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HAUBOURDIN – Histoire

Les usines : L’amidonnerie Cousin Devos

Mise à jour le 06/05/11

Le

La Société anonyme des établissements Cousin-Devos a été fondée en 1889 par M. Cousin-Devos.

Par suite d’agrandissements successifs, elle était devenue en 1914 la plus importante de la région pour la fabrication de l’amidon, de glucoses, de dextrine et de colorants pour brasseries. Le personnel comportait 200 ouvriers des deux sexes.

Dès leur arrivée, les Allemands ont occupé ces vastes établissements et ont enlevé les approvisionnements.
Les bâtiments du rez-de-chaussée ont été utilisés comme écurie ; ceux de l’étge ont servi de dortoirs pour les soldats. Il y eut parfois deux régiments de cantonnés dans ces bâtiments.
Les Allemands ont détruit systématiquement le matériel et ont chargé la mitraille sur des wagons qu’ils ont dirigés vers l’Allemagne.

Plusieurs obus ont gravement endommagé les bâtiments, puis au moment de leur départ les Allemands ont fait sauter le pont du chemin de fer et celui du canal touchant aux usines. Ces deux explosions ont fortement ébranlé les bâtiments.

Aussitôt l’armistice, l’œuvre de reconstruction a été entreprise et les usines ont été partiellement remises en marche le 1er mars 1920.

Elle ne restera hélas pas longtemps en bon état

La catastrophe de 1926

En 1926, l’usine a été presque entièrement détruite par une terrible explosion.
Elle a fait 6 morts et une trentaine de blessés

Le bâtiment de l’amidonnerie où s’est produite l’explosion

Le Grand Hebdomadaire Illustré a ainsi résumé les faits dans ses pages :

La Catastrophe d’Haubourdin

Il était à peu près 7 h. 10, lorsqu’une violente secousse, accompagnée d’une explosion formidable, vint jeter l’émoi parmi les occupants des maisons avoisinant l’usine. En même temps, de nombreuses vitres volaient en éclat.
Dans tout Haubourdin, la détonation était nettement perçue, mais beaucoup crutent, tout d’abord, qu’il s’agissait d’une explosion opérée par les équipes d’ouvriers qui, en ce moment, prçcèdent à l’élargissement du canal de la Deûle et à la construction du chemin de halage où doit être installé prochainement un service de traction électrique pour péniche.
C’était dans la salle des drêches de l’amidonnerie, au premier étage, que s’était produite l’éxplosion. Sans qu’il soit possible d’en déterminer les causes exactes, bien que l’on pense qu’il s’agisse de la déflagration des poussières s’amidon à la suite d’un court-circuit, de grandes flammes avaient juilli subitement, tandis qu’en un assourdissant fracas s’écroulaient murs et toiture.
Présentant une grande analogie avec un coup de grisou, la déflagration s’était propagée spontanément aux salles voisines et par une galerie vitrée à l’autre aile.

Un bâtiment voisin fortement ébranlé par l’explosion

Des débris de toutes sortes volaient dans l’air, allant parsement les cours de l’usine, la voie ferrée et même l’usine des Produits du Maïs qui fait face à l’amidonnerie de l’autre côté de la ligne de chemin de fer.
Un incendie suivit bientôt l’explosion et ravagea l’usine ébranlée ! Après une heure et demie d’efforts, le fléau fut maîtrisé. Le bilan de la catastrophe se chiffre à l’heure actuelle par six morts, trente blessés et six millions de dégâts.

La levée des corps lors des funérailles des victimes

Voici le rapport de la souscription fait au Conseil municipal suivant :

Séance du 21 décembre 1926

L’an mille neuf cent vingt six, le vingt et un décembre à vingt heures, le Conseil municipal de cette ville est réuni à la Mairie, dans la salle des séances, sous la présidence de Monsieur Auguste Potié, Président du Conseil général du Nord, Sénateur, Maire...

Monsieur le Maire prononce ensuite les paroles suivantes :

« Messieurs. Depuis notre dernière séance, une terrible catastrophe survenue dans les établissements Cousin-Devos a jeté la consternation dans notre population et semé la douleur et le deuil dans un certain nombre de foyers ouvriers.
Je pense être votre interprète en adressant aux famille éprouvées l’expression de nos sentiments de condoléances et de commisération.
Aussitôt l’alarme donnée, de braves concitoyens se sont courageusement précipités au secours des victimes restées dans les bâtiments où sévissait l’incendie.
Afin que leurs actes soient exactement appréciés, j’ai demandé à la gendarmerie d’ouvrir une information, et je me propose, le cas échéant, de sollicicter des Pouvoirs publics une récompense pour les plus méritants.
Je tiens aussi, au nom de la municipalité, à remercier le corps médical qui a prodigué ses soins aux infortunés blessés, le corps de Sapeurs Pompiers dont le dévouement a été très digne d’éloges et tout particulièrement le personnel de notre hôpital qui a multiplié ses efforts pour pour sauver les mourants et atténuer les souffrances des blessés.
Je remercie aussi toutes les personnes qui, en ces douloureuses circonstances, ont apportés une aide généreuse aux infortunées victimes. »

Monsieur le Président ajoute que plusieurs personnes l’ayant pressenti de leur intention d’ouvrir des souscriptions en faveur des victimes, il a crû préférable que l’initiative en fut prise par la municipalité, et, dans cette pensée, il a fait appel au concours des Dames de la ville, qui, volontiers, lui ont accordé leur collaboration, et s’étant réparties par groupes ont recueilli les offrandes à domicile.

Voici les résultats de cette souscription : 

- 1er groupe : Mesdames Auguste Potié, Pierre Delfortrie et Defretin, 14 007,50 frs
- 2ème groupe : Mesdames Eugène Brabant, Hubert Brabant de Max Bernard,1821,00 frs
- 3ème groupe : Mesdames Fernand Dô, Robert Cuvelier, Joseph Verley, Adolphe Poullet et Liagre-Rose, 3808,00 frs
- 4ème groupe, Mesdames Louis Lefebre-Bonte et Mademoiselle Herman, 3783,50 frs
- 5ème groupe, Mesdames Alfred Lefebvre et Albert Jacquet, 2505,00 frs
- 6ème groupe, Mesdames Despinoy et Paul Poullet, 2379,80 frs
Soit un total de 28 704,80 frs

2° Souscriptions diverses versées directement à la recette municipale :
- Harmonie municipale de Loos, 60,00 frs
- Personnel des Produits du Maïs, 109,10 frs
- Personnel de la tannerie Alfred Lefebre, 106,50 frs
- Harmonie municipale (banquet) , 978,05 frs - Fédération intercantonale des Amicales et Deniers laïques des cantons d’Haubourdin et de La Bassée, 345,00 frs
- Etablissements Roux et Cie et leur personnel, 242,00 frs
- Tissage des Flandres et leur personnel, 451,50 frs
- Société des Ciments et leur personnel, 500,00 frs
- Denier des écoles laïques de Loos, 60,00 frs
- Amicale des Anciens Elèves des Ecoles publiques et du Pensionnat d’Haubourdin, 100,00 frs
- Café des sports (soirée chantante), 100,00 frs
- Orphéon « La Lyre amicale » (bal et quête), 444,90 frs
- Monsieur Dereuse, Conseiller d’arrondissement, 100,00 frs

Ce qui représente à ce jour, une somme totale de 32 301,85 frs

Au nom de la municipalité, Monsieur le Maire réitère ses vifs remerciements aux Dames quêteuses pour le précieux concours qu’elles ont bien voulu lui prêter et qui ont reçu le meilleur accueil de la population tant chez les familles fortunées que dans les modestes familles d’ouvriers, qui, toutes, ont tenu à participer à cette œuvre de solidrité humaine.
Monsieur le Maire ajoute que ces fonds ont été versés à la caisse du Bureau de Bienfaisance à qui il appartient d’en faire la répartition.
Le 11 décembre 1926, la Commission charitable s’est réunie dans ce but et, ayant adopté une position établie, après enquête approfondie, par Messieurs Eugène Brabant et Fernand Dô, adjoints au Maire, elle a procédé à une répartition provisoire et à l’attribution de secours immédiats qui ont reçu l’assentiment des Dames quêteuses réunies ce jour à la Mairie.

Cette répartition se résume ainsi :

Une somme de 24 000 frs a d’abord été prélevée en faveur des familles des victimes décédées auquelles a été ajouté le blessé Lepez Jules, en raison de la gravité de son état.
Sur ces 24 000 frs, 12 000 frs ont été répartis entre ces familles, compte tenu des situations respectives et des secours alloués par ailleurs aux victimes résidant dans d’autres communes.
Les autres 12 000 frs ont été réservés pour une attribution ultérieure.
Puis une somme de 2475 frs a été répartie entre les 31 autres blessés.
Le reste, auxquels s’ajouteront les souscriptions particulières qui parviendraient encore à la recette municipale, constituera une masse disponible, ce qui permettra de prendre telles dispositions qu’il appartiendra, suivant les modifications qui surviendraient dans les situations respectives des intéressés.

Cet exposé de Monsieur le Maire ainsi que l’état de répartition et d’attribution qu’il vient de communiquer sont unanimement approuvés par l’assemblée.

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