Qui sommes-nous?
Au
départ, quelques Steenvoordois
agissaient individuellement pour porter secours aux migrants: dons en
argent, en vivres, en vêtements etc...
Les frimas venus, chacun a pris conscience qu'il n'était pas
seul à s'inquiéter de la situation; nous nous sommes
réunis, puis unis, et l'Association est née.
L'élan qui a suivi fut réconfortant: en quelques jours
seulement, le conseil municipal
unanime mit à notre
disposition un terrain où installer un camp permettant
l'hébergement de 25 personnes.
Les bénévoles viennent de tous les horizons politiques ou
philosophiques, c'est important de le signaler.
Rapidement, les habitants des communes voisines nous ont apporté
une aide précieuse.
Notre
objectif est...
- de permettre aux migrants de passage chez nous d'être à
l'abri, de rester propres, et correctement vêtus et nourris. La
question alimentaire n'était pas centrale au départ, mais
elle s'est imposée d'elle-même. Le besoin principal
des migrants était la mise à l'abri et la protection
sanitaire.
Notre
objectif n'est pas...
- De pointer du doigt tel ou tel gouvernement, parti, administration :
nous sommes conscients du caractère délicat de la
situation juridique de ces personnes, en raison
de failles dans l'articulation des systèmes de droit d'asile,
d'accueil, d'entrée ou de circulation entre les
différentes unités concernées, notamment Union
Européenne,
France, Royaume-uni, zone Schengen etc...
- De colorer notre action par des prises de position politique,
philosophique ou confessionnelle.
- D'accélérer ou d'augmenter les flux migratoires vers
l'Europe ou l'Angleterre.
Ce
qui a été accompli :
L'été 2008, entre 20 et 80 migrants vivaient
terrés dans ce qu'on appelle dans la région une "jungle";
une dizaine de jungles sont apparues ces dernières
années : il
s'agit de lieux où se regroupent les migrants, souvent de
bosquets, de zones de
dunes ou de polders à proximité des ports de ferries
desservant l'Angleterre ou aux abords des aires de camions sur les
autoroutes
menant à la côte. Les migrants essaient de se glisser dans
les camions la nuit.
A Steenvoorde, nous avons stabilisé ces effectifs à 25.
Inutile de les
laisser s'agglutiner dans la boue alors qu'ils n'ont aucune chance de
partir s'ils sont trop nombreux.
L'état sanitaire étant souvent épouvantable (cas
de gale ou de maladies dues au manque d'hygiène), nous avons
réglé le problème de l'hygiène et bien
amélioré la situation médicale.
L'hiver a été rude cette année, et les personnes
ont été abritées, sous la tente ou, en cas de
grand froid, dans la salle paroissiale.
Comment nous fonctionnons :
La quarantaine de membres les
plus disponibles se sont
répartis en sept services :
-
Douche : grâce à
la mise à disposition de douches publiques (par exemple salles
de sport) à Steenvoorde et dans les communes
voisines, les migrants peuvent se doucher au moins deux fois par
semaine. Lors des premières rotations, ils nous confiaient
n'avoir pu se laver depuis parfois deux mois!
-
Vestiaire : préparation de
sous-vêtements et de serviettes de toilette avant les douches,
rangement du linge nettoyé par le service laverie, rangement du
"magasin" de vêtements mis à disposition des migrants,
collecte et traitement des dons vestimentaires pour permettre de
vêtir dignement les 25 accueillis qui, rappellons-le, ne sont
que de passage.
-
Laverie
:
collecte et
nettoyage à 60° (pour tuer les éventuels parasites)
de tous les vêtements sales ou non-identifiés ; en effet,
lorsqu'un migrant est passé en Angleterre, il laisse souvent des
effets personnels au camp (puisqu'il ne sait pas s'il reviendra!) ; ces
effets s'accumulent et il faut les traiter.
-
Infirmerie
:
Une visite de
professionnel de la santé a lieu presque chaque jour ; elle
permet de résoudre les problèmes les plus
fréquents : entorses, égratignures, parasites du
corps. Un
réseau bien rôdé de médecins, dentistes,
infirmiers, pharmaciens volontaires permet d'assurer un soin souvent
gratuit et
efficace; de nombreux médicaments sont réglés par
l'organisation
Médecins du Monde

,
qui consacre une partie de ses ressources aux migrants de la
région. (le point sur cette mission migrants)
-
Alimentaire
:
La collecte et
la surveillance sanitaire des dons alimentaires est assurée par
ce service ; c'est une gestion très difficile en raison du
caractère périssable des denrées, et de la
régulation des flux de produit : il faut éviter
à
tout prix que des denrées non contrôlées soient
transmises au camp : nos hôtes ne connaissent pas nos
produits
(ils ne comprennent pas notre dilection pour les endives au
Maroilles... on les comprend!) ni
notre climat et ont parfois été victimes de
désagréments
causés par des marchandises offertes à l'insu du service
alimentaire.
-
Camp
:
contact trois fois par
jour avec les migrants ; ce service peut, s'il identifie un besoin,
contacter les autres services pour obtenir de l'aide ;
Généralement, en cas de surcroît de travail, les
services s'épaulent : si le service laverie n'arrive plus
à absorber le flux, il lance un appel aux autres membres.
Entretien : nettoyage et
désinfection des locaux collectifs afin d'éviter la
transmission de germes.