Années 30 : les débuts du

tourisme automobile au Sahara

1931 : La France affiche ses ambitions au cours de l'exposition coloniale internationale de Paris qui durera six mois et verra près de 34 millions de visiteurs.

Les esprits métropolitains s'imprègnent de l'exotisme colonial.

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Le premier "Guide pratique du tourisme au Sahara" est écrit par le général MEYNIER et le capitaine NABAL.

Le grand Sud devient un objet de curiosité touristique dont l'exploitation cible surtout les officiers militaires et les fonctionnaires affectés à l'AFN ou l'AOF. Pourtant, lorsqu'il s'agit de rejoindre un poste en Afrique Occidentale, la rapidité des liaisons terrestres n'est pas un atout. En effet, les délais de route sont des temps de travail et non des temps de vacances … Georges ESTIENNE attribuera l'échec commercial des lignes sahariennes à cette particularité : il faut être très motivé pour choisir de rejoindre son poste au "Soudan" par la piste plutôt que par voie maritime !

Deux grandes société se partagent l'organisation des liaisons Nord-Sud régulières : la Compagnie Générale Transatlantique et la Société Algérienne de Transports Tropicaux.

La CGTS, fondée par RENAULT exploite la ligne :

  • COLOMB-BECHAR
  • BENI-ABBES
  • REGGAN
  • GAO
  • NIAMEY

parcourue deux fois par mois.

La SATT, quant à elle, exploite la ligne:

  • GHARDAÏA
  • EL-GOLÉA
  • IN-SALAH
  • TAMANRASSET
  • KANO

en plusieurs liaisons et circuits aux cadences variables suivant les destinations.

GEstienne

Georges ESTIENNE est l'incontournable personnage de cette ouverture touristique qui occupera des fonctions importantes dans les deux sociétés.

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Deux autre sociétés plus modestes contribuent aux liaisons : la Compagnie Saharienne Automobile qui dessert Togourt-Ouargla et l'entreprise Doglione et Doucet qui assure Biskra-El Oued-Tozeur.

M.H. LELONG, en 1936, dans "Le Sahara aux cent visages" écrit :

"Pratiquement, deux grandes voies de pénétration transsaharienne s'offrent à nous. La piste du Tanezrouft, désignée communément sous le nom pittoresque de ligne de Bidon V, est exploitée par la Compagnie Générale Transsaharienne et relie le Sud -Oranais à Gao (à 3000 km de la côte) d'où elle se ramifie vers l'A.O.F. Niamey et Conakri, Bamako et Dakar. Une autre piste, plus occidentale , à laquelle on travaille activement, joindra le Sud-Oranais à la Mauritanie et au Sénégal par Colomb-Béchar, Tindouf, Atar et Saint-Louis. Une section importante est déjà praticable, et il en va de même pour la ligne orientale desservie par la Compagnie Saharienne Automobile : Ouargla, Fort-Lallemand, Fort-Flaters (Temassinine), Fort-Polignac, Fort-Charlet (Djanet), Chirfa, Bilma. Du pays des Ajjer, elle devra se prolonger vers le Tchad et l'A.E.F.

L'itinéraire central (…) suit les monts du Mzab, le plateau du Tadémaït, le massif du Hoggar, qui formant l'arête dorsale du Sahara (…) Cette piste a été reconnue de 1920 à 1922 et prolongée jusqu'en Afrique Occidentale en 1929-1930."

Déjà la publicité s'empare des voyages sahariens et encourage l'imaginaire en banalisant les exploits. Le matériel et les installations sont là … pourquoi pas pour vous ?

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L'exotisme est à la mode : les casques coloniaux et ce "plantage" pour la photo ouvrent la porte aux amateurs de sensations fortes mais sécurisées !

Documents d'époque :

CGTS
SATT1934
CarLignHoggar
PiqNiq34
GuidShell36
Text34

Sur la piste, arrêt pour le déjeuner.

 

<= La SATT se présente dans un livret où les horaires et les tarifs sont mentionnés d'une manière très contemporaine.

Les illustrations de cette page sont pour la plupart tirées de ce livret publicitaire.

CarAgades
InEkker
Voyage1
Voyage1934
Voyage2

Une incroyable précision de l'information ouvre la voie du tourisme exotique saharien. Tout semble très simple et même mieux organisé que de nos jours, mais le vieux rêve colonial sous-tend cette représentation du monde africain. Les difficultés sont occultées au profit d'une image très rassurante et conforme à l'idéologie du moment : "là bas", c'est comme ici !

AlgerKano
Circuit
CircuitTouat

"Bordj Estienne, un fort construit en boue près de l'oasis de Reggan, revendique (et pas à sans raison) un bar américain, une table d'hôte française, des magazines illustrés français et anglais de moins de dix jours, des chambres à coucher avec la lumière électrique."

TIMES-1933

Senegalais12
Senegalais11v

Ces photos semblent avoir été prises au Bordj Estienne de Reggan.

CarteSTANDARD1934
CGT
Transs
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