" MIZTECH S. L. I. "
HAUBOURDIN - SEIGNEURS
Jean de Luxembourg
Mise à jour le 16/05/07
Les armoiries de Jean de Luxembourg et de sa femme Jacquelines de la Trémouille
Jean de Luxembourg, batard d'Haubourdin, fils de Wallerand de Luxembourg, comte de Saint-Pol, et d'Agnès Dubuc, son amie, fut légitimé par lettres-patentes de Philippe-le-Bon, duc de Bourgogne, données à Arras, le 13 juin 1443 ; il y est qualifié de chevalier, conseiller et de chambellan du duc.
Ce Jean de Luxembourg est célèbre dans l'histoire du XVe siècle sous le nom de sire de Haubourdin ; c'était dit Commines, un beau chevalier vaillant ès bon état de guerre, nourry ès anciennes guerres de France et d'Angleterre ; il avait grand crédit avec le comte de Charolais (Charles-le-Téméraire) ; et était pourvu des principales charges dans l'armée.
Il était chevalier de la Toison-d'Or.
Le 29 juillet 1452, messire Jehan de Luxembourg fut nommé capitaine de Lille. Les écrits de cette époque disent que c'était pour la guerre contre "ceulx de Gand".
Il prêta, en cette qualité, le serment en la grande halle ès-mains du rewart de Lille, dans les termes suivants :
"Vous fianchies et jures a estre cappitaine de ceste ville droituriers et loyaux, et à warder la ville, les bourgeois et habitans d'icelle et leurs biens, bien et loyalement, et aussi bien le grant que le petit et le petit que le grant, en gardant les droits et franchises d'icelle ville et les subjes en l'obéissance de notre très-redoubté seigneur notre seigneur le duc de Bourgogne, comte de Flandres, et au surplus faire tout ce que bon capitaine doit faire ; et ce ne laires pour amour, pour hayne, pour perte, ne pour waigne ne pour chose qui avenue ne soit qui advenir puist que ainsi ne le tachies ; si Dieux vous ait et les saintes paroles qui là dedens sont escriptes."
Le seigneur d'Haubourdin s'était constamment signalé dans les tournois et les combats. En 1448, pendant la paix qui régnait en Artois, il entreprit de garder ce qu'on appelait alors un pas d'armes auprès de la cour du Beau-Jardin, sur le chemin entre Calais et Saint-Omer, pendant un mois. Cette entreprise fut soutenue en l'honneur d'une dame noble qu'il avait délivrée des mains des "rabeurs de route", avec tant de gloire et de bonheur, qu'il fut surnommé après le chevalier à la belle pélerine.
On croit généralement que la belle pélerine n'était que Jacquelines de la Trémouille, dame d'Ailly-sur-Noye, laquelle se rendait en pélerinage à Rome, qu'il délivra des mains de ces rôdeurs et qu'il épousa ensuite.
Ledit sire de Halbourdin (sic), ajoute Commines, signa le 16 octobre 1465, avec d'autres seigneurs, un annexe au traité de Conflans, au moyen duquel Louis XI parvint à rompre la ligue des princes confédérés pour la guerre dite bien public.
Il rendit d'importants services pendant cette guerre ; c'est lui qui donna au comte de Charolais le conseil d'attaquer Paris, et qui sauva l'armée après la bataille de Montlhéri, en commandant, de concert avec le comte de Saint-Pol, que "on amenest le charroy pour enclore cette armée".
"Haubourdin" fut nommé quelques temps après chef des troupes ; en guerrier aussi brave que loyal et sincère, il ne craignait pas de blâmer la conduite de son maître, le comte de Charolais, lorsqu'il croyait que ce prince avait manqué de prudence ou de bonne foi.
Une lettre écrite par ce dernier et datée de Lyons-en-Santerre, le 7 juin 1465, nous apprend encore que le lendemain, Haulbourdin fera sommer la ville de Montdidier de se rendre au comte et nous voyons par une autre lettre de Louis XI, en date d'Abbeville, du tiers de Juillet 1465, que peu de temps avant, le sire de Haubourdin "chief d'icelui de Carolaois et avec lequel il était en armes contre ce monarque et la couronne, s'estait transporté en la ville de Mortaigne où il estaete entré avec ses gens et qu'il occupait sans vouloir la rendre ne remettre ès-mains du roi."
Cet exploit guerrier fut sans doute le dernier que fit Haubourdin, car, moins d'un an après, il rendait son âme à Dieu.
Il trépassa de "griève maladie", à la fin du mois d'août de l'année suivante, au dire du même historien, au moment même ou le duc de Bourgogne (Philippe-le-Bon)), qui était à Bruxelles fort débilité par maladie et par vieillesse rassemblait toutes ses troupes à Namur, dans le dessein de réprimer la révolte des Liégois.
Peu de Jours avant sa mort (28 juillet 1466), le sire d'Haubourdin avait fondé en notre commune, de concert avec sa femme, Jacquelines de la Trémouille, un hospice qui subsiste encore.
Cette fondation comprenait avec elle la ferme dite du Boquiau, située à Haubourdin, et qui sera ensuite possédée par ledit hospice.
Jean de Luxembourg et sa noble épouse furent inhumés à Ailly-sur-Noye. Leur tombeau commun se trouve dans l'église de ce lieu.
Le tombeau de Jean de Luxembourg et de Jacquelines de la Trémouille dans l'église d'Ailly-sur-Noye d'après une gravure de Boldoduc
© (2003) Jules DUJARDIN @ MIZTECH S. L. I.