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![]() bah oui, je crois que c'est clair ! |
Le suicidaire. |
Pas plus tard que ce matin j'ai rencontré un blaireau suicidaire qui est sorti
sous mon nez d'un chemin communal alors que je circulais sur une départementale,
arrivant sur sa droite et qu'il avait un "cédez le passage".
Je passe encore sur le fait que le temps étant couvert, la luminosité était
encore "entre chien et loup", et que j'étais en "codes" alors que lui, n'avait
pas de lumière.
Me voilà donc coïncé derrière ce blaireau pour deux bons kilomètres de bandes
blanches et autres tracés aberrants dont je parlerai sûrement par ailleurs.
J'ai largement le temps de détailler le véhicule et son contenu. Je commence
par découvrir un auto-collant de ... la Prévention Routière sur la lunette arrière...
à croire que les blaireaux s'imaginent que ce symbole a été béni par St-Christophe
et qu'il va les tenir à l'abri de leur connerie. Continuant mon examen (à 60/70
Km/h imposés par ce blaireau qui doit se dire "t'es pressé, eh ben tu vas voir
ce que tu vas voir" alors que grand amateur de conduite rapide je sais très
bien que sur les 27 Km que je parcours chaque matin et chaque soir depuis plus
de 15 ans, 30 Km/h de différence sur 2 Km n'auront aucune répercussion sur mon
temps moyen qui, en plus n'est pas ma préoccupation principale, puisque j'ai
l'habitude de partir en avance pour pouvoir rester calme dans ce genre de situation).
Continuant mon examen, je constate qu'aucune des 3 personnes qui se trouvent
dans le véhicule ne porte de ceinture de sécurité. N'étant pas gendarme, je
considère que ça n'est pas mon problème (quoi que, en tant que cotisant à la
Sécurité Sociale, je suis tout de même un peu concerné, mais bon, passons...).
Les fameux 2 Km parcourus dans le calme matinal, nous voici arrivés à une portion
de ligne discontinue : oeil gauche dans le pare-brise, oeil droit dans le rétroviseur,
clignotant, accélération (2 litres TurboD, ça sert à ça, entre autres), dépassement
et ho stupeur, le blaireau réussit la prouesse de tenter une accélération tout
en me gratifiant d'un bras d'honneur et d'un coup de klaxon, il ne manquait
plus que le déport sur la gauche (mais il a du calculer que 900 Kg contre 1,4
tonnes, ça allait lui faire mal...).
Dépassement terminé dans les règles de l'art, malgré l'adrénaline qui commence
à monter, je me prends ses pleins phares dans les rétroviseurs ("vas-y blaireau,
si ça t'amuse, je sais que tu es derrière, donc je n'ai qu'à porter mon regard
loin en avant pour ne pas être gêné"). Il ne m'impressionne pas du tout mais
me donne envie d'être méchant et je l'attends au virage (ce n'est pas qu'une
image, car un peu plus loin débute une série de courbes). Frein moteur à l'entrée
de la première pour ne pas éveiller son attention, il est à moins de 5 mètres
derrière moi, entrée de courbe bien à plat, négociation (toujours à plat de
cette 90 gauche de 100 mètres environ) et enfin grand coup de frein puis réaccélération
un peu brutale (le "talon-pointe" marchait mieux sur les Simca Rallye II, surtout
qu'à l'époque je ne portais pas des Santiags pour conduire). Oeil droit dans
le rétro intérieur je constate que le but recherché a été atteint : le blaireau
a planté un coup de patin.
Je ne regrette qu'une chose, c'est que la jeune fille qui occupe la place avant
s'est dangereusement rapprochée du pare-brise et sur ce coup-là, je me sens
un peu "blaireau" moi-même (note du webmaster : "on a tous fait le con
au moins une fois dans sa vie !!!").
Je lève légèrement le pied pour le laisser revenir afin de vérifier s'il a compris.
Eh bien, la leçon a porté, puisqu'il est passé en codes, garde ses distances
et il me semble bien que la ceinture de la passagère avant a pris une position
diagonale prouvant qu'elle l'a "bouclée". Leçon de conduite terminée, je remonte
dans les tours, laissant mon blaireau suicidaire loin derrière car je ne prends
pas le volant pour emm..... le monde et que la seule chose que je demande aux
autres usagers, c'est la réciproque.
Philippe