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HAUBOURDIN - SAINT-MACLOU

L'inventaire de 1906

Mise à jour le 04/02/05

Pendant la réalisation de l'inventaire

Les inventaires des biens paroissiaux lors de la séparation de l'Eglise et de l'Etat suite à la loi de 1905 vont être accompagnés d'affrontements violents. Voici, avec quelques enprunts à Henri Laleine, le récit de des opérations à Saint-Maclou :
Le 28 février 1906, le procureur de la République écrit au préfet : "les renseignements parvenant de la commune d'Haubourdin signalent une surexcitation des esprits particulièrement violente qui rend nécessaire l'organisation d'un service d'ordre important. Les opérations devront avoir lieu à 6h30 pour éviter les incidents. Mais il conviendrait que les troupes soient sur place dès 5 heures et elles ne devront pas passer par la porte de Béthune où elles seraient attendues et signalées mais par la porte des Postes, le hameau de Fléquières et Emmerin afin de déjouer la surveillance. L'infanterie pourra prendre le train de 4h20, l'amenant à 4h44 en gare d'Haubourdin.

Il faut s'attendre à la formation de barrages, aussi le commissaire de police et le commandant de gendarmerie auront un plan de l'église et des rues avoisinantes.

L'effectif nécessaire pour assurer le maintien de l'ordre est évalué à 300 fantassins et 100 cavaliers."

Le préfet signe un ordre de réquisition transmis au général commandant de la place et, le 3 mars, le receveur des Domaines accompagné d'un commissaire de police se présente devant la porte de l'église. Celle-ci est barricadée et un certain nombre de personnes sont à l'intérieur. Il faudra enfoncer la porte et forcer le barrage.

A 10h29, le capitaine de gendarmerie d'Haubourdin envoie ce télégramme au préfêt du Nord et au chef d'escadron de gendarmerie de Lille : "Porte église trés solidement barrée enfoncée. A 9h30, porte sacristie enfoncée facilement. Deux cent personnes dans l'église. Après discours de protestation, inventaire a commencé. On ne prévoit pas d'incident sérieux."

Les traces de cette opération policière sur la porte de l'église sommairement réparée subsisteront longtemps. Il faudra l'Union sacrée de 14/18 et les réparations au lendemain de l'armistice pour que tout soit effacé.

Les paroissiens avaient eu la crainte que leurs biens ne leurs soient confisqués. Il n'en fut jamais ainsi mais l'inventaire permit d'éviter la dispersion des biens de l'église. Quant aux dégats matériels, je pense fortement que ce sont les paroissiens qui en ont fait le plus en se servant du mobilier comme barricades.

Le grand portail enfoncé

La barricade de chaises

Les chaises cassées

Un confessionnal brisé

La défense de la sacristie

La défense d'un vitrail

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© (2003) Jules DUJARDIN @ MIZTECH S. L. I.