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> OM31ME1- Mercredi 31ème semaine ordinaire impaire Voir 2ème lecture de ce jour en "O31ME2" |
Rm 13:8- N'ayez de dettes envers personne, sinon celle de l'amour mutuel. Car celui qui aime autrui a de ce fait accompli la loi. Rm 13:9- En effet, le précepte : Tu ne commettras pas d'adultère, tu ne tueras pas, tu ne voleras pas, tu ne convoiteras pas, et tous les autres se résument en cette formule : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Rm 13:10- La charité ne fait point de tort au prochain. La charité est donc la Loi dans sa plénitude. |
Son interprétation a été décisive dans les grands moments de crise de l'Eglise, surtout au 5ème siècle (face à l'hérésie du moine Pélage : l'homme gagne son salut par son effort personnel), et au 16ème siècle (Luther et Calvin se séparent de Rome). C'est à partir de leur relecture de la Lettre aux Romains que les Réformés et les Luthériens du 16ème siècle ont formulé leurs thèses sur le salut de Dieu par la grâce acceptée dans la foi. Cette lettre a été écrite par Paul lui-même (en la dictant à un secrétaire-écrivain) au printemps de 57 ou de 58, et probablement depuis Corinthe. On n'a jamais mis en doute son authenticité. Paul estime avoir terminé son oeuvre apostolique en Orient. Il forme donc le projet de passer par Rome pour aller en Espagne (15, 19 - 31).Il envoie donc d'avance aux chrétiens de Rome ce qui représente le coeur de sa prédication et de son Evangile. En effet, cette Lettre aborde en profondeur les points les plus centraux du message chrétien : la puissance du salut de Dieu, présenté comme une grâce à recevoir dans la foi, pour en être transformé. C'est une vie avec le Christ ressuscité, mais marquée par l'événement suprême du dessein de salut de Dieu que constituent enemble la prédication, le témoignage, la mort et la résurrection de Jésus. L'Esprit Saint que nous avons reçu insère en nous toute la richesse de vie et de nouveauté, qui est le fruit de cet événement unique. Cet enseignement à la fois général, et sans doute adapté à des circonstances particulières de l'Eglise de Rome, se réalise en deux parties : - l'une doctrinale (1 - 11), - l'autre exhortative, pour encourager à une manière de vivre avec et selon le Christ, et qui traite de différents aspects de notre existence humaine (12 - 16). La partie proprement doctrinale de la Lettre de Paul aux Romains (1, 16 - 11, 36), qui commence dès la fin des présentations (1, 1 - 15), est toute entière consacrée à la Bonne Nouvelle ou l'Evangile de Dieu qui nous vient de notre Seigneur Jésus le Christ, et elle se développe en trois thèmes : - La justice de Dieu nous est révélée par l'Evangile comme force de justice pour qui l'accueille avec foi (1, 16 - 4, 25), - L'amour de Dieu assure le salut à ceux qui sont justifiés par la foi (5, 1 - 8, 39), - Cette réalisation du salut de Dieu n'est pas en contradiction avec la promesse de Dieu faite jadis à Israël (9, 1 - 11, 36) A côté de cette répartition de cette Lettre en deux parties, comme il vient d'être indiqué, on peut tout aussi bien n'y voir, d'un bout à l'autre que le développement, en trois temps successifs, d'une seule idée force très prégnante : - la justice miséricordieuse de Dieu se manifeste dans la manière selon laquelle Dieu traite les Juifs et les paiens (1 - 8), - la justice miséricordieuse de Dieu se manifeste dans la manière dont Dieu traite le peuple d'Israël (9 - 11), - la justice miséricordieuse de Dieu se manifeste dans la vie de ceux qui croient au Christ. (12 - 15). Selon le découpage de cette Lettre, que nous continuons de suivre, notre passage se trouve dans la 2nde grande partie de ce document de Paul, appelée "partie exhortative" (12 - 16), qui, avant d'aborder la conclusion de cette Lettre, au chapitre 16, nous présente les exigences de la vie droite que nous sommes conduits à mener si nous vivons dans une confiance totale au Christ Jésus qui nous rend justes par la foi et qui nous transforme par son Esprit Saint. (12, 1 - 15, 13). Et, suite à cette section exhortative, Paul conclut sa Lettre (15, 14 - 33), y ajoute un mot de recommandation pour une personne, Phoebé (16, 1 - 23), et termine par une doxologie ( 16, 25 - 27). Cette exhortation développée traite successivementr de deux thèmes : - la vie chrétienne, vue comme culte spirituel que nous rendons à Dieu (12, 1 - 13, 14), - le respect dû aux membres plus faibles de nos communautés de disciples de Jésus (14, 1 - 15, 13). Avec la page de ce jour nous nous retrouvons à un stade déjà bien avancé du premier thème de cette exhortation. Tous ceux qui ont été baptisés dans le Christ Jésus et sont devenus membres de son corps doivent vivre leur existence comme une offrande permanente présentée au Seigneur, et dans la mise au service des frères, selon la charité, des dons qu'ils ont ainsi reçus. Après avoir exposé cela d'une façon générale (12, 1 - 21), Paul s'est arrêté à la situation des chrétiens face aux autorités civiles ou politiques qui, selon lui, doivent être respectées, car toute autorité vient finalement de Dieu (13, 1 - 7). |
Dans ce culte spirituel à rendre à Dieu, la charité vécue entre frères est donc, suite à ce que Paul développé depuis le début du chapitre 12, une nécessité de première importance. La charité comme telle n'est pas une attitude particulière qui serait à tenir à l'égard de telle ou telle personne, c'est I'expression normale de toute l'attitude chrétienne, et, de ce fait, elle ne saurait être réduite à une attention vis-à-vis des seuls chrétiens. Elle est une façon de vivre habituelle : à l'image du Christ qui est mort pour tous, le chrétien, son disciple, est quelqu'un qui aime ses frères et soeurs quels qu'ils soient. A deux reprises, Paul écrit : "celui qui aime accomplit la loi" ou, ce qui revient au même, "l'amour est le plein accomplissement de la loi". Il s'agit pour lui d'un principe de base. Si le Christ est le terme de la Loi de Moïse et de tout l'Ancien Testament, celui auquel toute l'Ancienne Alliance conduit (Romains, 10, 4), alors l 'amour (ou la miséricorde) qui a été l'expression suprême de son ministère et de son engagement (Romains, 8, 35), représente la plénitude de tout ce qu'il a accompli, et devient la norme de toute existence de chrétien. Entre ces 2 affirmations parallèles, Paul montre comment les grands commandements du Décalogue sur les relations humaines se résument dans la phrase du Lévitique, 19, 18 : "tu aimeras ton prochain comme toi-même". En effet, ni l'adultère, ni le vol, ni le meurtre, ni la convoitise ne peuvent coexister avec une attitude d'amour fraternel. |
La "loi" dans cette page signifie uniquement la "loi" que Moïse a reçue de Dieu sur le Sinaï et transmise ensuite à tout le peuple, qui était tenu de l'accomplir, en réponse à l' Alliance que Dieu avait conclue avec lui. Lorsque Paul cite ainsi des commandements du Décalogue et les résume dans le commandement de l'amour fraternel qui, selon lui, les contient tous, il se comporte à la façon de Jésus qui, nous le savons, avait ramené toute la Loi et les Prophètes (c'est-à-dire toute la Bible et l'expérience d'Israêl) à l'exigence de l'amour de Dieu et de l'amour du prochain (Marc, 12, 28 - 34; voir aussi Galates, 5, 14 et Matthieu, 22, 37 - 40). Dans l'Ancien Testament, l'amour du prochain ne visait que les concitoyens Juifs. Tel n'est plus le cas pour Paul : tout homme est devenu un "frère pour lequel Christ est mort" (Romains, 14, 15). |
En ce sens, les commandements sont l'exigence de vérité de toute attitude d'amour, ils sont la "garantie de cohérence" de tout amour authentique. Quand Paul critique la "loi", c'est dans la mesure où on l'applique pour elle-même et pour soi comme un instrument de salut que l'on utilise, comme un système clos et fermé. Cela nous permet ainsi de maîtriser notre vie nous-mêmes, sans avoir besoin de la grâce gratuite de Dieu, dans la mesure où nous pensons être sûrs (à tort) qu'obéir à la "loi" suffit au Salut. En réalité, selon l'Evangile de Jésus, seul un coeur de pauvre qui se remet à Dieu humblement, dans la confiance et en comptant sur sa grâce, peut vraiment aimer, selon la vérité de l'amour, qui nous sort de nous-mêmes, parce qu'il a été lui-même mis en nos coeurs par l'Esprit Saint qui nous a été donné (Romains, 5, 5). |
O31MA2 - Mardi 31ème semaine ordinaire impaire Voir 1ère lecture de ce jour en "OM31MA1" ou en "OP31MA1" | ||
Lc 14:15- A ces mots, l'un des convives lui dit : " Heureux celui qui prendra son repas dans le Royaume de Dieu ! " Lc 14:16- Il lui dit : " Un homme faisait un grand dîner, auquel il invita beaucoup de monde. Lc 14:17- A l'heure du dîner, il envoya son serviteur dire aux invités : "Venez ; maintenant tout est prêt. " Lc 14:18- Et tous, comme de concert, se mirent à s'excuser. Le premier lui dit : "J'ai acheté un champ et il me faut aller le voir ; je t'en prie, tiens-moi pour excusé. " Lc 14:19- Un autre dit : "J'ai acheté cinq paires de bœufs et je pars les essayer ; je t'en prie, tiens-moi pour excusé. " Lc 14:20- Un autre dit : "Je viens de me marier, et c'est pourquoi je ne puis venir. " Lc 14:21- " A son retour, le serviteur rapporta cela à son maître. Alors, pris de colère, le maître de maison dit à son serviteur : "Va-t'en vite par les places et les rues de la ville, et introduis ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux. " Lc 14:22- "Maître, dit le serviteur, tes ordres seront exécutés, et il y a encore de la place. " Lc 14:23- Et le maître dit au serviteur : "Va-t'en par les chemins et le long des clôtures, et fais entrer les gens de force, afin que ma maison se remplisse. Lc 14:24- Car, je vous le dis, aucun de ces hommes qui avaient été invités ne goûtera de mon dîner. " " | ||
Luc a écrit ses 2 Livres entre les années 80 et 90 de notre ère, soit plus de 50 ans après la mort de Jésus, 30 ans après les lettres authentiques de Paul, et quelque 20 ans après l'Evangile de Marc. Ce qui ne veut pas dire que les traditions qu'il reprend ne sont pas aussi anciennes que celles de ceux qui ont écrit avant lui. Cela indique toutefois qu'il s'adresse à des communautés chrétiennes déjà différentes, pour leur annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus. Son Evangile se déroule en huit étapes : - un Prologue (Luc, 1, 1 - 4) au destinataire de cet Evangile, un certain Théophile, dont nous ne savons rien par ailleurs, Prologue auquel fait écho le Prologue des Actes des Apôtres (Actes, 1, 1 - 5). - un résumé de toute la Bonne Nouvelle de Jésus, en qui toutes les promesses de Dieu sont accomplies, autour du thème de son Enfance (Luc, 1, 5 - 2, 52). - la préparation de son ministère public (Luc, 3, 1 - 4, 13). - le ministère de Jésus en Galilée (Luc, 4, 14 - 9, 50). - le voyage de Jésus vers Jérusalem (Luc, 9, 51 - 19, 27). - le rejet de Jésus par Jérusalem (Luc, 19, 28 - 21, 38). - le dernier repas de Jésus et sa mise au rang des pécheurs dans sa condamnation et son éxécution (Luc, 22, 1 - 23, 56a). - la victoire décisive de Jésus, sa promesse de l'Esprit et son ascension (Luc, 23, 56b - 24, 53). Alors que Jésus continue sa montée vers Jérusalem, et qu'il donne une 2ème série d'instructions à ses disciples (13, 22 - 17, 10), il a commencé par réinsister sur la nécessité pour tous de se repentir (13, 22 - 30). Il a, ensuite, réagi courageusement à une information selon laquelle Hérode chercherait à le faire mourir, en maintenant qu'il lui faut poursuivre sa route vers Jérusalem, même si cette ville est celle qui tue les prophètes (13, 31 -35). Nous le retrouvons, enfin, invité de nouveau à prendre un repas chez un des chefs des Pharisiens. Ce qui lui permet de présenter le Royaume de Dieu sous l'image du banquet de la fin des temps, banquet dont lui-même sera l'hôte qui invite tous les hommes, élus ou non, Juifs ou païens, à participer (14, 1 - 24). Jésus, l'invité d'honneur, profite de cette occasion pour se livrer à un ensemble de critiques sur le comportement de ses co-invités et de son hôte, de façon à souligner la différence et l'originalité du Royaume des cieux : - il faut inviter les pauvres qui ne peuvent vous rendre votre invitation (14, 12 - 14), - il faut accepter l'invitation au banquet du Royaume comme une priorité à honorer, dès qu'elle nous parvient, tout en sachant que tous, même les non- invités officielIement, y seront finalement rassemblés (14, 15 - 24 : parabole des invités remplacés par des pauvres). | ||
2. MESSAGE. Le message de cette belle histoire est des plus clairs : ceux qui ont été officiellement invités au banquet se révèlent incapables d'y prendre part et de répondre à l'appel que Dieu leur a fait d'entrer et d'avoir part à son Royaume, Dieu qui se trouve ici représenté par cet homme qui invite beaucoup de monde à un grand dîner. De ce fait, l'invitation est étendue à deux reprises à tous ceux qui n'avaient pas été officiellement contactés : les pauvres, d'abord, quelle que soit leur forme de misère, puis ceux qui sont à l'extérieur de la ville et des clôtures, c'est-à-dire, selon Luc, les étrangers et les païens. Finalement la maison est remplie et le festin a bien lieu. En conclusion de cette histoire, nous remarquons que .Jésus, l'invité du chef des Pharisiens, se présente comme l'hôte et l'invitant de ce festin qu'il vient de décrire, au moment où il "s'approprie" la parabole et déclare au présent : "je vous le déclare, aucun de ceux qui avaient été invités ne goûtera de "mon" dîner". Ce faisant, Jésus, qui a répondu par cette "histoire exemple" ou "parabole" à la béatitude du verset 15 exprimée par l'un des convives, précise que l'entrée au Royaume de Dieu est bien l'objet de sa mission et de sa responsabilité. 3. DECOUVERTES. Au verset 21, les premiers non invités rassemblés sont exactemet les mêmes que ceux que Jésus avait énumérés dans la liste de ceux qu'il suggérait à son hôte d'inviter parce qu'ils sont incapables de rendre l'invitation, au verset 14 : "les pauvres, les estropiés, les boiteux, les aveugles". Remarquons que la "parabole" est structurée selon 3 "cycles" ou "séries" de 3 : 3 invités qui refusent de venir, 3 excuses, 3 envois du serviteur chercher les convives. Du même coup, on ne peut conclure que les 2ème et 3ème séries d'invités sont moins importants aux yeux de Dieu que les premiers appelés. Sans ces 2 derniers envois du serviteur chercher d'autres invités, l'histoire ne tiendrait pas, et n'aurait plus de raison d'être. A lire, en parallèle avec notre page, les derniers versets du chapitre 13 (13, 28 - 30) : la priorité historique et chronologique des fils d'Israël, appelés les premiers au salut de Dieu, n'interdit pas l'extension de l'invitation à tous les peuples de la terre. Néanmoins, comme cela est manifesté au long des Actes des Apôtres, l'autre livre écrit par Luc, les Juifs n'accueillent pas l'Evangile de Jésus : au point que Paul y est plusieurs fois cité par Luc avec ces paroles: "c'est à vous, d'abord, (les Juifs) que devait être adressée la Parole de Dieu. Puisque vous la repoussez, nous nous tournons vers les païens (Actes, 13, 46 -47; 18, 6 et 28, 28). Les 2 premières excuses des 2 premiers invités sont énoncées au nom de l'argent ou du profit. La 3ème est liée au mariage, qui, selon le verset 26, plus loin que notre texte, ne saurait être un obstacle à la condition de disciple de Jésus, qu'il faut préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, etc. Beaucoup ont noté que Luc, sans défavoriser le mariage (Elizabeth-Zacharie en, 1, 5 - 25, Priscille-Aquila en Actes 18), a favorisé également le célibat ou le veuvage: des femmes comme Marie de Magdala, Marthe et Marie, Tabitha (Actes, 9, 36), Lydie (Actes 16, 14 - 15) , Damaris (Actes 17, 34).Les 4 filles du diacre Philippe (Actes, 21, 9), semblent n'avoir pas été mariées. Au verset 23, "forcer les gens à entrer" n'a rien à voir avec quelque "violence que ce soit". Il s'agit seulement d'une invitation "pressante", et, ce, d'autant plus que dans les coutumes d'hospitalité du Proche Orient, la courtoisie demande que l'on commence par ne pas dire OUI tout de suite aux invitations que l'on reçoit. Pour l'image du festin ou banquet messianique, voir Isaïe 25, 6, et aussi les allusions par Jésus lors de la dernière Cène (Luc, 22, 16. 18. 30). A ce titre, dans la mesure où nous demeurons UN avec Jésus, et recevons son OUI au Père pour le redire là où nous vivons aujourd'hui, l'Eucharistie est symbole du banquet eschatologique. Dans ce contexte, il est important pour nous de relire tout ce qu'exige Paul des chrétiens qui se rassemblent pour l'Eucharistie, "Repas du Seigneur" (1 Corinthiens 11, 17 - 34), et ce que Jésus lui-même nous annonce du mystère de notre unité profonde avec lui (Jean 14, 2 - 3 et 17, 24). |