Bienvenue sur le site Violence et sacré

J'étais resté sur un échec, un pont était-il possible entre René Girard et la psychanalyse ? Je pensais que non, mais, depuis, René Girard est enfin officiellement reconnu dans son pays natal, il est même devenu Académicien Français, Michel Serres lui a rendu un vibrant hommage que vous pouvez lire en suivant les liens de ce site. L'Association pour les recherches mimétiques - A.r.m.- a même vu le jour, parrainée par René Girard lui-même qui était présent le jour de sa création.
Je fonde personnellement de grands espoirs dans cette association dans la mesure où il s'agira pour elle de regrouper toutes les recherches qui concernent l'œuvre de René Girard sans pour autant sombrer dans un syncrétisme susceptible de la dénaturer. De nombreux sites de l'Internet s'attachent avec beaucoup de mérites depuis plusieurs années à faire connaître l'Œuvre de René Girard et il était donc plus que temps de regrouper, en France, dans un espace virtuel - un portail ! - toutes les informations utiles à ces recherches qui en fait, nous concernent tous dans notre vie la plus quotidienne. Ce site est actuellement réservé aux membres de l'Association vous pouvez cependant le consulter dès à présent à cette adresse http://www.arm.asso.fr

Je tentais depuis plusieurs années un pont entre René Girard et la psychanalyse, cette tentative avait échoué. J'espère que l'Association pour les recherches mimétiques saura relever ce défi car les similitudes, les ressemblances entre les "routes" suivies qui m'avaient un moment donné l'idée d'une réunification possible, s'étaient trouvées barrées par une sorte d'impossibilité liée à la différence des discours qui existent entre René Girard et la psychanalyse, pourtant, René Girard parle de relations entre individus, il parle d'un désir sans objet propre, désir selon un autre désir et ce site a pour but de préciser cette hypothèse. La psychanalyse, elle, parle de sujets individuels et c'est à Jacques Lacan inspiré par Mélanie Klein que l'on doit le concept d'un objet très particulier du désir. Cet objet était déjà évoqué par Platon dans le Banquet lorsqu'il parle d'agalma. C'est cet objet qui rend le masque de l'autre, désirable. Cet objet petit a, dans l'analyse, l'analysant doit l'identifier au delà de son analyste, c'est là que doit se situer pour Lacan le triangle relationnel, au delà de l'identification narcissique que dénonce également René Girard.

Même si la philosophie avec un Hegel réinterprété par Alexandre Kojève semble dire la même chose, on est également avec Girard très loin de la philosophie. En se faisant complice du meurtre fondateur, la philosophie représente plus un obstacle qu'une aide à la compréhension du désir mimétique. Mais il n'est pas question ici de faire de l'anti-philosophie, ce serait aller dans le sens de la violence.

La psychanalyse depuis ses débuts a croisé les chemins pris par la philosophie; en effet, à l'occasion de ses spéculations, Freud a "convoqué": Empédocle, Platon, Kant, Schopenhauer, (Nietzsche ?)... tout en suivant sa propre route. Depuis Freud, la psychanalyse s'est elle-même divisée et aucun courant ne peut la représenter; il est donc impossible de parler en son nom, tout comme en philosophie il y existe un tel pluralisme qu'on ne peut y trouver de route unique.

C'est simplement dans le cadre de ce pluralisme d'idées que je limiterai l'ambition de ce site en attirant l'attention sur le travail considérable de René Girard. La théorie mimétique peut-elle survivre à Girard ? La question reste posée, le mérite de cette théorie est l'exploration d'une voie autrefois barrée par des tabous. Girard, en les examinant, a pu déceler entre ces tabous une certaine identité et surtout un rôle commun, soi disant protecteur, illusoire protection certes mais protection tout de même contre un même ennemi dont l'un des noms est violence.
Il n'est pas question ici d'avoir la nostalgie de ces tabous, au contraire, simplement il faut montrer avec René Girard ce que ces tabous cachent
Violence sacrée, sacrée violence, l'athée que je suis se posait la question avant de lire et de découvrir Girard de l'utilité des religions, j'y voyais même l'origine de la violence alors qu'en fait c'est à elles que je dois de pouvoir écrire ces mots. La violence en effet ne devrait pas être hypostasiée mais le religieux en la "représentant" lui donnait une forme, celle du mal qu'elle tentait dans un deuxième temps d'expulser (par le mécanisme du bouc émissaire). C'est le langage qui fait l'Homme, mais Girard nous dit que ce langage, l'Homme le doit à une première violence dont il n'est qu'une différance (avec a pour utiliser un terme du vocabulaire de Jacques Derrida). Le langage peut-il contrôler efficacement la chaîne signifiante? Si l'on veut "déconstruire" la violence, il faut dans un premier temps tirer de l'oubli ce que nous devons à cette violence même si on ne fait là que transformer en encre le sang qui coule depuis...le commencement des choses.

Jean-Paul Kornobis (juillet 2002)

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