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HAUBOURDIN

Nos quartiers et traditions – Le P’tit Belgique

Mise à jour le 24/04/11

C’est en grande partie sur le fief du seigneur de Beaupré que s’est édifié le quartier du P’tit Belgique.

Le château de Beaupré, monument historique détruit en 1967 pour faire place au lycée éponyme.

Ces terres féodales s’étendaient approximativement entre la Deûle et nos actuelles rues du général Maurice Mesny, du général Pierre Dame et de la rue de la Canteraine. Il ne faut pas les confondre avec celles du seigneur d’Haubourdin qui occupaient notre actuel quartier de la rive gauche de la Deûle et qui n’a jamais été propriétaire du château de Beaupré.

C’est la création de la première entreprise textile d’Haubourdin qui est à l’origine du quartier du P’tit Belgique.

Sur l’extrait de plan cadastral ci-dessus, datant de 1862, on peut voir l’importance de la filature de lin Colombier. L’ancienne église est en bas et à gauche et la place Jean Jaurès au centre, à l’intersection de la rue d’Emmerin ( rue du général Pierre Dame ) et du sentier d’Emmerin (avenue Roger Salengro). La filature Colombier est en bas et à droite. En haut et à droite, on voit apparaître les premières cités ouvrières de la rue du général Dame et de la rue Salengro. On en retrouve également d’autres, probablement un peu plus vieilles, près de l’église Saint-Maclou. La voie de chemin de fer et la rue du bac (rue du général Maurice Mesny) n’existent pas encore.

Une teinturerie est ensuite ajoutée à la filature

Sur le plan de l’architecte lillois Gustave Goris, daté du 3 novembre 1887, la famille Colombier demande à adjoindre une teinturerie à sa filature. En voici ci-dessous les détails.

La place Francisco Ferrer, à l’intersection des rues d’Emmerin et de Seclin, le nouveau nom du sentier d’Emmerin, constituait le coeur du quartier. Elles sont respectivement nommées aujourd’hui place Jean Jaurès, rue du général Pierre Dame et avenue Roger Salengro. L’actuelle maison de la Petite Enfance était le château de la famille Colombier.

La première mention que nous connaissons actuellement de l’appellation du quartier du Petit Belgique date de 1906.

Voici un extrait du compte-rendu de la séance du conseil municipal du 28 mai 1906 :

L’an 1906, le 28 mai à sept heures et demie du soir, le Conseil municipal d’Haubourdin est réuni en séance ordinaire sous la présidence de M. Auguste Potié, Maire...

M. Martin, au nom de la commission des travaux, donne lecture du rapport suivant :
Réunion du mois d’avril 1906
Messieurs
Lors de la fête de quartier qui a eu lieu au Petit Belgique en février écoulé (?), l’installation d’un jeu de balançoires au droit des maisons-ateliers ( celles de l’avenue Jacquard ) de la Société Anonyme Le Tissage d’Haubourdin, a provoqué une réclamation du directeur de cet établissement.
Cette réclamation qui s’inspirait de la gène qu’un tel jeu faisait éprouver à l’entrée et à la sortie des voitures desservant le tissage et aussi des dégradations qui en résulteraient pour les immeubles attenants a paru fondée à l’administration municipale.
C’est pourquoi elle a chargé votre commission des travaux d’aviser aux moyens de remédier à cette situation, tout en consevant à l’agglomération du Petit Belgique le bénéfice de sa fête annuelle qu’un long usage a définitivement consacrée.
Or à peine ses membres avaient ils pris contact avec les habitants que Monsieur le Maire recevait la pétition ci-jointe dont il importe de donner la lecture.

La sortie des ouvrières à l’époque du tissage d’Haubourdin

Les raisons alléguées sont il faut le reconnaître des plus fondées aussi votre commission a-t’elle estimé qu’il y avait lieu également de donner satisfaction aux pétitionnaires précités. C’est, par suite dans le désir de faire droit tant aux légitimes revendications de ceux-ci, qu’à la réclamation de Mr le Directeur du tissage, qu’elle a été amenée a envisager la question de doter d’une place les quartiers de l’église et du Petit Belgique en utilisant l’espèce de square qui entoure l’église.
A ce sujet elle doit vous faire remarquer que ce square est défendu par une grille en fer, arrivée à l’extrème limite de sa durée, et dont le remplacement s’impose si l’on veut liu conserver sa destination première.
Dans tous les cas en raison du délabrement de cette défense, le dit square est aujourd’hui à peu près banal, sa transformation en place publique ne changerait donc guère le caractère qu’il a en réalité depuis quelques temps déjà, si ce n’est un mieux toutefois car il parait que sa conservation dans l’état actuel est plutôt préjudiciable à l’édifice. Quoiqu’il en est, il convient d’ajouter que la partie qui s’étend en bordure de la rue d’Emmerin permet en comptant le trottoir permet de disposer d’un espace d’une soixantaine de mètres de long sur quinze mètres de large en moyenne.
C’est donc bien une véritable place qu’on peut créer en cet endroit et cela sans léser aucun intérêt.
L’exercice du culte notamment ne saurait être troublé du fait des réjouissances qui y seraient données à Haubourdin que celles-ci ne commencent que longtemps après la fin des différents offices.
D’ailleurs les exemples abondent de places immédiatement contigües aux églises ( Seclin, Wavrin, etc )

Votre commission vous propose en conséquence de décider la transformation du square de l’église en une place bien éclairée, étant entendu qu’en dehors des temps de fête elle servira de lieu de promenade et de repos et qu’à cet effet y sera déposé quelques bancs rustiques et que les plus beaux arbres seront conservés pour l’ombre qu’ils peuvent donner. Nous pourrons ainsi le jour de la fête du Petit Belgique donner droit à la réclamation du directeur du tissage en plaçant s’il le faut les balançoires sur la nouvelle place, ce qui contribuera à donner plus d’extension à la fête précitée. La dépense d’aménagement réduite au strict indispensable s’élève selon l’estimation sommaire que nous a donné Mr Lelièvre, agent voyer, à 1700 francs se décomposant comme suit :
- Terrassement, dessouchemnt des bosquets,
transport des terres à 800m : 500m3 à 1,60 frs soit 800 frs
- Démolition et transport de maçonneries : 25m3 à 4 frs soit 100 frs
- Scories, fourniture et emploi : 255m3 à 1.75 frs soit 446,25 frs
- Démolition de fer : 1400kg à 0,02 frs soit 28 frs
- Bancs rustiques : 5 à 25 frs soit 125 frs
- Travaux devis, abaissement et réparations, urinoir,(etc) : 200 frs
Soit en totalité ; 1700 frs

L’importance de cette dépense pourrait être notablement réduite en chargeant les ouvriers de la ville des terrassements, de la mise en œuvre des scories et les prestataires des différents transports.
Quand à la démolition de la grille et du mur qui la supporte on peut escompter que ce travail est susceptible moyennant l’abandon des matériaux à en provenir. Finalement la dépense se réduirait à :
- Scories pour empierrement, achat : 255m3 à 0,60 frs soit 153 frs
- Bancs rustiques : 5 à 25 frs soit 125 frs
- Travaux, devis et imprévus : 222 frs
Soit en totalité 500 frs

Tels sont les deux moyens que votre commission, d’accord avec Mr le Maire, vous demande d’examiner pour ensuite vous prononcer à seule fin d’exécuter le travail de suite. En terminant son exposé elle ne peut que souhaiter vous voir ratifier l’ensemble de sa proposition car elle reste persuadée que ce faisant vous aurez donné satisfaction à vos concitoyens et contribué à la création d’une magnifique place répondant à un réel besoin.

Le rapporteur, signé Martin

Mr Cordonnier (qui est par ailleurs actionnaire du tissage) dit que la fête du quartier au-delà du chemin de fer a lieu non pas au mois de février comme le dit le rapport mais le premier dimanche de septembre et que Mr Bernard, directeur du tissage, n’a pas réclamé contre la fête du quartier, mais contre l’établissement à toute époque de balançoires qui gènent la circulation.
En faisant cette fête sur la place de l’église, on lèsera les intérêts des commerçants au-delà du chemin de fer qui ont protesté par une pétition contre ce projet et cette belle fête ne tardera pas à disparaître. C’est pour cela qu’on veut en rejeter à tort la responsabilité sur le directeur du tissage.
Il aurait été plus franc de dire qu’on voulait faire une place publique et foraine pour enlever son cachet de recueillement à l’église alors que les places pour les fêtes ne manquent pas à Haubourdin.

Mr Potié fait observer à Mr Cordonnier qu’à plusieurs reprises Mr Bernard a protesté contre les installations foraines installées près des maisons ouvrières.
Loes de la dernière fête du quartier, en septembre 1905, il a adressé comme il l’a fait dernièrement encore, une protestation par lettre recommandée.
Il n’entre pas dans la pensée de l’administration municipale de supprimer la fête du quartier du chemin de fer. Les intéressés jusqu’à ce jour du reste, n’ont pas protesté puisqu’ils sont assurés de conserver leur fête annuelle. Ce que nous voulons faire, c’est donner la nuit un peu plus de clarté à un square où tout le monde peut pénétrer, enlever la basse futaie en laissant autour de l’église le plus grand nombre d’arbres possible. Nous y mettrons quelques bancs pour les vieillards et nous donnerons aux enfants une place sur laquelle ils pourront prendre leurs ébats.
Nous n’avons pas Mr Cordonnier à recevoir des leçons de franchise de personne, dit Mr le Maire. Nous avons pour principe d’agir au grand jour et je ne fais que vous répéter aujourd’hui ce que j’ai dit à la dernière séance. Au surplus l’administration municipale n’est pas disposée à renouveler les dépenses qui ont été faites il y a 20 ans sous le falacieux prétexte de respecter les tombes des aïeux. Nous savons tous à haubourdin que les ossements de nos pères ont été enlevés à quelques exceptions près et il ne reste dans l’enclos qu’une seule tombe, celle de la famille d’Hespel.

Mr Cordonnier proteste vivement contre le dire de Mr le Maire que Mr d’Hespel avait fait établir le square autour de l’église pour sauvegarder la tombe de sa famille alors qu’on avait eu en vue que d’assurer le recueillement de l’église.

Mr le Maire dit : j’ai pour principe, Mr Cordonnier, de respecter mes adversaires, surtout quand ces adversaires ont disparu, et je vopus défend de dénaturer mes paroles. J’ai simplement constaté un fait que vous-même ne pouvez nier. Je respecte autant que vous ceux qui croient et je ne pense pas que ceux-là soient distraits dans leur recueillement par la création d’une place autour de l’église, place qui existe dans toutes les villes qui nous entourent.

Les conclusions du rapport mises aux voix sont adoptées par 19 suffrages contre un.

Le quartier du P’tit Belgique en 1909

Comme on peut le voir sur ce plan de l’architecte Saerens datant de 1909, bien peu des rues actuellement considérées comme faisant partie du P’tit Belgique existaient à cette époque. Les grosses entreprises sont à l’époque le tissage d’Haubourdin (dir. Bernard) avec l’ancienne filature Colombier, la tannerie Lefebvre et la féculerie de pommes de terre Cousin-Devos.

Le quartier du P'tit Belgique semble s'être déplacé au fil des ans. A l'origine, il partait de l'église Saint-Maclou et s'arrétait à la cité Saint-Georges et à la drève de Beaupré qui partait après le 83 de la rue Salengro pour aboutir après le 108 de la rue du général Dame. Avant la guerre 14, il n'existait pas encore d'habitations au delà de cette limite ! Je me souviens que lors des fêtes du quartier dans les années cinquante, une barrière symbolique marquait la frontière devant le siège qui était alors le café du commerce, au 111 de la rue Gambetta. Les présidents de l'époque étaient traditionnellement des commerçants du début de la rue du général Dame. Dans le dernier quart du XXème siècle, cette appellation englobe progressivement le quartier du Nouveau Monde.

Sur le plan qui suit et date des années 1980,
le quartier entre la drève de Beaupré et Emmerin s’appelle encore le « Nouveau Monde ».

Le passage à niveau à l’entrée du quartier. C’est l’arrivée du Chemin de Fer qui déplaça progressivement la limite du quartier qui commençait à l’origine à l’église.

Après le Conseil de Révision, devant L’estaminet « Aux Dernières Nouvelles » tenu par Octaeve De Baere-Désir, au 15 de la rue du général Pierre Dame (merci à M. Papillon).

L’estaminet Buchet au 26 de la rue Gabriel Péri.

L’estaminet du Lion d’Or au 7 de la rue Roger Salengro.

Le jeu de Beigneau dans l’estaminet du Lion d’Or.

Après transformation, il s’appella café du 100kg.

L’estaminet « du Bout du Monde » tenu par la famille Marante, au 37 de la rue du général Pierre Dame, à l’angle de la rue Gabriel Péri.

La boucherie Valère au début (1bis) de la rue Gabriel Péri.

Le Pitche et Mitche, les géants du P'tit Belgique

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