" MIZTECH S. L. I. "

HAUBOURDIN - SAINT-MACLOU

Un pèlerinage eucharistique

Mise à jour le 25/05/05

Le pèlerinage du 28 juin 1925 fut un grand événement dans la vie de la paroisse car il rassemblait l'arrondissement de Lille et était présidé par l'évêque. J'ai préféré reproduire le livret d'époque qui décrit l'ordonnancement de cette cérémonie de ferveur populaire. Le document est suivi d'un commentaire de l'événement écrit à l'époque.

Voici la relation qui en fut faite à l'époque. Le document est anonyme mais sa rédaction nous laisse penser qu'elle fut écrite par le curé de la paroisse.

La procession dans la rue Vanderhaeghen décorée

"Après la procession eucharistique du sart à Flers, si bien organisée par M.l'abbé Moreau en 1925, à la suite des fêtes eucharistiques de Bouvines en 1924, le Comité officiel offrit à la paroisse Saint-Maclou d'Haubourdin, l'honneur de préparer le Congrès Eucharistique de 1925.
Les paroissiens non moins que le clergé en furent ravis et sans tarder on se mit à l'oeuvre.
Une souscription faite auprès des familles plus fortunées recueillit la somme de 22 000 frs.
Avec l'approbation de M. Auguste Potié, sénateur-maire, le trajet de la procession fut déterminé ; de la Place de l'Eglise, le cortège devait suivre les rues A. Potié, du Centre et par la place Valmy suivre la rue Carnot jusque la rue Marais et par celle-ci gagner la rue du Port et le stand comme point terminaux. La compagnie des tramwaysavait consenti à fixer le retour de ses voitures à la place Valmy mais plus tard elle avertit que ce retour à cet endroit était impossible ; il lui fallait écrivait-elle aller sinon jusque la grand'place, du moins jusque la rue de la gare.
Il fallut donc abandonner une des parties les plus favorables au déploiement de notre procession et de la rue du centre descendre la rue beaucoup plus étroite nommée rue Pasteur et de la gagner la rue Carnot par la rue de la Gare. ce fut très regrettable.
Au Sars, deux reposoirs avaient été dressés, mais à cause de la longueur de la procession, les groupes arrétés sur la route et assez longtemps, s'étaient disséminés et avaientr abandonné.
Un seul reposoir mais sur un emplacement assez vaste pour y réunir tous les assistants est chose indispensable ; c'est ce que nous trouvions dans le Stand.
D'ailleurs, un arrêté de M. le Maire réglait la circulation des véhicules à travers la ville ; tous devaient passer par Sequedin. Le parcours ainsi déterminé était de 5 kilomètres 400 mètres.

Organisation

Avec le concours du comité diocésain toutes les paroisses de l'arrondissement de Lille furent invitées à cette manifestation Eucharistique et à faire connaître le nombre d'adorateurs du St-Sacrement disposés à y participer.
De plus, puisque la fédération nationale catholique était en pleine prospérité pourquoi ne pas lui offrir une occasion de manifester sa puissance et de proclamer sa foi au Dieu de l'Eucharistie ?
Cette proposition soumise au président Marreixk fut accueillie avec une grande faveur et dès lors notre cortège serait surtout formé par des hommes et des jeunes gens.
Ils furent partagés en 5 groupes très considérables, séparés les uns des autres par les groupes costumés et par les musiques de Loos et d'Haubourdin. A la tête de chacun des ces groupes se trouvait un prêtre chargé de diriger la prière et les chants.
Ces groupes d'hommes firent d'ailleurs profonde impression par leur nombre, leur tenue des plus respectueuse et leur piété.
Cette indépendance de chacun des groupes mettait de la variété dans les chants et la prière ; parvenus à l'entrée du Stand, un haut-parleur leur imposait de se joindre aux prières et aux chants qui s'y faisaient. C'était la première fois que cette heureuse invention apportait son précieux concours dans une cérémonie religieuse et par ce moyen les milliers de voix réunies devant le St-Sacrement à son reposoir final, chantèrent en un puissant unisson, leurs hommages d'adoration et de reconnaissances au Dieu de l'Eucharistie (cout : 500 frs).

Décoration

Toutes les maisons placées sur le parcours rivalisèrent de zèle et de bont goût pour répondre à l'invitation qui leur avait été faite ; fervente émulation et heureuse variété en fut le résultat ; certaines façades furent paticulièrement admirées ! Mais il était nécessaire d'unifier ces décors variés ; deux guirlandes parallèles couraient de mâts en mâts : trois couleurs mariées avec la blanc : le rouge, couleur du Sacré-Coeur ; le bleu, couleur de la Ste-Vierge ; le jaune, couleur du Pape. Petits drapeaux sur deux lignes parallèles et une bannière au haut de chaque mât.
Total, rien que pour les rues :
- 7366 languettes blanches,
- 2385 languettes bleues,
- 2385 languettes rouges,
- 2385 languettes Jaunes,
- 566 oriflammes,
- 11 000 m de corde ou cordelette,
- plus de 2 000 mètres de tissu.
Le tissu fut découpé par la manufacture de corsets Marlin et Cie.
Les mâts vinrent de la ville, de M. Albert Cuvelier et de différents entrepeneurs.
De plus, M. le doyen de Bergues, M. Vandaele nous avait prêté certaine partie de décorations faites en sa paroisse pour un même congrès eucharistique.
Ne faut-il pas regretter que le comité diocésain directeur de ce congrès ne puisse offrir à la paroisse qui entreprend semblable préparation une partie des matériels d'ailleurs partout le même comme des mâts et même des chariots pour monter un reposoir ?
La saison était pluvieuse et les ondées furent fréquentes durant la semaine précédent la fête mais le samedi l'atmosphère se rasséréna, la journée du 24 fut des plus belles, mais la pluie tombait de nouveau vers huit heures du soir. Dieu nous avait récompensé.
Trois trains spéciaux avaient été demandés à la Cie du Nord, mais en raison de l'incertitude du temps un seul fut retenu ; il fut d'ailleurs complet.
Tous les groupes costumés furent à juste titre admirés par la tenue recueillie et la magnificence des toilettes.
Dirigées par les soeurs de La Sagesse, les jeunes filles des orphelinats de St-Augustin et de la place de Luxembourg, de la Réunion Dominicale, de l'école du Sacré-Coeur, de l'externat paroissial et du pensionnat de La Sagesse remplirent leur mission avec un esprit de piété qui fit profonde impression.
De même les élèves du Petit Séminaire qui avaient à reproduire sur des chars les scènes évangéliques de l'institution de l'Eucharistie et celle de la prédication de la doctrine du Christ à toute Créature ; ils s'acquittèrent de leur rôle avec un naturel et une dignité digne de tout éloge.
Ce fut un haut dignitaire écclésiastique qui à plusieurs reprises manifesta son admiration pour la piété recueillie qui se manifestait partout.
Une voix autorisée désapprouva le retour à l'église de la Sainte-Hostie précédée des groupes costumés.
Convenait-il de laisser Notre-Seigneur au reposoir devant une foule toute préoccupée du retour ?
Et de plus, n'est-il pas particulièrement regrettable que nos personnages costumés se perdent dans les foules avec un laisser-aller qui contraste douleureusement avec l'attitude si digne et si réservée qu'ils avaient si bien tenue jusqu'à ce moment ?
Cette rentrée du Maître à l'église en ces conditions permit d'ailleurs à tous de revoir ce qu'ils n'avaient pu voir jusqu'à ce moment. Toutefois on aurait pu au départ faire défiler tout le cortège sur la place de l'église en face de Mgr Quilliet et de tous les dignitaires ecclésiastiques, le responsable n'y a pas pensé."

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© (2003) Jules DUJARDIN @ MIZTECH S. L. I.