ANALYSE APPROFONDIE DES MYSTERIEUX ENREGISTREMENTS RADAR DES F-16
A. MEESSEN, professeur de physique à l'U.C.L.
(Article paru dans le numéro 97 de la revue Inforespace - Décembre 1998) - SOBEPS

Echo radar enregistré par l'un des F-16 lors de la nuit du 30/31 mars 1990
Au cours de la nuit du 30 au 31 mars 1990, quand
la vague des observations d'OVNI battait son plein en Belgique,
il y eut un événement qui a fortement polarisé l'attention des
médias. La Force Aérienne belge fit décoller deux
chasseurs F-16 en vue d'une identification et d'une interception
éventuelle. Il était effectivement inhabituel que des
militaires cherchent à savoir ce qui se passe en matière d'OVNI
et... surtout qu'ils le reconnaissent. Aux yeux de certains,
c'était même plus important que les nombreuses observations
visuelles rapprochées d'OVNI qui avaient déjà eu lieu depuis
quatre mois. En fait, ce sont des échos anormaux captés par les
radars militaires au sol et par les radars aéroportés des F-16
qui ont joué un rôle capital dans le déroulement de ces
actions et leurs développements ultérieurs. Nous ferons le
point de l'état actuel des analyses et explications de ces
données. Nous en dégagerons aussi quelques implications pour
l'étude du phénomène OVNI.
Introduction
La "vague d'OVNI sur la Belgique" était
exceptionnelle, aussi bien par son ampleur que par ses
caractéristiques1. Elle a débuté
brusquement et d'une manière très massive pendant la soirée du
29 novembre 1989. J'ai vérifié moi-même que les
témoignages devaient être pris au sérieux. Il s'agissait
d'ailleurs très souvent d'observations rapprochées, permettant
de discerner des détails de structure. Il en résultait que les
OVNI de la vague belge étaient différents des OVNI classiques.
Ceux-ci avait presque toujours des formes discoïdales ou
cigaroïdes. Ils avaient donc une symétrie axiale, tandis qu'on
voyait chez nous des plates-formes à trois ou quatre coins.
Près de ceux-ci, on voyait souvent d'énormes
"phares", intégrés dans la structure et projetant
vers le bas des faisceaux lumineux. Ces objets pouvaient rester
stationnaires à basse altitude, comme les OVNI classiques, ou
glisser lentement dans le ciel, sans bruit.
Ayant fait ces constatations, j'ai immédiatement cherché à
savoir si ces objets étaient détectés par les radars. Ces
systèmes existent et ils scrutent constamment le ciel, de toute
manière. Ils pourraient fournir des informations objectives,
complémentaires aux observations visuelles, mais je m'attendais
aussi, dès le départ, à ce que ces OVNI puissent être très
difficilement détectables (I.351, référence 1). Leur surface
pourrait être telle, en effet, que les ondes radar ne sont que
faiblement renvoyées. Si c'était le cas, il faudrait en être
certain. En tant que scientifique, au courant du phénomène
OVNI, je devais donc m'engager dans l'étude de ce problème.
J'ai pris de suite contact avec le contrôle aérien de
l'aéroport national à Zaventem et avec le colonel De Brouwer
(I.356), Chef des Opérations à la Force Aérienne belge. Il est
actuellement Général en retraite, travaillant pour l'ONU. Je
lui demandais seulement d'être tenu au courant, dans le cas où
les radars militaires détecteraient quelque chose de spécial.
Entre-temps, j'avais introduit une demande auprès de la Régie
des Voies Aériennes pour visionner les enregistrements radar,
mis en réserve pendant quelque temps à l'aéroport civil. Il
n'a pas été facile d'obtenir les autorisations nécessaires,
certainement pas quand il s'agissait des données des radars
militaires et des F-16, mais je faisais pression. Il serait
irrationnel et même irresponsable de laisser passer une vague
d'OVNI aussi importante, sans chercher à savoir et à comprendre
ce qui apparaissait sur les écrans des radars. On m'a accordé
les autorisations requises et j'en suis très reconnaissant.
J'ai visionné d'abord plus de 180 heures
d'enregistrements radar de l'aéroport civil. Je captais ces
données sur vidéo et je les analysais ensuite plus en détail
à la maison. C'étaient des extraits, spécialement choisis,
pour des soirées et des nuits pendant lesquelles on avait vu des
OVNI à certains endroits. Je n'ai pas trouvé de traces radar
qui auraient pu correspondre aux observations visuelles, mais
j'ai constaté avec étonnement que certains des échos
apparaissant parfois par-ci par-là pouvaient former des alignements.
Les contrôleurs aériens ne s'en étaient pas rendus compte,
parce que leur attention est focalisée sur les avions qu'ils
prennent en charge et parce que ces alignements n'apparaissent
qu'à une échelle de temps plus longue que celle de leurs
observations immédiates. Il y avait une structure dans le bruit
!
J'en ai déterminé les caractéristiques et ensuite proposé une
explication, basée sur le fait que la vitesse de propagation des
ondes radar dépend de la densité des molécules d'eau. Il
s'agit de vapeur d'eau non saturée, sans formation de
gouttelettes d'eau. Elle est optiquement invisible, mais des
variations de l'humidité atmosphérique perturbent la
propagation des ondes radar. Je savais cela au moment de
l'intervention des F-16, mais cette affaire était beaucoup plus
complexe.
Le soir du 30 mars 1990, vers 23 heures, le gendarme Renkin et
son épouse remarquaient sur le fond du ciel étoilé un point
lumineux très brillant qui se comportait d'une manière
étrange. Il bougeait parfois brusquement, mais toujours autour
d'une même position moyenne, en couvrant une zone dont la
grandeur semblait être comparable à celle du disque lunaire. En
outre, la couleur changeait pendant de longues périodes, pouvant
aller jusqu'à 10 secondes. Intrigué, le gendarme téléphona au
radar militaire de Glons, pour demander si l'on y
détectaient quelque chose d'anormal. Quand on examina la région
de Wavre où se trouvait M. Renkin, on découvrit un écho
non identifié qui apparaissait très souvent. Il se
déplaçait lentement, mais systématiquement d'est en ouest.
Les étonnantes observations visuelles étaient confirmées
ensuite par d'autres gendarmes de la brigade de Wavre et l'écho
radar continuait à se manifester de la même manière. A Glons,
on demanda dès lors des renseignements à l'autre radar
militaire, situé à Semmerzake. On y constata la
présence d'un écho anormal au même endroit, avec un
comportement identique. Cette trace ne pouvait donc pas résulter
d'une "propagation anormale" des ondes radar. Cet effet
météorologique résulte d'une stratification particulière de
l'humidité qui dévie le faisceau radar vers le bas. Tout se
pase comme s'il y avait un miroir, mais dans ce cas, l'image ne
peut pas se trouver au même endroit pour deux radars situées de
part et d'autre de la trace.
La source de l'écho se déplaçait à environ 45 km/h et elle
restait à une altitude d'environ 3000 m. C'était donc ni un
avion ni un ballon-sonde. On prit alors la décision de faire
décoller deux chasseurs F-16 de la base de Beauvechain, pour
mener une investigation. Les chasseurs sont montés vers 24 h,
avec leur armement habituel : un canon de 20 mm et quatre
missiles AIM-9N Sidewinder. Ils ont exploré le ciel, en étant
guidés par le CRC (Control Reporting Center) de Glons. Les
pilotes ont eu eux-mêmes des contacts radar et après une heure
de vol, à bout de kérosène, ils sont revenus avec des
enregistrements étonnants.
Tout le monde est perplexe
Les pilotes des F-16 étaient expérimentés et ils connaissaient
évidemment leur système radar. L'un était capitaine et
l'autre, lieutenant, mais ce qui s'était passé n'était pas
banal pour eux. Au contraire, à leur retour, "ils ont
considéré qu'ils ont vécu quelque chose de tout à fait
extraordinaire" (I.234). Le 11 juillet 1990, le colonel De
Brouwer prit la responsabilité d'une conférence de presse,
spécialement consacrée à ce sujet. Il ne cachait pas sa
surprise : "l'objet détecté par les radars des deux F-16 a
effectué des déplacements dont aucun type d'avion existant
n'est capable, passant en quelques secondes, dans une
séquence de vol qui a pu être enregistrée, de 280 km/h à plus
de 1800 km/h, alors qu'il se dirigeait vers le bas. Aucun contact
n'a duré plus de vingt secondes. A chaque fois que les
intercepteurs ont réussi à verrouiller (lock on) leur radar sur
l'objectif, l'OVNI a entamé une manoeuvre évasive en modifiant
sa trajectoire et sa vitesse" (I.234).
Ceci reflète l'idée d'une technologie inconnue. Il fallait en
tenir compte, puisque le nombre des observations visuelles d'OVNI
jugées significatives était déjà passé entre le 29 novembre
1989 et le 30 mars 1990, à environ 500 (II.360). Bien que les
médias ne fournissaient pas beaucoup de détails, les OVNI
étaient à cette époque en Belgique dans tous les esprits,
quelle que soit l'opinion personnelle qu'on pouvait avoir à cet
égard. Un des pilotes des deux F-16 a déclaré2
qu'avant l'intervention, il avait vu lui-même un de ces objets
triangulaires, doté de puissantes lumières dirigées vers le
bas. Cet appareil est resté immobile à environ 100 m au-dessus
du sol. Ensuite, il "décrocha". A cause de ses
contacts radar, ce pilote pensait pendant son vol que "cela
vous attend jusque vous vous êtes approchés à 20 miles et
alors ça dit : «OK, c'est assez près, nous sommes partis».
J'avais l'impression que nous chassions quelque chose qui jouait
avec nous et qui avait tout sous contrôle".
Le squadron leader, Yves Meelsbergs, a précisé3
: "J'imagine que cet objectif insaisissable bouge
étrangement dans tous les sens. Visiblement l'ovni continue de
tourner autour de nos deux chasseurs... Le mystérieux écho
radar remonte en altitude à 4500 m, position «droit devant» en
face de nos F-16, pour soudainement plonger vers le sol... La
nuit est claire, avec une visibilité excellente sur 8 à 15
km,... Je ne vois toujours rien à l'extérieur... Je ne
m'explique pas ce que j'ai bien pu poursuivre cette fameuse
nuit. Je n'écarte aucune hypothèse".
Lors de la conférence de presse, le général De Brouwer a
rappelé les observations des radars militaires au sol. "De
mémoire de contrôleur aérien, on n'avait jamais observé de
tels phénomènes, d'une telle ampleur et d'une durée aussi
longue. Si des conditions d'observation analogues devaient se
présenter, des appareils redécoleraient très
certainement" (I.234). La Force Aérienne a évidemment fait
une évaluation et le général De Brouwer a donné des
précisions à cet égard : "Nous sommes très prudents et
nous ne voulons pas lancer des hypothèses, comme celles
d'apparitions extraterrestres... La conclusion des études
effectuées n'a cependant pas permis de déterminer la nature de
l'objet".
En 1990, le général Fleury, à l'époque chef
d'Etat-Major de l'Armée de l'Air en France a déclaré à des
journalistes4 qu'il avait "vu
les enregistrements des F-16, que l'affaire est des plus
sérieuses et qu'elle demeure inexpliquée à ce jour". Tout
cela n'aurait sans doute pas suscité autant d'intérêt, si ce
n'était pas arrivé pendant la vague des observations d'OVNI,
mais cela signifie seulement que nous sommes habituellement trop
inattentifs pour nous rendre compte de certains faits. Nous ne
sommes pas toujours prêts à ouvrir nos yeux et notre esprit.
C'est déjà une première constatation intéressante.
La recherche d'une explication
La vague des observations d'OVNI s'est prolongée en Belgique
jusqu'en 1993, avec une décroissance progressive et des
rebondissements passagers. La SOBEPS menait des enquêtes et
malgré une vie professionnelle chargée, je pour suivais
l'étude de la détection radar. A cause de l'intervention des
F-16, j'ai eu accès aux données des deux radars militaires au
sol et au contenu des enregistrements radar ramenés par le
second F-16. Il fallait pour cela que j'obtienne l'autorisation
de Guy Coëme, Ministre de la Défense Nationale à
cette époque. Il me l'a accordée, en disant "je suis
pour la transparence!". Je tiens à le souligner parce
que je pense que cela relève d'une attitude personnelle, mais on
sait également que de nombreuses observations d'OVNI ont eu lieu
partout dans le Monde au cours des 50 dernières années, sans
que les milieux politiques et militaires aient favorisé ou
simplement permis une étude approfondie des faits observés.
Il faut donc saluer l'ouverture d'esprit et le sens de
l'objectivité dont les autorités civiles et militaires ont
fait preuve en Belgique. Cela fait honneur à notre pays. La
Force Aérienne a été courageuse, parce qu'il fallait non
seulement être prêt à affronter une technologie inconnue, mais
aussi à pouvoir faire face à une opinion publique où il est
plutôt de bon ton de ne pas montrer d'intérêt pour les OVNI.
Le Général De Brouwer a reconnu que "la peur du ridicule
est réelle... Certains milieux étaient étonnés et incrédules
de voir une instance officielle s'occuper d'une affaire qui, à
première vue, semblait absurde" (I.484). Un des objectifs
de cet article est de montrer qu'en réalité, il est seulement
absurde de refuser un examen des faits observés... à
cause de préjugés.
Il suffit de chercher la vérité, quel que soit le résultat
auquel on pourrait aboutir. Ceci s'applique en particulier à la
détection des OVNI et/ou aux perturbations des radars, encore
inconnues ou mal comprises. J'ai écrit deux rapports à ce sujet5,
mais il convient de refaire le point, en ajoutant plus de
détails techniques. En 1991, j'ai mis en évidence le fait que
les échos anormaux qui avaient été détectés par les radars
militaires au sol et conduit à la montée des F-16 étaient
d'origine météorologique (I.379). Il s'agissait
également d'un effet des variations de l'humidité
atmosphérique, mais cette fois-ci de variations brusques, dues
à des masses d'air humide localisées. Les ondes radar
peuvent alors être renvoyées assez fortement, quand il y a des
turbulences locales. C'était connu pour les dômes des
"bulles de convection", pouvant se trouver dans l'air
bien qu'elles soient optiquement invisibles (I.386).
Les enregistrements radar des F-16 posaient cependant des
problèmes beaucoup plus complexes. Il fallait partir du fait que
le système radar des F-16 est très performant. Il permet de
suivre une "cible" de manière presque continue, au
lieu de l'éclairer seulement à des intervalles de 12 secondes,
comme les radars au sol. Il mesure non seulement la direction et
la distance, mais également la vitesse d'un objet par
rapport au F-16 et cela de manière instantanée. Cela se fait
par effet Doppler et permet une élimination particulièrement
efficace des échos anormaux. Sachant que les radars au sol
avaient capté des échos venant de masses d'air humide, je
pouvais me dire, bien sûr, que c'était également possible pour
les radars des F-16, mais ces échos auraient dû être éliminés
par les filtres électroniques.
D'après les enregistrements, les F-16 avaient même détecté
des "objets" qui pouvaient se déplacer à très
grande vitesse par rapport au sol, tandis que les masses
d'air humide ne se déplaçaient que lentement, à cause du vent.
Il y avait donc une contradiction. Ne pouvant pas résoudre ce
problème, mais sachant bien qu'il fallait expliquer l'ensemble
des faits observés, je me suis tourné vers les observations
visuelles des gendarmes. Je les ai rencontrés et interrogés de
manière répétée, mais je ne trouvais pas de faille dans leurs
récits et je ne pouvais pas affirmer simplement qu'ils avaient
vu des étoiles (I.388). Les mouvements et les changements de
couleur dépassaient de loin ce qui est permis par les
réfractions atmosphériques habituelles. Les turbulences ne
conduisent qu'à des scintillations. J'ai donc tiré la
conclusion qui semblait inévitable, si l'on voulait être franc
et honnête : à ce moment, l'ensemble des données était
seulement compatible avec l'hypothèse des OVNI.
Je continuais cependant ma recherche de la vérité. Je me
rendais régulièrement à l'EWC (electronic war center) de la
Force Aérienne belge, où l'on poursuivait le relevé et
l'analyse des données enregistrées par le second F-16 (I.369).
L'étude Gilmard-Salmon6 s'est
terminée déjà avant l'été 1991. Elle a précisé l'énigme,
mais elle ne l'a pas résolue. Je m'étais limité dans mon
premier rapport6 à une présentation
synthétique des données, en construisant des trajectoires
par rapport au F-16. Je n'utilisais que des valeurs
enregistrées (azimut, altitude et distance) aux instants où
elles avaient été modifiées (I.368). Elles variaient en effet
de manière discontinue, parce que l'ordinateur retenait la
dernière valeur jusqu'à ce qu'une nouvelle valeur avait été
mesurée ou calculée.
Le Lt. Gilmard et le Mj. Salmon, maintenant Lt. Col. à l'Ecole
Royale Militaire, ont construit des trajectoires lissées par
rapport au sol (II.fig.10.4), en tenant compte des virages
du F-16 et en utilisant un modèle mathématique d'interpolation.
M. Gilmard a mis en évidence que les sources des échos
détectés avaient des localisations assez variables
pour différents verrouillages et que certaines des valeurs
affichées étaient dues à des extrapolations effectuées par
l'ordinateur de bord ou plus exactement, par le filtre de
Kalman. Le nombre des mesures réelles était donc réduit,
mais il y en avait eu, sans que l'on sache ce qui avait été
détecté et mesuré. C'était mon point de départ, quand j'ai
dû rédiger le second rapport5.
En 1994, j'ai trouvé une solution, expliquant l'ensemble des
faits observés d'une manière rationnelle et cohérente. L'idée
essentielle était que l'effet Doppler est modifié
quand les ondes radar sont renvoyées par une masse d'air humide
déformable. Cela rendait compte (1) des échos anormaux des
radars militaires au sol, (2) des données des radars
aéroportés et (3)des observations visuelles des gendarmes. Tout
cela résultait de conditions météorologiques très
exceptionnelles. Je le savais déjà pour les radars au sol. Pour
les radars des F-16, cela résultait du fait que les "nuages
invisibles" sont des cibles molles qui se
comportent autrement que les cibles dures habituelles
(II.406). Les gendarmes avaient observé des réfractions
atmosphériques en lumière visible, parce que des cellules d'air
humide et chaud, isolées les unes des autres,
s'interposaient parfois entre les gendarmes et le ciel étoilé
(II.408).
Quatre ans se sont écoulés et personne n'a trouvé mieux, mais
ma proposition a été contestée d'une manière virulente par
Jean-Pierre Petit7. Il a affirmé que
l'explication en termes de "masses d'air turbulentes et
humides... ne tient pas la route". Le professeur Schweicher
l'aurait montré, mais cela n'est pas exact. M. Petit continue :
"Je suis moi-même de cet avis, alors, pourquoi Auguste
Meessen a-t-il produit à la télévision, sans la moindre
justification scientifique, une interprétation aussi absurde
?" M. Petit n'a pas précisé pourquoi elle le serait, à
son avis, mais étant persuadé que les F-16 ont dû détecter
des OVNI, il n'a pas hésité à me mettre dans une catégorie de
personnes, dont il dit qu'ils "manquent de compétence,...
sont manipulés par des services secrets, ou travaillent à leur
solde dans un but de désinformation".
La cause de cette réaction est à chercher ailleurs8.
Toutefois, il est utile de revenir sur l'explication proposée,
indépendamment de cette agression, scientifiquement non
justifiée. On ne peut pas tout expliquer en quelques minutes à
la télévision. Mon argument était d'ailleurs contenu dans le
second rapport5, mais dans un livre
de portée générale, où d'autres aspects étaient
prioritaires, je ne pouvais pas entrer non plus dans trop de
détails techniques. La publication du second livre semblait
d'ailleurs être tellement urgente que même l'étude que je
menais à ce moment sur la photo de Petit-Rechain n'y a pas été
incluse. J'en ai présenté les résultats au cours de
conférences publiques quand ce livre est sorti de presse. J'y
reviendrai dans le prochain numéro d'Inforespace.
La solution du problème posé combine trois éléments
différents : (1) des effets météorologiques, (2) le
fonctionnement du radar des F-16, associé à une révision du
concept des vitesses Doppler et (3) l'analyse du contenu des
enregistrements radar. Il apparaît que les filtres
électroniques du système radar des F-16 ne pouvaient pas
éliminer les échos anormaux qui nous intéressent. Ces
aspects seront traités dans les trois premiers chapitres. J'y
ajouterai (4) quelques implications pour l'étude du phénomène
OVNI.
SUITE (1) - Des échos radar d'origine météorologique
(2) - Le radar Doppler à impulsions des F-16
(3) - Les enregistrements radar des F-16