Picabia Francis (1879-1953)

Peintre et écrivain français, qui abandonna en 1905 une carrière de peintre impressionniste à succès pour se lancer dans l'aventure des avant-gardes. Cette première rupture le conduisit en quelques années à l'art abstrait, dont il fut l'un des pionniers (Udnie, 1913, MNAM, centre Georges-Pompidou, Paris). Proche de Marcel Duchamp et du groupe de Puteaux, il cherchait à rendre compte de la quatrième dimension de l'âme, celle des impressions modifiées par la mémoire et les états intérieurs de l'artiste. Réfugié à New York pendant la guerre, il peignit ses premiers tableaux de machines, anti-peintures qui obéissaient à d'autres conventions que celles des Beaux-Arts en faisant appel à celles du dessin industriel. Il entra en contact avec Tristan Tzara en 1919 à Zurich, et tous deux animèrent à Paris, à partir de 1920, les activités du groupe dadaïste. Ses collages et tableaux au Ripolin poursuivirent jusqu'au milieu des années 1920 son exploration d'une anti-peinture radicale (série des Monstres, 1923-1925). Il revint ensuite à une peinture citant les maîtres du passé, en mêlant et superposant les motifs qu'il leur empruntait (série des Transparences, 1925-1937). Après une courte période abstraite, il peignit pendant la guerre des scènes de nus inspirées par la photographie. Après la guerre et jusqu'à sa mort, il développa une forme d'abstraction en haute-pâte, incluant des motifs archaïques peu explicites. Son atelier était alors devenu un lieu de rencontre pour de jeunes peintres comme Soulages, Hartung, Ubac, etc., tandis que ses périodes figuratives continuent d'inspirer les esthétiques post-modernes et que le dadaïste reste un modèle d'esprit de subversion. Picabia fut également un poète qui brisa la logique et le sens commun, et un producteur d'aphorismes d'une grande férocité.