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La Foire aux Questions
Poser une question :
-
Vous n'avez pas peur d'attirer trop de
migrants?
C'était une crainte au départ, mais nous avons
fixé le nombre maximal à 25 personnes. Grâce
à cela le nombre de migrants présents à
Steenvoorde a diminué depuis l'ouverture du camp.
Les migrants sont attirés par l'aire de camion de Steenvoorde;
comme le nombre de camion est limité, et les routiers vigilants,
le flux se régule de lui-même.
Aussi, quand un jeune quitte son pays, il est prêt à
affronter de terribles épreuves. La présence ou l'absence
d'assistance à Steenvoorde n'a pas d'influence sur leur
décision de partir.
- Pourquoi n'accueillez-vous que des
Erythréens?
C'est un hasard: quand nous avons monté le camp, ils
étaient les seuls à Steenvoorde. Nous aiderons toute
personne si nous avons la place, quelle que soit sa nationalité.
Nous tenons ce discours aux migrants de Steenvoorde.
- Pourquoi n'accueillez-vous que 25
personnes?
Les habitants, le Conseil municipal et la Gendarmerie se montrent
tolérant envers notre action; nous ne voulons pas abuser de leur
bienveillance; Steenvoorde est une petite ville; nous pensons que si
chaque ville ou village concerné par les migrants déploie
le même effort, plus personne ne couchera dehors dans la
région. (arrondissements de Calais, Dunkerque, Saint-Omer).
- Pourquoi enseignez-vous le
français aux migrants?
Au départ, c'était pour leur faire comprendre qu'ils
seraient aidés s'ils demandaient une régularisation en
France; c'est également pour leur permettre de savoir qu'il y a
d'autres portes de sortie que l'Angleterre: asile en France, aide au
retour au pays. Actuellement, le cours de français nous permet
d'établir un lien de confiance avec eux, et de repérer
leur état psychologique car ils ont parfois besoin d'un peu de
soutien. C'est aussi un instrument de lutte contre l'oisiveté,
un élément structurant dans une vie décousue.
- Quelles sont vos relations avec les
forces de l'ordre?
Nous avons peu de relations avec la police car nous sommes en campagne.
Avec notre gendarmerie locale, les relations sont excellentes et
transparentes. Les gendarmes nous rendent visite
régulièrement, ce qui est normal. Nous avons reçu
des visites de la police et avons répondu à leurs
questions.
- Quelles sont vos relations avec les
autres associations d'aide aux
migrants?
Nous avons des relations avec nos compagnons de Terre d'Errance
Norrent-Fontes; leur action est vraiment identique à la
nôtre. Nous nous entraidons beaucoup. Nous commençons
à avoir des relations épisodiques avec d'autres
associations, comme Salam à Dunkerque ou C'SUR à Calais.
Nous échangeons nos informations, voire notre matériel.
- Quelle est la réaction des
habitants de Steenvoorde?
Nous avons reçu énormément de messages de soutien
au début de l'hiver. Actuellement nous entendons quelques
critiques, très minoritaires, mais elles nous intéressent
et nous en tenons compte, car il faut parfois expliquer notre genre
d'action.
- Avez-vous des soucis de
sécurité avec les migrants?
Pour le moment aucun. Ils sont parfaitement honnêtes avec nous;
nous craignons parfois des tensions avec des groupes venus d'ailleurs,
mais cela ne s'est pas encore produit.
- Trouvez-vous que la France doit les
accueillir?
Ce n'est pas notre propos, il y a des lois qui permettent le
dépot de demandes d'asile, et nous sommes prêts à
assister les migrants dans ces démarches s'ils le souhaitent
; mais nous reconnaissons que la question est compliquée
et nous nous contentons de l'assistance humanitaire, sans prendre
d'option politique. La discussion politique ou philosophique est
nécessaire, intéressante, productive, mais elle doit se
faire dans le cadre d'autres instances (Associations, clubs de
réflexions, partis politiques etc...).
- Où trouvez-vous l'argent?
Nous avons abondé un budget d'ouverture grâce aux
donations des adhérents; certains dons en nature nous ont
évité de grosses dépenses (achat des tentes par
exemple!).
- Combien de temps poursuivrez-vous
votre action?
Nous souhaitons porter secours aux migrants tant qu'ils seront
là. L'aire d''autoroute devant fermer pour un mois en mai, nous
fermerons également le camp car les migrants n'auront plus de
raison de demeurer ici; ceci est conforme à l'engagement que
nous avons pris devant les autorités. Nous n'excluons pas une
aide ponctuelle à d'éventuels individus
égarés, mais l'association se mettra en sommeil du 11 mai
au 12 juin.