haubourdin par arrêté de l'administration centrale du département en date du quatorze du même mois, au lieu de celle possédée par ladite commune et qui se trouve fêlée ;
Avons en conséquence fait déposer les dites cloches en la maison commune au chef lieu de canton et là, en présence du commissaire du directoire exécutif près ladite administration municipale, attendu l'insuffisance des poids jaugés, avons fait briser la cloche fêlée pour arranger les poids dont nous aurions besoin pour connoître celui de la cloche destinée à ladite commune d'Haubourdin ; et après que les dits poids ont été vérifiés et duement numérotés, avons en présence comme dessus, fait mettre la cloche sur la balance : le poids de laquelle s'est trouvé être de mil trois cens vingt-cinq livres.
En foi de quoi, nous avons dressé et signé le présent procès verbal, pour l'extrait authentique être remis à l'administration centrale du département du Nord.
Le commissaire du directoire exécutif - signé : Wicart."
Le 10 juin 1849, en la solennité du très-Saint Sacrement et pendant les Vêpres, M. Charles-Joseph d'Halluin, alors curé-doyen d'Haubourdin, bénissait solennellement trois nouvelles cloches. Comme cette fonction est réservée à l'Evêque, délégation lui avait été transmise par son Eminence le Cardinal Giraud, archevêque de Cambrai, par une lettre datée du 29 mai 1849.
La première de ces cloches et la plus lourde pesait 1045 kilog. ; elle portait le nom de Marie-Caroline ; elle avait pour parrain, M. Fichaux Vincent alors maire de la commnune, et pour marraine, Mme Julie Vermersch, veuve de M. Fiévet, propriétaire.
La deuxième cloche, du poids de 955 kilog. ; se nommait Claire-Rosalie et avait pour parrain, M. le Comte Adalbert d'Hespel, de Tenremonde, membre de l'Assemblée législative et conseiller général ; la marraine était Dame Rosalie Liénard, épouse de M. Jean-Baptiste Cordonnier, propriétaire.
La troisième cloche pesant 560 kilog. Avait été nommée Pauline-Adèle par M Liénard-Gottrant, propriétaire, et par Dame Adèle de Varenghien, épouse de M. Henri d'Herbigny conseiller de la Préfecture du Nord.
Ces cloches, œuvre de la maison Drouot, de Douai, furent fondues près de l'église, sur le terrain occupé aujourd'hui par le numéro 88 de la rue Gambetta.
Les anciens aiment à nous dire le vif mouvement de curiosité sympathique et de pieuse générosité provoqué par ce grand événement, et nombreuses furent les pièces de monnaie de tout métal jetées par les haubourdinoisdans le vaste creuset où coulait peu à peu le précieux métal.
Les cérémonies prescrites pour la bénédiction se déroulèrent au milieu d'un grand apparât, et comme de coutume, un procès-verbal officiel fut rédigé ; après les signatures du célébrant, M. D'Halluin, et celles des parrains et marraines, nous relevons plusieurs noms connus de la ville : Blaevoet, Vicaire, Le Roy-Gruson, J.-B. Duhamel, J.-B. Lamblin, Coppin, conseillers de fabrique, D'Herbigny, Victor d'Hespel, Jules Loridan, clerc-sacristain.
Quelques jours après, les cloches prenaient place dans la tour ; c'était encore la vieille église, si bien qu'en 1867, lors de la construction de l'église actuelle, elles furent descendues, et la tour neuve qui leur donna asile quelques années après, leur fit rendre toute leur valeur par le dégagement bien compris des abat-sons.
"Dimanche ordinaire :
- A 5 heures, une volée de deux cloches ;
- A 6 heures et 8 heures, première volée avec la grosse, deuxième volée avec la moyenne ;
- A 9 heures, une volée avec la petite à 8 heures 3/4 ;
- Grand'messe, première volée avec la grosse, deuxième volée avec les deux petites.
Premier dimanche du mois :
- Grand'messe, première volée, deuxième volée, procession avec les trois cloches.
Fêtes solennelles, première communion, confirmation :
- La veille entre 6 heures et 7 heures, volée à trois cloches pendant 1/4 d'heures ;
- Le matin, comme aux dimanches ordinaires ;
- Grand'messe et vêpres, deux volées à trois cloches.
Avant toutes les messes et offices, tinter la grosse cloche pendant 5 minutes.
Pendant la consécration, tinter également, tant aux messes basses qu'à grand'messe, aussi aux messes d'enterrements, obits, mariages, etc. 3 fois 3 coups.
Pendant la bénédiction du Saint-Sacrement, tinter 9 coups en suivant.
Outre les dimanches, les sonneurs sonnent encore les jours ;
- de la Nouvelle Année à 5 heures et à 5 heures 1/2 et pour la messe de 6 heures ;
- de la Purification, la messe principale seulement ;
- des Prières de Quarante heures, à 5 heures et la messe de huit heures et le salut, la moyenne cloche ;
- des Cendres, la messe et le salut, la moyenne ;
- du Jeudi-Saint et Samedi-Saint, les trois cloches ;
- des lundis de Pâques et de Pentecôte ;
- du Saint-Sacrement ;
- des Prières publiques ;
- des Premières Communions ;
- des Rogations, grosse cloche à 5 heures 1/2, moyenne à 5 heures 3/4 ;
- de l'Immaculée Conception ;
- de la messe de missus, à 5 heures, 5 heures 1/2 et 5 heures 3/4
- d'adoration et aux sermons du soir ; messe, vêpres et saluts ;
- de mission ;
Toutes les fois qu'il y a offices public commandés etc; etc; etc;"
Enlèvement des cloches en 1917
Le besoin de métaux pour la guerre ne devait plus laisser les cloches bien longtemps dans le clocher. Voici le compte-rendu de leur enlèvement que nous a laissé Eugène Thibaut :
" Le 24 mai 1917, Jour de la première communion des enfants par temps froid. Dans l'après-midi l'on a sorti la grosse cloche. Elle était sur le camion quand les enfants entrèrent à l' église pour les vêpres.
Le 25 mai à 7 heures du matin, la cloche arrivait sur la bascule publique pour le pesage. En quittant la bascule, ils la promenèrent jusqu'à l'hospice en passant par la place, promenade probablement trouvée pour narguer et faire craquer le coeur des bons paroissiens.
La seconde fut enlevée le 31 mai 1917.
La troisième fut enlevée le 8 août 1917 ; elles sont restées longtemps dans la cour de chez M. Charles Bonzel, on les apercevait facilement en passant."
Nous connaissons avec exactitude quelques renseignements sur les cloches. Ce sont les inscriptions qui se trouvaient gravées sur les cloches elle-mêmes.
Elles furent minutieusement relevées sous le yeux des "Boches" par M. Eugène Thibaut qui, délicatement les a transmises à l'Echo d'Haubourdin, journal de guerre, publié entre mai 1916 et Janvier 1919 par les abbés P. Marquis et P. Meurette. Ces renseignements figurent dans le dernier numéro :
" Cloches d'Haubourdin :
- 1 Nommée Marie-Caroline par M. Fichaux Vincent, maire et par dame Julie Vermesch, veuve de M. Frévet, propriétaire.
M. Dhalluin, curé-doyen. -Fondue en 1849, enlevée le 24 mai 1917, jour de la première communion.
Poids 1045 kilos.
- 2 Nommée Claire-Rosalie par M. le comte Adalbert d'Hespel de Tenremonde, conseiller général et par dame Rosalie Liénard, épouse de M. Jean-Baptiste Cordonnier, propriétaire.
M. Dhalluin, curé-doyen. -Fondue en 1849, enlevée le 31 mai 1917.
Poids 955 kilos.
- 3 Nommée Pauline-Adèle, par M.Liénard Cottrant, propriétaire et par dame Adèle de Varenghien, épouse de M. D'Herbigny, conseiller de préfecture.
M. Dhalluin, curé-doyen
Poids 560 kilos
Toutes trois portent dans un médaillon : Joseph Drouot, fondeur, Maisoncelle, Haute-Marne. "
" Monsieur le doyen d'Haubourdin,
J'ai l'honneur de vous accuser réception de votre lettre du 19 courant dont je vous remercie ; mais je suis fort surpris des poids que vous me remettez pour les cloches d'Haubourdin. Les cloches devaient peser et donner les notes suivantes :
- MI........1050 Kgs
- FA dièze.. 750 Kgs
- SOL....... 525 Kgs
ou
- RE dièze..1200 Kgs
- FA........ 860 Kgs
- SOL....... 630 Kgs
Il serait nécessaire que j'aille sur place examiner l'emplacement et je pourrais ainsi déterminer les poids de ces cloches.
Dans la première sonnerie, le poids total des cloches serait de 2325 Kgs, dans la seconde 2690 Kgs. Le prix actuel des cloches est de 12 Frs le Kilog, cloches toutes montées. Toutefois, je tiens à vous signaler que je ne puis maintenir ce prix très longtemps car depuis un mois le cours des métaux est constamment en hausses (0,75 au kg depuis le 1er octobre).
Le pédalier pour mise en marche des cloches couterait 2000 Frs tout posé."
Nous pouvons constater que le courrier était acheminé rapidement à cette époque car le 27 octobre la fonderie de cloches envoie un devis :
" Monsieur le Maire,
J'ai l'honneur de vous remettre un devis concernant le remplacement des cloches enlevées à votre église ainsi que de la charpente nécessaire pour les soutenir.
Il vous sera fourni en même temps un pédalier permettant de sonner les cloches du bas de la tour avec un nombre réduit de sonneurs.
Je suis allé visiter le clocher pour me rendre compte de l'emplacement des cloches. Je prévoie que les cloches sonneront dans le sens transversal de l'église.
J'ai constaté que les poutres devant soutenir la charpente des cloches n'existaient plus. Je pense qu'il faudrait que Monsieur l'Architecte prévoie la pose des poutres par les soins de l'entrepreneur de maçonnerie.
Ces poutres seraient placées à 1 m environ en dessous des abats-sons... "
" Dimanche dernier a eu lieu, en l'église d'Haubourdin, la bénédiction de trois cloches.
M. le Vicaire Général Jourdain présidait la cérémonie. Non loin des cloches étaient placés les parrains et marraines : Mmes Fichaux, Bernard et Brabant ; MM. C. Cordonnier, A. Bigo et M. P. Cuvelier fils, remplaçant son père.
Les rites de la bénédiction se déroulèrent pendant que la chorale paroissiale chantait les psaumes et qu'un orchestre symphonique exécutait quelques morceaux de circonstance. Puis M. le vicaire général fit, par trois fois résonner chacune des cloches. A leur tour Mme Fichaux et M. P. Cuvelier fils vinrent tirer le battant de leur filleule qui pèse 1000 Kgs et qui porte l'inscription suivante :
- "Je célèbre les gloires et les miséricordes de Dieu ; je me nomme Marie-Caroline ; je remplace la cloche du même nom bénite le 10 juin 1849 par M. D'Halluin, curé-doyen et enlevée par les allemands le 24 mai 1917. Son parrain était M. Fichaux-Vincent, maire et sa marraine, dame Fiévet-Vermersh. J'ai pour parrain M. Paul Cuvelier-Piérard et pour marraine Dame Mathilde Fichaux-Lambert. M. C. Walbert, curé-doyen. M. A. Potié, Sénateur-Maire."
Mme Bernard et M. Cordonnier font résonner la deuxième cloche ; celle-ci pèse 860 Kgs et porte comme inscription :
- "Je chante la joie des heureux , je suis la voix des deuils... J'ai pour parrain M. Célestin Cordonnier-Scalbert et pour marraine Dame Marguerite Bernard-Fontaine."
Enfin, à leur tour, Mme Brabant et M. A. Bigo font retentir la troisième cloche qui pèse 630 Kgs et qui porte cette inscription :
- "Je convoque à la prière le peuple chrétien. Je me nomme Pauline-Adèle... J'ai pour parrain M. Adolphe Bigo-Guermonprez et pour marraine Dame Marie-Louise Brabant-delehelle."
M. l'abbé Delattre prononça une éloquente allocution.
Après un salut solennel, la sortie s'effectua pendant que des jeunes filles remettaient aux habitants, au nom des parrains et marraines, un souvenir de cette fête inoubliable."
Cette installation d'une sonnerie automatique fut réalisée par les ateliers Brillié de Levallois-Perret. (?)
La technologie de cette époque demandait un entretien régulier et la durée de vie des composants n'était pas celle que l'on connait actuellement. Le 20 août 1929, l'abbé Walbert, curé-doyen, écrit au fabricant pour signaler la défaillance de l'installation. Aprés étude du défaut, il apparait que la cause en est la lampe de l'appareil redresseur de courant qui est hors d'usage. Cet élément est d'un coût élevé et l'installateur lui-même indique qu'il a "du abandonner le système de commande de cloches par électros pour utiliser maintenant un nouveau dispositif qui permet de se passer de l'appareil redresseur."
La réponse ne dut pas paraitre satisfaisante à notre curé car nous trouvons dans les archives le rapport d'une expertise demandée par le doyen. Elle est exécutée par les Ateliers Electrotechniques du Nord, société sise à Lille et qui diffuse la marque le Campanile Electrique :
"Lille, le 10 mai 1933
Monsieur le doyen,
Nous avons l'honneur de vous confirmer la visite que vous ont rendue ce matin Messieurs Piton et Pauli et vous prions de trouver ci-dessous conditions de prix et délai pour la fourniture d'appareils de commande électrique de cloches en remplacement de ceux qui sont actuellement installés et ne vous donnent pas satisfaction.
Aucun appareil ni aucune partie des appareils installés ne peuvent malheureusement être employés à nouveau.
C'est donc le démontage complet de ce qui existe que nous vous proposons et le remplacement intégral de ce qui existe. Seule la canalisation pourra reservir après vérification et devra être complétée...
A titre de références nous pouvons vous indiquer que nos appareils ont été employés avec succés par les établissements Wauthy qui pourraient vous donner tous renseignements à leur sujet... (suit une liste de références prestigieuses de deux pages)"
Nous nous rappelons que ce sont les établissements Wauthy qui ont fondu les cloches. Plusieurs options sont proposées et le prix de l'installation complète est de 15250 F. ou de 17250F., suivant qu'elle comporte ou non un angélus automatique.
Date d'installation ? 1933
Déjà à cette époque l'église souffrait des nuisances d'une société voisine. Voici ce qu'écrit l'installateur le 18 février 1935 :
"Monsieur le curé,
Messieurs Piton et Pauli se sont rendus samedi dans votre église pour vérifier le fonctionnement des appareils et remettre en état les appareils de commande de la petite cloche...
Ils ont constaté également la nécessité qu'il y aurait de donner une couche protectrice de couleur à tout l'ensemble de l'installation mais plus particulièrement aux appareils plus exposés de la petite cloche. Il y a une corrosion anormale des surfaces métalliques des appareils que nous devons vous signaler et qui tient sans doute à la proximité de l'usine des Produits du Maïs. N'auriez vous pas contre cette société le même recours qu'a contre Kulmann, Monsieur le curé de Berkem dont nous avons également transformé l'installation et qui se fait indemniser par cette société des frais supplémentaires d'entretien qu'il a à supporter du fait du voisinage désagréable. Nous avons simplement à lui adresser une lettre par laquelle nous affirmons que les travaux d'entretien faits proviennent d'une corrosion anormale pour qu'il puisse obtenir le remboursement des travaux faits..."
En dehors de quelques travaux de remise en état, en janvier 1937, il semble que l'installation fonctionne parfaitement jusqu'en 1938. Le 19 janvier 1938, appelés pour un dépannage, effectuent un examen de l'installation. Voici une partie de leurs constatations :
"... La petite chaîne de liaison du contacteur de volée au moteur qui avait été déja remplacée en 1935 est à nouveau très détériorée par la rouille. Nous croyons qu'il serait de votre intérêt de nous charger d'un entretien régulier de votre installation, qui aurait besoin de visites plus fréquentes que la moyenne des installations de commande de cloches du fait de la proximité des usines qui vous envoient des fumées et des vapeurs si destructives..."
Suit un devis pour l'entretien de l'installation d'appareils de commande de cloches pour la somme annuelle et forfaitaire de 400 Frs
Le dernier jour de 1964 verra l'incendie de la sacristie et, par ignorance, l'installation demeurera à l'abandon près d'une année. Au mois de décembre, l'installateur écrit "qu'il suffisait de descendre un câble souple des combles où passe la ligne de commande des cloches et raccorder la force motrice par le même chemin, travail qui aurait coûté au maximum 300 F."
La remise en état provisoire de cette façon permettra à "Monsieur le Curé d'avoir l'usage de ses cloches pour les offices et en particulier pour Noël 1965."
Il insiste lui aussi sur les conditions de atmosphériques :
"Il est à remarquer que l'atmosphère d'Haubourdin, au niveau du clocher est préjudiciable, si l'on n'assure pas un entretien suivi, à l'installation... La corrosion est plus active qu'au bord de la mer où l'air salin ne ménage pas le matériel.
Le graissage des chaines en particulier devrait se faire tous les 3 mois au lieu de tous les six mois."
Les nuisances industrielles ont beaucoup diminuées de nos jours. La Cimenterie s'est, malheureusement pour ses employés, arrétée. La Société des Produits du Mais a fait quelques efforts pour diminuer et rejeter plus haut ses pollutions acides.
Une autre installation de commande de sonnerie de cloches, beaucoup plus moderne est aujourd'hui en service.
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© (2003) Jules DUJARDIN @ MIZTECH S. L. I.