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 Le cinéma vu

- 'Black out' de Abel Ferrara
- 'Scream' de Wes Craven
- 'Le cinquième élément' de Luc Besson
- 'Usual suspect' de Bryan Singer.
- 'New York 2013' de John Carpenter
- 'Men in black' de Barry Sonnefeld
- 'Othello' de Orson Welles
- 'Les voleurs' d'André Téchiné
- 'Larry Flint' de Milos Forman
- 'The lost world' de Steven Spielberg
- A la vue terrifiante de 'Saving Private Ryan' de Steven Spielberg
- Cronenberg : Les trois premiers
- 'Titanic' de James Cameron : Enfin
- 'Snake eyes' de Brian de Palma
- 'The Kingdom' de Lars Von Trier
- 'The Wall' d'Alan Parker, dernière
- 'The thin red line' de Terence Mallick
- 'Sombre' de Philippe Grandrieux

- 'Buffalo 66' de Vincent Gallo
- 'Les idiots' de Lars Von Trier
- 'Jugé coupable' de Clint Eastwood
- 'Existenz' de David Cronenberg
- 'Farenheit 451' de François Truffaut
- 'Outrages' de Brian de Palma
- 'Sonatine' de Takeshi Kitano
- 'Eyes Wide Shut' de Stanley Kubrick
- 'Rosetta' des frères Dardenne.
- 'J'irais au paradis car l'enfer est ici' de Xavier Durringer
- 'Affliction' de Paul Schrader.
- 'Un plan simple' de Sam Raimi.
- 'Babe 2, un cochon dans la ville' de George Miller
- 'Quand passent les cigognes' de Mikaïl Kalatosov
- Réponse aux réalisateurs
- Les Straub

- 'L'Humanité' de Bruno Dumont
- 'Shining' version longue
- 'Massacre à la tronçonneuse' de Tob Hopper
- 'Léon' de Luc Besson
- 'Les anges déchus' de Wong Kar waï
- 'Entretien avec un vampyre'
- 'Ressources humaines' de Laurent Cantet
- 'Crash' de David Cronenberg
- 'Matrix'
- 'A tombaux ouvert' de Martin Scorcese.
- 'Le 13ème guerrier" et "L'affaire Thomas Crown" de John mac Tiernan
- 'MI2' de John Woo
- 'Beau travail' de Claire Denis
- 'Virgin suicide' de Sophia Coppola
- 'Ghost Dog' de Jim Jarmush
-'Tigres & dragons' de Ang Lee
-'Dancer in the dark' de Lars Von Trier
-'Esther Khan' d'Arnaud Desplechin
-'YiYi' d'Edward Yang

-'Star wars : la menace fantôme' de George Lucas
- L'emploi du temps' de Laurent Cantet
- Apitchatpong Weerasethakul
- Conte d'été d'Eric Rohmer
- Welcome to my Top 10
- Welcome to my Middle 10
- Welcome to my Bottom 10
- Paranoïd Park de Gus Van Sant
- Blissfully Yours d' Apitchatpong Weerasethakul
- Amazon.fr et les réalisateurs


EDWARD YANG est mort le 29 juin 2007, je suis profondément triste. Je n'ai vu qu'un film de ce réalisateur "YiYi". Ce film me parle encore tous les jours. Comme dirait Daney, ce film me regarde.

Blackout: Abel Ferrara.

La belle Béatrice Dalle contre la bio Claudia Schiffer.

Pas de doute, c'est la belle qui gagne. Mat Modine s'en sort très bien de ce carnage énervant, parfois impressionnant et surtout pas plus prêt d'attirer les foules qu'un Godard. D'ailleurs, ça y ressemble un peu plus qu'un peu. Vu en français, dommage.

Scream: Wes Craven.

Ah, enfin un film que j'aime vraiment.

Tout d'abord, j'ai eu peur. J'étais venu pour ça quand même. Ensuite, les acteurs (tout droit sortie d'un sitcom) sont dirigés à merveille. De plus, Wes Craven met les pieds dans le plat sur le grand sujet du cinéma d'horreur: est ce que les films violents engendrent les meurtres ou l'inverse? Allez voir et vous aurez la réponse de la part du tueur lui même. Enfin, dans la flopée de films d'horreurs cités directement de la bouche des acteurs, Wes Craven tape sur tout le monde sauf John Carpenter (La chose, New York 1997, Halloween) et Alfred Hitchcock. Un grand film et pas seulement d'horreur.

Le cinquième élément: Luc Besson.

Le navet de l'été.

Aussi futuriste qu'une collection KooKai. Aussi visionnaire que Georges Marchais. Aussi con aussi d'ailleurs. Aussi drôle que Michel Lebb. Tout ça réunit, ça nous fait un gros gâteau empoisonné à celui qui espère toujours voir un bon film en couleur de Luc Besson. C'est moi qui espère.

Usual suspect: On s'en fout.

Vu en cassette. C'est drôle mais je n'aime pas le petit jeu qui consiste à me prendre pour un con. La complaisance du "ah, je me suis bien fait avoir", très peu pour moi. Voilà encore un cinéaste "petit malin" qui ne sait pas filmer une émotion et qui ne trouve ses idées que dans le scénario qu'on lui fournit. L'inverse d'un Wes Craven cité plus haut. Un petit film.

New York 2013: John Carpenter.

Intellectuellement intéressant:

L'amérique devenu totalitaire, les différents lieux où passe Snake Plisken sont autant de caricature de l'Amérique d'aujourd'hui (chirurgie esthétique, surf, etc..). Mais filmé assez mou. Il a trop confiance dans le mythe de son personnage crée il y a 15 ans. D'ailleurs, Kurt Russel est assez énervant. Mais de beau moment quand même. La mort subite de sa compagne d'un moment renoue avec une envie de réel qui redevient, un bref instant, émotion.

Men in black: Barry Sonnenfeld.

Que dire!

Pas grand chose si ce n'est que les extra terrestres ne sont pas ceux que l'on croit. Les vrais, ce sont les M.I.B.. Meilleur atout du film: Tommy Lee Jones. Génial acteur dont la présence et le naturel donne au film une part de crédibilité que vient illico détruire le très mauvais Will Smith. De beaux moments dans ce film où seuls les extra terrestres humains apportent les petites touches "en plus" du carnage Hollywoodien bien connu. Même une bonne idée, ce qui est de plus en plus rare à Hollywood, ne débouche que sur un petit film détendant. On aurait aimé un humour plus vindicatif à la "Blues Brothers", film auquel M.I.B. emprunte beaucoup, beaucoup trop.

Othello: Orson Welles.

Oui, un 'vieux' film en noir et blanc revu à la télé.

Première partie: Magnifique. Filmage très rapide. La plupart du temps, les personnages sont déjà passés quand la caméra les filment. On a l'impression que le réalisateur tente de suivre un acteur mais qu'il arrive toujours en retard, alors il le refilme plus loin, et encore plus loin. Cette manière, évidemment voulue, de filmer donne au film sa richesse et sa vivacité et un aspect très vrai. Le tourment de Othello, guerrier noir que l'on trompe, est par ce billet là extrêmement bien rendu. N'en déplaise à Shakespeare, je pense que cette première partie du film pouvait être muette tant la réalisation dans son ensemble (caméra, décor, photographie, costume, acteur) se suffit à elle même.

Deuxième partie: Magnifique. Orson Welles se calme et resserre le film autour de quatre, cinq personnages. Les dialogues deviennent plus présents, l'action physique devient mentale. Les plans s'enchaînent avec une maîtrise rare et précipite nos héros vers la mort inéluctable.

Ce film a été tourné en deux ans avec plusieurs types de pellicule et dans des endroits différents.

Les voleurs: André Téchiné

Je l'attendais au tournant, celui là.
Le film est très beau, comme d'habitude. Les plans sont très travaillés et ne gâche jamais le film. C'est d'ailleurs sur ce point que le cinéma de Téchiné me gênait. Filmage magnifique sur sentiment à la dérive. A la vue des "Voleurs", je pense que son cinéma a besoin d'une histoire autre que ce qu'il veut lui même raconter. Ici, l'intrigue policière ou plutôt 'voleuriére' est le prétexte à filmer différents personnages venant de différents horizons, et de les mélanger mais pas comme un chimiste ou un Resnais. Téchiné ne regarde pas ses personnages évoluer, il les dirige avec liberté et on peut le dire avec amour. La différence est grande et fait la totale réussite de ce film.

Larry Flint: Milos Forman

J'avais peur, mais peur.
Film classique de Milos Forman qui comme d'habitude nous conte l'histoire d'un personnage par ses 'petits' côtés. On se souvient de 'Amadeus', enfin ceux qui l'on vu, et surtout du rire de ce cabotin de Mozart. En fait, le personnage est le même. Emmerdeur public, craint par les 'autorités' mais aimé du public par ce qu'ils leur donne. Ici, un journal porno comme pour Mozart de la musique. Les deux vont au bout de leur idées. On pourra reprocher à Forman 'd'oublier' certain écrit de 'Husler' (raciste surtout) et de ne parler que de cul. La signification du film aurait été encore plus forte. En deux mots, Liberté d'expression.
Milos Forman réussit son film en grande partie grâce à la présence d'une actrice-chanteuse bien connu, Courtney Love, qui devient par sa présence et par son rôle un personnage bien plus trouble que Flint lui même.

The lost world: Steven 'pompe à fric' Spielberg

je l'ai vu et je n'ai pas envie d'en parler

Starship Troopers: Paul Verhoeven

Juste pour le Fun
Il s'est bien marré. Vision d'un futur fasciste où tout le monde est grand et fort et souvent beau, où il n'existe qu'un pays sur la terre, où tous les hommes qui on la même chance d être des "citoyens" sont traités avec égalité. où la violence (très violente) est omniprésente, même dans les combats entre "terriens", où l'on part à la guerre comme on va à un pique-nique, où l'on a juste le temps de baiser mais pas longtemps. Les plus forts sont les plus forts.
Sinon, copie presque conforme de "Full Metal Jacket", l'intelligence en moins et le cynisme en plus.
Effet spéciaux époustouflants, aussi bien les maquettes que la 3D ou que les effets gore. Il faut voir les Arachnides dévalant par milliers sur un 'Fort Alamo' à l'abandon. J'irais presque jusqu'à dire qu'on y croit. Mais, on se sent toujours un peu mis à l'écart. Verhoeven, à cause de son cynisme envers les personnages (du genre, je ne suis pas dupe, il sont trop beau pour être vrai), n'arrive pas à accrocher totalement le spectateur. On se demande souvent où il veut en venir, car il fait mine de vouloir "dire" quelque chose.
Il est obligatoire de parler de Quake 2 à la vue de ce film qui ressemble plus à un jeu video qu'à un film. Ici, le "marine" tire, tire ,tire sans arrêt, et l'on se voit jouant à Quake entouré de monstre. Vivement la "Total conversion" du film pour Quake.
Ajout

Après plusieurs jours où la réflexion sur ce film fût de mise, je dois dire que Starship Troopers est un excellent film, plus intelligent et destructeur envers l'Amérique que l'on aurait pu croire.

Midnight in the garden of God and Evil: Clint Eastwood.

Un Eastwood serein.
J'ai mis le titre en anglais car je le trouve plus beau et j'ai vu le film en v.o., dans la plus petite salle de Lille et des alentours, au Métropole. Bonne projection quand même.
Si j'ai bien compté, il n'y a que deux morts. Plutôt un tué et un cardiaqué, alors que dans 'Sur la route de Madison", il y avait une morte, mais pas tuée. Clint Eastwood vieillit, et ça se voit mais pas à ses dépends. Il le sait, on l'avait remarqué dans le superbe western de vieillard "Impitoyable". Mais, là le vieux Clint tirait ces dernières cartouches. Depuis, un certain calme règne dans sa filmographie, mais un calme vrai, un calme réfléchi mais aussi deviné, naturel. Un peu comme John Ford qui dans ces derniers films laisse traîner sa caméra sur les paysages un peu plus longtemps qu'avant. Les plans de nature de "Madison" font penser à ça aussi. Ici, c'est autant sur la ville que sur les protagonistes de son film que Clint Eastwood s'arrête. Magnifique scène que celle de la visite de la maison par son propriétaire. Cette scène, assez longue, nous en dit beaucoup sur le personnage principal. Celui ci est d'ailleurs joué à la perfection par Kevin Spacey. La scène du meurtre décrite comme la vraie nous montre cette homme presque souriant en tirant sur son 'homme de main'. Troublant, comme la vie.
Impossible de passer sur le personnage réelle de Lady Chablis, travesti troublante elle aussi de masculo-feminité qui a la bonne manie de déranger la bonne bourgeoisie de cette étrange ville de Savanah qui semble hors du temps.
Hors du temps, comme le film qui par son imperfection même nous prouve sa grande capacité à être humain. Un film, humain, pas mal ça.

U.Turn: Oliver Stone

Enfin de l'humour
Eh oui, loin des longues thèses sur les dessous de l'Amérique (politique, sociale et guerrier), Oliver Stone nous raconte une histoire à tiroir dont on ne sort pas, tout comme Sean Penn. En entrant dans ce petit village du fin fond des Etats-Unis, Sean Penn va à sa mort. Mais au début, elle a un visage magnifique. En fait, je sais pas quoi dire, ça m'a plu à des moments et à d'autres ça m'a gonflé.

The big Lebowski: Les frères Coën

A con, con et demi.
Un peu déçu aussi. Je m'attendais à me marrer pendant tout le film. Et quelque gags sont vraiment trop lourd, trop américains pour moi. Pour ceux qui l'ont vu, le coup de la bagnole c'est trop.
Donc, "The big Lebowski" est un film de plus sur la bêtise, la connerie humaine. Seul le personnage principal "The Dude" s'en sort bien par son détachement à toute valeur (Il ne baise même pas, enfin si une fois mais il ne l'a même pas cherché). Son copain Walter, trop embourbé dans son Vietnam n'est capable d'aucune réflexion. Le gouvernant de Mr Lebowski a des attitudes qui lui ont été dictées par son maître. Les nihilistes sont les plus cons. C'est "Fargo" mais en plus caustique et méchant. Dommage que cette fois ci, il n'arrivent pas à concilier tout le monde qu'ils réunissent pour former une histoire cohérente (enfin, cohérente comme "Le grand sommeil"). Remake d'un film moyen de par son inexistence de scénario, ça peut pas donner grand chose, et pourtant, on rit pas mal, on est ébahi une fois de plus par la qualité du jeu des acteurs, et par le filmage très précis comme à chaque fois.
Au milieu du film, The Dude se fait faire un enfant dans le dos. A la fin du film, l'homme à la voix off apparaît pour nous dire que c'est fini, que c'est un peu triste, mais que savoir qu'un petit "Dude" est entrain de pousser doit nous donner du courage et nous faire plaisir. Et bien c'est vrai, on attendra la prochain 'Coëns' et on ira le voir. C'est toujours un plaisir.

Aprile: Nanni Moretti.

Ca n'était pas possible.

Aprile Mais c'est arrivé, Nanni a fait un film moyen. Un peu prétentieux, un peu ennuyeux, un peu tout mais pas grand chose. Mélangeant la politique, sa paternité, son travail de cinéaste, il fait un film 100% sur lui même mais qui nous ne nous intéresse peu. Mais, Moretti nous prévient à plusieurs moment de sa lassitude de cinéaste. Il n'a pas le courage de filmer sa comédie musicale, il veut faire un grand documentaire sur l'Italie mais n'en ressent pas la profonde conviction. Tout cela se sent très fort, Moretti n'a pas envie de filmer quoi que ce soit. A part son petit garçon que l'on voit dans le ventre de sa maman puis bébé. Moretti joue le papa gâteau en espérant nous faire rire. Mais il n'est pas très drôle. C'est sa vie, pas la nôtre. S'en est presque dérangeant. 'Journal intime' était sur ce point moins égocentrique, le dialogue était encore possible, avec le spectateur tout du moins. C'est d'ailleurs dans la communication que Moretti se révèle le meilleur. Quand il parle à la télévision qui diffuse des images de politique, quand il parle avec sa mère, sa femme.

Même si le film est parfois drôle, même s'il touche juste de temps en temps, il est très loin de 'Journal intime' et de 'Palombella Rossa', véritable chef d'œuvre d'un cinéaste solitaire qui doit se forcer à raconter une histoire pour ne pas tomber dans l'introspection et l'égocentrisme de 'Aprile'.

Vu cet été

Quelques films en cassette

Allez tout de suite louer " Copland" de je ne sais plus qui. C'est un premier film avec plein de star. Stallone, De Niro, Harvey Keitel, Ray Liotta, et même Robert Patrick qui joue très bien. Le film ne se la joue pas une minute, nous montre des vrai personnage au lieu de stéréotype. Que du bon. Les fans d'Armaggedon et de toute cette merde cinématographique devrait prendre un bain de cinéma en regardant ce film, ça leur déboucherait les yeux et le cerveau. N'allez pas louer "Volte Face", c'est un film presque raté. La lourdeur du propos (qui réserve quand même des belles scènes) et suralourdit par la mise en scène plein de ralenti et d'effet en tout genre. Il est vrai que cela fait parti du cinéma de John Woo, mais je trouve son cinéma sans aisance, du moins dans sa période américaine. Trop de budget, trop violent et pas assez chorégraphique, déjà vu. Les producteurs américains, il me semble, lui font refaire ce qu'ils ont aimé de lui, sans liberté de création. Dommage. Vous pouvez vous amusez en louant "Il était une fois en Chine 1 et 2". Film de karaté avec Jet Li. Apparemment le Bruce Lee des années 90. Dans ces films, il est moins violent et plus chorégraphique. L'histoire raconte la dépendance de la Chine envers l'Angleterre. Dans le premier, Jet Li combat les Anglais qui tuent les rebelles. Dans le second, il combat les chinois qui tuent les chinois qui s'occidentalisent. En karaté, c'est une bête.

Revu et non corrigé.

Le 5ème élément m'a un peu moins énervé cette fois ci, mais ça reste complètement raté tant au niveau de l'humour (à l'américaine, les fins de scène doivent se finir avec une blague comme dans James Bond) que du filmage très mou. Luc Besson est un nom français apparemment. Pourquoi essaye t il de filmer comme les américains? Et pourquoi prend il comme modèle les plus mauvais cinéma américain? Va savoir, il est peut être bête après tout.
Mon copain Starship Troopers est en fait l'antidote total à ces films pyrotechniques américains cités au dessus. Ici, l'histoire, les effets spéciaux (aussi incroyable soient ils et aussi nombreux soient ils), les acteurs, les mouvements de caméras, vont dans le même sens. Ce film est un tout jusque dans ces excès les plus hard. Un pavé dans la mare des 'Godzilla', 'Jurassic Parc' et autres conneries inter planétaire. Toujours le combat des cow-boys et des indiens. Un film qui nous dit que l'Amérique s'est crée sur un génocide.

Titanic : Enfin

Voilà, j'ai vu 'Titanic' : en cassette. Je sais je sais, certains vont me dire qu'au cinéma c'est surement mieux et je veux bien les croire pour une fois. Mais je vous rétorquerais quand même que je n'ai vu '2001, l'Odyssée de l'espace' qu'à la télévision et qu'il se place tout en haut de ma liste. Je parle de 2001 car on peut entendre 'Le beau Danube Bleu' au début de la soirée fatale du 'Titanic'. Je ne sais pas si cette coincidence entre le film le moins visionnaire (car tout le monde sait) et le film le plus visionnaire (car personne ne savait) est voulu - autre concidence inversée, 'Titanic' est un film qui nous fait passer ses 3h et quelque en 2h00 et '2001' lui nous donne à penser que ses 2h00 en font bien trois-.
Je commencerais par dire que j'ai trouvé Cameron bien peu en forme cette fois ci. Pas un plan magique, époustouflant et même beau (comme il a su en crée pour 'Terminator2' par exemple. J'entend par beau, un plan de Cinéma qui nous donnerait une émotion et pas un soleil couchant. Les acteurs n'ont pas de présence particulière - est ce voulu pour que tout le monde s'y retrouve? -. Les effets spéciaux (sous Linux) sont bien sans plus avant le crash et bien ++ pendant, avec l'objection qu'ils ne sont pas très bien filmés eux non plus, enfin, pas mal filmés non plus mais sans virtuosité. Pour l'histoire, beaucoup de gnangnanterie pour rien. Toutes les ficelles du mélo sont tirées une à une au bon moment pour donner de la joie aux coœrs sensibles qui croient encore que 'ça' peut arriver -pour caricaturer, je dirais les idiots de l'amour -. D'ailleurs je me demande si la vielle Rose n'est pas une idiote de l'amour aussi. Je ne crois pas à son histoire, elle est trop caricaturale, cette histoire n'est que celle d'une vieille dame qui a enjolivé son passé. Ca pourrait être pas mal si Cameron ne la filmait pas bêtement au premier degré (je devrais dire au 0ème degré). On me dit que ça n'est pas du cinéma mais que ce film est fait pour ceux qui croient encore à l'amour parfait et donc que ce n'est pas pour moi. N'ayant pas remarqué que ce n'était pas du cinéma, je me retire en douce....

'Small Soldiers' de Joe Dante.

Pouquoi un film de Joe Dante est il toujours décevant, en fin de compte. On a l'impression que ses toujours bonnes idées - ici, des jouets qui prennent vie - ne tiennent pas la longueur du film. Il y a un moment où l'on s'ennuit, où la bonne idée ne suffit plus à nous amuser. L'abondance de références cinématographiques n'aide pas non plus à nous tenir éveillés. Elles sont souvent lourdement amenées, pleines de sens et donc leurs humours ne portent plus (La Valkirie, Frankeinstein...).
L'histoire, toujours la même, d'adolescents incompris par les parents, qui se retrouveront après une dure lutte quand le père aura compris que son fils n'est plus un gamin. Tout cela très 'à l'américaine'
Reste comme toujours les effets spéciaux, admirables, les jouets gardant leur bruit mécanique est extrémement bien réalisé.
Je suggérerais à Joe Dante qu'avoir une 'âme d'enfant' ne suffit pas à faire de bons films, même si 'Small Soldiers' est loin d'être mauvais. Quelques pics lancés à la face de l'Amérique sonnent juste et un soupçon de pessimisme pointe deçi-delà. A la fin, quand la maison est détruite et les jouets exterminés, le patron de la firme de jouet atterit en hélico et distribue de gros chèques à chaque personne ayant eu affaire à ses jouets. Arrivé devant les parents du héros (le père est présenté comme un homme intègre), on s'attend à un refus du chèque et à une morale sauvée. Et bien non, le père est tout content : même les gens intègres sont bouffés par l'argent, même les plus fous sont intéressés. Capitulation totale!

'Snake eyes' de Brian de Palma.


Virevoltant, esbrouffe, exercice de style, formaliste : tout cela convient bien à ce film. Film de Maître et non de petit maître comme Tarantino ou celui d'Usual Suspect. Pourquoi? parce qu'il sait filmer son sujet lui, parce qu'il ne s'arrête pas à un scénario brillant, parce qu'il sait faire un travelling avec un sens (une morale diraient certains). Et parce qu'il croit définitivement au cinéma : le seule plan auquel on peut croire n'est pas une vue de l'esprit d'un des protagonistes mais une caméra posée là où elle n'avait pas à être.
Grand film sur le mensonge aussi, tout est faux dans les paroles prononcées, de la journaliste et son orage qui est en fait un ouragan jusqu'aux meilleurs copains qui se trompent. Tout cela relayé par une caméra qui ne nous montre pas toujours la réalité, sauf par l'intermédiaire des caméras de surveillance. De Palma nous trompe souvent mais en nous ayant donné toutes les ficelles dans un premier plan de 10 minutes (en fait divisé en 4 si j'ai bien vu) hallucinant. Dix minutes pour nous présenter tous les personnages qui vont contribuer à l'intrigue. Par contre, et comme pour 'Mission Impossible', De Palma néglige la fin, on sent bien que cela ne l'intéresse pas. Pour lui, le film s'arrête une fois que le spectateur sait tout. Le jeu ne durera pas jusqu'au bout, jusqu'à la dernière seconde comme beaucoup de film actuel. Ici pas de pirouette finale, pas de 'ah je vous ai bien eu'. De Palma respecte son spectateur à l'instar d'Hitchcock. Moins subtil que 'Mission Impossible' mais plus suivable, 'Snake Eyes' est bien plus qu'un exercice vain de style comme le cinéma américain et de plus en plus français nous en fourgue à longueur de mercredi.

'The Kingdom' - 1ère partie. de Lars von Trier.


Vivement la seconde partie. Lars von Trier a réuni pour nous certaines figures de l'angoisse, mais heureusement, il ne nous laisse pas seul. Une petite fille morte en 1919 qui ressurgit en fantôme, un médecin qui se greffe lui même le foie d'un malade pour pouvoir l'étudier, une vielle dame qui fait du spiritisme et qui parle avec ceux qui sont entrain de mourir, un étudiant qui coupe la tête d'un cadavre pour faire une blague, des erreurs opératoires dont les chirurgiens se foutent complétement, sauf quand on porte plainte contre eux, une confrérie de chirurgien qui opère un des leur à 12, des couloirs, des archives, des piqûres, des fils, une ambulance qui arrive tous les jours sans déposer personne, un chirurgien tellement imbu de sa personne qu'il ne voit personne autour de lui, et évidemment plein de petite chose qui font de cette série télé une oœvre 'autre' que l'on comparera, pour se faire plaisir, plus à 'Twin Peaks' qu'à 'Urgences'. Evidemment, Tarkowski est présent, avec une dose d'humour en plus, un brin cynique et un brun politique apparemment. Je ne manquerais pas de suivre cette notule au fur et à mesure de la vision des cassettes. J'en suis à la triosième, plus qu'une.
       Je dois dire aussi que Lars von Trier ne nous cache rien, une mort en direct, mais pas comme 'au cinéma', ici, on la sent partir, de la boucherie chirurgicale, des visions angoissantes, des lieux crades, des rêves cannibalesques. La totale. En fait, pour un panel de sensation très large, offrez vous 'The Kingdom', vous en avez pour votre argent comme on dit.
       Quatrième épisode : le dernier de la première partie et ça se voit, Lars von Trier essaie de compléter toutes les énigmes qu'il a mis en place. Il le fait avec humour en faisant se balader un ministre dans les couloirs de l'hôpital. Evidemment, le ministre tombe sur tous les trucs louches les uns à la suite des autres. Pas vraiment désopilant car un peu téléphoné mais il assume vraiment ses choix. Cet épisode nous emmène vers Haiti où un chirurgien Suédois infâme part chercher une sorte de poison et effectue un rite vaudou sur un autre chirurgien qu'il déteste, ça nous annonce une belle suite. Ce sera quand j'aurais les cassettes. D'ailleurs, si quelqu'un veut me les offrir, ce serait sympa. Ca s'appelle 'The Kingdom 2'.

'The Wall' - dernière fois. de Alan Parker.


Qu'est ce que j'ai été bête, mais alors, bête. J'ose à peine vous le dire ici car je sens bien que vous allez vous foutre de ma gueule. Et ce sera justifié. Bon, voilà. Ceux qui ont lu ma page 'best of', savent ce qu'à été ma passion -mot assez juste dans ce cas- pour le disque 'The Wall' des Pink Floyd. A la sortie du film, je me suis laissé prendre au jeu clipesque et lourd de ce tâcheron de Parker. 30 fois, je l'ai vu 30 fois sans remarquer à quel point ce film lamentable était lamentable. Je me permet de le critiquer car je l'ai revu hier soir. Je n'ai même pas tenu jusqu'au bout. La honte sur moi. Comment se laisser avoir à ce point par des images qui répétent au mot près ce qui est dit dans les paroles. Ses dessins animés d'adolescent que je pensais ne plus être à l'époque me fascinait. Ces images comme un clip me paraissaient de toute beauté.
Pourquoi on ne m'avait pas montré un Casavettes ou un Godard, pourquoi je n'avais pas vu qu'un film de John Ford était autre chose qu'un 'western' mais qu'on pouvait le regarder que comme un 'western'? Pourquoi personne ne nous dit rien de la beauté du cinéma quand on est jeune? Pourquoi il faut attendre 20 ans et un vrai professeur pour avoir la possibilité de regarder autre chose que ce qui passe à la télé et ce qu'on voit sur les 4par3 des villes? Quel temps perdu. Et il faut avoir 34 ans et internet pour pouvoir faire autre chose que garder pour soi ce dont on ne peut parler à personne car personne l'a vu. Vu quoi d'ailleurs? Ben, le dernier Lynch, le dernier Desplechin, le dernier Podalydès même, le premier Grandieux. On ne peut que parler de 'Titanic', alors qu'il n'y a rien à dire.

'Sombre' de Phillipe Grandrieux.

Alors celui là, je suis sure que personne ne l'a vu.

Et pourtant, c'est bien dommage. Une autre vision de ce que peut être le cinéma. Le cinéma comme un geste, comme une vision. Flou, bougé, violent, sombre, angoissant et même terrifiant, Grandrieux nous prouve que le cinéma (à la manière des premiers Von Trier, ou de Tarkowski, de Bresson) porte en lui son propre language pour donner à ressentir.
Jamais, je dis bien jamais, et les mots sont pesés, il n'a fallu une minute trente à un film pour me foutre la trouille. La peur du loup comme le voulait Grandrieux, je l'ai ressenti jusqu'à regarder autour de moi ce qu'il se passait.

'Buffalo 66' de Vincent Gallo.

Bien, honnête comme on dit un homme honnête, graphique, une idée de mise en scène par scène. Des moments ratés par trop de style qui confine à la caricature (le repas avec les parents). Dommage mais bien quand même. Au moins, pas de sexe, pas de violence excessif.


'Les Idiots' de Lars Von Trier.

Un authentique phénomène de chef d'œuvre

Y'a pas à tergiverser, Les Idiots nous bouleverse de toute part. Film libre dans tous les sens du terme, il nous emmène au plus loin dans notre vision de l'autre, de la société et du monde. Jamais il ne met le spectateur dans sa poche, jamais il ne va à la facilité et à tout moment le film avance vers de nouveaux horizons qui se révèlent douloureux.

Retour sur le film avec quelques mois de recul et surtout avec une revision encore plus terrible que la première. Lars a véritablement crée une nouvelle forme de cinéma fait de chaos, d'improvisation, de trouble, de cynisme. Un cinéma aussi qui montre tout, qui tente d'échapper à toutes règles mais qui n'a l'air fait que pour ce film là, une bande qui joue à être eux mêmes : des idiots. Ce film contrairement aux apparences et d'une maîtrise totale, fruit d'une réflexion lointaine qui crée une cohérence entre forme et fond rarement réussi au cinéma. Et c'est du cinéma, on rie, on pleure, on a mal, on y croit.
Lars Von Trier s'est fortement libéré avec sa série Tv 'L'hôpital', ici il parvient au chef d'œuvre qui fera date dans l'histoire du cinéma. Le Dogme est vivant, vive le Dogme.

'Rien du tout' et 'Encore' de Pascal Bonitzer.

Voilà ce que l'intellectualisme au cinéma peut donner de pas terrible. 2 films moyens, parfois drôle, parfois long, parfois raté, parfois réussi, parfois et souvent mal filmé avec des acteurs ou des personnages caricaturaux (Picolli dans RdT). On en sort d'autant plus déçu qu'on aurait aimé les aimer.

Jugé coupable de Clint Eastwood

Quand même décevant bien qu'on y passe un bon moment. Bon n'est peut pas le mot. On y pleure, on est révolté, angoissé, enfin, ceux qui y croient. Parce que c'est pas évident d'y croire. D'un côté, un homme qui va mourir, de l'autre, un pitre qui ne fait que le mal mais qui va finir par découvrir la vérité et sauver l'autre. La différence de ton des scènes m'a posé un petit problême pendant le film, je ne sais pas bien l'explquer mais je vais essayer. Il me paraît difficile de faire un plaidoyer contre la peine de mort tout en rigolant de soit même. En fait, à la réflexion, si on peut. En fait, c'est même une bonne manière de faire, comme ça, en passant, un petit coup de prison, et puis redéconnade, puis resanglot à la prison, et puis redéconnade. A la fin, la déconnade se transforme en sérieux et c'est plutôt là où c'est trop.
La qualité d'Eastwood tient en une certaine démocratie de tous les personnages présents. Chacun a son heure de gloire dans le film, même s'ils ne sont pas tous sympatiques. Le défaut est que le scénario et le suspense sont traités par dessus la jambe avec des invraisemblances non acceptable. Non, Clint, tu n'es pas au dessus des lois du cinéma.
Après quelques jours passés avec le film en tête, je le positive de plus en plus et n'y retiens que ses qualités : faire apparaître comme ça, en douce, le maximum de réel au milieu de sa fiction.

ExistenZ de David Cronenberg

Cronenberg, qui on le sait a du culot - Voir récemment à Cannes, à qui il a donné un palmarès avec une vraie idée de cinéma - ose nous montrer un mauvais film avec des personnages moyens et peu approfondis, une histoire qui se délie et à laquelle on ne croit pas, un imaginaire très série B avec un filmage au milipoil. Tout cela pour nous dire à la fin, cela est l'invention de mes personnages, et comme il n'ont qu'une piètre imagination, le film sera de même. Faut quand même oser, saboter son propre film au profit de la résolution de l'intrigue. Mais, il a le courage de faire cette expérience et de nous la faire partager.
A ce petit jeu pervers, Cronenberg ne nous lache pas dans la nature sans référence, il nous donne des signes de lui-même, en citant presque tous ses films. On se retrouve donc en terrain connu. Tiens, une idée me vient, Cronenberg inventerait des personnages qui aurait vu tous ses films et il filmerait leur imaginaire qui ne serait peuplé que de film de Cronenberg. Ca pouurait ressembler à une grosse tête mais je prendrais ça plutôt à l'humour.
Deuxième vision en DVD et en français. "Existenz" est beaucoup moins prise de tête que l'on peut penser. Le personnage de Jude Law joue le candide dans un film qui se crée au fur et à mesure devant nous : les comédiens de ce film qui est en fait un jeu video cherche constemment leur réplique, étant laissé sans repère par le réalisateur-créateur du jeu. C'est assez comique et surtout très subtil

Outrages de Brian de Palma

Film pas très bon et même parfois très énervant. Brian de Palma est bien meilleur quand il ne raconte pas d'histoire 'vécue'. Quand il invente un scénario au fur et à mesure que son film avance, quand il prend le spectateur pour le lâcher dans une histoire délirante dont on ne voit pas le bout. Là, il nous inflige une guerre dont il se fout royalement, de même que son histoire dont le clou est le suspense de savoir qui va violer et tuer la vietnamienne. C'est très très léger à mon goût. Pourtant, le film commençait très bien dans un métro où la caméra avance tout doucement et où Michael J. Fox, perdu dans ses rêves angoisses perd son regard entre une manchette de journal et une jeune fille. Plan parfait, émotion forte, du grand De Palma. Puis, arrive la guerre, et tout de suite, ça ne va pas. La lumière fausse, les acteurs qui rampent, les galeries souterrainnes qui créent artificiellement le suspense. Là, on en est sure, la guerre, ce n'est sûrement pas ça, pas un cliché.

Farenheit 451 : François Truffaut.

C'est bien la première fois que je critique un film de Truffaut dans cette page. C'est bien dommage. Notre ex meilleur cinéaste français, celui qui faisait si bien le lien entre les différents types de cinéma en France, n'a toujours pas été remplacé. Une telle largeur d'esprit, un tel passage entre films sérieux et d'autres plus léger, une telle harmonie entre ses films personnels et ceux donnés charitablement au public, aucun cinéaste actuel ne le réussit aussi bien que François Truffaut. J'écris donc ses lignes car je suis entrain de regarder Farenheit 451, film mal aimé de la critique et du cinéaste lui même. Dommage que tout le monde se soit trompé à ce point. Voilà un film de science fiction qui a aucun moment à part le générique ne se prend pour tel. Les événements sont filmés comme si ils avaient toujours existé et non comme si ils faisaient partie d'un film de science fiction. Il en est de même pour les décors, simples mais magnifiques dans leur manière de nous introduire dans le futur sans nous montrer des endroits impossibles. On sent ici le changement de régime uniquement avec la subtilité des décors. On est loin, et c'est tant mieux de 'Brazil' dont l'entièreté du film est basé sur des décors ahurissants et filmés comme tel, trop en fait. Ici, tout se joue dans un regard, dans le jeu parfait de tous les acteurs, dans les cadrages aux millimètres très hitchcockiens. Et comme toujours chez Truffaut, dans une intensité dramatique très poignante, ce qui fait défaut dans de nombreux film de ce type. Il faut écouter-voir Montag lire un livre à 4 femmes et regarder sur leur visage leur réaction pour se rendre compte à quel point Truffaut a réalisé un film très complet sans beaucoup de précédent. La futur émotion nous aménera dans une nouvelle vision de la science fiction. Ce n'est plus les humains qui nous ferons pleurer mais l'ordinateur Hal de 2001. Depuis, c'est la débacle d'effets spéciaux (Lucas-Spielberg) ou l'auto dérision style 'Starship Troopers'.

Sonatine de Takeshi Kitano

Une déception assez forte.

Filmé de manière sobre mais sans excès, le film de Kitano est ennuyeux. C'est la première impression qu'il me laisse. Même si l'ennui ne me gène pas au cinema, ici, c'est pas pareil. Kitano filme des Yakuzas (on va finir par croire qu'il n'y a que cela au Japon), certain experimentés comme son personnage, certains en culotte courte. Les personnages s'ennuient pendant une partie du film. Il les filment donc entrain d'inventer des jeux, de lancer le freesbee, de jouer à la roulette russe. Serait on sensé y voir la partie humaine du tueur sans cœur, surement pour le personnage joué par Kitano lui-même. Mais quelquechose cloche, un peu comme dans les films de Bonitzer ou de Assayas, ou de plein d'autres en ce moment. Les réalisateurs se regardent filmer et ils sont sure de leurs effets. Ici, de manière minimale, à la Bresson, Kitano filme une scène cocasse d'imitation de sumo dans le but de nous faire rire, fait passer une voiture à côté de la fille qui attend son amour, immobile sur le bord d'une route dans le but de nous émouvoir, nous montre une tuerie sans qu'un personnage bouge pour éviter les balles dans le but de ne montrer aucun sentiment, fait porter au tueur une canne à pèche et une glacière dans le but de dédramatiser. Tout à un but précis, rien n'est laisser au hasard de nos émotions. Les plans nous paraissent déjà vu et l'on devine très vite la circulation des personnages dans le plan. On pourrait y voir un trait propre au cinéaste et louer un certain auteurisme. Pour ma part, j'y vois un cinéaste non encore libéré de ses maîtres. J'attendrais donc de voir d'autres de ses films.

Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick

Lire avant tout le livre de Jordi Vidal "Traité du combat moderne" sur les films de Stanley Kubrick.
Bon, faut se lancer. Pas évident après l'attente suscité par ce film. Personnellement.
Kubrick, depuis presque toujours bouleverse les genres. On a l'impression qu'il s'essaye à des thèmes différents pour voir si ses thèmes résistent à son cinéma et non pas si son cinéma resiste à ses thèmes. Pour 'EWS', le cinéma de couple et surtout le cinéma de la réconciliation, fort à l'honneur aux USA, entre dans les aspirations du Maître. Il y introduit ses démons permanents, ses rictus, ses masques, ses travellings qui poussent ou tirent le personnage, ses acteurs qui surjouent, son a priori distantiation. Tout l'arsenal est là, reste à savoir si comme le dit Truffaut citant Bazin, la mayonnaise prend.
A la première vision du film, on ne comprend pas bien pourquoi il lâche son sujet pour nous faire rentrer dans un suspense qui ne tient pas la route. On y croit pas beaucoup et on se demande ce que cela vient faire. Il est possible de croire que le personnage principal se joue un film, plus réel que celui qu'il se fait en noir et blanc avec sa femme et un officier de marine. Qu'il s'invente un danger pour exister, pour être quelqu'un au regard de quelqu'un d'autre, comme sa femme l'a peut être été pour cette officier qu'elle a croisé. Et comme tout film que l'on se fait, celui ci est grotesque et surjoué. On y croit pas car il n'y a pas à y croire. Tout comme la séropositivité de la pute. Comme il n'a rien fait avec elle, il peut s'inventer un autre danger mais tout aussi factice. Sans réfléchir, on peut penser que Bill rêve ou fantasme le premier soir. Il est possible de penser que c'est le deuxième soir qu'il fantasme ou plutôt à partir du moment où il est découvert pendant l'orgie et surtout à partir du moment où il a vu assez de chose, lui le puceau du regard. D'ailleurs, sa cape se transforme en bleu à ce moment là alors qu'elle était noir avant. Ce que Kubrick filme comme fantasme serait le réel et vice versa. Mais comme il ne veut pas que le spectateur soit fier de ses trouvailles, il nous laisse la possibilité de penser le contraire. Nous voilà donc revenu au point de départ, passons à autre chose.
La plupart des critiques commence leur critique par : "Bill Hardford ne regarde plus sa femme quand elle lui demande si elle est belle, alors, elle va le lui faire payer". Mais qui regarderait sa femme en train de pisser pour lui dire qu'elle est bien coiffé ou que son maquillage est parfait : surement pas Bill. Alice est donc bien plus perverse qu'on l'imagine. Elle prépare son coup à l'avance. Vision de la femme pas bien sympathique. De l'homme non plus d'ailleurs. Bill, après avoir fantasmé, rêvé, cru ce qui lui arrive, essaye comme un gamin de se réconcilier avec sa femme. Dans le magasin, il exprime son envie d'être éveillé 'pour toujours'. Nullité de l'homme qui ne parle que dans des termes qu'il croit que sa femme attend. Bill n'a pas évolué, il n'est toujours que l'ombre de lui même, le chien chien à sa fe femme. La femme tient toujours les rennes et elle est bien prête à le faire remarcher chaque fois qu'elle le décidera. A cause d'elle, il s'est vautré dans la fange, il y retournera, c'est sur. Incompréhension entre l'homme et la femme, on le savait déjà mais là, on ne peut plus se cacher les yeux, un film nous l'aura dit.
La soit disant froideur du cinéma de Kubrick vient sans doute de la considération suivante. Le moindre sentiment extraverti, c'est à dire celui qu'on se force à avoir pour montrer qur l'on est humain, n'est pas compatible avec l'art. L'art nous procure bien sûr des sentiments mais il ne faut pas exagérer quand même, nous dit Kubrick. Rester froid est la meilleure manière de traiter son sujet à fond et de le rendre intemporel.
Vu l'émission de télé mélangeant Alain Rémond de Télérama, Michel Ciment de Positif et Frédéric Bonnaud des Inrockuptibles. Pas étonnant de voir et d'entendre le rien à dire d'Alain Rémond, plus drôle etait de voir les regards de Ciment vers Bonnaud. On avait l'impression qu'il avait peur de dire une bétise et de se faire reprendre pas un 'jeunôt' plein d'intelligence critique. Il est vrai que Ciment a écrit le seul livre valable sur Kubrick mais sans esprit critique fort. Il est aussi vrai que la critique de Positif est absolument sans intérêt, elle ne pense pas le film mais ne fait que retrouver la trace de Kubrick dans ce film où il y a tant à dire. Donc, lire la critique des Inrock, et retrouver le n°401 des Cahiers du Cinéma pour le magnifique article de Cédric Anger et bien rigoler en lisant celle de Libération. Libération a belle et bien perdu Serge Daney. Visionner où que vous pouvez le livre de Michel Ciment pour la mise en page, les photos et les interviews.
La lumière, voilà un point spécialement très travaillé de EWS. Peut-être le plus intéressant. En revoyant la bande annonce soft, je suis revenu sur la beauté de la lumière. Envoûtante et proche de 2001 dans la soirée inaugurale, très jaune et très bleu d'une pièce à l'autre de la maison, diabolique dans le café jazz avec Nightingale, trop vrai dans les fausses rues de New York. Cette lumière amène une autre qualité du film qui est le grain de la pellicule employée. Une 1000 asa qui permet de filmer à peu près partout dans des conditions de réel. A l'inverse d'une grande partie du cinéma américain actuel.
Pour être honnête, je reviendrai sur la déception qu'a suscité la première vision du film et l'envie de l'aimer. Un peu comme tous les films de Cronenberg, il m'est difficile de ne pas sortir déçu à la première vision. Trop d'attente surement. Et c'est justement ce que réclame ses films de l'esprit. De l'attente. Eyes wide shut a évolué en moi longtemps, parfois essayant de comprendre certains points non vraisemblable, parfois me pânant devant des images à la lumière éclatante. Et souvent en discutant sur le groupe de news alt.movies.kubrick. Je pense que ses échanges sont fructueux pour ceux qui pensent qu'un film doit faire l'objet de discussions. Kubrick laisse à ces spectateurs là et peut être de manière un peu cynique matière à discuter. De petites choses comme le numéro des taxis que Cruise prend et qui est toujours le même, aux plus importantes, comme sa vision du monde, du sexe dans notre société. Kubrick embrasse tout un panel différent de spectateur, de celui qui entrera et qui se laissera happer par le film à l'autre qui triturera son œuvre.

Revisite du film.

J'ai revu hier soir EWS pour la troisième fois. Suivi d'une discussion avec Jean Douchet. C'était passionnant et il nous a livré sa vision du film qui pour lui est le plus grand film de Kubrick et le grand film de cette fin de siècle.
Il s'explique : -Tout le film est dans sa lumière et dans l'éclairage. Chaque scène a son éclairage propre, toujours à la limite de la réalité. Le film débute par ce bal chez Ziegler-Pollack et ces rideaux de lumière qui représente la richesse. L'argent est au centre du film. Kubrick nous dit que nous ne sommes plus maître de notre corps, que nos réactions ne sont plus que conditionnée par notre rapport à l'argent, que ce rapport détruit toute humanité. Et que la seule chose que l'on peut faire pour retrouver un rapport normale entre deux personnes est de baiser (pas de partouzer, symbole d'une décadence des riches où l'on ne fait que regarder les corps des femmes sans les toucher, où les femmes ne sont que le jouet des hommes car elles, ont acceptée leur corps alors que l'homme est incapable de se dévêtir).
Bill Harford, homme creux par excellence, ne réagit que par des actions ou des phrases toutes faites et seule son statut de médecin lui donne un peu de poids. Il n'existe que par son métier (il montre sa carte à chaque fois qu'il se présente et d'un seul coup tout le monde l'écoute), mais est incapable d'être lui même, de retirer sa peau de convention (que le cinéma a crée?). Ataque en règle d'Hollywood et de sa manière de créer des rèves, des Barbie et des Ken auquel on se raccroche pour ne pas se regarder. On se représente mais on est pas. Il a parlé des symboliques de la poupée (représentation de la fille), du satanisme (omniprésent dans la lumière et dans les couleurs), de la musique répétitive, de la peinture moderne (Van gogh, Picasso, Mondrian et des peintres du 18ème sont présents).
Plus compliqué pour moi est le jeu de Kubrick avec les codes du film policier. pour Douchet, il reprend ces codes, mais sait très bien que le spectateur n'est pas dupe, qu'il connait ses codes. Sa manière de les pousser à bout (expressionnisme de la lumière et de la musique) va de pair avec le discours sur la représentation. Il l'avait fait pour Shining et le film d'horreur et pour FMJ et le Vietfilm.

Voilà pour lui. A mon niveau, j'ai ressenti d'autres choses.
Le monologue de Alice m'a fait penser à du Laurie Anderson, avec quelques notes de synthé sur un discours dit lentement.
Cinq fois sur un temps très court, les personnages disent "to be completely honest" et parfois, ils mentent.
Son appartement assez grand et en rapport avec le désir de représentation. Salon grand pour recevoir mais salle de bain petite (endroit que les invités ne voit pas).
En tout cas tout dans le film est d'une cohérance rarement vu dans un film. La réflexion et le travail sur le scénario (on ne sait jamais où l'on se trouve, dans un rêve ou dans la réalité, et il a l'intelligence de ne jamais nous le dire), ainsi que le travail sur les lumières sont poussés à un point rarement vu au cinéma (l'avant plan orange et l'arrière plan bleue pourrait représenter d'un coté l'homme dans sa représentation en premier plan et son inconscient derrière). Pas de grande découverte comme dans 2001 ou Shining, mais une plus grande subtilité. De ce point de vue, c'est effectivement son plus grand film, son plus sensible.
L'homme ne doit plus se battre contre un ordinateur, contre les viet, contre les forces du mal, contre la bombe, mais contre lui même et contre sa propre représentation. Il est vrai qu'il a de toute façon tjrs dit cela mais ici, il ne passe par aucun artifice. Grand film de fin de siècle, millénaire et aussi de siècle de cinéma, EWS nous apporte une vision de nous même, de notre intérieur profond, de notre manque de communication dont la seule porte de sortie pour commencer à se rapprocher est de baiser : plutôt réjouissant comme vision, non !


Difficile à faire sans passer pour un malin. Décrire EWS comme le plus mauvais film de Kubrick, une oeuvre raté, sans âme, auquel on ne croit pas du tout. Une oeuvre pour que les critiques se masturbent l'esprit. Déjà les critiques de "Full metal Jacket" semblent meilleur que le film lui même. Kubrick est arrivé très loin dans sa folie théorique du cinéma. Pour cela, il arrive après tout le monde pour faire une synthèse d'un genre conquit par le cinéma. Il y aurait donc à voir tous les films d'un genre, en étudier le comportement possible sur le spectateur et sur la société pour pouvoir comprendre quel film fait Kubrick. Il suffit de lire les critiques les plus importantes sur Kubrick pour s'apercevoir que chaque film prend en compte notre société et son rapport au cinéma. Il faut aussi savoir que Kubrick voit presque tout ce qui se fait au cinéma. Donc synthèse.
Mais ici, qu'à-t'il synthétisé? J'ai envie de réécrire ce que j'ai écrit plus haut mais quelque part je n'y croit pas. Peut on croire à quoi que ce soit dans ce film. Les rapports homme femme sont ils si bien traités. Il est facile de dire que le but n'est pas là et que Kubrick est au delà du simple scénario. Mais pour nous, spectateur de base, c'est important que le scénario, son contenu et les questions qu'ils posent tiennent le coup. Il est important de tomber sur une intrigue qui nous tienne en haleine surtout quand on se débat pour en créer une. Kubrick préfère du haut de son intelligence difficilement partageable nous laisser tomber et casser notre plaisir. Je suis obligé de vous avouer que c'est ce que je préfère par dessus tout, en cinéma comme en musique ; que l'on m'arrête quand c'est trop "beau".

Eyes Wide Shut.com


Rosetta des frères Dardenne

Il s'en est fallu de peu pour que le deuxième suicide du cinéma contemporain ait lieu. Une bouteille de gaz vide, comme les yeux de chien battu que Rosetta nous lance quand elle n'en peut plus.
La caméra suit Rosetta pendant tout le film. Elle capte son visage de très près. Elle suit ses bagarres avec les patrons, avec son ami trahi. Au milieu de ces scènes où la caméra, tenu à l'épaule, est en mouvement continuel, les frères Dardenne arrive à surprende pendant 1/10 ème de seconde le visage de leur actrice et c'est ce visage à ce moment qui fait la beauté du film. Comment capter les moments de vérité d'un personnage, le film nous donne une réponse sans fard à joue et sans maquillage, d'un côté comme de l'autre. Proche de Pialat dans ces scènes de lutte mais moins méchant et sans arrière pensée.

J'irais au paradis car l'enfer est ici de Xavier Durringer

Voici un film français sur lequel les critiques se sont enthousiasmés il y a deux ans. Je viens de le voir en video sur ma petite télévision. C'est une déception, au même titre que Sonatine, critiqué plus haut. Il est trop difficile de ne pas voir les multiples références à un cinéma déjà existant. Scorcese, évidemment dans cette histoire de mafia au jour le jour, dans le jeu des acteurs, dans les petites scènes en plus et dans la manière de les filmer (voir la soirée avec les putes). Le problême est que de tous ces points, aucun n'arrive à la cheville du maître, à tel point que certains passages violents (brûler un dealer, étrangler à 6 un ancien copain), en deviennent vulgaire car les plans n'ont plus le poids qu'il faut pour soutenir ce que l'on a à raconter. Certains acteurs jouent 'à la Joe Pesci', mais aucun ne nous font peur comme Joe Pesci. Ils ont les mêmes phrases dans la bouche mais on ne peut plus y croire. Il n'y a de la part du réalisateur aucune distantiation ni aucun regard sur son maître, seulement une envie de faire comme lui. Les seuls moments où l'on ne ressent pas le poids du maître sont les moments les moins bons. Rapport avec le père et avec la petite amie. Je suis dur alors qu'il est rare que le cinéma français aborde de plein fouet sans grandiloquence le thème de la mafia et du racket. Un certain rapport à la vérité est à la base du film mais ça ne suffit pas. Je prèfére largement Téchiné quand il filme 'les voleurs' même si cela est moins 'vrai'. Au moins, il a sa propre manière de voir les choses et c'est cela qui est beau.

Affliction de Paul Schrader

Ce film ainsi que le suivant sont des films enneigés. Tout comme l'étaient 'Dead Zone' de Cronenberg ou 'Fargo' des frères Coën. La neige comme toile de fond qui oblige les personnages à se vétir chaudement et dont le corps est souvent absent car caché. Affliction est donc un film de l'esprit. L'esprit de Nick Nolte, petit flic d'une petite ville qui voit des complots partout et s'imagine des fantasmes de détective, un peu comme Tom Cruise essaye de se faire peur dans 'Eyes wide shut'. Le film le suit dans différentes situations, avec sa fille dont il n'a presque plus la garde, avec sa compagne du moment, avec son père surtout, violent maître de maison ayant traumatisé ses enfants et faisant mourir sa femme en ne chauffant pas sa maison. Dans toutes les situations, il est gauche, c'est un raté qui a la place qui lui revient mais qui ne mérite pas celle où il veut arriver. Il voudrait récupérer sa fille mais il ne sait pas s'en occuper.
Il y a un personnage troublant dans le film, celui joué par William Dafeo, frère de Nick Nolte dans le film ( il est étonnant de voir la similitude de visage entre Dafeo et James Coburn, qui joue le rôle du père ). Il est la voix off qui nous fait accéder à l'histoire, on le voit très peu, mais Nick Nolte l'appelle pendant des heures pour raconter sa vie, ses désirs. On l'entend lui donner des conseils et le conforter dans ses positions qui se révéleront éronnés.

Un plan simple de Sam Raimi.

Rangé des plans impossibles (voir un tueur à travers le trou que fait sa balle dans la tête de son adversaire), on peu vraiment dire que Sam Raimi a fait des plans simples. C'est donc avec une petite déception que l'on regardera ce film comme un thriller psychologique calme plutôt qu'une bédé mis en scène avec ses caractères exagérés. Petite déception assez rapidement comblé par l'apport d'une psychologie des personnages qui tient la route et qu'il ne laisse pas en chemin pour poursuivre son intrigue, vu que son intrigue est totalement lié au caractère des personnages. C'est bon, vous suivez. Les différentes séquences du film sont toutes tournées sur le dit et le non dit d'un vol réalisé par hasard. Trois habitants d'un village dans la neige trouvent quelques millions de dollars dans un avion écrasé. Deux frères dont un, un peu simplet et l'autre bien comme il faut associé à un alcoolique grande gueule vont se battre à mort pour préserver cette argent et surtout le silence autour de cette argent. Les rôles distribués, on rajoutera un flic qui fait son boulot, une femme qui veut vivre autre chose que sa petite vie de banlieu et un tueur à la recherche de son fric et l'on obtient une histoire bien ficelé mais dont la moindre erreur de psychologie pourrait tout mettre à terre. Ce n'est pas le cas et plus le film avance, plus les rapports deviennent vraisemblable. Sam Raimi filme cela de la manière la plus simple et la plus directe qu'il soit. Seul quelques plans dans la neige nous montre une envie d'esthétique. C'est peut être là que ce film ne vaut pas les autres films de neige : 'Fargo' ou 'Affliction'. A vouloir se calmer sur le plan de la caméra, Sam Raimi n'ose pas atteindre au plus profond de l'être. Sa caméra s'arrête sur le visage des acteurs mais ne va pas plus loin. Dommage.

Babe 2, un cochon dans la ville de George Miller.

Je me demande bien pourquoi je ne vous en ai pas parlé quand je l'ai vu au cinéma. Babe 2 est dans mon top 10 de l'année dernière. Incroyable vision de la ville et de tout ses défauts, Babe 2 est une fable comme on en fait plus. George Miller à tout réussi. Son histoire (il sort Babe de la campagne un peu trop propre à mon goût, le premier volée étant vraiment trop gentillé), ses décors, ses effets spéciaux parfois visibles, parfois non mais réussissant à leur donner du sens, ses plans toujours en mouvement un peu comme Spielberg, et surtout un jeu très subtil sur la lumière, souvent angoissante.
Fable je disais, comme celle de La Fontaine dont les héros étaient des animaux, représentant pas toujours jolis de la race humaine. Ici, le mélange humains animaux ne joue pas de l'antropomorphisme énervant style, ah regardez comme il a l'air d'un homme ou d'un bébé. Le mélange des points de vue (plans, voix, effets spéciaux) donne un subtile dosage entre humain et animaux (un peu comme dans Pinnochio).
Fable je disais dont il reprend l'aspect caricatural des personnages mis en scène. La fermière, la gérante de l'hôtel, les voisins, les flics, les voyoux sont tous très typés pour donner une vision du monde humain à l'excès. Aussi typés sont les animaux avec les bons et les mauvais, les exclus et ceux qui profitent.
Babe va essayer avec sa naïveté de cochon de mettre de l'amour dans tous cela. Et il va y arriver. Mais pas sans mal. Son parcours initiatique sera semé d'embûches bien plus grandes que lui. Solitude, vol, travail sans être payé, repas pour certains autres animaux, Babe traverse la ville, et sa bonté gagnera. Se faisant poursuivre par deux mollosses, il réussit à s'échapper alors que son poursuivant est près de se noyer. Il ira le sauver en y mettant toute son énergie, le chien sauvé deviendra son garde du corps en le prévenant tout de même que sa race a été crée pour tuer et qu'il a ça dans ces gènes.
De rèels plans reste longtemps à l'esprit comme celui du chien à 2 roues (il est handicapé des pattes arrières) qui se retrouve à l'envers sur la route, et que l'on croit mort, il rêve d'un paradis où il saute en chantonant. Ceux de la course poursuite très violente, celle de l'orang outang et du clown quand Babe met le feu et beaucoup d'autres très glauques et très profonds. Babe 2 est un film pour adultes, et pas pour grands enfants comme on entend trop souvent, courrez le louer et regarder un conte en famille, en hiver avec la cheminée qui crépite.
Je ne peux pas passer sous silence l'emprunt Kubrickien du film. Le parcours initiatique, les travellings arrières, les subtils ralentis, les élipses, la voix off qui anticipe l'histoire est un mode de narration typique de Barry Lyndon. Kubrick n'était pas mort à cette époque (snif,snif).

Quand passent les cigognes de Kalatozof

Voilà un film russe qui a eu la Palme d'or à Cannes en 1954 si je ne me trompe. Ce film est très troublant. Il commence avec des perspectives à la Rodtchenko (le photographe) sur fond d'idylle incompris. Il continue avec des plans dignes d'Orson Welles avec une profondeur de champ et un grand angle géré à la perfection. Et au milieu de tout cela, des scènes à pleurer de beauté sur une femme qui court désespéré, précédée par une caméra qui ne la lache pas. Indescriptible. Indescriptible aussi le montage dans ces moments de trouble émotionnel. On dirait du Carax. En bien, c'est à dire avec un fond et pas seulement une forme qui je viens de m'en apercevoir, ne lui appartient pas du tout.
Le film nous raconte l'histoire d'amour d'une femme et d'un homme séparé par la guerre. L'homme est volontaire. La femme étant dragué, elle craque pour un cousin non mobilisé de son homme, se marie avec et très vite le déteste ainsi qu'elle même. Tout cela se passe au sein de la même famille. La femme, ayant perdu ses parents pendant un bombardement, se réfugie chez les parent de son amoureux chez qui vit aussi son futur mari. Ca parait un peu compliqué, et ça l'est un peu, mais on s'en fout. La grande histoire de la guerre vu par les contradiction d'une femme est un merveilleux sujet de cinéma. Traité comme un film moderne (qu'est ce que cela veut dire?), filmé comme 10 cinéastes arrivent à filmer, plans fixes en contre plongé ou mouvement perpétuel, rien ne l'arrête. Ce film est un chef d'œuvre.

Réponse au réalisateurs : Quand le cinéma français "de qualité" râle, c'est mauvais signe.

Bêtise, peur.
Sommes nous si cons nous les lecteurs de ses revues?
Ca fait longtemps que les critiques de libération ne me touchent plus.
Parfois, Skoreki me donne un bon moment de lecture auquel je ne suis que rarement d'accord. Mais la critique me plait. Je lui trouve quelque chose de vigoureux dans la haine et donnant une véritable vision du cinéma. Il n'en est pas de même pour Gérart Lefort dont je n'ai toujours pas compris l'amour de son métier.
Les bons critiques parlent du cinéma, pensent le cinéma, et je pense que la plupart de vos films ne parlent pas du cinéma. Il ne parle presque que de l'attente du public, le plus basique possible avec un niveau de réflexion et de sentiment bien bas.
Je préférerais des cinéastes enthousiastes, faisant des films un peu plus irrévérencieux, avec une caméra qui ne souligne pas chaque sentiment et des acteurs qui ne grimacent pas leur textes mais qui en sortent une émotion un peu nouvelle ou tout au moins personnelle. C'est peut être cela qui me chagrine le plus, vos films n'ont pas de personnalité, ils sont presque interchangeables. Je me demande même si la critique peut être intéressante sur des films si peu ou mal pensés. Je n'ose pas penser aux multiples changements de scénario dû aux nouvelles envies du spectateur. Je crois même que votre pensée est totalement tournée vers un spectateur imaginaire et que vous ne vous en rendez même pas compte.
Je viens de voir 6 films des Straub dont l'émotion n'est pas le mot principal qui vient à la bouche, mais dont la croyance en un cinéma simple, beau, précis, sans fioriture ni excédent et qu'une relation entre une pensée et un art font de leur œuvre un parcours artistique intemporelle et toujours au présent.
Mais où est le lecteur de critique dans votre texte? Parlant de la critique, je pense qu'il y a un rapport avec le spectateur lecteur. Ce spectateur serait il bête au point de ne pas faire la différence entre un brûlot non objectif et un texte intelligent? Je peux vous dire que certaines bonnes critiques me font fuir un film car je sens une mauvaise foi à aimer un film d'un auteur quel qu'il soit. Il est vrai par contre que l'inverse est plus rare. Une descente en flèche me donne rarement envie de courir au cinéma.


Jean Marie Straub et Danielle Huillet dit "les Straubs".

Septième film que je vois d'eux.
'Lotringhen', 'Du jour au lendemain', 'De la nuée à la résistance', 'Moise et Aaron', 'En râchachant', 'Chronique d'Anna Magdalena Bach' et 'Sicilia'.
Il est évident que les Straubs nous donnent une nouvelle manière de voir le cinéma. Une manière plus rigoureuse avec une vision à chaque fois renouvelée de composer un film. C'est très important pour eux cette nouveauté plastique à chaque film. Elle va de paire avec leurs idéaux qui eux ne change pas.
Il faut commencer par dire que ce cinéma est essentiellement politique et de résistance avec un petit 'r', il y tiennent. Politique dans l'engagement à retrouver des valeurs premières, des valeurs humaines. Filmer des discussions dans 'Sicilia' et 'de la nuée...', des rapports de force dans 'du jour au lendemain', des monologues dans 'Moïse & Aaron' ou des paysages dans 'Lothringhen', c'est toujours pour eux manière à s'engager, de découvrir et de s'attaquer à des valeurs perdues (la fidélité, la terre, l'amour, le rapport de l'homme avec son entourage). Contrairement à d'autres réalisateurs, la forme est à chaque fois repensée, aussi bien la longueur du film, qui oscille entre 7 minutes et 1h45, que la scénographie, la relation au temps et le jeu des acteurs. Il y va de même pour la résistance : on sent une volonté farouche à ne jamais s'écarter de son chemin, à suivre sa ligne de conduite envers et contre tout, même le spectateur ou le producteur de tv. Pourtant, il ont une véritable possibilité au niveau télévisuelle. Ils créent à chaque film une nouvelle méthode pour filmer un texte ou une vie.

L'humanité de Bruno Dumont

Film plus théorique qui aurait oublié de raconter son histoire ou de nous y faire croire.
Film souvent antipathyque dans sa manière de ne savoir scénarisée que des personnages nulles, ratées, pas à leur place, en ne leur donnant pas la possibilité de s'élever. Ce que j'écris est l'inverse de ce que dit l'auteur, Bruno Dumont, que nous avons vu à l'issue de la projection. Pour lui, le personnage de Pharaon de Winter est lumineux là où je le trouve babache, le commissaire serait presque beau dans son incompétence, alors qu'il n'est que incompétent. Dumont traite un sujet mais ne sait pas traiter l'histoire qui soutend son sujet. C'est bien dommage car du coup on ne peut plus croire au véritable sujet du film, celui qui est écrit entre les lignes, dans les regards, dans la lumière et dans le regard du spectateur.
Le défaut est à l'inverse de celui de 'La vie de Jésus'. Dans celui ci, l'arrivée d'un scénario avec l'arrivée de l'arabe rendait bancal le film qui n'avait pas besoin de cela pour vivre et qui vivait de la poésie non voulue mais quand même présente. Dans 'L'humanité', on sent un Dumont plus sur de lui, de son univers poétique, ce qui a pour conséquence qu'il pense trop son film et ne laisse pas arrivée la poésie par hasard. Il la gère plus ou moins bien et devient sur de ces effets qui tombent du coup à plat. Il est déconnecté.
Je suis dur avec le film alors qu'il révèle plein de qualité, ne serait ce que dans la puissance qu'il se donne pour filmer des choses pas ou peu montrés : un sexe d'enfant après un viol contrebalancé par un sexe de femme bien vivant celui là, des scènes de baise frénétique, des acteurs qui n'en sont pas et qu'il pousse au bout de leur capacité, avec leur accord. Un univers proche de 'La vie de Jésus' mais tirant en longueur tous les plans et toutes les scènes.
Bruno Dumont tente beaucoup de chose avec son film mais il n'a pas encore la carrure de Fellini ou de Kubrick pour trouver le ton juste dans des scènes entre le rêve et la réalité, entre la bétise et la bonté. Pour lui, heureux les simples d'Esprit, ils auront leur place dans son film. Morale chrétienne pour l'Humanité.

Shining de Stanley Kubrick : version longue

Quelques ajouts dont une longue scène avec un médecin pour enfant au début du film. Beaucoup plus de temps avec la télévision allumé que regarde Danny et sa maman, souvent des dessins animés. Sinon toujours cette même impression du film d'horreur poussé à son extrème. Partant de l'incapacité d'une famille à se parler, des histoires que chacun se fait sur l'autre et de la haine de l'incompréhension de l'autre sur soi même. Grâce à une histoire simple mais maitrisé de bout en bout, sans faute psychologique, Kubrick réussi à nous faire croire au démon vivant en chacun de nous, prêt à surgir si on ne fait pas attention, si on se croit autre chose que ce que l'on est. Chaque personnage de son film vit dans son monde qui ne s'est crée que contre celui de son voisin. Un film d'horreur comme une vie de famille.

Massacre à la tronconneuse

Revu en vidéo cette œuvre incontournable. Autre film d'horreur poussé à l'extrême. L'histoire est réduit au stricte minimum, la psychologie aussi. Ici, les monstres sont bien vivant. On les découvre par hasard au milieu d'une Amérique plouc plein de fous. Entre country, abatoir, alcool et guerre du vietnam. Au milieu de ça, des sages hippies, retrouvant le lieu de leur enfance vont être tué un à un sans autre forme de procès que la routine du meurtre. Ces serials killer ne sont pas beaux, ils ne sont pas attachants, ils ne sont surtout pas à la mode. Ils tuent car ils ont fait ça toute leur vie sur des animaux. Leur geste est instinctif. Preuve en est ce magnifique moment très subtil et très rapide : un des jeunes rentre dans la maison de l'horreur sans connaissance du danger, tout comme le spectateur à ce moment, il avance en demandant si quelqu'un habite là, puis il trébuche, et en trébuchant il passe dans une autre pièce. A ce moment là, un homme arrive mais comme si il passait et frappe le jeune très violemment. On a l'impression que c'est le hasard qui les a mis sur le même chemin et que ça ne serait pas arrivé deux minutes plus tôt. Très fort. Le film se termine sur un long cri d'une demi heure au moins de la seule survivante. A en éteindre le son de la télé.

Léon, de Luc Besson

Difficile de regarder ce film en vidéo quelques années après sa sortie en salle sans être terriblement choqué par différentes choses. Il est vrai que Besson n'est pas ma tasse de thé, mais là, on peut difficlement plus pute ou simplement plus bête.
Le cinéma de Besson est fait de caractère reconnaissable. Ses personnages sortent de divers films ou de publicités pour se rencontrer au sein d'un univers creux. Car il n'y a pas que les personnages qui s'échappent d'autres films, le scénario n'a pas une once d'originalité. Sa seule manière d'être original est de dépasser la morale. Ici, l'entrainement à tuer d'une petite fille présenté comme battu et exclu de la société par des flics dealers. Cette entrainement se changera en amour. Ce qui n'est pas mieux. A comparer avec des cinéastes qui essayent de dépasser une certaine morale comme Demy, Kubrick, la différence saute aux yeux. Les personnages de Besson sont incroyables, il n'y a aucune possibilité pour qu'on croit à leur existence car non seulement ils n'existent nulle part mais ils n'ont aucune réalité psychologique. Léon est inconcevable comme tueur, il en a trop le look, il se prend pour Alain Delon dans "le samouraï", c'est tout. Alors, pour ceux qui ont vu "le samouraï", il peut encore se passer quelque chose du style Delon était mieux, mais pour les autres, il ne reste plus rien.
Il manque un réel esprit de cinéma chez Besson. Il fait des films pour les ados de 15 ans comme l'âge de la fillette du film, et il arrive à les mettre dans sa poche en un rien de temps grâce à quelques techniques publicitaires du plus mauvais effet. "COOL", tel est le mot prononcé par la fille quand Léon lui dit être un tueur. Ce simple mot et la manière très jeune de le dire fera accepter l'inacceptable au public dans l'esprit, "si le personnage est d'accord alors on se cache derrière elle et on accepte, de toute façon, ce n'est qu'un film." Ca ressemble très fort au "un film est un objet gentil". Personnellement, je ne pense pas, en tout cas pas celui là.
N'allant jamais au bout des choses, n'arrivant pas à se détacher de ses maîtres, piochant dans les poubelles du cinéma, ne sachant pas filmer ses personnages car il n'y a pas de personnages justes, Besson fait un cinéma de pute, dans la seule attente d'un maximum de public, comme George Lucas, son maître financier. Et c'est pas joli à voir.

Les anges déchus de Wong Kar Waï

Première approche à près d'une heure de film. Je me suis endormi. Cinéaste moderne ou cinéaste de l'esbrouffe. Les plans de Won Kar Waï expriment-ils vraiment un sentiment ou sont-ils totalement gratuit, juste pour se vendre soi même? Deuxième partie, je n'y comprend plus grand chose. Wong Kar Waî passe d'une histoire à plus rien, à des moments de pur clips mais avec des images qui touchent, avec une inventivité rare au cinéma. Parfois proche du n'importe quoi mais gardant une cohérence dans le sentiment d'errance des personnages sans réel but que de survivre dans un monde très dur dont ils sont le fruit. Le film n'est pas sans humour, de cet humour que l'on attend pas, mais qui se place comme un antidote à la folie apparente des personnages.

Entrtetien avec un vampire

Vu que 20 minutes de ce film et je n'en verrais pas plus. Prétentieux, littéraire, très mal interprété, voici le genre de film qui me bloque totalement. Produit entièrement Hollywoodien qui revisite un mythe en voulant devenir la nouvelle référence. N'est pas Kubrick qui veut. Le film ne fera même pas date dans une quelconque histoire du vampirisme car il ne raconte rien. Et tout devient ridicule au lieu de pathétique. Il manque une conscience qui aurait pensé le film au lieu de faire passé à la moulinette hollywoodienne dont il ressort vide et exangue avant même d'avoir existé. Normalement, je dis dommage mais là même pas. C'est à chier.

Ressources humaines de Laurent Cantet

Voilà un film social. Le cinéma s'attaquant au monde de l'entreprise par le biais d'une loi d'aujourd'hui (les 35 heures). Pari très risqué et même casse gueule. On a peur d'un sociabilisme exarcerbé, d'un regard trop posé ou trop gentil sur le monde du travail, d'une vision du patronat un peu lourde ou tout du moins décalé. Et l'on tombe sur un film sensible, qui nous fait regarder le monde de l'entreprise avec tous les sentiments qui peuvent y passer.

Crash de David Cronenberg

2eme regard sur ce film extrémement froid, rigoureux, Cronenbergien [on le connait assez pour le dire]. Un film qui ne tient plus compte du spectateur dans son attente ni ne le prend à revers, un film sur un livre pornographique, un film sur le désir, sur le rapport de l'homme à son environnement, celui qu'il se crée, un film totalement ancré dans notre société rempli de sexe et de violence. Un film pas aimable du tout.
Film aussi sur le fétichisme. Fétichisme envers la voiture, mais aussi fétichisme envers le cinéma, ses acteurs surtout, dans leur mythe et non dans leur carrière. On rethéatralise la mort de James Dean ainsi que celle de Jane Mansfield, tous les détails à l'appui. Le cinéma comme nouvelle manière de vivre. Même l'accident au milieu du film est filmé comme un tournage de film, la nuit, lumière sur les voitures, acteurs au ralenti, poses de star aumilieu des voitures en feu. Prises de vue de photos. Ce thème, assez fort dans les meilleurs films américains, est très loin de la mise en âbime du cinéma par quelques petits maîtres prétentieux qui ne savent pas tenir leur langue et qui dévoilent

Matrix : Film définitivement raté.

Effets spéciaux se montrent trop, c'est pas sain. Un petit dicton pour commencer : Les effets spéciaux, c'est comme le maquillage, moins on les voit, plus la personne ou le film paraît beau. Matrix fait l'inverse, il surjoue ses effets, fier de lui, sans se rendre compte de leur inutilité. Il en est de même pour le jeu des acteurs. On peut lire sur leur visage des expressions surjoués pour nous faire bien comprendre leur sentiment.
Comme le film se veut compliqué, il nous donne l'impression qu'on va devenir plus intelligent. Vaste erreur, l'esbrouffe du scénario ne vaut pas que l'on s'y intéresse plus que cela. On y comptrend rien et on en a rien faire.
Difficile en revoyant "Existenz", de ne pas faire un parralèle. D'un coté un film se forcant à être intelligent pour nous faire passer une mise en scène et une mise en personnage pleine d'esbrouffe. De l'autre, un film autrement ludique, parlant de la même chose (on peut être ici et autre part), dont la mise en scène seule nous décrit cette dérive de l'être ne sachant plus que faire de ce corps virtuel et inventant le scénario au fur et à mesure que le film avance.

A tombaux ouverts : Saint Scorcese ou Junkie Scorcese.

Dans ce film, Scorcese nous livre, dit par Patricia Arquette, son credo de toujours. Il n'y a pas de différence entre un saint et un junkie. Je n'ai aucune explication à cela mais c'est ce qu'il nous formule. On se souvient de La Motta cruxifié sur le ring, de Travis Bickle en Saint protecteur destructeur, de Jésus regardant Marie Madeleine faire son métier de pute, Le bien et le mal dans la même personne, dans le même film, dans la même scène. C'est comme ça.
Alors, notre ambulance driver va vivre trois jours et nuits de sa vie avec nous et surtout avec des coéquipiers différents, tous à moitié fou ou illuminé ce qui est aussi pareil.
Scorcese retrouve la nuit et les quartiers craignos. Il y filme les folies journalières, la méchanceté de notre monde mais on peut rien y faire sauf devenir fou nous aussi. Seul Paradis artificielle que Cage ne veut pas accepter, l'Oasis, endroit de repos où l'on se drogue avant de s'endormir. Mais ce lieu, il faut l'accepter avant d'y entrer, sinon un mauvais trip vous y attend. Un lieu de drogue ou un couvent, c'est pareil. De toutes façons, il faut un moment se retirer du monde des fous pour survivre.
Scorcese nous livre encore de grands moments de mise en scène. Les diférents plans de Patricia Arquette montés les uns derrière les autres pendant la discussion avec Cage, les accélérations foudroyantes de l'ambulance sur la musique des Clash.

Le 13ème guerrier et L'affaire Thomas Crown de John Mac Tiernan

Un brun chez les blonds.
Voici une heureuse surprise que ce film renié par son réalisateur car remonté par son scénariste (Michael Crichton) tout puissant. Mais la rapidité, le sens du plan énergique, l'envie de ne pas perdre de temps, de toujours être dans l'action, donne au film un équilibre et une vitalité rare.
Il suffit de d'arriver à la fin du générique pour s'apercevoir que tout une partie du film est déjà joué. On sait tout du personnage de Banderas, son nom, sa vie et sa manière de vivre. Ce qui peut durer une heure dans certains films (ce n'est pas négatif) dure ici cinq minutes. La qualité du casting spécial Viking fait beaucoup dans la croyance des personnages et de l'intrigue. Ce n'est pas le cas de "L'affaire Thomas Crown" qui déplait tout à fait et de tout les côtés : film lent et sans rythme, acteur au limite de l'insupportable et mise en scène identique au 13ème guerrier mais ça n'a rien à voir. Seul la lumière donne à ce film un peu de beauté. Le scénario est aussi intéressant que celui de "Chapeau melon", c'est à dire sans intérêt. Deux films sortis en même temps en France, par le même réalisateur, qui nous prouve que les qualités de scénario et de casting font une bonne partie du travail chez un bon réalisateur.

Mission Impossible 2 de John Woo

On pourrait dire de Tom Cruise qu'il est le meilleur atout de ce film boursoufflé, plein d'esbrouffe et auquel on ne croit jamais tant l'intrigue est inintéressante. Woo enchaine avec maladresse tous les poncifs du genre en en rajoutant à foison dans sa manière de filmer. La course poursuite en voiture au début aurait, dans un autre de ses films été juste pour le fun, ici elle se transforme en ballet amoureux ridicule de ralenti et de regard. La séduction n'a pas sa place dans les poncifs, il faut être bon pour cela. Dans chaque plan se trouve le ridicule de la situation. tout le monde surjoue, la caméra, les acteurs, le scénario, les éléments du décor, les animaux. C'en est dramatique et surtout même pas drôle. Woo n'a pas beaucoup d'humour. Un des plus mauvais film vu récemment.

Beau travail de Claire Denis

Evidemment beau travail as t'on envie de dire à Claire Denis qui crée une oeuvre belle, plastique, éttonnante par son sujet mais pas tant que ça chez une réalisatrice qui cherche toujours l'univers sur la marge. Ici, des légionnaires pensifs qui comme des mannequins prennent soins de leurs corps mais pour vivre loin du monde. Le corps pour la légion et non pour les autres. Cela Claire Denis l'a bien compris : l'émergence de corps virtuelle, d'acteurs sans corps, sans gestuelle. ici, on sent les corps s'entrachoquer, on voit la chair réelle, le muscle bouger. Enfin un film où le corps existe en temps que tel. Voir aussi les différence de visage entre Denis Lavant et Grégoire Colin. Petit défaut au film, une voix off trop présente et une plasticité que l'on aurait aimé plus franche encore. Moins de parole, plus d'image qui en disent plus sur eux.
Décidément, Denis est très forte pour les scènes de boite de nuit. Les femmes qui dansent en se regardant dans la glace et les légionnaires qui les regardent danser.
Ettonante aussi la scène de la soirée soit disant où tout a commencé et où il ne se passe rien, tout comme cette route construite pour nulle part et ses paysages noir et blanc. Et cette caméra qui suis les marcheurs jusqu'à presque leur passer devant et qui au dernier moment se fait dépasser par eux. Etonnant donc.

Virgin Suicides de Sophia Coppola

Il y a beaucoup à dire sur ce film poétique, beau mais avec quelques maladresses. On a à faire à un film où la distinction parent enfant est très forte. A la limite de la caricature, James Wood et Kathleen Turner (bien meilleure) ont droit à la parole, le language est leur moyen d'exister (attention, on n'est pas dans un Tarantino): la prière, les recommandations, les cours, les pleurs. Pour les garçons qui regardent les filles, c'est une voix off qui les remplace et les filles n'ont souvent que leurs regards, leurs sourires et leurs gestes pour se définir, il ne faut pas oublier les garçons qui passent et qui se la jouent, celà n'ont "que la gueule" car le film ne leur laisse pas le temps d'exister. Tout ceci n'est jamais théorique mais distillé tout au long du film.
C'est un film qui ne fait pas de cadeau. Le jeune beau dragueur Trip Fontaine devient un homme moyen laid en hôpital psychiatrique. Les parents sont caricatués à souhait mais il doit bien en exister des comme ça dans la vie. Les médias toujours là quand il ne le faut pas et se posant de mauvaises questions en apportant de mauvaises réponses. Tout cela constitue la partie la moins réussi du film. Dans un film qui fait la part belle à la "magie" de la jeune fille et à l'incompréhension du garçon, je trouve qu'il est mal venue de taper sur ceux sur qui on tape d'habitude : les "trop" beau, les médias et les parents. Cela donne au film un côté plaire au jeune largement non obligatoire quand on voit la poésie avec laquelle Sophia Coppola filme les "boys and girls". Le film aurait pu être qu'une voix off lisant des journaux intimes, des pensées de garçons ou de filles de leur âge, sur des images de regards, de tendresse, de détresse. Il se dessinerait une histoire en filigrane qui emprunterait à la vie des moments importants pour un retour obligatoire à la réalité sans quoi aucun film ne tient debout. A tout bien réfléchir, je suis entrain de décrire le film.
Certains moments restent en mémoire. Ces filles qui ne discutent jamais entre elles, qui communiquent avec les garçons par chansons interposées, qui ne font qu'une à elles quatre (la cinquième est partie plus tôt. Reste le suicide. J'avais lu que sophie Coppola le considérais dans son film comme un passage à l'âge adulte. Ca me plaît bien cette explication.

Suspiria de Dario Argento

Revu après quinze ans et bien sur assez déçu. Un peu trop grand guignolesque sur la fin mais quand même un éclairage incroyable, un premier meurtre très violent, un bruit assourdissant quand la musique se mèle au bruit.

Ghost Dog de Jim Jarmush

Pourquoi je n'aime pas ce film.

Parce qu'il m'a fait penser à Léon. Non ne hurlez pas, je sais que c'est pas exactement comme Léon mais bon. Truc bien dans Ghost dog : le mafiosi qui rappe, Les amis qui ne parlent pas la même langue et qui répètent les mêmes choses, Les deux souvenirs différents. Tout cela fait un peu exister le film.
Je pense sincérement que la musique tout comme celle de 'Dead man' nuit au film. Elle donne trop une direction de pensée et ne lâche pas le spectateur.

Tigres & Dragons de Ang Lee

Film classique dont la femme est le centre. Elle est jeune et fougueuse, agèe et sage. Elle se battent entre elles de manière très poétiques grâce à des effets spéciaux magiques. Un cinéma qui croit en lui même et qui ne joue pas le cynisme de notre époque. Il rend hommage au passé et salut le présent numérique de fort belle manière.

Dancer in the dark de Lars Von Trier

Faut y croire à ce calvaire sans appel d'une femme qui ne lutte que pour la cécité de son fils et qui est tour à tour lachée par son entreprise, ses voisins et parfois par sa copine. Le sort est totalement contre elle, sans appel. Son voisin riche n'a tout à coup plus d'argent et devient lâche, son fils doit être opéré à une date précise, sa cécité à elle arrive à sa fin et elle ne voit plus rien, son entreprise se sépare d'elle. Ca fait pas mal en même temps mais le cinéma est là pour nous y faire croire. Et aussi pour nous faire croire que malgré tout ce malheur, le bonheur est encore possible et plus fort que tout dans nos pensées qui seront dansantes, chantantes et surfilmées. La belle vie est un clip sur vitaminée dont la base est la réalité qui passe transformée par la pensée de Bjork, chanteuse et non actrice. LVT pense dynamis(t)er son film bien lourd de tant de banalités holiwoodiennes par des danses filmées avec ses multiples caméras. Malheuresement, il n'a pas l'audace que l'on attend de lui et son filmage très dogme ne tient pas la route ici. il ne le fait que pour faire une continuité avec ses autres films mais pas pour le film. Serait il devenu plus important que ses films. La cohérence dee son oeuvre serait elle plus importante que le film lui même : seul l'avenir nous le dira.
On me parle de sa haine de la justice, que l'on ne doit faire confiance qu'à soi même et ne pas croire aux autres qui ne nous veulent que du mal. C'est drôle mais je n'y crois pas une seconde dans ce film de pute fait pour gagner à Cannes et remporter le gros lot au box office. On est loin des 'Idiots' et de leur violence brut et trouble. Lars a gagné un combat, son cinéma en a perdu un.

Esther Khan d'Arnaud Desplechin

Film de toute beauté, tant chez les acteurs que la lumière, que l'histoire, que la manière de filmer. La caméra bouge souvent lentement, mais jamais à la même vitesse que les acteurs qu'elle filme. C'est très beau si on le voit. Le film frise souvent le déjà vu ou déjà senti mais emporte tout sur son passage. En fait, on comprend assez vite où Desplechin veut en venir mais c'est avec grâce et subtilité ainsi qu'avec une conviction forte dans son actrice principale qu'il nous émeut aussi fortement.

YiYi d'Edward Yang

Il est rare au cinéma de voir la vie se dérouler devant nous. C'est le cas ici. Certains diront qu'ils n'ont pas besoin de cela, la vie, on a déjà à la vivre alors la voir en plus et en chinois. C'est pourtant là que l'on s'aperçoit un peu surpris que la vie assez rude du film peut nous apprendre à survivre toutes nos frustrations quotidiennes et que étonnemment, on en ressort heureux et plein d'envie. On y apprend aussi que tout ce que l'on fait est fait pour la première fois. Et qu'il ne sert à rien de croire que l'on va transmettre à nos enfants ce qu'il faut faire, il feront les mêmes bétises et subiront les mêmes malheurs.
Trève de sentiment, le film est beau, éclairé comme rarement, avec tous ses endroits neonisés enfin filmés comme tel, avec cette lumière horrible. Les sentiments qui passent lentement nous laisse le temps de les sentir, de les intérioriser et de les vivre. Ce film est tellement peuplé qu'il est difficile de se souvenir précisement d'un moment plus qu'un autre. L'impression générale est d'humeur lente et molle, mais bonne à l'image du personnage principal, homme plein de bonté et donc de clairevoyance. Vivant au milieu d'une famille en légère crise avec le coma de la grand mère à qui il faut parler tous les jours et qui repose dans sa maison, il se laisse aller à une légère dépression où le sentiment et le souvenir lui revient comme un nouveau présent. Il rejoue sa vie amoureuse mais ne changera pas de ligne de conduite. Ceal fait plusieurs jours que je l'ai vu et le sentiment d'un film qui parle de soi, très simplement sans chaos, d'un personnage rare et chère me remplit de joie. Nous ne sommes plus seul.
Edward Yang est mort le 29 juin 2007, je suis profondément triste.

Star wars - La menace fantôme d'on ne sait qui

C'est quand même triste d'assister à un tel spectacle. Avec cette écart de temps, on voit tout ce qu'a perdu le cinéma. Le début des années 80 nous paraît aujourd'hui à la vue de ce film comme une naissance d'un nouveau genre, le space opéra avec tout ce qui vaut pour une naissance : naïveté, moyen limité et surtout imagination foisonnante. Même si Star wars premier n'est pas un chef d'oeuvre (on laissera ça au second), il a toutes les qualité pour faire un spectacle neuf avec ce qu'il y a de réjouissant à voir du neuf dans un produit commercial (Toy story). Année 00, d'autres sont passé par là, Alien, Dune, Matrix et bien d'autres avec des effets spéciaux d'un nouveau genre : numérique. Il faut donc se mettre à la page, ce qui n'est pas dure car c'est le studio de Lucas qui crée tous ses effets pour les autres, et il faut écrire un scénario qui se passera avant les épisodes connus. Et c'est là que le bas blesse et que Lucas en vouant absolument utilisé le top de la technologie fait un pas en avant là où son histoire fait un pas en arrière. Une partie du film ment à l'autre et le film devient bancal. Les jedi en robe de bure deviennent ridicule car "pas dans le coup". R2D2 et C3PO sont battu à plat de couture question robot car en face d'eux existe largement plus perfectionné, ce qui n'est pas le cas dans l'épisode se passant 40 ans plus tard. Les Stomptroopper sont aussi remplacer par des robots qui existaient avant eux. Lucas a retourné la civilisation, il crée les robots avant les hommes. De qui se moque t'on?
Et le cinéma dans tout ça. il n'a plus sa place. Il est remplacé par une sorte de série télévisé où l'on passe d'une scène à l'autre par un effet, où les effets spéciaux font ringards (eh oui, regardez Jar Jar Bink et vous verrez qu'il ne fait jamais partie de la scène, il semble toujours à côté). En gros on y croit plus. Comme chirac qui vient de nous dire encore une fois qu'il ne connaît rien aux fraudes de la ville de Paris. Allez George, repasse la vitesse du son et sort nous un deuxième épisode avec tes tripes et pond nous une histoire bien branlée. Fais nous des images tel Skywalker dormant dans sa monture qu'il vient de découper au sabre laser. Etonnes nous et ne fait plus un film virtuel où seul ma fille de 7 ans pleure car le bon est mort.

L'emploi du temps de Laurent Cantet


Film vu, revu, dont j'écoute régulièrement la bande audio (pas la musique, mais le film entier). Film double : double vie, acteur et non acteur, bien être et peur. Le film peut être vu comme un combat sans gagnant entre des voix qui communiqueraient, qui ne viendraient pas du même milieu et dont l'alchimie si particulière au cinéma permettraient le contact au sein d'un même film. Les discussions entre Vincent et son père sont le combat d'un acteur avec un non acteur. Quand les deux acteurs (Aurélien Recoing et Karin Viard se retrouvent trop longtemps ensemble, le film perd de sa dualité et de son intérêt. L'histoire d'un homme perdu d'avoir bifurqué du chemin tracé de sa vie, recontrant tout au long de son parcours les fantômes de son passé, un père de substitution, le mensonge trop lourd à porter, l'incapacité qu'il a de s'autogérer hors de la société. Le film est une lente descente au enfer au tréfond de ses peurs, de ses doutes, comme s'il cherchait à tout pris à se prendre en défaut. Il plonge dans ses faiblesses et en ressort de justesse, vivant, et guéri (voir la dernière scène où Vincent ressemble à Alex à la fin d'Orange mécanique quand il dit "Et j'étais guéri...", la bouche tordue, l'oeil ailleurs.

Apitchatpong Weerasethakul


Trois films vus : "Tropical Malady", "Mysterious object at noon" et "Syndrome and a Century" m'ont totalement transformé en spectateur attentif, cool, se laissant intégralement imprégner par ce mélange de réalité, de rêve, de mythe et surtout de sentiments de plénitude d'où n'affleure aucune agressivité, aucune hystérie. Enfin. C'est un cinéma complétement nouveau, du 21eme siècle assurément. C'est le seul réalisateur qui ne m'en voudra pas de ne pas comprendre ses films, dont l'ego me parait proche de zéro, qui ne me force en rien sur ce que je dois voir et dire. Peut être le plus libre. Je ne raconterai aucune histoire, aucune image, trop compliqué à résumer. Il me reste à voir "Blissfully yours", quel bonheur.
Après la mort d'Edward Yang, je me retrouvais orphelin, voilà mon nouveau père, intrasigant avec lui même et ouvert avec ses enfants.

Conte d'été d'Eric Rohmer


Le goût de la beauté, le coût de la beauté. Quand on parle de Rohmer, on entend toujours, il ne paye pas. Ce n'est pas trop le genre de discussion que je voudrais avoir sur Rohmer, surtout que son économie du cinéma est bien ancrée dans un désir profond. Il veut faire des films pas cher, il fait des films pas cher, un point c'est tout. Il n'a quasiment jamais reçu l'avance sur recette et quand il l'a, c'est pour le donner à quelqu'un d'autre.
Difficile de parler d'un film dont on se sent le personnage principal, tour à tour séducteur sans le savoir, lâche sans se rendre compte et se sentant libre alors que sa vie est dirigée par les évènements qu'il ne controle pas. Un très beau moment où Margot lui énumère les différents êtres qu'elle a vu en lui. Gaspard est libre d'être peuplé de lui même. Mais revenons au film, parlé dans un language Rohmérien, c'est à dire ni vrai, ni d'aujourd'hui mais compréhensible autant dans le sens que dans l'audition. Gasrpard, dont les errements "amoureux", qu'il commente tout le temps, l'aveugle au point de ne pas voir la seule personne qui l'aime comme il l'aimerait. Quel con se dit on souvent?
Le film est une ballade en Bretagne avec un voyage à jamais reporté : "Ouessant". Ce voyage, promit à ces trois rencontres, scellera le destin de Gaspard : personne cet été.
A Gaspard, tout lui va, il dit oui à tout, n'a d'exigence que pour sa musique, comprend tout le monde, déteste gentiment, ne planifie jamais, ne prend que ce qu'on lui donne, ne bousculant jamais le monde qui tourne autour de lui. Les filles sont plus stéréotypées, normal, il faut bien les distinguer. Elles sont trois façades d'une même fille, tour à tour adorable, vévéneuse, chiante, séductrice, douce. Et Romher est un Maître pour filmer ses filles bien campées dans leur personnage. Les trois actrices, extrémement bien dirigé, qui veulent agir comme un catalyseur sur ce jeune homme, en seront pour leur frais, cet homme est indomptable.
Comment filmer ces ballades interminables où les mots paraissent toujours plus important que les images : regardez comment Rohmer fait bouger ses personnages : ils sont tantôt seuls dans le plan, tantôt à deux, de face ou de profil, l'un dépassant l'autre pour se retourner, Rohmer le suivant avec sa caméra. Aucune scène n'est statique (plutôt rare chez Rohmer) et quand cela est, le plan est perturbé par l'arrivée d'autres personnages. Tout paraît simple avec lui.

Welcome to my Top 10


Une liste de films qui ont fait de moi un spectateur exigeant et généreux. Pas d'ordre de préférence, mais des petits commentaires en forme de vie.

- "Journal d'un curé de campagne" de Robert Bresson. Découverte de l'ascèse cinématographique. Cinéaste qui m'a permis de regarder d'autres cinémas.
- "La prisonnière du désert" de John Ford pour les larmes à chaque fois renouvelées.
- "Barry Lyndon" de Stanley Kubrick. Ue cours magistral transformé en critique pur de notre monde et du cinéma.
- "L'évangile selon Matthieu" de Pier Paolo Pasolini pour le sacré, l'enfant qui regarde la caméra en se faisant baptiser, pour n'avoir jamais faillit, pour avoir donné aux textes bibliques un regard de feu.
- "YiYi" d'Edward Yang. La modernité de notre monde et les petits moments de résistance à ce monde.
- "Meurtre d'un bookmaker chinois" de John Cassavetes. Le souvenir de l'avoir vu à la télévision jeune et m'être dit que le cinéma était aussi cela. Un dépucelage en règle.
- "Ma nuit chez Maud" d'Eric Rohmer. Mélange de philosophie, de religion, de séduction, de platonisme. Une fascination pour la quantité de thèmes abordés en rapport direct avec la vie jouée devant nous. Premier regard sur la lumière d'un film, son apport et ici comme toujours chez Rohmer, son économie.
- "La splendeur des Amberson" d'Orson Welles. Grandeur du cinéma, modernité cachée. Que les bras de Welles sont grands. - "Palombella Rossa" de Nani Moretti. Le retour de l'"auteur" dans l'espace cinématographique, pour l'enfance, la claque à la journaliste et la course autour de la piscine à la recherche de son goûter, les monologues interminablement comico-dépressifs.
- "Les Idiots" de Lars Von Trier pour la liberté d'un sujet traité à fond. Jouer pour se sortir du monde du simulacre.
- "Sous le soleil de Satan" de Maurice Pialat.
- "Raging Bull" de Martin Scorsese. Un autre chemin de croix. Le cinéma serait il sacré? - "La femme d'à côté" de François Truffaut. Il en fallait un, ce sera l'amour jusqu'à la mort.
- "Gerry" de Gus van Sant. Vide scénaristique pour liberté cinématographique.
- "La maman et la putain" de Jean Eustache. Pris dans le flot de la parole comme sur une vague sans ressac.
- Le Hitchcock de service sera "Vertigo". Une femme peut elle en être une autre? Réponse, non
- "Yeelen" de Souleymane Cisse. L'Afrique par un africain, ses rites, ses mythes, sa magie, ses combats. Fiévreux.

Welcome to my Middle 10

Film du milieu, pas très alléchant comme catégorie, pourtant : cette catégorie regorge de perle pas toujours très rare ni très cinéma pur comme au dessus, plutôt des films qui pourraient passer comme banal ou de consommation courante mais qu'une petite flamme de folie ou d'intelligence me font voir et revoir.

- "Zombie" de George Romero. Boucherie bien connue et même hype. Critique cinglante de la société de consommation. A voir entre "pote".
- "Un jour sans fin" d'Harold Ramis. Sujet traité intelligemment jusqu'au bonheur. Acteur désopilant (c'était avant lost in translation). Pour les coups de blues.
- "Big trouble in little china" de John Carpenter. Pourquoi j'ai souvent envie de voir ce film (comme beaucoup de Carpenter)? Plutôt lourd, effet spéciaux dépassés limite ridicule. Une réel plaisir de vigueur et d'humour surement. N'a pas peur d'être simple.
-

Welcome to my Bottom 10

- "Le grand bleu" de Luc Besson. Suicide mode d'emploi. Pour avoir donné au gens l'envie de faire de la plongée et non du cinéma.
- "Last Days" de Gus van Sant. Le portrait lourd de sens là où il faudrait de la légéreté.
- "Usual suspect" de Bryan Singer. Début du cinéma de "j'te prends pour un con". Les gens adorent.

Paranoïd Park de Gus van Sant

Le pitch, quel est le pitch? : un gamin tue par inadvertance un homme. Le film nous montre son parcours avant et après cet homicide avec cette faculté qu'à Gus van Sant de nous laisser longtemps dans l'ignorance temporelle. Et Paranoïd Park, c'est quoi? Un monde pour skater addict, un lieu où l'on rencontre le diable au milieu de la grâce. Le diable ne sait pas même faire de skate et il est très lâche sans ses copains. Il remplit la tête du jeune garçon du crime qu'il lui a fait commettre, et s'en lave les mains.
Et quand on se retrouve seul, qui rencontre t'on : un flic, des parents, ou plutôt des absents, une petite copine casse couille, et une fille sympa mais qui pose trop de question. On reste seul avec ses actes, on se repasse les faits dans tous les angles et dans toutes les lumières possibles au milieu d'une musique improbablement "ados". Et nous devant l'écran, que voit on? Des jeunes à milles lieux des préoccupations que l'on a pour eux, des jeunes qui glissent pour le fun, sans réelle virtuosité. Une vie sans construction où une soirée avec un copain se transforme en un vide prompt à faire une connerie. Laissé en plan sur notre siège, Gus Van Sant nous invite à regarder, ressentir ses légères expérimentations mélant intensemment image et son. De beaux moments se mèlent avec d'autres plus attendus. On pioche ce que l'on veut, où l'on veut, Chez Gus, c'est ouvert jour et nuit.

Blissfully Yours d' Apitchatpong Weerasethakul

Tout est dit là F. Flament : A fleur de peau.

amazon.fr et les réalisateurs

Je m'aperçois interloqué, moi qui ai en partie appris le cinéma grâce aux "Cahiers du cinéma" et leur Politique des auteurs qu'Amazon ne fait plus apparaître le nom du réalisateur à côté du nom du film pour le remplacer par le nom des acteurs. Un sondage a du leur dire que c'était plus vendeur et une instruction informatique a suffit pour remplacer "réalisateur" par "acteur". Si cela se justifie pour des films vendues uniquement sur le nom de l'acteur qui y joue, il est particuliérement désopilant pour les films d'auteur. Blissfully yours étant attribué à "Kanokporn Tongaram", "Le dernier métro" à Catherine Deneuve et Gérard Depardieu. Exit Apichatpong Weerasethakul et François Truffaut, leur film ne leur appartenant tout simplement pas. Certes, par rapport à la fin dans le monde, c'est pas très grave mais remplacer un nom ou une fonction par une autre est le début d'une dérive sémiantique qui après avoir touché tout un pan de la consommation puis de la politique et de la médecine atteint ici la culture. Amazon, reprenez vous, qui que vous soyez. C'est Luc Besson qui a fait "Le grand bleu" et non Jean-Marc Barr mais c'est Jean-Marc Barr qui a fait "Too much flesh" et non Rosanna Arquette qui n'a pas fait non plus "After Hours", c'est Scorsese qui lui a fait... mais apparemment ça ne vous intéresse pas trop.




A la vue terrifiante de 'Saving Private Ryan' , j'ai eu envie de faire une comparaison entre trois films de guerre très différents.


'Saving Private Ryan'
de Steven Spielberg
'Full Metal Jacket'
de Stanley Kubrick
'Starship Troopers'
de Paul Verhoeven
 


Sensation : Y être. Intelligence : Artiste. Cynisme : Troublion de la fête.


1- Rapport au cinéma

Le film se veut un documentaire en première partie puis cela devient du cinéma piqué à droite à gauche.
Spielberg ne se sert du cinéma existant que pour le recycler sans lui apporter de touches personnelles. Les images, à la Ford, sont repris plan par plan. Les idées, à la Fuller, sont reprises ligne par ligne. Il en est de même pour les emprunts à Kubrick (villages dévastés en feu, musique couinante, tireur isolé.)
L'œuvre existe par elle même mais toujours en relation avec le cinéma qui l'a précédé. Kubrick fait une synthèse de ce qui existe et applique un nouveau traitement à la guerre et au cinéma. Ici, la guerre du Vietnam se passe en ville (tout du moins ce qu'il en reste), et le scénario est complètement éclaté, sans réelle envie de construction classique. Mélange de 'Friends' et de 'Full Metal Jacket' avec un soupçon de 'Fort Alamo' mâtiné de série Z extra-terrestre.
Les références sont là pour nous faire comprendre la portée du film. Elles nous permettent aussi de nous replacer en terrain connu. La séquence 'Fort Alamo' est ici le moment le plus marquant.

2- Mais que veulent-ils nous dire? j'peux m'tromper, bien sûr.

Je pense que Spielberg veut nous faire ressentir la guerre, au moment de la projection. Il veut nous éduquer, que l'on comprenne ce que certaines personnes ont connu ou connaissent encore. Satire de l'amérique et de son génocide indien. 'Nous on est John Wayne et eux sont les Indiens' entend-on dans le film. Le film montre aussi la difficulté de vivre un esprit anarchique ou du moins, différent et lucide. Quoi qu'il arrive, on rentre dans le rang. La guerre soude les amitiés viriles autour de la mort et de la tuerie. Vision on ne peut plus pessimiste et réaliste de l'humanité. Autre satire de l'amérique et de son génocide Indien. Ici, les Indiens sont des arachnides, il faut les tuer. On ne sait pas pourquoi mais il faut les exterminer. Mise en abîme de la bêtise des films catastrophes ou rien n'est poussé à bout, ni la violence, ni la vulgarité, ou tout est soft.

3- Combattants et ennemis.

Ici, le combattant est humain, mais un bon humain. Ici, l'ennemi est invisible. Le combattant n'existe que par rapport à la troupe. Il fonctionne comme un cerveau (récurent chez Kubrick) avec ses électrons libres. Ici, l'ennemi est représenté comme un monstre. Un peu comme la représentation des irakiens lors de la guerre du Golfe. A la guerre, il vaut mieux penser que l'ennemi est un monstre, sinon on a des sentiments pour lui.
Le combattant est unique : Homme, femme, noir ou blanc, il n'y a aucune différence. Le monde n'est qu'un, en gros une amérique universelle. Magnifique scène de la douche (homme et femme mélangé) sans aucun regard lubrique échangé car le corps et la vie privée n'ont pas d'importance.

4- Réflexion

Difficile choix sur un film qui marque longtemps après sa vision ( 4 jours après, c'est encore dur). Le film réussit une chose incroyable aux dires des vétérans, c'est de restituer le sentiment de la guerre, je parle ici du premier quart d'heure, avant que l'on entre dans un film de cinéma. Je parle du moment où les acteurs ne se sont pas encore présenté, quand on est sure que se sont des soldats. Grande force du film que de commencer tout de suite, sans présentation. Il est aussi évident de dire que si la guerre présentée était fictive, l'émotion serait moins grande (évidence bonne à dire quand même).
La suite, une fois que l'on rentre dans l'histoire avec un petit 'h', on se prend à regarder les pièges dans lesquelles Spielberg n'est pas tombé et l'on est surpris de beaux moments de dialogue ou plutôt de monologue qu'il nous livre. On est énormément ému par la scène de la mère qui s'assoie avant l'annonce de la mort de ses fils sans qu'aucune phrase n'est été prononcée. Emu parce que le moment est fort et, ou parce qu'il ressemble à un plan de John Ford dans 'La prisonnière du désert'. Un seul plan pour nous montrer la misère de toutes les mères du monde. C'est réussi mais c'est là où le bât blesse. Spielberg ne peut que parler au nom de toute l'humanité. Son fascisme du bon sentiment est énervant. Son film se veut positif et moralisateur mais il ne prend pas en compte l'homme tel qu'il est. Ca c'est la tâche de Kubrick.
Revu uniquement la dernière partie du film le soir de la vision de 'Ryan'. Autant le film de Spielberg a peu d'unité, autant celui de Kubrick a peu d'intérêt si il est tronçonné. Il faut le voir en entier pour bien le 'voir' et si l'on veut, bien le comprendre.
Eclatement du scénario, voilà le maître mot de Kubrick pour son film. Il est vrai que la narration passe par des trous assez important, des moments apparemment sans grand intérêt et surtout sans fil directeur autre que notre 'Joker', garçon un peu plus intelligent que les autres, petit rigolo à ses heures et faisant tout pour ne pas se prendre au 'jeu' de l'armée et de la guerre.

Kubrick a aussi expérimenté sa mis en scène. L'éclatement devient alors flagrant. Filmage très frontal pendant l'entraînement. Assez neutre dans la seconde partie, avant de prendre tout les risques vers la fin. Voir l'interview avec les correspondant de guerre, le moment très reportage aussitôt suivi d'une scène très 'cinéma'. Et la fin avec ses travelling suivant les soldats marchant dans la ville dévasté et en feu. Cette mise en condition du spectateur a peut être à voir avec le sentiment même de la guerre. Que va-t-il se passer? De quelle manière cela va se passer? Bringuebaler dans un scénario et une mis en scène sans cesse déroutante, le spectateur peut tout attendre, mais sûrement pas la snipeuse finale, ultime pied de nez à celui qui croit tout savoir, celui que le cinéma de guerre n'atteind plus.

La réflexion sur ce film se trouve dans les rubriques précédentes. La revision n'a fait qu'accentuer tout ce que j'ai pu en dire. Pour résumer, satire de l'amérique. Pied de nez au films catastrophes trop gentil.


Ajout à ma comparaison : La ligne rouge

C'est le premier film de Terrence Mallick que je vois. Film sur l'homme qui pense ce qui l'entoure et ce qu'il fait.
Long film en voix off où se mélange humain (humanisme), guerre et nature. Peu de rapport direct au cinéma existant, mais tous les ingrédients du film de guerre sont présents. Peur, bataille, corps à corps, ordres non exécutés, victoire, pleurs, morts de soldats dans les bras d'un autre, tortures, psychologies des personnages.
La grosse différence vient du fait que Mallick s'attarde sur ce et ceux qu'il filme. Les plans sont longs comme pour mieux les apprécier. C'est un plaisir d'ailleurs de regarder un cinéaste s'attarder sur une colline dont les herbes plient sous le vent, sur un acteur auréolé d'une lumière magnifique, sur un personnage entrain de penser. Tout compte fait, l'histoire qu'il raconte ne l'intéresse que très peu et c'est très bien. Ici, on est pas chez Spielberg, bien qu'il rachète ses hommes à la fin (le tortionnaire qui se rend compte de son mal). On se trouve à des millions de Km de Verhoeven : pas d'humour ou de second degrés, les inspirations sont opposés. C'est donc de Kubrick que l'on se raprochera. Tout d'abord pour la longueur du tournage, la fascination-répulsion qu'exerce le réalisateur sur ses acteurs, la manière de revenir sur la guerre alors que tout semble avoir été fait, l'extrème paranoïa des deux hommes ainsi que leur mistère qui ne doit être trouvé que dans leur films.
Mallick est quand même plus facile à décoder, je pense. Peu de cynisme envers les hommes. Plus envers ses acteurs qu'il prend et jette à sa guise au montage. Proche de la nature qu'il filme avant tout. Nature humaine et surtout nature verdoyante qui laisse ou pas passer la lumière, qui arrète le combattant ou qui le regarde se démener dans sa connerie. Regardez bien les nuages qui passent sur la colinne pendant l'assaut, voyez ce crocodile s'enfoncer dans l'eau (premier plan du film), éblouissez vous du soleil passant au travers des feuilles mangés par les vers ou luttant avec le brouillard, regardez les soldats au petit matin passer de l'ombre à la lumière. Tous ces plans à côté desquels on peut passer et qui font toutes la richesse de ce film. Toute la richesse n'est pas une vainte phrase car le film ne tiendrait pas beaucoup sans cela. Ce ne serait qu'un vulgaire film de guerre un peu chiant, lyrique et démonstratif.


Cronenberg : Les trois premier films.

Frisson (Parasites murders/Shivers)
 
Rage (Rabid)
 
Chromosome 3 (The Brood)
 
Aussi glauque les uns que les autres. De mieux en mieux filmés. Vision de la femme, de l'acte sexuel et de la reproduction assez "hors norme". Ce n'est pas des films d'horreur comme je l'espérais quand je les ai vu adolescent, c'est pire. Le corps dans tout ses états.
'Frisson' raconte la contagion des habitant d'un hôtel assez luxieux par un parasite en forme de grande larve pleine de sang. Ces parasites passent de corps en corps de différentes manières : l'acte sexuel, le baiser et le saut au visage car apparemment, les parasites sautent.
Chose intéressante à savoir : les parasites ont été inventés par l'homme dans le but de réguler au mieux son corps. En fin de compte, une frénésie sexuelle les anime à leur dépend et le parasite se répand. La fin est très proche de 'Shining'. Le 'zHéro' essaie de se cacher dans différents endroits de l'hôtel et tombe à chaque fois sur une scène différente (2 petites filles nues et tenues en laisse, un couple d'homosexuel qui le poursuit, un homme agé et très barbu prenant dans les bras une jeune femme), autant de scène qui rappelle celles vues par Wendy quand elle s'échappe. 'Frisson' date de 1975 et 'Shining' de 1980 (tiens, tiens)
'Rage', lui, nous conte l'histoire d'un hôpital dont la nouvelle patiente, victime d'un accident de moto avec son copain, est atteinte d'un mal pas banal. après opération, elle se trouve en présence d'un vagin sous l'aisselle duquel sort une pointe vampirique (qui suçe le sang des victimes). La première fois qu'elle se sert de son nouvel instrument, Cronenberg le film comme un acte sexuel dont l'homme en est la victime. Gaie, très gaie! La maladie qu'elle transmet par ce moyen est une forme de rage (les ligues pour la bonne tenue de l'image de la femme ont du se déchainer à l'époque). Evidemment, contamination générale. Pas mal, le scénar quand même. Y serait pas un peu timbré le Cronenberg. Si répond ma femme après avoir vomi.
Et voilà le petit dernier des trois premiers (parce qu'il en a fait plein d'autres le bougre et des pas tristes). 'Chromosome 3' lui se situe en partie chez un psy des temps modernes. A son lieu de travail se trouve une femme divorcée dont le mari s'inquiète beaucoup pour leur fille qui revient souvent avec des marques de coup sur le corps. Certaines personnes proches de la femme se font attaquer par des petits gnomes. En fait, cette femme accouche des petits monstres mais par une poche extérieur qu'elle déchire avec ses dents. Ses monstres tuent les personnes qu'elle n'aime pas. Pas mal la femme encore. Z'êtes pas gatées.


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