Herleville...Ânes pour tous....
Hélène, son mari Gonzague et leur quatre enfants, ont choisi d'être des fers de lance de ce mouvement. Ils créent à Herleville, un petit village prés de Chaulnes, des logements sociaux chauffés à l'herbe. Dans ce coin du Santerre, on les a regardés au mieux comme des doux dingues, on a mis du temps à les suivre : " mais c'est bon,maintenant,on y arrive "
,sourit Hélène.
Avec son énergie à déplacer des montagnes, cette grande brune au franc parler espère les premiers locataires en Septembre. Ils seront envoyés par l'agence immobilière à vocation sociale (AIVS) d'Amiens.
Huit logements de belle taille sont actuellement achevés dans une grange désafectée. " ils sont grands,parce que les gens ne sont pas du bétail pour vivre dans des petits trucs. Et puis on ne vient pas à la campagne pour ça ! Les appartements seront pourvus de chauffe-eau solaire, de planchers chauffants à basse température. Et ils participent d'une démarche globale qui a déjà conduit l'exploitation à récupérer les eaux fluviales afin de laver le matériel agricole " explique Mme Proot.
UNE HERBE ASIATIQUE pour CHAUFFER...
Tout en devisant, elle conduit les visiteurs dérrière sa maison, pour leur montrer une ligne au loin, sur une crête: " Vous voyez la-bas ? Les grosses touffes d'herbe? c'est le MYSCANTHUS,une graminée d'ASIE. On l'appelle aussi l'herbe à élèphant. Nous en avons planté 3 hectares. Nous la récolterons avec l'ensileuse à maïs et elle sera brulée dans une chaudière spéciale pour chauffer les logements. "
Le myscanthus, dit " herbe à éléphant " est une graminée, importée d'Asie...
La visite se poursuit vers la chaudière, un monstre qui occupe une bonne partie d'une grange. A côté une salle, où Hélène Proot reçoit ses visiteurs." le développement durable çà s'apprend " insiste-t-elle. des enfants, des adultes viennent de loin pour ses petites conférences qui se terminent souvent autour d'une brioche maison.Des gens de la région, c'est plus rare.
C'est comme pour les ânes, l'autre grande histoire de la Ferme du Développement durable. Les Proot les élèvent, les dorlottent même. on peur les louer pour partir en balade ou en camping un jour ou plusieurs." J'ai du monde qui vient de la région parisienne, même d'Allemagne. Mais personne du coin, c'est fou quand même. " , s'étonne Hélène Proot, qui s'évertue à faire connaître son établissement.Mais, sans relations, sans argent pour la pub, c'est difficile.
La ferme du Développement Durable ne se veut pas moralisatrice, mais éducative." on ne veut pas donner de leçons, surtout, mais proposer une pédagogie par l'exemple qui permet à chacun de saisir la fragilité de la planète et l'urgence d'une prise de conscience." . Elle ne veut pas non plus surfer sur un phénomène de mode, mais promouvoir une façon de vivre à long terme.
Bref,ne cherchez pas les hippies à Herleville, il n'y en a pas. Il y a juste des gens qui ont choisi de vivre en accord avec la nature, et d'en faire bénéficier les autres sans rien exiger en échange. Franchement, les rencontrer , ça fait du bien.
Texte copyright de Christèle Bouché. Photos-copyright Herleville-2008
Des promenades bien accompagnées....parfois d'ânes...
Et si il y avait toujours quelque chose à apprendre d'un âne .
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