Ce texte, qui décrit un crime de guerre commis par l’armée allemande le 19 février 1918, est basé sur le témoignage de l’abbé Pladys, de M. Thiriez, industriel et de MM. Barral et Gay, respectivement directeur intérimaire et économe de la Maison Centrale de Loos devant la Commission Payelle.
MM. Thirion, directeur de la Colonie Saint-Bernard et Ferron, gardien de la Maison Centrale de Loos avaient décidé de s’enfuir du camp de travail de Waziers afin de ne plus travailler pour l’ennemi et rejoindre la zone libre. Poursuivis mais sur le point de réussir et gravement blessés, ils furent repris le 11 février 1918 et condamnés à mort.
Le prêtre appelé pour leur administrer les derniers sacrements les trouva couchés sur une civière. Avec l’appui de MM. Barral et Gay, il tenta une dernière médiation en grâce. Le général qui les reçut fut inflexible et temporisa pour gagner du temps jusqu’au moment où il leur annonça que la sentance venait d’être exécutée.
Ne pouvant se tenir debout à cause de leurs blessures, les fugitifs avaient été transportés en ambulance dans la propriété Crespel. Et comme on ne pouvait pas les fusiller couchés sur une civière, ont les avait ligottés assis sur des chaises !