Les auteurs de la collection L'églantine

Serge Livrozet

Naît en 1939 à Toulon au début de la guerre. Sa famille se réfugie à Avignon où il grandira, enfant abandonné de son père et dont la mère se prostitue. Son enfance est batailleuse : il faut faire taire les insultes. Devient apprenti plombier puis militaire. Condamné avec sursis pour un petit vol il vit dans la précarité et finit par tomber pour cambriolage : cinq ans. En prison, il passe le baccalauréat et un diplôme de dessinateur. Sort, exerce plusieurs métiers. En 1968, pour créer une maison d’édition, il prépare un cambriolage : quatre ans. Sera très actif dans les mouvements de prisonniers de ces années 68-72 et fondera le Comité d’Action des Prisonniers avec Michel Foucault. Écrit, publie, travaille, est accusé dans une affaire de fausse monnaie en 1986 : acquitté ; écrit et publie encore, toujours ; apparaît au cinéma dans le film Emploi du temps de Laurent Cantet.

Pierre Debuys

1946. Hé oui ! Je suis du baby-boum, donc du papy… Génération privilégiée, m’a-t-on dit, les trente glorieuses, pas de guerre, pas de chômage…, je vais boulotter les sous des caisses de retraite. Vrai ! Issu d’une famille ouvrière, je suis ouvrier. Peintre, tôlier, ouvrier d’entretien, contrôleur incendie. Enfin, ouvrier assis derrière un bureau d’assurance. Ai suivi des cours du soir au lycée, aux Arts et Métiers. Je voulais comprendre la vie en allant à l’école du soir. Erreur. Il me fallut une trentaine d’années pour le comprendre. (Je ne suis pas doué.) Dans les années 70, je militais à la confédération syndicale du cadre de vie (CSCV) et nous manquions de connaissances juridiques. Formation. Mal m’en prit, je pris goût au droit et dus démissionner de la CSCV pour continuer d’étudier. Bientôt la retraite, comment ça va aller ? On est mal barré. Mais y paraît qu’ils ont signé un plan pour les travailleurs. (Je m’disais aussi !)

Colère Noire & Jean-François Pocentek

Nous qui avons écrit ces lignes, nous connaissons Lourches depuis notre enfance. Nous y avons toujours vécu, ou alors, si nous en sommes partis, ce n’était que pour mieux y revenir. Nous avons vu ses rues se faire, se défaire parfois, et la ville, ses quartiers, ont construit notre histoire, ont construit notre vie. Et puis, après les années où le travail existait, les choses sont parties de travers. Aujourd’hui, nous vivons tous dans des conditions difficiles et une partie d’entre nous occupe des logements réputés insalubres. Les institutions qui nous entourent envisagent l’avenir, imaginent les quartiers et voient les maisons de demain. Ça s’appelle la politique de la ville. Dans tout ça, nous avions quelque chose à dire.
Jean-François nous a rejoints. Il a l’habitude d’écrire, il a publié d’autres histoires de gens comme nous. Il s’est baladé dans nos quartiers, a visité nos maisons et celles des gens que nous connaissons. Puis, nous nous sommes régulièrement rencontré et, ensemble, nous avons écrit La Dame à sa Fenêtre. C’était l’atelier d’écriture. Nous avons abouti à ce texte, un texte collectif que chacun d’entre nous approuve, où chacun d’entre nous retrouve sa voix, même s’il ne retrouve pas tous les mots qu’il a dits. Nous avions des choses à dire. C’est fait. Et nous vous les donnons à entendre.

Daniel Zimmermann

Né en 1935 à Saint-Denis (93) dans une famille ouvrière, juive et immigrée. A donc appris le français en même temps que sa mère.
Élève boursier, sportif de haut niveau, docteur de troisième cycle en sciences de l'éducation et docteur d'État ès lettres. A été successivement professeur de karaté instituteur pour enfants inadaptés et professeur des universités.
En 1990, a pris une retraite anticipée pour écrire à temps complet. A pour écrivains de référence Alexandre Dumas et Jules Vallès. C'est pourquoi il a consacré à chacun une biographie : Alexandre Dumas le Grand, en 1993 et Jules Vallès l'Irrégulier en 1999.

Les Mains Bleues

Nées entre en 1949 et 1971, au nombre de 25, elles ont travaillées à l'usine entre 3 et 29 ans, comme mécaniciennes en confection au pliage, cuir, confection passant, pose passant, baguette, arrêt baguette, rivet, ourlet, extrémités ceinture, boutonnières et boutons ceinture, repassage, montage ceinture, surpiqûre côté, entrejambe, baguette, fourche, surpiqûre soupon, pose soupon, surfilage devant, encadrement, fermeture sac de poche, pose poche, surpique poche et braguette, coulissage, couture dos, pose chanteau, pose et contrôle dos, réparation poche dos, surfilage braguette, boutonnière braguette, pose poche montre, pose renfort, coupe poche dos, dessin hirondelle, ourlet poche dos, ourlet poche montre...
Licenciées, blackboulées, elles ont enfin abouti à l'atelier d'écriture. Un spectacle de théâtre, un livre : les débuts sont prometteurs. Elles ont crées une association Les Mains Bleues afin de prolonger sous différentes formes cette aventure artistique. C'est l'association qui gère les droits versés pour le livre et pour le spectacle.

Victoire Perdrot

Est née non loin d'Aix en Provence de parents qui avaient quitté leur village natal proche de Resistencia, dans le nord tropical de l'Argentine.
Elle a grandi, baignée dans les accents de la Provence. À vingt ans, elle se met à vagabonder, voit du pays et se prend d'amour pour un petit coin de pays minier et ouvrier au bord de l'Artois. Elle y décroche un poste en lycée professionnel. En échange du français et de l'histoire qu'elle enseigne avec générosité, elle apprend le picard au jour le jour car, là-bas, en milieu populaire, on parle 'core [encore] volontiers la vieille langue.
Passionnée de théâtre, de danse et d'écriture, elle se met ici au travail littéraire avec dans son regard, une malice qui n'enlève rien à la tendresse qu'elle porte au monde.

Angel Reinhart

Le passé en général, le sien en particulier, l'insupporte. Des premières décennies de sa vie on ne retiendra que son goût prononcé pour les voyages et l'aventure. C'est tout. Depuis une dizaine d'années, il vit dans le Nord de la France. Il y exerce, dit-il, le métier d'écrivain. La nuit. Le picard, qu'il affectionne, rejoint parfois sous sa plume la dizaine de sabirs et volapüks qui tient de l'Europe centrale et de périples lointains. Pour le reste lui tient lieu de langue maternelle. Ses traducteurs Philippe Crognier et Roger Wallet, s'en débrouillent.

Abdellatif Attafi

Est né en 1959 à Tanger, dans une famille marocaine et musulmane. École, collège et lycée à Tanger (Maroc). Étudiant boursier, il a obtenu un doctorat en sciences de l'éducation à Lille (France). Il est devenu maître de conférence à l'université de Charleston (USA). Il est marié, père de deux enfants. En 1996, il a publié au Maroc son premier roman sous le patronnage du service culturel de l'ambassade de France à Rabat. Il est attaché aux Alpes de Haute Provence, il y dirige un établissement du campus de Charleston, au bas d'une haute vallée où se trouve un village qui avait été partiellement abandonné de ses habitants et qui revit progressivement sous l'impulsion d'Européens du Nord.

Sébastien Doubinsky

"Je suis né le 15 août 1963 mais j'ai vécu une partie de mon enfance aux États-Unis. J'ai fait des études d'histoire et d'anglais, et enseigné pendant huit ans la littérature française à l'université d'Aarhus, au Danemark, où j'ai rencontré Manu Rich et soutenu une thèse sur Blaise Cendrars. Je suis revenu en France en 1999 et, depuis, j'enseigne l'anglais dans des établissements parisiens. J'habite avec ma femme danoise dans le 11e arrondissement de Paris, avec notre petit garçon et ses énormes couches."

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