En faisant ma promenade quotidienne, je découvris affichée sur la porte d'un buraliste, cette affichette : " Un poème sur la libération de Denain écrit par un gosse de la ville. " Je me suis donc procuré le journal local pour pouvoir prendre connaissance de cet article, ce quotidien " La Voix du Nord " du 28 août 2004, publie l'article suivant que je me permets de recopier, n'en étant pas l'auteur, j'espère que ce journal ne m'en voudra pas, d'autant que c'est pour faire connaitre à toute notre jeunesse d'aujourd'hui, ainsi qu'aux moins jeunes, des choses admirables qu'ils sont en droit de connaître. Merci donc à ce quotidien régional.
~~ Léon Gambier, agent général d'assurances rue Arthur Brunet à Denain jusqu'en 1982, habite de plusieurs années chez sa fille, à Eguilles dans les Bouches-du-Rhône. Les articles que nous avons publiés la semaine dernière sur la libération de Denain ont fort intéressé ce lecteur, lointain par la distance, mais proche de nous par son abonnement à son journal favori. Pour avoir vécu cet évènement historique, Léon Gambier l'avait souvent raconté à ses enfants. Et son fils Jean Bernard, alors âgé de 13 ans, avait immortalisé ces souvenirs par une poésie. Mais horreur du destin, l'adolescent, en décembre 1963, un mois après avoir écrit les vers, avait été tué par une voiture en Autriche où il passait des vacances de neige avec le collège Notre Dame du Saint Cordon de Valenciennes. Les lignes qui suivent sont un récit empreint de sensibilité qui garde toute sa force, soixante ans après... ~~
Voici maintenant le poème écrit par Jean Bernard en 1963.
« Je vivais les dernières heures de l'inhumaine guerre
Une guerre sanglante, où tant d'hommes ont péri.
À qui la France entière avait donné sa vie.
Et que récidiva le Reich avec Hitler.
L'Allemand était nulle part.
l'Allemand était partout.
Où pouvait-il bien être celui qui brisait tout?
La libération était bien proche,peut-être
Et les yeux attentifs se cachaient aux fenêtres.
Où étaient donc ces hommes, ces héros, ces alliés?
Plus vite ! Allez plus vite!
Venez donc nous sauver!
Une colonne au loin! Une rumeur monte.
Les alliés ? Les Allemands ?
C'était comme dans un conte.
Oui, ce sont des Allemands, avec leurs bottes cirées
Leurs capotes légendaires, leurs casques qui brillaient.
Ces ardents vétérans, qui repassaient l'Escaut
L'oeil mort, la tête baissée, étaient de grands héros.
Soudain, ils arrivèrent en colère et défiants
Devant un gros convoi qui céans, les stoppa.
La rage leur monta, ils devinrent menaçants
Comme des aigles blancs, convoyant quelque appât.
Maquisards, résistants, FFI. tout heureux.
Adultes, adolescents, vieillards, tous sans rien.
Ils étaient tous là, ces braves citadins.
Voulaient-ils, en ce jour, se montrer courageux.
Maintenant il faut lutter, se disaient-ils entre eux
Finis la vie si simple dans les rues d'Évreux.
Soudain, un ordre vint, ils partirent sur le champ.
Et, allèrent mourir sur les routes de l'Ostrevant.
Alors, ce fut la joie pour tous les Denaisiens.
Quoi ! les Américains seraient-ils à Mastaing!
Quel débordement, quelle joie, quelle extase.
Ils étaient là tout près, quel délire, quelle emphase.
Tout cela est passé, tout cela est fini.
Nous sommes réconciliés, nous sommes frères pour la vie .
On comprend leurs mérites, ils admirent les nôtres.
Vive la Paix ! Vive la Joie ! Vivons donc en apôtre. »
Quand on sait que ces vers ont été écrits par un garçon de treize ans, on ne peut qu'admirer le talent qu'il avait pour exprimer les choses. Le destin a voulu qu'il ne connaisse pas l'Europe d'aujourd'hui, mais rendons-lui grâce et hommage en faisant connaître ce poème. Merci Monsieur Gambier d'avoir rappelé à notre mémoire ce poème, merci enfin à La Voix du Nord de l'avoir publié.
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