1883-1924

  Sa vie

  Ses compagnes

  Grete Bloch (1892-1944)

  Felice Bauer (1887-1960)

  Julie Wohryzek (1890-?)

  Milena Jesenzka (1896-1944)

  Dora Diamant (1904-1952)

  Conflit et mystères

  Ses œuvres

  Ses amis et rencontres

  Hans Gross

  Otto Gross

  Robert Klopstock

  Max Brod (1884-1968)

  Anton Kuh

  Alfred (1868-1958) et Max Weber (1864-1920)

  Edgar Jaffé (1865-1921)

 

Ecrivain tchèque d'expression allemande; né en 1883, décédé au sanatorium de Kierling près de Vienne de tuberculose. Sa vie fut dominé par un conflit avec son père et une culpabilité permanente. Il fut d'un caractère inquiet, très vulnérable et épris d'un grand sentiment de justice. Son œuvre fut peu connue de son vivant, ignorée sous la période nazie (il était juif), et redécouvert après la guerre.

 

 

Sa vie :

Ecrivain tchèque d'expression allemande, Franz Kafka est né et enterré à Prague. Il y a passé toute sa vie, sa brève vie. Il eut une enfance tranquille avec une gouvernante tchèque et une autre française, Mlle Bailly. Il entra le 16 septembre 1889 à la Deutsche Volks und Bürgerschule de Prague. Comme la plupart des enfants de familles juives de la bourgeoisie Praguoise, il fit ses études au lycée allemand de Prague, le Altstädter Gymnasium. A l'Université Ferdinand-Karl de Prague, il obtint, le 18 juin 1906, un Doctorat de Droit. C'est dans cette université qu'il eut pour Professeur Hanns Gross, mon cousin d'Autriche. Son parrain de thèse fut Alfred Weber, le jeune frère de Max Weber, qui venait de rentrer comme Professeur. Il voyagea beaucoup avec Max Brod qu'il avait connu étudiant à Prague en 1902. Il fit partie du "Groupe de Prague" avec Max Brod, Rainer Maria Rilke et Franz Werfel. Afin de rentrer comme fonctionnaire, il dut faire un stage au tribunal civil et correctionnel de Prague. Le 30 juillet 1908, il fut employé dans une compagnie d'assurances, les Assicurazioni Generali de Trieste puis à la Arbeiter Unfall Versicherungsanstalt für das Konigreich Boehmen in Prag (l'Office d'assurance contre les accidents du travail pour le Royaume de Bohème à Prague). Il n'allait jamais plus quitté ce poste et termina secrétaire en chef avant de prendre sa retraite pour incapacité physique. Il était hanté par la mort, de santé très fragile et végétarien. Il eut une fin de vie tragique à 41 ans. Il ne quitta jamais la maison de ses parents. Pendant la guerre de 14-18, il ne fut pas mobilisé car son employeur le refusa. Kafka fut donc réserviste du 28ème Régiment d'Infanterie. En décembre 1920, il entra au sanatorium de Matliary dans les montagnes des Hautes Tatras et s'attacha à un étudiant en médecine du nom de Robert Klopstock. Très soutenue par sa sœur Ottla et Dora Diamant, il entra en avril 1924 au sanatorium de Kierling pour ne plus en sortir. C'est Klopstock, alors étudiant en médecine à Berlin, qui lui fit une ultime piqûre de morphine le lundi 2 juin 1924, Kafka s'éteignit le mardi après-midi. Max Brod prononça son oraison funèbre.

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Ses compagnes :

Ses nombreux amours furent cours et passionnés. Ils sont restés à la postérité par la publication des lettres qu'il envoyait à ces personnes, parfois plusieurs par jour. La plupart de ces femmes ont eu des fins tragiques parce qu'elles étaient juives. Franz Kafka n'eut pas de descendance et ne s'est jamais marié. Parmi les nombreuses femmes qu'il connut, voici :

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Grete Bloch (1892-1944) :

Diplômée d'une école de commerce, elle travailla comme sténotypiste dans un entreprise de matériel de bureau. Elle devint bientôt assistante de direction. En 1935, fuyant l'Allemagne, elle s'arrêta à Genève et remit à son amie Felice Bauer les lettres de Kafka. Après un bref séjour en Palestine, elle s'installa en Italie à Florence où elle fut prise dans une rafle de juifs et mourut en route pour un camp de la mort.

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Felice Bauer (1887-1960) :

L'un des cinq enfants de l'agent d'assurances Carl Bauer. Elle grandit à Berlin et passa son baccalauréat. Elle travailla en 1909 comme sténodactylo à la Carl Lindstroem AG et fut nommée en 1912 rédactrice, belle carrière pour une femme à cette époque. Elle connut Kafka en 1911 chez Max Brod et elle rompit en 1914 et en 1917 avec lui. Kafka écrivit en 1912 "Le Verdict", livre dans lequel il rêve de mariage avec Felice. Dans "Le Procès", elle est Mlle Bürstner. En 1919, quinze mois après sa rupture avec lui, elle épousa un banquier de Berlin. En 1936, elle partit aux Etats-Unis et y fonda une affaire après la mort de son mari. Elle garda les 500 lettres échangées avec Kafka qui furent publiées avec son autorisation en 1955. Elle le fit car elle manquait d'argent. C'est l'éditeur Zalman Schoeken de New-York qui les acheta ainsi que d’ailleurs celles de Milena Jesenska. Toutes ces lettres furent mises en vente en 1970 par les héritiers de Z. Schocken.

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Julie Wohryzek (1890-?) :

Elle rencontra Franz Kafka au sanatorium de Schelesen (aujourd'hui Zelizy), un village de montagne en Bohème, en janvier 1919. Elle était la fille d'un cordonnier et sacristain de synagogue. Ils se sont fiancés en 1920 et un signe du destin fait arrêter Kafka dans sa volonté de mariage : son appartement n'était pas prêt.

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Milena Jesenzka (1896-1944) :

Milena était une fille révoltée et meneuse, dans sa jeunesse, d'une bande de filles arrogantes prêtes à défier les interdits imposés par les adultes. Elles provoquaient par leurs habits et la prise de drogue. Elle fut la coqueluche du cercle de Franz Werfel au Café Arco de Prague. Elle voulut épouser Ernst Polak, un employé de banque de Prague. Doué pour les lettres et lié d'amitié avec des écrivains, son père le traita de littérateur de café et prit ombrage de cette liaison. Il fit interner sa fille à l'asile d'aliénés de Veleslavin près de Prague. Elle y passa 9 mois de juin 1917 à mars 1918. Elle fit tout pour s'y évader et rejoindre son amant qu'elle finit par épouser. A Vienne, abandonnée et trompée par son mari, elle essaya de gagner sa vie en faisant des traductions allemandes. En octobre 1919, elle demanda à Kafka la permission de traduire en tchèque certains de ses livres. Il l'a rencontra à Merano en 1920. Le livre "Le Château" évoque leur amour. A la mort de Kafka, elle retourna à Max Brod tous les manuscrits et journaux de Kafka qu'elle possédait. Elle entra dans la résistance tchèque et de peur d'une arrestation, elle donna ses lettres à son ami Willy Haas qui les publia plus tard avec l'accord de Max Brod. Elle vécut avec le Comte Schaffgotsch, un aristocrate communiste allemand qui lui fit découvrir le marxisme. Elle revint à Prague comme journaliste . En 1927, elle épousa l'architecte Jaromir Krejcar. Elle entra au parti communiste en 1931 et en fut exclue en 1936 au moment des grandes purges. Elle fut arrêtée par la Gestapo en 1939 et déportée au camp de Ravensbrück. Elle y mourra le 17 mai 1944. Son père, médecin réputé, put ramener son corps à Prague grâce à un médecin SS. du camp.

Milena était proche de Otto Gross dans sa révolte et elle fut affectée à la mort de celui-ci en 1920. Je ne sais pas s'ils s'étaient vus à Prague ou à Vienne mais Milena connaissait Gross avant sa rencontre avec Kafka. Ils fréquentaient ensemble le café Central et le Herrenhof à Vienne. Dans une lettre postée de Merano le 25 juin 1920, Kafka lui raconte sa rencontre avec Otto Gross, Mizzi Kuh et leur fille Sophie.

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Dora Diamant (1904-1952) :

Il l'a connu dans un camp d'enfants juifs réfugiés de Pologne sur la Mer Baltique en 1923. Ce camp était financé par le Foyer populaire juif de Berlin. Dora y était conseillère et avait 19 ans. Ils vécurent à Berlin en septembre 1923. Quitter ses parents fut pour lui le plus grand exploit de sa vie. Elle assista Franz Kafka dans son agonie à partir de 1923. Elle l'emmena au sanatorium du Wiener Wald en Autriche le 7 avril 1924, puis à la clinique de l'université de Vienne et enfin au sanatorium de Kierling dans la campagne viennoise, le 19 avril 1924. Une tuberculose laryngée et pulmonaire l'empêchait de se nourrir et il mourrait de faim.. Dora l'assista de son mieux en faisant appel à tous ses amis et connaissances médicales. Vers 1929, elle épousa un responsable important du parti communiste allemand. Elle était originaire de Galicie et élevée dans une famille hassidique. En 1933, une rafle de la Gestapo chez elle, lui confisquera les lettres et manuscrits de Kafka. Elle réussit à rejoindre Moscou pour y retrouver son mari. Son mari accusé de sabotage fut déporté à Vorkouta où il disparut. Pour sa fille gravement malade, elle réussit l'exploit de regagner l'Angleterre pour la faire soigner. Dora mourut en 1952 et sa fille vers 1987 en Angleterre. Kafka expédiait son courrier à Milena en poste restante, sous le nom de Kramer

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Conflit et mystères :

Sa vie fut dominé par un conflit avec son père et une culpabilité permanente. Il fut d'un caractère inquiet, très vulnérable et épris d'un grand sentiment de justice. Il n'aimait pas Prague, une ville sous domination des Habsbourg, ville qui le rend malade et où il ne trouve pas d'amour. "Sa lettre au Père" exprime les désirs du père pour son fils, père qui a réussi dans sa vie professionnelle à force de travail. "Le Procès" évoque aussi les relations familiales : son père que l'on combat et sa mère dont on se méfie. Son univers de travail le juridique a eu une influence sur son œuvre où les personnages évoluent dans des univers absurdes et labyrinthique. Celui-ci avait fortement marque F. Kafka dans ses cours à Prague. Son œuvre fut peu connue de son vivant, ignorée sous la période nazie et redécouvert après la guerre. Il est avec Thomas Mann, l'auteur de langue allemande le plus commenté. Parlant tchèque, hébreu et allemand, il fut en sorte un apatride dans cette situation politique de l'entre-deux-guerres. La solitude, l'absence de véritables relations et l'exil caractérisent ses héros. Kafka eut peur de se lier avec une femme et il ne les connut que dans des lieux de vacances et le reste du temps, il préféra leur écrire.

On peut établir une similitude entre l'éducation de Otto Gross et celle de Kafka :le conflit père fils. Otto et Franz furent des enfants entrant dans la vie avec un manque total d'assurance et épris d'un sentiment de culpabilité. Kafka fut profondément marqué par Anton Kuh, Otto Gross, Otto Weiniger et Karl Kraus.

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Ses œuvres :

- Lettres à Milena : Briefe an Milena (Ed. Schocken et Gallimard)

- Lettres à Felice

- Correspondance 1902-1924

- Lettres à Ottla et à la famille

- Journal

- La tentation au village

- L'Amérique : Amerika

- La muraille de Chine et autres récits

- Le Procès : Der Prozess en 1914

- Le Château : Das Schloss

- Le Verdict : Das Urteil en 1912

- La Métamorphose : Die Verwandlung en 1916

- La Colonie Pénitentiaire et autres récits.

- Briefe 1902-1924 : Correspondance (Ed. Schocken 1958)

- Diaries (Ed. Max Brod traduit par J. Kresh Ed. Schocken New-York 1965)

- Hochzeitsvorbereitungen auf dem Lande und andere Prosa der Nachlass: Préparatifs de noces à la Campagne (Ed. Max Brod traduit Ed. Schocken 1953). Comprend Brief an den Vater : La lettre au Père.

- Joséphine la cantatrice ou le peuple des souris (sa dernière nouvelle)

- Considération : Betrachtung en 1912

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Ses amis et rencontres :

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Hanns Gross :

Il fut l'un de ses meilleurs professeurs de Droit à Prague. Kafka en garda un excellent souvenir car Gross était un des fondateurs de la criminologie scientifique et entouré d'une grande notoriété. Il le rencontra de 1903 à 1906 comme Professeur de Justice criminelle et de Philosophie du droit. Il avait cette chaire depuis 1902. Sa théorie sur l'enseignement du droit qui ne devait pas se limiter à la simple connaissance de la loi mais à une étude approfondie de la psychologie du criminel, faisait de lui un Professeur populaire et apprécié. Kafka travailla avec lui pendant trois semestres. Ses cours étaient illustrés d'exemples empruntés à sa longue expérience, il avait 56 ans. Il offrait des aperçus fascinants sur le travail d'enquête du policier et sur ses procédures d'investigation. Les livres "Le Procès" et "Le Château" évoquent, parait-il la personne et les cours de Hanns Gross.

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Otto Gross :

Dans les Lettres à Milena (Gallimard 1988) on trouve une lettre de Kafka datée du 25 juin 1920 et envoyée du sanatorium de Merano en Italie : "J'ai à peine connu Otto Gross; mais j'ai remarqué qu'il y avait en lui quelqu'un de très important, dont tout au moins la main émergeait de la foule des ridicules. Le désemparement de ses amis et de sa famille (la femme, le beau-frère et même le nourrisson mystérieusement silencieux entre les valises - pour éviter qu'il ne tombe du lit quand on le laissait seul - et qui buvait du café noir et mangeait des fruits, mangeait tout ce qu'on voulait) rappelait le désemparement des adeptes devant le Christ cloué sur la croix. Je revenais alors précisément de Budapest, ou j'avais accompagné ma fiancée et je rentrais épuisé à Prague à la rencontre de l'hémoptysie. Gross, sa femme et son beau-frère voyageaient par le même train de nuit. Kuh, à la fois gêné et désinvolte comme toujours, chanta et fit du vacarme la moitié de la nuit, la femme était appuyée dans un coin dans la saleté - nous avions seulement des places dans le couloir - et dormait (protégée avec le plus grand soin, mais sans grand succès par Gross). Gross, lui, me parla presque toute la nuit ( à part de brèves interruptions, pendant lesquelles il devait probablement se faire des piqûres) - j'en avait tout au moins l'impression, car je ne comprenais pas un traître mot de ce qu'il disait. Il m'exposait sa théorie en s'appuyant sur un passage de la Bible que je ne connaissais pas, mais par lâcheté et par fatigue, j'omit de lui dire. Sans cesse il démontait ce passage, sans cesse il apportait des matériaux nouveaux, sans cesse il sollicitait mon approbation. Je hochais la tête mécaniquement, tandis que lui-même s'évanouissait presque devant mes yeux. Je crois d'ailleurs que, même si j'avais eu l'esprit mieux éveillé, je n'aurais pas mieux compris, j'ai l'intelligence froide et lente. C'est ainsi que se passa la nuit. Mais il y eut d'autres interruptions. Quelque fois il se tenait debout, appuyé les bras levés à quelque chose; il restait complètement détendu, bien que fortement secoué par le mouvement du train et dormait. A Prague, je ne l'ai revu que fugitivement ".

Quand Kafka écrivait ces lignes Otto Gross était déjà mort (en février 1920) et Milena venait peut-être de lui annoncer sa mort. Cette évocation de rencontre date de Juillet de 1917 dans le train de nuit Budapest-Prague. La femme était Mizzi Kuh, son beau-frère était Anton Kuh et le nourrisson était Sophie Kuh âgée de 8 mois.

 

Il évoque Gross dans une autre lettre de Prague datée du 21 Juillet 1920. Son contexte est difficile à saisir ne connaissant pas le sujet de discussion entre Milena et Kafka. Il dit " D'abord Gross n'a peut-être pas tort, pour autant que je la comprenne; un fait au moins plaide en sa faveur : je vis encore, et il y beau temps que sans lui je ne le ferais plus avec mon genre de complexion". On peut penser que lors de leurs rencontres, Gross a vite perçu les faiblesses de caractères de son ami Kafka et que si on ne peut parler de psychanalyse, il a du lui redonner espoir de continuer à vivre.

 

En 1917, il avait rencontré Otto Gross et celui-ci le tenta de participer à la création d'une revue dont le nom serait : Die Blätter zur Bekämpfung des Machtwillens ou les Pages pour lutter contre la volonté de puissance. Elles restèrent au stade de projet.

Dans le livre de Max Brod Über Franz Kafka, on trouve un récit sur une réunion en date du 23 juillet 1917 qui se passa chez lui. Kafka, le musicien Adolf Schreiber, Franz Werfel, Otto Gross et son épouse y participaient. Otto Gross soumit un projet de revue auquel Franz Kafka s'intéressa beaucoup.

Dans ses correspondances de 1902 à 1924, Franz Kafka reparla vers la mi-novembre 1917 de cette réunion à Max Brod. "Il lui dit que s'il y a une revue qui lui parait attirante c'est bien celle du Docteur Gross et pour les raisons qu'elle lui a paru naître d'un certain engagement personnel. Le signe d'efforts personnels mis en commun, une revue ne peut peut-être pas être plus. "

Otto Gross donna à Kafka des informations substantielles sur Freud et lui servit à bâtir un univers de rêves reflétant les tensions de son milieu familial. Kafka avait déjà lu Freud en septembre 1912 et plus particulièrement "L'interprétation des rêves". C'est une des réponses à l'univers onirique kafkaïen.

 

Voilà se qu'écrivit Milena après la mort de Kafka :

"Le Dr. Franz Kafka, écrivain de langue allemande qui vivait à Prague, est mort avant-hier, au sanatorium Kierling, près de Klosteneuburg, dans les environs de Vienne. Ici, peu de gens le connaissaient, car s'était un solitaire, un homme qui savait et qui était épouvanté par la vie; pendant des années, il a souffert d'une maladie des poumons et, bien qu'il la soignât, il l'alimentait aussi sciemment et l'entretenait dans ses pensées [...] Sa maladie lui donnait un raffinement presque miraculeux et une subtilité presque effrayante à force d'intransigeance [...] Il est l'auteur des livres les plus remarquables de la jeune littérature allemande [...] Même là où ils s'expriment par symboles, ils sont presque naturalistes. Ils sont pleins de la moquerie sèche et de l'étonnement sensible d'un homme qui a vue le monde avec tant de clairvoyance qu'il a pu le supporter, et qu'il a dû mourir, ne voulant pas battre en retraite. "

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Robert Klopstock :

Ce fut pour lui le fils qui devint un père, un juge et Dieu quand il rendra le dernier soupir. Klopstock devint un célèbre Professeur de médecine aux Etats-Unis, spécialiste des maladies pulmonaires. Son dévouement pour son travail et également envers ses patients fut légendaire. Il accompagna Kafka jusqu'à sa mort et fut toujours disponible aux appels de sa dernière compagne Dora Diamant. Klopstock est mort à New-York en 1972.

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Max Brod (1884-1968):

Romancier, essayiste, poète israélien d'origine tchèque et d'expression allemande, ami de Kafka. Il fit partie du Groupe de Prague avec Franz Kafka et Franz Werfel. Il se tourna beaucoup vers l'histoire du sionisme (l'inventeur de cette idée: Theodor Herzl était né à Budapest et vécut à Vienne). Son livre Das grosse Wagnis (le grand Défi) publié en 1918 relate la vie du Dr. Askonas qui est Otto Gross. Il fut l'ami fidèle, le biographe et l'exécutant littéraire de Franz Kafka.

 

Quelques œuvres:

- Das grosse Wagnis Ed. Wolff 1918.

- Streitbares Leben Ed. Kindler 1960.

- Im Kampf um das Judentum en 1920.

- Sozialismus im Zionismus en 1920.

- Franz Kafka: souvenirs et documents en 1966.

- Une vie combative en 1964 (son autobiographie).

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Anton Kuh :

Beau-frère de Otto Gross et littérateur viennois. Alma Mahler le connaissait et le rencontra aux Etats-Unis. Anton Kuh était le frère de Marianne Kuh.

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Alfred (1868-1958) et Max Weber (1864-1920):

Max Weber, en 1919, enseigna à l'Université de Münich. Il était depuis peu l'amant de Else Jaffé qui habitait Ludwighöhe. Else Jaffé était l'ancienne maîtresse de Otto Gross et donna naissance à Peter Gross en 1907. Dans un livre : Leidenschaft als Lebensform, Erotik und Moral bei Max Weber und im Kreis um O. Gross de Wolfgang Schwenker on évoque Otto Gross (pages 661-681).

 

Alfred Weber fut fiancé avec Else Jaffé en 1900. A la mort de son frère Max en 1920, il vécut avec Else à Heidelberg. Il était Directeur de l'Institut de Sociologie de Heidelberg.

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Edgar Jaffé (1865-1921) :

Edgar Jaffé, issu d'une famille juive de 14 enfants de Hamburg, fut un protégé de Max Weber. Les Jaffé étaient des marchands avec des succursales en Espagne et à Manchester. Il fit construire à Heidelberg une grande villa au toit rouge, avec une débauche de baies vitrées et de balcons incurvés. Il passa une thèse en 1904 sur le système bancaire Anglais. Il contribua au développement de la sociologie en Allemagne et à la carrière de Max Weber. Il acheta le journal : Die Archiv für Sozialwissenschaft und Sozialpolitik. Jaffé, Weber et Werner Sombart en furent les éditeurs. Les Universités de Freibourg et Heidelberg furent à cette époque les plus connues d'Europe pour la philosophie, l'histoire et les sciences économiques. Elle furent le centre du libéralisme allemand. Sa maison de Münich fut le lieu de rendez-vous des intellectuels de Schwabing. Il épousa la meilleure amie de Frieda Schloffer, la femme de Otto Gross, Else Von Richthofen. Il fut l'amant de la Comtesse Franziska zu Reventlow dans la période ou il fréquenta la résidence de villégiature des intellectuels, drogués et anarchistes à Ascona en Italie. En 1901, il enseigna au Nouveau Collège technique de Münich. En 1918, il demanda la déposition du Kaiser. Quand Kurt Eisner renversa la dynastie des Wittelsbach en novembre 1918, il devint Ministre des Finances de la République Populaire de Bavière. Il fut bien seul devant cette révolution et il en mourut.

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