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LES BONS REFLEXES...
QUE
MANGERONS-NOUS AU XXI° Siècle ?
Interview
réalisée par Patricia Balme
pour
le Journal de Plus Pharmacie
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Patricia Balme : Le paysage de notre alimentation est sinistré, comment tout cela est-il arrivé ?
Roland Schmittauesler : L'affaire a débuté en Angleterre, les anglais, qui connaissaient déjà la maladie de la tremblante du mouton durant trois siècles, jamais transmissible à l'homme, ont constaté que le même phénomène se manifestait sur des vaches. Ils sont remontés à la source pour comprendre quel était le vecteur qui pouvait transmettre cette maladie et se sont rendus compte qu'il y avait un problème au niveau des farines animales. Ces fameuses farines émanant de ce que l'on appelle le "cinquième quartier" qui est la récupération de ce que tous les abattoirs rejettent et des morceaux que l'on ne peut vraiment pas utiliser et qui repartent sous forme de granulés pour la fabrication des farines animales.
Petit
lexique de la vache folle |
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La
maladie de Creutzfeld-Jakob |
P.B. : C'est effrayant, mais pourquoi rien ne s'est passé pendant un certain nombre d'années, puisque cette façon de nourrir les animaux existe depuis la seconde guerre mondiale ?
R.S. : Parce qu'à l'époque en Angleterre, on nettoyait ces résidus d'animaux pour produire ces farines, avec un solvant, jusqu'au jour où ces usines ont commencé à flamber. Pour dégraisser les carcasses, les anglais ont pensé à les faire chauffer pour faire fondre les graisses, ce qui était logique, mais malheureusement ces farines qui sortaient de ce chauffage prolongé étaient d'une qualité alimentaire très inférieure. Donc les industriels ont décidé de réduire la chaleur, mais ceci additionné à la suppression des solvants, le produit restait trop gras ; et à cause de cette méthode de recyclage les animaux ont fait une sorte d'anthropophagie en vase clos ce qui est le point essentiel du problème que l'on rencontre aujourd'hui. Puis le phénomène infectieux s'est répandu et ainsi de suite. Et ce recyclage perpétuel a donné le résultat suivant, les Anglais se sont retrouvés à la tête de 180 000 bovins infectés. Voilà l'histoire tragique.
P.B. : Compte tenu de ce que vous venez de nous raconter doit-on encore consommer de la viande et en donner à nos enfants ?
R.S. : J'éviterais de leur donner le gras et les cartilages de la viande. Concernant le steak haché, j'ai entendu beaucoup de choses qui me pousseraient à l'éviter, sauf si vraiment le boucher soigneux enlève ce qui est resté dans la machine et le hache devant vous. Concernant les steaks hachés industriels, je ne prendrais pas le risque d'en consommer. Il faut être clair dans ce que l'on peut consommer ou pas. Il faut impérativement éviter tout ce qui est près du cou ou près des colonnes vertébrales. Le faux-filet est pour l'instant sans danger, la bavette aussi. En revanche, le collier est formellement déconseillé ainsi que tous les morceaux gras en général. Quant aux abats, le foie, la rate... il faut les oublier pour un bon moment. En ce qui concerne la cervelle et la langue cela fait partie du domaine de la catastrophe
A
EVITER |
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A
CONSOMMER |
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P.B. : Quel sera -notre avenir alimentaire et celui de nos enfants ?
R.S. : Il y a une grosse inconnue, car on ne connaît pas aujourd'hui la durée d'incubation réelle de la maladie. Mais si l'on songe à ce qui s'est passé en Angleterre, on peut penser que l'essentiel des contaminations est en route. Si j'observe la courbe de décroissance du phénomène de la vache folle, depuis l'arrêt des farines, celle-ci a commencé. Donc le phéno- mène est entré en phase de régression. Cependant, il reste une inconnue : la durée de vie du prion... Interview réalisée par Potricia Balme 1 clair dans ce que l'on peut consommer ou pas. Il faut impérativement éviter tout ce qui est près du cou ou près des colonnes vertébrales. Le faux-filet est pour l'instant sans danger, la bavette aussi. En revanche, le collier est formellement déconseillé ainsi que tous les morceaux gras en général. Quànt aux abats, le foie, la rate... il faut les oublier pour un bon moment. En ce qui concerne la cervelle et la langue cela fait partie du domaine de la catastrophe.
P.B. : Quel sera notre avenir alimentaire et celui de nos enfants ?
R.S. : Il y a une grosse inconnue, car on ne connaît pas aujourd'hui la durée d'incubation réelle de la maladie. Mais si l'on songe à ce qui s'est passé en Angleterre, on peut penser que l'essentiel des contaminations est en route. Si j'observe la courbe de décroissance du phénomène de la vache folle, depuis l'arrêt des farines, celle-ci a commencé. Donc le phénomène est entré en phase de régression. Cependant, il reste une inconnue : la durée de vie du prion...
Le Journal de Plus Pharmacie - 2000