Valdelièvre a la cinquantaine barbue et le regard militant. Avant de créer il y a dix ans sa maison d'édition, l'homme a bourlingué. Il a été "menuisier-charpentier" sur les chantiers, a connu le chômage et finalemen est reparti sur les bancs de l'école pour obtenir une licence de formateur jusqu'au DEA en sociologie; Dans ce parcours atypique, il a côtoyé énormément de monde, a pris conscience de la difficulté qu'éprouvent beaucoup de gens confrontés à l'écrit... et il a essayé de comprendre et d'analyser ce qui bloquait cet accès à l'écriture et aux livres.
Les éditions Sansonnet, joli nom qui symbolise le printemps, ne publient que des "petits livres pour des gens qui ne sont pas des gros lecteurs, parce que le petit livre rassure". Les thès;s de prédilection sont l"expression populaire et de critique sociale". Pas vraiment une littérature conformiste, mais une "littérature pour tous", et aussi une littérature militante ! Le premier livre édité s'appelait L'argent ne fait pas le bonheur... titre prémonitoire pour la maison d'édition, petite certes, mais qui vit sa passion au fil des trois collections qu'elle propose.
La première, baptisée L'églantine, compte déjà quatorze titres sur le rythme de trois nouveaux titres par an. Livre phare avec 4500 exemplaires vendus : Les mains bleues relate la vie des ouvrières de Levi's jusqu'au mauvais jour de 1999 où l'usine ferme; L'histoire a inspiré le spectacle "501 blues". La seconde collection, baptisée "Colères du Présent" rprend les nouvelles du concours d'écriture organisé par l'association du même nom et un premier roman écrit par "Dal, droit au logement". La troisième, "Récits d'ici et d'ailleurs" édite des textes courts, 20 à 40 pages, contes, nouvelles, cahier de colportage d'antan... Déjà 60 textes avec quelques petits trésors. Une vingtain d'autres sont en préparation. Le tout à un euros !