PLOTIN
I
(Plotinus)

 

AVERTISSEMENT

Ces pages remplies par un néo-plotinophile amateur sexagénaire
(théiste modestement indépendant hors toute Eglise)
qui n'en connaissait rien mi-mai 2006
ne s'adressent évidemment pas à des experts ès-Plotin.
Elles veulent seulement aider celles et ceux dont "ce serait le jour"
qui ignoreraient encore tout ou beaucoup de ce grand philosophe
à découvrir et apprécier, voire "suivre" cet auteur théiste hors Eglise,
contemporain des premiers temps du christianisme,
dont la pensée influença "saint-Augustin" et d'autres.

 

On trouvera une traduction en cliquant
ICI

.

UN COMMENTAIRE BIOGRAPHIQUE

Plotin n'aimait guère les biographies. Ce qui comptait à ses yeux était la pensée, aussi ne nous livra-t-il que peu de choses sur sa vie. Ce que nous savons se trouve, pour l'essentiel, dans la biographie écrite par son disciple, Porphyre.

Il naît en 205 à Lycopolis, (aujourd'hui Assiout) en Haute Égypte. Il vient à Alexandrie alors qu'il est âgé de 28 ans et suit les leçons d'Ammonios, un platonicien. Il reste son disciple pendant onze ans. Nous ne connaissons rien de la philosophie d'Ammonios, car il ne nous reste de son œuvre que quelques fragments, mais nous savons que les contemporains de Plotin lui reprochaient de copier servilement son maître. Il nous est difficile de trancher sur ce point.

À 39 ans, Plotin s'engage dans l'armée de l'empereur Gordien III, afin d'étudier la sagesse des Perses et des Indiens. Mais Gordien n'étant pas Alexandre, il subit rapidement une défaite et meurt assassiné. Plotin, qui n'atteint donc pas l'Inde, sauve sa vie de justesse et se réfugie à Antioche, puis s'établit à Rome où il ouvre une école, c'est à dire un cours public qui attire les hommes et les femmes cultivés de l'époque. Il mène une vie austère, mais est accueillant aux jeunes gens et sait être de bon conseil. L'empereur Galien admirait Plotin et ce dernier lui aurait proposé de fonder une ville destinée aux philosophes, Platonopolis, où l'on pourrait vivre selon les lois de Platon. Galien en fut d'accord, mais le projet échoua en raison de la jalousie de certains proches de l'empereur.

En 268, Plotin renonce à poursuivre son enseignement, selon certaines sources, à cause du départ de ses deux meilleurs disciples, selon d'autres, en raison d'une grave maladie de peau. Il se retire en Campanie où il meurt en 270 en présence d'un de ses disciples médecin.

Plotin a longtemps hésité à écrire. Il s'y résout vers l'âge de 50 ans et, pendant 15 ans, rédige un résumé de ses leçons orales. Presque aveugle, il est obligé de dicter ses textes écrits d'un seul jet. Porphyre hérite de ces notes et les réorganise de façon à obtenir 54 traités, classés en 6 groupes de 9 qu'il publiera, en 301, sous le titre Ennéades (du grec enneas qui signifie "neuf"). L'ordre suivi par Porphyre n'est nullement l'ordre chronologique de composition, mais cette œeuvre nous est parvenue intégralement.

NB. On trouvera une autre présentation de la vie de Plotin
et un résumé de sa pensée selon un frère dominicain
(vivant actuellement dans une communauté niçoise)
en cliquant ci-dessous :
http://dominicain.net/lecoeurdeplotin.htm

 

"Quand on parle de Dieu sans avoir* la véritable vertu,
ce ne sont là que des mots creux."
* Nuance : sans chercher à acquérir

 

Les Ennéades,
Les 54 traités publiés* après la mort de Plotin
par son disciple Porphyre.
(les « Neuvaines », en quelque sorte — du grec enneas, neuf)

A noter que les Ennéades furent traduites pour la première fois en français, accompagnées de sommaires, de notes et d'éclaircissements, et précédées de la vie de Plotin et des principes de la théorie des intelligibles de Porphyre
en 1857 (Edition Hachette & Cie)

* Mais qu'est-ce que ça signifie en 270 ?
Sur quel support ? En combien d'exemplaires ?

Porphyre, philosophe néoplatonicien (dont le véritable nom était Malk ou Malchus, qui en syrien veut dire roi, et que l'on a grécisé par celui de porphyrios), naquit en 233 de J.-C. à Tyr ou à Batane, colonie tyrienne voisine de Tyr, étudia l'éloquence à Athènes sous le célèbre Longin, et la philosophie à Rome sous Plotin, dont il devint le disciple assidu à partir de 263 (donc durant sept ans en sa présence physique ou non). Il cultiva avec succès toutes les sciences connues de son temps, et se distingua en même temps par le talent d'écrire. Après la mort de son maître, il enseigna la philosophie et l'éloquence à Rome, et mourut dans cette ville en 304. Comme Plotin, son maître. Porphyre admettait une "sorte" de Trinité, et enseignait une philosophie toute mystique, s'efforçant d'unir l'homme à Dieu par l'extase : il prétendait même avoir été une fois honoré de la vue de Dieu. On doit à Porphyre la révision et la publication des Ennéades de Plotin; il composa en outre un grand nombre d'ouvrages originaux qui sont perdus pour la plupart, entre autres un fameux traité contre les Chrétiens, qui fut réfuté par plusieurs Pères de l'Eglise, et que Théodose III fit brûler.
(d'après imago Mundi/Cosmovisions) 

Plotin, natif d'Egypte,
et d'abord "étudiant" à Alexandrie,
vu par un de nos contemporains égyptien

http://www.larevuedegypte.com/article.aspx?ArticleID=3118

Plotin est généralement considéré,
plutôt que son maître AMMONIOS,
comme le père du néo-platonisme;
on estime même qu'il fut une référence essentielle
des penseurs de la Renaissance

Voyons-Le comme un avec nous mêmes ;
voyons-Le comme étant nous-mêmes.

Je possédais cette carte depuis des années
mais elle indiquait (270 avant J-C)
et je n'avais pas cherché plus loin.
Mais la magie internautique aidant ....
Hélas, vu mes lacunes en informatique,
la correction n'apparaît pas encore
sur la page d'accueil du site

« Mourir, c'est changer de corps
comme l'acteur change d'habit. »
Plotin, si cette pensée est fidèle à l'original,
était donc "évidemment" réincarnationiste

Qui devient homme cesse d'être le Tout...
qui revient au Tout crée le Tout.

SA PHILOSOPHIE

Selon Plotin, le monde intelligible est formé de trois hypostases ou substances, l'Un, l'Intelligence et l'Âme :

  • L'Un : c'est la réalité suprême, le Dieu de Plotin. Ce n'est pas la connaissance, puisque celle-ci suppose un sujet connaissant et un objet connu et donc deux termes; ce n'est pas non plus l'Être, mais la source de l'Être. Plotin l'appelle aussi le Bien ou le Premier. On ne peut rien dire de l'Un (sinon qu'il est Un), tout au plus peut-on dire ce qu'il n'est pas (d'où le terme de théologie négative attribué à la philosophie de Plotin). Il est pourtant ce qui assure la cohésion de toutes choses. Il est source de tout. Il ne désire rien (car le désir est un manque et il est plénitude) mais, parce qu'il est parfait, générosité sublime, il tend à engendrer d'autres êtres qui en sont l'émanation.
  • L'Intelligence (l'Esprit, l'Être) : c'est l'être intelligible de Platon. C'est l'unité multipliée au sens où il y a plusieurs idées mais, ensemble, ces idées forment un tout unifié. L'Intelligence est principe de toute justice, de toute vertu, de toute beauté. Elle rend la réalité cohérente et harmonieuse. L'Intelligence contemple l'Un et engendre la troisième hypostase.
  • L'Âme : elle est la médiation entre l'Intelligence dont elle procède et le monde sensible qui en émane. L'Âme est une sorte de mouvement, mais un mouvement logique, rationnel, organisateur. Elle crée un monde ordonné et se divise en âmes individuelles (celles des hommes, des animaux et des plantes). L'âme humaine est donc une parcelle de cette Âme engendrée par l'Intelligence contemplant l'Un. Autant dire que chaque âme est une parcelle de Dieu, que Dieu est donc présent en chacun de nous. Le monde matériel est le point ultime de la diffusion divine.

Il faut bien voir qu'il existe une sorte de mouvement d'aller et retour entre le sommet et la base. Chacune des hypostases engendre par émanation vers le bas. Le processus unifié par lequel l'Intelligence procède de l'Un, l'Âme procède de l'Intelligence et le monde procède de l'Âme, Plotin l'appelle procession. L'Un s'y disperse et s'obscurcit progressivement vers le multiple. Mais, en même temps, chaque élément (à l'exception bien sûr de l'Un) se retourne vers son principe, contemple vers le haut, mouvement que Plotin appelle conversion. Ainsi, le but de chaque élément est de reconquérir l'Unité, de s'éclairer. Le but de l'âme humaine, qui est tombée dans l'obscurité du corps et du mal, est de s'élever jusqu'au principe premier, jusqu'à l'Un. Nous devons tendre à le connaître, à nous fondre en lui. Pour cela, il faut se dépouiller de la vie des sens et atteindre l'extase où l'individu ne fait plus qu'un avec Dieu. L'extase semble ne pas être accessible à tous, mais seulement aux musiciens, aux amants (quand ils oublient la beauté des corps pour la beauté incorporelle) et aux philosophes*

D'après ....

* Du modeste balayeur de rue au doyen d'université, qui n'est pas appelé à vivre en amoureux de la sagesse ?

AMMONIOS SACCAS,
le maître de Plotin
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ammonios_Saccas

.

PORPHYRE DE TYR
(233-301 ou 305)


Philosophe d'origine syrienne. Né à Tyr en 233, mort à Rome (?) entre 301 et 305. Disciple favori de Plotin, le plus grand néo-platonicien, il est l'auteur d'une intéressante Vie de Plotin et de très nombreux autres écrits qui révèlent une forte personnalité intellectuelle et morale : aussi saint Augustin l’a-t-il qualifié de « doctissimus philosophorum ». Phénicien de naissance, Porphyre parcourut l'Orient avant de s’établir à Rome où il suivit les cours de Plotin. Nature ardente, il rompit la docte quiétude de l'Ecole. C'est sur ses instances que Plotin écrivit Les Ennéades, son immortel ouvrage dont Porphyre, après la mort du maître, devait se faire l'éditeur et l'exégète. Cependant, il n'assista pas aux derniers moments du sage, et c'est d'un autre disciple qu'il recueillit ses suprêmes paroles, qui nous sont parvenues grâce à lui. Plotin, en effet, ayant constaté que son fidèle disciple – par excès de travail ou pour d'autres raisons – sombrait dans la mélancolie au point de songer au suicide, l'avait exhorté à voyager. Porphyre obéit et vogua vers la Sicile, sans rompre toutefois les relations avec son maître. Il avait même obtenu que lui fussent communiqués en son volontaire exil les manuscrits qui, plus tard, serviraient de base aux Énnéades. Mais Porphyre n'est pas seulement un philosophe néo-platonicien. Esprit d'une rare vigueur et des plus ouverts, il s'intéressait en outre à la grammaire, à la rhétorique, à l’histoire, à l'astronomie et à la médecine

(d'après diverses sources)

NB. Porphyre fut considéré par "Saint Augustin" comme un très grand philosophe,
ce qui est étrange quand on sait qu'il écrivit un traité "Contre les chrétiens"
que l'empereur Théodose III fit brûler.
A noter encore que Porphyre défendit le végétarisme
dans son traité "
De l'abstinence"
http://bibliodroitsanimaux.site.voila.fr/porphyredelabstinence.html

QUELQUES LIENS
(Evidemment non exhaustif)

http://www.philo5.com/Les%20philosophes%20Textes/Plotin_L'Un.htm

http://fr.wikipedia.org/wiki/Plotin

http://www.onelittleangel.com/sagesse/citations/plotin.asp

http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/porphyre/plotin.htm

http://www2.ac-lyon.fr/enseigne/philosophie/thist4.html

http://www.cerphi.net/hum/lumcours1.htm

http://fr.wikipedia.org/wiki/Plotin

http://www.onelittleangel.com/sagesse/citations/plotin.asp

http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/porphyre/plotin.htm

http://www2.ac-lyon.fr/enseigne/philosophie/thist4.html

http://www.cerphi.net/hum/lumcours1.htm

http://facdephilo.univ-lyon3.fr/cours2005-06/biblio/M2histoire/Plotin.htm

http://philo.pourtous.free.fr/Articles/Julien/plotin_et_la_philosophie_indienn.htm

http://delirium.lejournal.free.fr/plotin.htm

http://www.ac-reunion.fr/pedagogie/philo/PlotRatio.htm

http://www.ac-reunion.fr/pedagogie/philo/PlotOnto.htm

http://www.ac-reunion.fr/pedagogie/philo/PlotcritAr.htm

http://www.erudit.org/revue/ltp/2003/v59/n2/007421ar.pdf

N.B. Cette liste n'est absolument pas exhaustive
et ne vaut pas forcément adhésion aux propos auxquels ces liens renvoient

La théorie des hypostases

L'Un absolu et ses diverses manifestations, voilà l'objet de toutes les pensées et aussi de toutes les aspirations de Plotin. Le Dieu qu'il conçoit est à la fois un et triple, il est unité, esprit, et âme. Ces trois termes ne sont pas trois Dieux; ils ne sont pas non plus de simples attributs, mais trois hypostases d'un même Dieu. Il est difficile de déterminer le sens précis que donnaient les Alexandrins à ce mot d'hypostase qui signifie plus qu'un attribut et moins qu'une substance. Les hypostases de la trinité d'Alexandrie, à la différence de la trinité chrétienne, ne sont pas égales les unes aux autres; le terme supérieur est l'unité; le terme inférieur, que rencontre le premier la raison, dans la recherche du principe des choses, est l'âme. La raison, en effet, conçoit d'abord une âme universelle, infinie, qui meut toutes choses et qui les organise d'après certains types. Mais, au-dessus de ce Dieu qui agit et qui se meut, elle conçoit une autre hypostase, l'esprit ou l'intelligence suprême, qui n'agit pas, qui est immobile, qui contient en elle et contemple les idées de ces types éternels que l'âme réalise dans le monde. L'âme n'est que l'image, l'émanation, le rayonnement de l'intelligence suprême. Cependant l'intelligence suprême, quoique immobile par son être, n'est pas encore absolument une et simple. Étant une intelligence, elle va d'une idée à une autre, elle contient plusieurs idées, elle est sujette à distinction et à détermination, elle est mobile ; il faut donc remonter encore plus haut pour arriver à l'unité et à la simplicité absolue. Or ce n'est pas la raison, mais l'extase seule qui, franchissant ce dernier degré, nous élève jusqu'à cette unité absolue, ineffable et incompréhensible, au sein de laquelle il n'y a plus trace d'aucune distinction, d'aucun mouvement, d'aucune multiplicité. Telle est donc la génération des trois hypostases de la trinité alexandrine: l'unité absolue engendre l'intelligence, l'intelligence à son tour engendre l'âme ; toutes trois constituent un Dieu unique.

De la même manière que l'intelligence émane de l'unité et l'âme de l'intelligence, le monde tout entier, toute la série des êtres sort, par voie d'émanations sucessives, de l'âme universelle. Dieu produit le monde nécessairement ; il n'en produit pas seulement le mouvement, la forme, l'harmonie, mais aussi la matière qui, de toute éternité, émane de sa substance, qui est le dernier terme, le produit le plus inférieur de l'âme universelle. Les âmes sont emprisonnées dans le corps, comme dans un tombeau; elles doivent faire effort pour le briser, pour se rapprocher de l'unité suprême par la vertu et par l'extase. Plotin démontre la providence par la nature de Dieu et par la nature de son ouvrage. Le monde, tel qu'il est, n'a en lui que l'imperfection nécessaire d'un être créé ; il est aussi parfait que possible.
»

FRANCISQUE BOUILLIER, Notions d'histoire de la philosophie,
Paris, éd. Delagrave, 1878.

.

ATTENTION

Il ne saurait s’agir, en ce qui me concerne du moins, d’étudier, de « posséder » Plotin pour lui-même, ni d’être un expert plotinien pour être un expert plotinien, mais bien d’(offrir d') utiliser, au mieux, moins la façon de penser que le fruit de la pensée de Plotin, théiste non chrétien, comme celle d’autres théistes indépendants "occidentaux", pour progresser en 2006 vers l’Un

 

NB. Un moteur de recherches permet bien des choses,
mais ces pages-ci, avec leurs nombreux liens,
en une première étape au moins,
éviteront de mobiliser du temps à chercher.
Mais il faut savoir et retenir
que la teneur des textes (traduction comme commentaires)
auxquels renvoient ces liens
n'est pas toujours forcément "orthodoxe"
et fidèle à la réalité plotinienne.
Et ça peut être le cas de certains textes repris sur ces pages-ci,
a fortiori quand ils sont de mon propre crû .

 

 

INDEX
Cliquez ci-dessus

     

SUITE
Cliquez ci-dessus