Avis de lecteurs

Les avis du concours

Au cours du mois de juin, les éditions Sansonnet étaient invitées à la librairie Les Lisières à Roubaix. Pour promouvoir cet événement, un concours d'avis de lecteurs sur quatre livres de la collection églantine fut organisé : Le Fabuliste, Thierry Maricourt, La Dame à sa fenêtre, Colère Noire, Les Goûts Florissants, Daniel Zimmermann et Pas le droit à l'erreur, Angel Reinhart. Partenaires de ce concours, la librairie Les Lisières, la bibliothèque de Wattrelos et la bibliothèque de Lys-lez-Lannoy ont mis ces ouvrages à disposition de leurs lecteurs et ont récoltés leurs avis. Les meilleurs ont été proclamés et récompensés le 27 juin 2008 lors d'une soirée organisée aux Lisières.
Pour tous les curieux et tous ceux qui seraient intéressés par les ouvrages concernés, nous avons mis à disposition ci-dessous l'ensemble des avis reçus. Bonne lecture !


Le Fabuliste

Voilà un joli conte triste qui raconte l'histoire d'un enfant se confiant à son farfadet, nous parlant de vérités premières, pas toujours évidentes pour les adultes mais pleines de bon sens, dites par cet enfant dont l'innocence est si pure. C'est un conte qui a l'air de finir mal. Mais la conclusion donne l'espoir en la jeunesse qui semble vivre dans le rêve sans cependant renoncer à l'action si besoin est.

Roberte, juin 2008

Inventer des fables... pour survivre... dans un monde effrayant où la pensée unique est reine. Cela ne nous renvoie-t-il pas à certains démons humains d'hier...? Et d'aujourd'hui...? Ici ou ailleurs...? Insidieusement ou moins...? Pour ce regard d'enfant, et pire encore, pour tous ces enfants et ces hommes victimes des dictatures, ouvrez un œil sur ce fabuliste-là, un œil, et si vous le pouvez encore, vos têtes, vos bouches, vos cœurs... Que ce Fabuliste puisse nous donner à rester toujours vigilants et à lutter pour les différences et les libertés.

Catherine, Hem, juin 2008

Pourquoi ? Dans un pays où la liberté de penser est prohibée, un enfant, tiraillé entre un père révolté et une mère révoltante, se donne le droit de s'interroger. Pour extérioriser sa pensée, il se confie à un farfadet qu'il anime le soir dans l'ombre. Un conte tendre et mélancolique sur les abus du pouvoir qui, bien souvent, nous pousse dans nos derniers retranchements. À lire absolument !
[Désolée, mais vraiment 40 mots c'est impossible pour moi. Je prends donsc la liberté d'en faire plus.]

Yacha, 14 ans, Hem, juin 2008

« C'est interdit de plaisanter sans autorisation », « Pleurer, c'est interdit », « L'obéissance est la première des vertus ». ENFONCEZ-vous bien ça dans la tête car, « Quand c'est mal, c'est interdit et quand c'est bien, c'est obligatoire. »
Si vous pensez qu'il est interdit d'interdire et que « La Vie est belle », vous serez abasourdi par ce qui se passe au Pays du Grand Gouvernement.

Joëlle, Lys-lez-Lannoy, juin 2008

Quel sac de « ne » ! J'ai relu toutes les phrases négatives, il n'y a pas de « ne ». Ce n'est pas bien, c'est obligatoire. Ce n'est pas mal, c'est interdit. Avec des phrases qui ne peuvent pas exister, la porte de la cage est ouverte aux esprits serins. Un oiseau de liberté, Thierry Maricourt.

Nathalie, juin 2008

Éducation-soumission, éducation sans réflexion, éducation-coercition... Courage, fuyez l'école ! L'histoire de l'embrigadement de la jeunesse via l'enseignement nous fait froid dans le dos. Un véritable crime culturel organisé... À méditer avant de voter.

Mlle N. B., juin 2008

L'idée du livre est assez connue (ce même sentiment envahissant qu'après la lecture de Matin brun ?) Mais, par la légèreté du ton et du livre, il se glisserait bien dans toutes les poches, depuis 1998, aujourd'hui et pour combien de temps encore ?

Élise, juin 2008

Un conte triste qui entrelace avec subtilité le rêve et la réalité. Le style est bien adapté au personnage, naïf, rêveur et idéaliste à la fois.

Marie, juin 2008


Les Goûts florissants

Une vie en trente pages et deux autres en douze pages. Et (presque) exhaustives. Daniel Zimmermann a cet art de zapper des pans entiers de l'existence de David dans Les Goûts florissants et des deux personnages de Paul et Constant, tout en leur conservant une cohérence et une fluidité. On connait au final leurs vies tout en ignorant quatre-vingts pour cent de ce qui les compose réellement. Formidable, non ? Et c'est facile à lire, drôle, fluide.

Rémy, juin 2008

L'itinéraire et l'ascension sociale d'un gosse de banlieue avec ses particuralités et diversités, face aux préjugés et aux idées reçues de ses condisciples.

Noël, juin 2008

Nous sommes en extase devant la qualité des détails, l'histoire attachante nous fait sourire par ses aberrations. Nous restons, toutefois sur notre faim : dommage car le rythme soutenu nous faisait battre le cœur.

Karine, juin 2008

L'histoire se lit avec un intérêt ralenti par "le mauvais français". On a l'impression que le narrateur a mal assimilé la culture qu'il a reçue

Marie, juin 2008

Quand on veut à tout prix sortir de son milieu ce n'est pas une entreprise facile. Jeune et ambitieux, intelligent, volontaire, voulant tout savoir, David gravit les échelons de la société, il veut être et avoir le meilleur sans parvenir toutefois à cacher ses origines et ses répliques ne sont pas toujours appréciées dans le monde qu'il a choisi. Son passé refait toujours surface et c'est pour cela qu'il achète cette magnifique robe de chambre, pour oublier les vêtements portés dans sa jeunesse.

Mme D., juin 2008

Résumé d'un événtuel roman pertinent dont la première période pourrait se rapporter à mon enfance, suivie d'une tranche de vie à une certaine époque obligatoire pour retracer une ascension sociale permanente.

N. B, juin 2008

On ne peut être que subjuguée par le parcours atypique de David (autobiographie de l'auteur ?) pour accéder au savoir et sortir de son rang social malgré les humiliations et les comportements d'exclusion. On ne peut toutefois renier ses origines. David veut tout connaître, tout apprendre, tout découvrir, il est insatiable. On a l'impression qu'il se disperse un peu et n'admet pas que l'on ne puisse être compétent dans tous les domaines. On peut espérer qu'il ne deviendra pas un pépère pantouflard dans sa robe de chambre en pilou.

Marie-Ange, juin 2008

Qu'on soit fils ou fille d'ouvrier, on peut arriver au même stade que la classe bourgeoise.Il faut du courage et croire en ses rêves.Parfois on veut la même chose que les autres et au fond on est déçu.

Delphine, juin 2008


Pas le droit à l'erreur

Petit Polar très sombre à ne pas mettre entre toutes les mains. Les personnages sont bien campés, réels, leur langage nature, avec une mentalité abominable. L'histoire : Un pauvre type venu de loin tombé dans une embuscade mortelle. Mieux vaut éviter les bars louches ! Et les fiers à bras ! Quelle histoire sordide !

Roberte, juin 2008

Emportés ! Nous le sommes par l'histoire et même si tout est prédit dès le départ, La surprise demeure jusqu'au terme du roman. Le livre fermé, on médite sur la destinée contre laquelle nous ne pouvons pas lutter.

Karine, juin 2008

Pas le droit à l'erreur... ou comment passer l'arme à gauche. On dirait du Renaud mais pas trop. Ça dégénère un peu, beaucoup, passionnement et surtout à la folie. En tout cas, une chose est sûre : crever dans la Deûle ça craint.

Julie, juin 2008

Lecteur : brûle les pages comme le héros sa vie ! Rocambolesque, vivant et tendu, ce récit court court devant toi pour te surprendre à tous les carrefours. Ça résonne dans ta tête et, comme le bon vin, ça reste en bouche.

Armelle, juin 2008

Deux nouvelles sans lien ou l'intime trame de la justice : l'énigme ou l'erreur. Déconcertant mais prenant, quand la vie est sur le fil, la chute fatale reste pourtant inattendue. L'erreur n'est pas un droit.

N. B, juin 2008

Cela débute comme un fait divers que l'on voit hélas trop souvent dans le journal. Un dealer est arrêté par la douane qui confisque la drogue et le laisse repartir. Et commencent les ennuis avec le commanditaire plutôt déséquilibré qui le menace, les revendeurs. L'argent perdu les empêche de raisonner, amène le drame. La suite n'est pas très jolie et finit mal évidemment. Quelle moralité ont tout ces gens ! C'est bien triste ce monde là !

Mme D, juin 2008

Inutile de le cacher plus longtemps : Angel Reinhart est le scénariste secret de Tarantino.

JJJ, juin 2008

Cynique ironie d'une prémonition, pauvres parents ! Écriture scénaristique dont les faits reflêtent les maux d'une société : la violence, la drogue, la lâcheté (ce n'est pas moi, c'est l'autre). Destin inscrit d'avance. Faut-il encore le relater au risque de le banaliser ?

Marie-Ange, juin 2008

Tel en est le cas pour choisir quelle direction. Le bien, le mal ? Celle choisie plutôt du mal, drogue, alcool. Le mélange de ce charmùant cocktail qui engendre la déchéance, violence. Destruction à forte dose pour en arriver vers la faucheuse, la Mort.

Delphine, juin 2008


La Dame à sa fenêtre

Ceci est un vrai cri d'alarme
De ceux qui veulent se faire entendre.
Nul besoin de pondre une larme,
Il suffit de bien tout comprendre :
Insalubrité mais dignité
Pauvreté mais volonté
Amertume mais humanité
Résignation mais fraternité
Rêverie mais lucidité.

Annette, juin 2008

Des mots à deux mains (ou plus) pour que demain soit sans maux (ou presque). Un état des lieux déchirant qui révèle les paradoxes des corons d'aujourd'hui : insalubrité persistante et nostalgie d'une solidarité émoussée en quête d'avenir.

Armelle, juin 2008

[Vraiment quarante mots, je ne peux pas, alors tant pis pour le concours ! En espérant que vous la lisiez quand même, voici ma trop longue critique !]
Mesdames à vos fenêtres en noire colère, merci. Merci de venir nous chercher, de remuer nos consciences de chanceux dans nos maisons chaudes et calfeutrées, de nous donner à écouter d'autres vies, à ouvrir nos yeux et nos cœurs. Vous aussi, politiques de tous poils, entendez et rendez à tous ces corons leurs dignité sans y piétiner la formidable richesse humaine. Vous aussi libraires influents, entendez et offrez ces mots à tous, donnez-nous à réfléchir, à nous battre contre ces sommes de petites démissions au quotidien qui conduisent insensiblement au rapetissage des droits de l'homme et inéductablement à la barbarie.

Catherine, juin 2008

Un texte ayant le mérite d'aborder le problème des taudis sous un jour nouveau. Empreint d'un lyrisme peut-être reflet de souvenirs heureux, on peut se demander si ce style n'est pas plus la marque de l'écrivain que du collectif.

David, juin 2008

Pour moi c'est le vécu d'une commune avec ses corons. Ce n'est pas bien gai de changer de lieu par faute de la négligence d'autrui et aussi du temps qui passe détériorant les maisons. Alors on assiste à la vie tourmentée de gens obligés de quitter leurs demeures et perdant ainsi leurs racines, tous leurs repères, leurs habitudes, leurs amis, leurs voisins, leur environnement. L'adaptation est bien pénible pour eux. Sans parler des difficultés rencontrées, des humiliations subies au cours de leur recherche d'un nouveau logement. La vie est cruelle. Partir, détruire pour reconstruire n'est pas aisé pour chacun. Et la Dame à sa fenêtre, solitaire, regarde au loin dans le noir, pensant à tous, petits et grands. Elle les revoit vivre intensément près d'elle, comme autrefois. Mais la réalité la renvoie vite sur terre, il faut assumer le quotidien.

Mme D., juin 2008

Une découverte de gens simples qui sont attachés à leurs racines, à leurs maisons même vétustes, à leurs vies tout simplement ! Cela montre que l'on peut être heureux avec des petits bonheurs de tout les jours, sans fortune mais avec beaucoup d'amour.

Éliane, juin 2008

Ce livre m'a démasquée : je suis travailleur social. Tant d'acteurs sociaux à qui j'ai pensé en lisant ces lignes. Le genre d'écrit auquel j'aurais aimé participer. Je peux le faire maintenant en donnant à entendre ces choses à dire, dites et à lire.

Élise, juin 2008

Écrit avec la complicité des habitants de Lourches, ce texte est le reflet réel de leurs conditions de vie. Les logements vieillots, insalubres, issus d'anciennes cités minières ou métallurgiques sont occupés par des familles modestes. À travers leurs témoignages, il ressort des valeurs fondamentales : la famille, le bonheur, la joie de vivre, le travail, le courage, l'honnêteté, l'entraide et l'amitié. Bien que l'urbanisation moderne promet "la vie en rose", la nostalgie du vécu refait vite surface, incitant le retour aux sources ! Ce livre nous donne des leçons de vie et des arguments de réfléxion sur l'avenir.

Françoise, juin 2008

Ah, son chez soi, comme on l'aime ! Confortable ou pas, on y emmagasine des souvenirs. Comme un arbre a ses racines, l'être humain a besoin d'un point d'attache.

Ghislaine, juin 2008

Une fenêtre ouverte sur la pauvreté matérielle du monde ouvrier mais aussi sur la richesse d'une vie simple où en dépit des apparences un aspect du bonheur est révélé, avec une description des modes de vie difficiles du temps passé, pas si éloigné que ce que l'homme moderne pourrait penser. Au-delà de l'aspect austère du quotidien de chacun, il en ressort une certaine philosophie du bonheur tout simplement.
Qui donc est cette Dame à sa fenêtre ? C'est la misère d'une vie austère sans confort, des conditions difficiles pour se loger dans un habitat insalubre, pour élever ses enfants et parvenir à payer son loyer. C'est la grande sensibilité d'une mère et d'une épouse souhaitant plus que tout le bonheur de sa famille ; contrainte d'y vivre parfois révoltée, parfois résignée, en quête d'un certain bonheur d'une vie simple, tout simplement.

Marie-Pierre, juin 2008

J'ai les paupîères collées, des larmes à fleur de peau. Ils sont partis refaire leur ville. Je voudrais mots dire. Murée dans le silence. Une brique dans l'estomac, deux parpaings dans les yeux. En quarantaine, quarante mots pour mille maux. Leur parole était d'or. Mais... dehors !

Nathalie, juin 2008

Un reflet poignant de la précarité de l'habitat contrebalancée par l'attachement aux valeurs humaines authentiques de solidarité. Superbe.

N. B, juin 2008

Une observation pertinente de la vie des corons, avec ses attentes et ses désillusions quant à une politique de la ville tenant compte des aspirations de chacun.

Noël, juin 2008

Très beau témoignage de la vie d'une cité et des valeurs de solidarité de voisinage. On ne peut s'insurger des conditions de vie qui sont connues (corons, courées, les grands ensembles, les hôtels, les taudis des habitants anciens) et qui sont parfois cautionnés (attribution d'une aide au logement) et dont les pouvoirs publics, les institutions compétentes ne semblent pas entendre que ces locataires, ces habitants ont droit à une vie décente et cessent d'être exploités. Par respect pour la Dame à sa fenêtre, j'exprime aussi ma colère et j'invite l'auteur à diffuser, à qui de droit, cet appel pour faire cesser l'inacceptable. Les dessins symbolisent les racines d'une vie mais on ne peut pas s'échapper de la cage que par la colère ou l'indignation ou garder l'espoir ?

Marie-Ange, juin 2008

Pas facile d'acquérir son propre logement. Deux salaires s'imposent et un boulot sûr, et parfois on n'a pas le choix de vivre dans les banlieues, des logements insalubres où les propriétaires ne font rien pour améliorer le quotidien. Quelle honte.

Delphine, juin 2008


Les travaux d'étudiants

Les critiques qui vont suivre sont l'œuvre d'étudiants de la branche IDIST (formation de bibliothécaires) de l'université de Lille 3 – Charles De Gaulle. Ces sont leurs travaux qui ont suivi une rencontre avec Vincent Valdelièvre. Les critiques portent sur des brochures édités par les éditions Sansonnet dans les collections Colères du présent et Récits d'ici.
Les Obligations frauduleuses, Isabelle Verlay-Mahieux (Colères du présent)
La Bibliothèque de Djamel Martin, Alphonse Salafia (Récits d'ici)
Un jour je serai... moi aussi !, Thierry Maricourt (Récits d'ici)