II- Le capital risque

 1- Le principe

  L’investisseur en capital-risque apporte des fonds propres à une entreprise prometteuse dans la perspective de revendre sa participation d’ici 5 à 7 ans en réalisant une plus value rémunératrice. Les investisseurs attendent un retour sur investissement entre 5 et 10 fois leur mise. Contrairement au banquier, l’investisseur ne recherche pas de garanties mais s’intéresse de très près au plan d’affaires et aux hommes qui dirigent le projet.

 L’investisseur en capital risque va analyser minutieusement tous les projets qui lui sont proposés avant de prendre une décision d’investissement. Au final, seul 5 à 10% des projets seront retenus.

Le modèle d’évaluation, d’aide à la décision

D’après une enquête effectuée auprès de 70 investisseurs en capital risque, nous observons que la grande majorité d’entre-eux utilisent un modèle d’aide à la décision basé sur les sept critères suivants avant de prendre toute décision :

En fait, l’ensemble des critères définis ci-dessus sont pertinents quelle que soit la situation, que l’on demande un financement à son banquier, à une société de capital-risque ou à un " business angel " etc. Seule la pondération de ces différents critères va varier en fonction des attentes et des besoins de chaque personne (qu’il s’agisse du banquier ou d’un " business angel ").

Les investisseurs en capital risque quant à eux cherchent principalement à savoir si le dirigeant et son équipe disposent des qualités de leadership et des compétences en management pour mener à bien le projet. Ce sont ces qualités qui vont conditionner le reste du projet.

Les différentes formes du capital risque sont :

Les business angels

Les Anglo-saxons appellent les investisseurs privés : les " business angels " ou anges des affaires que nous pouvons traduire par investisseurs providentiels. Les investisseurs providentiels ou business angels misent une fraction de leur patrimoine personnel sur de nouvelles entreprises ou sur des entreprises plus anciennes. Ce sont le plus souvent d’anciens chefs d’entreprise ayant vendu leurs actions en réalisant une confortable plus value.

Ne souhaitant pas partir en retraite, ils décident de consacrer une partie de leur argent à de jeunes entreprises, souvent, ils s’investissent dans le développement de l’entreprise en apportant à l’entrepreneur leur expertise et leur réseau relationnel.

2- Les avantages et inconvénients

Comme nous venons de le remarquer, faire appel à des business angels comportent plusieurs avantages. Si les business angels recherchent une bonne rentabilité, c’est à dire une valorisation de leur capital, ils sont souvent motivés en partie par des considérations non financières et sont même susceptibles parfois d’accepter des niveaux de rentabilité moins élevés.

Les business angels sont souvent disposés à réaliser un placement de type opportuniste sans se fonder sur une analyse précise de l’entreprise surtout si celle-ci évolue sur un marché qui leur est familier. La plupart des business angels ont un rôle actif dans les sociétés où ils détiennent une part du capital. Ainsi, les entrepreneurs peuvent tirer profit de leurs compétences en affaires, de leur expérience commerciale, de leur savoir-faire et de leurs contacts.

Cependant, le recours à des business angels peut comporter certains inconvénients. Les business angels sont moins susceptibles de participer aux vagues de financement ultérieures, ils investissent une fois dans la société puis se retirent. Ils peuvent revendiquer un rôle actif bien que possédant une participation minoritaire et intervenir à tous les niveaux. Certains business angels peuvent se révéler de véritable " démons " en investissant avec des arrières pensées.

Comment trouver un business angel ?

Il est difficile de déterminer le nombre de business angels intervenant actuellement en France (approximativement 60 000 avec un investissement moyen de 100 000 francs par personne). Ce que nous pouvons dire, c’est que cette population connaît une forte croissance du fait de l’arrivée d’épargnants traditionnels incités par les avantages fiscaux de ce type de placement et par la faiblesse des taux d’intérêts. Néanmoins, il n’existe aucun recensement des business angels en France.

La solution pour qu’un entrepreneur optimise ses chances de trouver un business angel est de s’appuyer sur la stratégie suivante :

3- Le capital risque français

Nous venons de le voir, l’objectif du capital risque est de permettre à des investisseurs professionnels (société de capital risque) ou à des investisseurs privés (business angels) de placer leur argent en échange d’une forte rémunération en cas de réussite. En France, le capital risque remonte au début des années 70 mais n’a connu un véritable développement à partir de 1985 quand l’Etat a amélioré le statut fiscal de sociétés de capital-risque. En effet, contrairement aux Etats-Unis, le capital risque français a émergé sous l’égide des pouvoirs publics.

Le capital risque français est marqué par la forte participation des banques et des compagnies d’assurance (aux Etats-Unis seuls 3% des banques interviennent dans les S.C.R.).

De ce fait, il semble qu’il y ait eu en France une confusion entre le capital risque et le capital développement. Le capital développement accompagne la phase de croissance, de maturité d’une P.M.E., or le but originel du capital risque est d’investir sur des sociétés en phase de création ou en phase d’amorçage (" start up " et " seed up "). Comme l’offre de capital-risque provient pour l’essentiel des banques et des compagnies d’assurances, d’investisseurs institutionnels, la tendance actuelle veut que les projets de développement soient favorisés par rapport à ceux de création.

4- Bilan : un certain optimisme pour le capital risque français

Après une vague sombre entre 1990 et 1995 pour laquelle la rentabilité moyenne fut négative, des raisons poussent à l’optimisme pour le futur. De nombreux projets en Recherche et Développement (notamment dans les secteurs de la biotechnologie, l’environnement ou les nouvelles technologies de l’informatique) laissent à penser que de nombreuses sociétés à forte croissance pourraient émerger du lot.

De l’autre côté, de nouvelles possibilités s’offrent aux investisseurs pour faciliter leur sortie et améliorer leur rentabilité comme le Nouveau Marché, l’Easdaq, le M.G.T (Marché des Gros Titres).

Malgré une tendance nette des sociétés de capital risque à choisir parmi les projets ou le risque est faible (P.M.E en phase de maturité), et délaissant ainsi 95% des autres projets. Cependant, le recours à un cabinet de conseil spécialisé permet à la P.M.E. de bâtir un projet bien ficeler (business plan) ce qui augmentera considérablement ces chances de succès.

La forte augmentation du nombre de business angels ou investisseurs providentiels, comme nous l’avons vu précédemment, offre aux entrepreneurs la possibilité de trouver les fonds propres dont ils ont besoin pour leur développement et de bénéficier de leur expérience, leur savoir-faire et leurs contacts. Il faut l’avouer la phase la plus dure reste la recherche de ces investisseurs privés.

Le recours à un Organisme de Capital Risque (S.C.R., I.R.P., etc…) a globalement un impact positif sur une P.M.E. Si les sociétés de capital risque françaises s’immiscent moins dans la gestion que leurs homologues américaines, un partenariat actif entre la P.M.E. et l’organisme de capital risque a un impact positif sur le développement de celle-ci. L’O.C.R. fournit par exemple des contacts et des clients qui permettront à la P.M.E. d’assurer la croissance.

Malgré tout l’un des problèmes majeurs du capital risque français reste la crainte des entrepreneurs envers les investisseurs en capital-risque. Même si certains comportements commencent à évoluer ; la majorité des entrepreneurs préfèrent s’endetter plutôt que recourir à une augmentation de capital du fait de la crainte de la perte de contrôle de leur société. De plus, la majorité des entrepreneurs estiment que l’emprunt à un coût moins élevé que l’augmentation de capital par le recours à des investisseurs en capital risque.