Les techniques culturales
L'oignon de couleur issu de semis
1. INTRODUCTION.
Parmi les différents types de production d'oignons, l'oignon de couleur issu de semis est le plus représenté.
Il n'est donc pas utile de faire le point sur l'évolution des techniques auxquelles ce légume n'a
pas échappé, d'autant plus qu'il est souvent mentionné comme une possibilité d'intensi
fication ou de reconversion. On assiste d'ailleurs actuellement à un déplacement des zones de cultures
traditionnelles au profit de régions où la structure des exploitations se prête mieux à
la mécanisation. Comme bien d'autres productions la réussite de l'oignon est subordonnée à
l'étude et à la connaissance de deux données :
- Son marché, avec surtout la possibilité d'y accéder.
- La maîtrise des aspects techniques, compte tenu des coûts de production.
Le marché de l'oignon se caractérise en effet par des fluctuations très importantes des cours
d'une époque à l'autre, d'une année à l'autre qui ont pour origine une demande variable
mais surtout un volume offert évoluant au gré des conditions climatiques.
Cette situation met en valeur une notion de risque qui doit être mesurée. Elle peut créer certaines
années des difficultés pour les exploitations qui seraient mal préparées à l'incidence
aléatoire de cette production.
Il s'agira par ailleurs de bien adapter son produit au marché potentiel. Les aspects techniques prennent
sous cet angle toute leur importance d'autant plus que la culture d'un oignon de semis reste à bien des
égards plus difficiles a réussir qu'un oignon repiqué.
2. LA PLANTE ET SES EXIGENCES.
2.1. LE CLIMAT ET LES EXIGENCES PHYSIOLOGIQUES DE L'OIGNON.
Bien que l'oignon soit cultivé sous toutes les latitudes sa végétation est très dépendante
de facteurs climatiques en particulier de la longueur du jour et de la température.
En effet, pour former un bulbe, la plante doit recevoir une durée d'éclairement supérieure
à une certaine valeur qui est une caractéristique variétale. Il en résulte la nécessité
de choisir une variété bien adaptée à la région.
De même, les températures élevées sont favorables à la formation du bulbe mais
si la température augmente, les exigences en lumière diminuent.
2.2. LES SOLS.
Les sols qui conviennent le mieux sont les sols silico-argileux ou argilo-siliceux ayant une structure stable et
se ressuyant bien. Les terres humifères donnent en général une production importante mais
dont la conservation est moins bonne. Les terrains sableux peuvent également convenir en sachant qu'il est
alors nécessaire de palier aux à-coups de végétation, résultant d'une alimentation
irrégulière, toujours à craindre dans ce type de sol. Les irrigations bien conduites se révèlent
d'ailleurs souvent efficaces.
Il faut encore préférer les terres colorées se réchauffant bien et qui sont homogènes.
Les terres trop crayeuses sont à rejeter. Les parcelles avec de nombreuses pierres se prêtent très
mal à une mécanisation intégrale de la culture.
Les oignons réussissent moins bien dans les sols dont le pH est inférieur à 6,5. Il est alors
nécessaire de procéder à un chaulaqe approprié pour éviter des blocages avec
certains élements fertilisants.
3. TECHNIQUE DE PRODUCTION.
3.1. PLACE DE L'OIGNON DANS LA ROTATION.
Parmi l'ensemble des mesures à prendre pour lutter efficacement contre le nématode des bulbes (Ditylenchus
dipsaci) la rotation est un facteur à considérer.
On admet que la culture d'oignons ne devra pas revenir sur une même parcelle plus d'une fois tous les quatre
ans. En terre argileuse la durée de rotation sera portée à cinq ans. Les différents
essais ont mis en valeur l'intérêt de précédents tels que la pomme-de-terre, la betterave.
On reproche toutefois à la pomme-de-terre de donner des repousses en cas de gel insuffisant durant l'hiver.
Une céréale n'est conseillée que dans la mesure où les pailles seront enlevées.
Par ailleurs des cultures comme le pois, la luzerne ainsi que certaines crucifères sont des plantes hôtes
qui assurent la persistance des parasites, elles sont donc à déconseiller. Il en est de même
pour les vieilles pâtures. D'une façon générale les cultures laissant des résidus
importants de végétaux ne sont pas recommandables car elles servent souvent de refuge aux parasites
souterrains. C'est la raison pour laquelle l'apport d'un fumier est également à éviter. Parmi
les meilleures successions :
- oignons succédant à une pomme-de-terre succédant à une bette rave,
- oignons succédant à une pomme-de-terre succédant à un blé,
- oignons succédant à une betterave succédant à un blé.
3.2. PRÉPARATION DU SOL.
Une bonne préparation est un facteur important qui concourt à la réussite de la culture. Il
repose au départ sur la qualité du labour qui devra être réalisé en tenant compte
des caractéristiques propres à la terre de façon à présenter lors de sa reprise
au printemps un ensemble friable mais sans excès pour éviter les phénomènes de compacité.
Dès la levée l'oignon s'avère être une plante particulièrement sensible aux problèmes
de structure. Il faut donc lui assurer un lit de germination qui permette à la racine principale de s'enfoncer
verticalement sans être freinée ou détournée par un lissage d'outil ou une structure
trop compacte. Il faut aussi que le système racinaire puisse non seulement explorer tout l'horizon de la
couche arable mais également pénétrer dans le sous-sol sans difficulté. En effet, une
localisation trop superficielle des racines expose la plante à la sécheresse. Les profils culturaux
mettent bien en évidence l'importance de la structure. On recherchera donc :
- en surface : une terre fine sans excès, si la battance est à craindre, mais suffisante pour assurer
un contact étroit entre la graine et la terre ;
- en profondeur : un profil sans cavité.
3.4. SEMIS.
3.4.1. Date de semis
On réalisera le semis le plus tôt possible à la sortie de l'hiver dès que les conditions
permettront de travailler correctement les terres. Les variétés à jours longs seront semées
les premières dès la mi-mars si possible. Les variétés à jours courts pourront
être semées plus tard jusqu'à la mi-avril. Pour mémoire nous mentionnons le semis d'automne
en précisant qu'il s'agit de prendre des variétés bien adaptées. 3.4.2. Écartement
- Densité de semis :
Les écartements retenus varient de 30-33 cm à 45 cm. En fait le producteur retiendra l'écartement
qui correspondra le mieux aux matériels dont il dispose (écartement de l'arracheuse, passage pour
les roues du tracteur).
Si le semis à 30 ou 33 cm procure les meilleurs résultats il présente l'inconvénient
de laisser un espace trop étroit pour le tracteur surtout si le sol est quelque peu humide et meuble. La
meilleure technique qui s'impose actuellement consiste à créer les écartements suivants 45,
33, 33, 33, 45.
Les pneus pourront passer sans dommage dans les écartements à45 cm.
Les essais de semis mettant en comparaison un système de deux ranqs couplés à grands écartements
par rapport à la méthode traditionnelle n'ont pas apporté une augmentation de rendement significative.
Par contre, le produit obtenu est en général plus uniforme.
Quant à la quantité de semence à semer elle doit être calculée pour tendre vers
la recherche d'une population optimale en sachant que la densité de semis influe sur la distribution des'calibres
qui sera obtenue à la récolte. Le rendement brut reste d'ailleurs relativement constant lorsque la
quantité de semence reste dans des limites normales. (Voir fig. 1).
La quantité de graines à distribuer sera donc fonction de :
- l'optimum recherché à déterminer selon son marché (80 à 140 bulbes/M2) ;
- le taux de germination en terre, c'est l'élément le plus difficile à cerner;
- le poids de 1 000 graines - renseignement qui n'est pas dénué d'importance quand on sait que l'on
peut avoir des écarts allant jusqu'à 30% d'un lot à un autre
3.4.3. Les semoirs :
Ils devront satisfaire à deux exigences
- régularité dans l'espacement des graines,
- régularité dans la profondeur du semis.
3.5. ENTRETIEN DE LA CULTURE.
En raison de son port érigé et d'une installation relativement lente, l'oignon se laisse facilement
envahir par les mauvaises herbes. Il est donc important de rester maître de la culture.
La concurrence des mauvaises herbes intervient au niveau de la nutrition de l'oignon mais aussi en ralentissant
son développement foliaire par manque de lumière. Elle peut encore se manifester en favorisant l'installation
de maladies telles que le Botrytis ou le mildiou.
En maintenant la culture propre jusqu'à la récolte, l'arrachage sera réalisé dans de
meilleures conditions en éliminant les causes d'arrêts occasionnés par des bourrages. Par la
suite il sera possible d'appliquer plus facilement les meilleures conditions de conservation. Une marchan dise
propre facilitera le travail de triage et de conditionnement.
Les moyens :
- le désherbage chimique,
- le désherbage manuel,
- le binage mécanique.
351 - Le désherbage chimique
Il doit permettre de réduire les interventions manuelles dans une limite de coût acceptable en présence
d'une flore normale. Il importe de choisir un programme de traitements qui tienne compte des particularités
parcellaires. (Voir chapitre sur le désherbage chimique.)
352 - Le désherbage manuel :
Il demeure une nécessité. Les possibilités offertes par les désherbants ne permettant
pas de contrôler l'ensemble de la flore. On veillera néanmoins à ne pas semer d'oignons dans
des parcelles où les problèmes
36 - L'arrachage
Principaux constructeurs :
- A.S.A. - LIFT Danemark
- BARRAULT - LEPINE France
- EXCELTIOR Hollande
- KUHN, 67 SAVERNE France
- PORTE, 84 AVIGNON France
Des disques sont fixés sur un bâti placé généralement de façon à
former un angle d'attaque suffisant pour couper les racines en passant sous le bulbe. Le volume de terre travaillé
est nettement inférieur àla solution précédente. Il en résulte des avantages
appréciables :
- fonctionnement dans tous les types de sols, qu'ils soient sableux ou argileux, secs ou humides;
- l'importance des mottes de terre est faible les risques d'endomma gement des oignons sont réduits au minimum.
Principaux constructeurs :
- GERMAT 08300 Rethel France
(Arracheuses de 4, 6, 8 rangs)
- RUMPTSTAD Hollande
(Arracheuses de 4, 5 rangs.)
Ces deux derniers matériels sont spécifiques à l'oignon. En dehors du système arracheur,
ils se différencient des précédents puisqu'ils se composent :
- d'un ensemble arracheur-regroupeur fixé à l'avant du tracteur;
- d'une secoueuse-aligneuse attelée aux 3 points. Les' oignons arrachés et regroupés sont
enjambés par le tracteur. Ils sont ensuite repris par la secoueuse-aligneuse qui est constituée d'une
chaîne servant de tamis pour éliminer la terre des oignons, grâce à un mouvement oscillant
réglable.
Bien adaptés à l'arrachage des oignons ils limitent au maximum les meurtrissures par un fonctionnement
très doux. Les interventions brutales seront ainsi évitées car elles sont souvent à
l'origine de maladies fongiques. L'arracheuse GERMAT tout en étant d'une conception proche de l'arracheuse
hollandaise RUMPSTAD, se distingue de cette dernière par une plus grande largeur de travail et le recours
à l'hydraulique pour entraîner les pièces en mouvement. Surface travaillée à
I"heure :'O,80 ha.
En Hollande, il existe des matériels automoteurs qui n'apportent pas d'avantages particuliers au niveau
de la qualité du travail réalisé. Leur acquisition n'est envisageable qu'au niveau d'entrepreneurs
ou de groupements importants.
3622 - Le ramassage :
C'est une opération qui est réalisée mécaniquement, l'intervention manuelle restant
limitée aux petites surfaces dont la production est destinée exclusivement aux besoins familiaux
ou du voisinage.
Le ramassage et le chargement sont effectués par des arracheuses chargeuses à Pommes-de-terre (AMAC-GRIMME-VICON...
etc.).
Les tamis et tambours servent surtout au transport, car le tamisage de la terre n'a en général que
peu d'importance. Pour faciliter la montée du produit sur le tapis il suffira de supprimer le soc et de
monter un rouleau ramasseur. Il est alors nécessaire d'ajouter une transmission intermédiaire par
courroie trapézoïdale.
4. CONDITIONNEMENT.
L'oignon fait partie de ces produits qui lorsqu'ils sont destinés à être
vendus en l'état au consommateur, doivent le satisfaire principalement au niveau de la qualité visible.
C'est ainsi que la forme parfaite et régulière, une belle couleur susciteront un pouvoir attractif
qu'il faut rechercher. L'emballage y contribue également pour sa part. Ces différents points évoqués
peuvent se résumer en disant que @ ce qui est laid se vend mal @,, vérité évidente
certes, mais qui n'est pas suffisamment prise en considéra tion.
41 - NORMES COMMUNES DE QUALITÉ
Les oignons livrés en l'état au consommateur doivent être conformes aux dispositions de la
norme commune de qualité (S.H. nl 47 - 1972).
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