Selon les travaux de l’abbé François Falch’Hun dans « Recherche sur l’origine des noms de lieux humides au travers des langues celtes », repris par Albert Dauzat dans son « Dictionnaire étymologique des noms de rivières et de montagnes en France », le nom de Deûle pourrait provenir d’une racine archaïque, del. ou dol., signifiant méandre. C’est bien ce qui caractérisait principalement l’aspect de notre rivière avant les différents redressements de son cours pour sa canalisation.
La Deûle est une rivière qui prend sa source à Carency, en Artois, et se jette dans la Lys à Deûlémont.
Plan du cours de la Deûle en 1940, avant sa mise au grand gabarit.
Le tracé a aujourd’hui été rectifié et une partie des écluses ont été supprimées.
La source : Carency et Souchez
(grâce à l’aimable collaboration du Comité Historique de Carency)
La source, près de la rue du Moulin à Carency, à deux époques de l’année
Près de sa source, la Deûle prend les noms de Carency et Souchez, les première communes qu’elle traverse.
Ci-dessus, deux photos de la source, à deux moments de l’année. La route d’Ablain-Saint-Nazaire à Carency longe sur une centaine de mètres le premier cours de la rivière. La source se trouve dans une propriété privée en amont de Carency, une zone très humide difficile d’accès. Il faudrait même parler de plusieurs sources car les résurgences sont de localisations variables, fonction du niveau de remplissage de la nappe phréatique selon les saisons.
De la source au château de Crieul, à l’entrée de Souchez, les marais se succèdent. Ils ont des noms évocateurs : les sources bleues, la vieille flaque, les trois flaques du long pré, la flaque de Molaine.
La tradition populaire veut qu’un attelage tiré par deux chevaux se soit un jour engagé dans les marais des sources bleues et n’en est jamais ressorti. A cet endropit, le fond est de douze à quinze mètres. La vase est constamment remuée par les sources.
A partir de la vieille flaque, le cours d’origine a été détourné pour alimenter le moulin de Molaine dont la chute était de quatre mètres cinquante quatre. Les moulins étaient autrefois nombreux car le débit de la rivère était beaucoup plus abondant. Les fuites dues à l’exploitation minière en sous-sol ont fortement réduit ce débit et la pollution est arrivée avec le rejet des eaux sales mais la situation s’améliore peu à peu.
Ci-dessous, deux autres photos prises dans le parc du Carieul à Souchez, dans lequel on entre par la place de la mairie. Lors de la première guerre mondiale, les Allemands y créèrent un lac artificiel de deux kilomètres, sur une largeur de trois cent à quatre cent mètres pour défendre Souchez et le château du Carieul. Le joli parc que l’on découvre aujourd’hui avait alors été transformé en un réseau de fil barbelé défensif recouvert d’une couche de cinquante à soixante centimètres d’eau.
Deux vues dans la traversée du parc du Carieul à Souchez
L’embranchement du canal de Seclin
Le canal de Seclin est un petit canal de 4,5 km qui date de 1856 et a été racheté par l’Etat en 1873. Il est à voie unique, au gabarit Freycinet. Il relie la Deûle au centre ville de Seclin, en passant par la commune d’Houplin.
La Marque est une rivière qui prend sa source à Mons en Pévèle et se jette dans la Deûle à Marquette.
Le confluent de la Deûle et de la Lys
La lys est une rivière qui prend sa source à l’altitude de 114,7 mètres à Lisbourg, près de Fruges. Elle se jette à Gand, dans l’Escaut, à une atlitude de 4,45 mètres. Longue de 195 kilomètres, elle sert de frontière entre la France et la Belgique, sur 24,6 kilomètres entre Houplines et Menin. Elle est canalisée sur la plus grande partie de son cours.