HARAVILLIERS : UN CAS ABSOLUMENT EXCEPTIONNEL

Gérard Deforge

Lumières dans la Nuit - N° 352 - Juin 1999

L'illustration qui figure sur la couverture du présent numéro a été réalisée par « Monsieur D. ». Elle montre le phénomène de la l'arrêt et autour d'elle.« lumière en gouttes », tombant sur la Mercedes à


Ce second article a été rédigé à la suite de divers compléments d'enquête, et notamment d'une entrevue, le 6 février 1999, avec l'ensemble des témoins (à l'exception d'un seul, qui a été cruellement affecté par l'incident du 10 janvier 1998, au point qu'il n'est pas en état d'exprimer ses éventuels souvenirs). Lors de cette entrevue capitale, Gérard Deforge était accompagné par Jacques Vallée et son épouse, ainsi que par « Monsieur D. » dont nous connaissons déjà, pour l'essentiel, le témoignage, exposé dans notre numéro 349 (voir pages précédentes).

Voici ce que Gérard Deforge écrit en préambule à ce second rapport : « Volontairement, je n'ai pris aucune note, ce 6 février. Je me suis servi de ma mémoire et des indispensables notes de Jacques Vallée. Ces notes, il me les a faxées, en me faisant confiance pour la continuation du travail entrepris sur ce cas. Il m'a proposé un plan, que j'ai essayé de suivre le mieux possible. Je le remercie pour cette confiance. De plus (mea culpa pour la précédente publication !), M.D. a bien voulu relire tout ce que j'ai rédigé, et y apporter les formulations lui semblant les plus adaptées, compte tenu de ce que les divers témoins ont dit et ressenti. Je le remercie pour ses qualités de rigueur et sa patience. Notons que Mme D. a supporté ma présence, de longues heures durant, dans sa maison, avec beaucoup de gentillesse et de compréhension, se rendant parfaitement compte de l'importance de cette expérience exceptionnelle.

Comme chaque lecteur pourra d'emblée le constater, cette relation débute par un témoignage demeuré inédit à ce jour, et très antérieur à cette journée passée avec tous les autres protagonistes. »


l. les terreurs d'une petite fille

Nous en étions donc restés au deuxième témoignage enregistré par téléphone, concernant cette épopée du 10 janvier 1998. Nous reparlerons du second témoin plus loin, parce que nous avons pu le voir et lui parler longuement.

Alors que LDLN n° 349 était sous presse, un nouveau témoignage vint se greffer sur cette histoire, dans des conditions apparemment dues au hasard.

En cette fin juin, je n'avais pas l'esprit à penser à l'ovni d'Haravilliers, lorsque j'entrai dans le bureau de la société chargée de l'entretien du photocopieur de mon école (Gérard Deforge est directeur d'école - NDLR), pour négocier l'achat d'une nouvelle machine... Je rencontrai à cette occasion un agent commercial de la société, que je n'avais jamais vu auparavant et qui est par ailleurs conseiller municipal à Haravilliers. Il habite une maison qui est en plein sur la trajectoire du phénomène, et cela lui a créé quelques soucis...

Pour l'anecdote, signalons que ce conseiller municipal, M.C., fête son propre anniversaire le 10 janvier vers 7 h 30 du matin, soit l'heure exacte à laquelle le phénomène se manifesta à M.D. et à ses amis ! Ce nouveau témoin fit le rapprochement entre les manifestations de terreurs nocturnes de sa fillette âgée de deux ans et le passage de l'ovni, à la suite de l'article paru sur une pleine page du journal la Gazette du Val d'Oise, concernant l'ovni d'Haravilliers.

En effet, dès la nuit du 11 janvier, et toutes les nuits suivantes, pendant plusieurs mois, cette petite fille fut systématiquement en proie à des terreurs si fortes, que ses parents furent obligés de rester à son chevet pour la calmer. Elle allait jusqu'à frapper de ses petits poings la cloison de sa chambre. Les parents durent consulter un médecin, qui prescrivit des calmants.

J'en parlai à Franck Marie et à Joël Mesnard, ainsi qu'au témoin principal, M.D., et aussi à Pierre Guérin. Suite à leurs conseils, je recommandai à cette famille d'examiner la fillette « sous toutes les coutures ». Ils le firent, et ne trouvèrent rien d'anormal. Je proposai aussi une sorte de test : une feuille de papier, sur laquelle se trouvaient quelques dessins anodins à colorier (motifs de fleurs stylisés, formes géométriques simples), plus deux représentations insolites, en rapport avec notre sujet. Les parents acceptèrent de confier cette feuille à leur fille, afin qu'elle la regarde et la colorie, éventuellement. Il n'y eut aucune réaction particulière. Enfin, les parents m'indiquèrent un détail : il concernait un jouet qui lui avait été offert, et avec lequel elle aimait bien s'amuser. C'était une sorte de petite mécanique qui émettait des lumières éclairant jusqu'au plafond de la chambre. Depuis l'apparition de ses terreurs, elle ne veut absolument plus jouer avec cet objet.

De plus, si ce jouet est mis en marche alors qu'il fait noir, la petite fille exprime un malaise évident, assez semblable à ses manifestations de peur.

2. Approfondissement de l'enquête, en compagnie de Jacques Vallée et de son épouse

Un peu avant Noël, je reçus un appel téléphonique de Jacques Vallée. Il avait eu connaissance de l'événement survenu à Haravilliers dans LDLN, et manifestait son désir de partager avec moi la suite de l'enquête, à l'occasion d'un voyage en région parisienne prévu pour le début de février 1999. Je parlai de ce projet à M.D. qui accepta bien volontiers. Il fit même le nécessaire pour organiser une journée entière afin de satisfaire les besoins d'approfondissement de cette enquête, avec la présence du maximum de témoins.

Le milieu de cette journée fut ponctué par un charmant déjeuner dans un restaurant de Marines, sur la route de Dieppe, facilement accessible à partir du Ruel.

C'est ainsi que débuta notre journée du samedi 6 février 1999. M.D. nous conduisit ensuite sur l'itinéraire qu'il avait emprunté le matin du 10 janvier de l'année précédente, comme il a l'habitude de le faire chaque fois qu'il se rend à un rendez-vous de chasse. Nous empruntâmes la sente Saint-Denis, qui traverse le Ruel, et nous nous arrêtâmes une première fois après un virage où les témoins avaient aperçu l'objet. M.D. confirma tout ce qu'il nous avait déjà expliqué. A ce moment-là, nous étions cinq : M. et Mme D., Jacques Vallée et son épouse, dans la voiture de M.D. ; je suivais dans ma voiture.

Nous allons d'abord évoquer les observations visuelles, et autres perceptions de M.D. et des autres témoins.

M.D. :

-Vision, de très près, presque « à bout touchant », d'une partie de forme octogonale, sous l'énorme masse de 45 m environ de diamètre total. Cette partie comportait huit trous sur la périphérie, qu'il aura l'occasion de voir de très près, dans les secondes suivantes... Il constatera que ces trous de 1,5 m de diamètre présentent sur leur périphérie des traces d'échauffement intense. L'ensemble de la tourelle octogonale a un diamètre de 15 m environ. Au centre se trouve une trappe de 6 m de diamètre, doucement éclairée d'une lumière gris-blanc qui irradie un peu la plate-forme inférieure. S'approchant avec sa voiture de l'énorme masse immobile, « maintenue au parking », il aura juste le temps d'apercevoir une sorte de pinceau lumineux sortant de cette trappe et se dirigeant vers sa voiture, avant de sombrer « dans l'autre monde ».

- Les panneaux supérieurs, très éclairés, mesurent environ 5 m x 2 m. Ils sont immenses. Il y avait probablement sept panneaux, plutôt que six.

- M.D. persiste à affirmer que sur 1,2 km, ce n'est pas lui qui a conduit sa voiture.

- Il se souvient de l'intérieur de l'engin.

- Salle au plafond bombé et éclairé uniformément, dans un ton blanc-beige. Il ne voyait que le plafond.

- Il était allongé sur une table.

- A sa gauche, le personnage au « masque ».

- Son « phonétique » au travers des espèces de « dents » déjà décrites.

- Présence cachée d'autres entités : il les ressentait.

- Il s'est retrouvé dans sa voiture.

- Il n'a aucun souvenir d'un examen physique qu'il pourrait avoir subi.

- Il se souvient d'une odeur fétide, putride, de décomposition, qu'il appelle « l'odeur OVNI ».

Pour le reste des descriptions, lors de l'approche du phénomène, confirmation des informations données dans le premier article.

En fin d'itinéraire, nous arrivons au parking où se tenait la Mercedes pilotée par M.K. (en compagnie de qui nous allions nous trouver l'après-midi, chez M.D.). La voiture de M.D. était suivie par un autre véhicule, rappelons-le, véhicule conduit par M.J.M., que nous eûmes au téléphone l'après-midi. Rappelons que dans la voiture de M.D. se trouvaient deux autres témoins: M.J.C. (présent lui aussi chez M.D. tout l'après-midi de ce 6 février 99), et M.X. Signalons tout de suite que M.X., avant le 10 janvier 1998 avait d'assez gros soucis de santé. Depuis cet événement, et sans que M.D. puisse établir une corrélation précise, M.X. est tombé vraiment très malade, au point que son témoignage ne peut être recueilli. Nous arrivâmes donc au parking où avait stationné la Mercedes.

Cette photo montre le parking où l'un des témoins, à bord de la Mercedes, attendait l'arrivée de ses amis. Elle a été réalisée, au milieu de l'hiver, par Gérard Deforge, et montre les lieux tels qu'ils étaient treize mois plus tôt, avec les arbres dénudés.

En face, il y a un bâtiment qui est le rendez-vous des chasseurs. Des amis de M.D. nous attendaient dans ce bâtiment. En particulier, nous notâmes la présence d'un témoin inattendu, même pour M.D. : il ne savait pas que le garde-chasse ici présent avait lui aussi, ce matin-là, « vu des choses ».

Vers 7 h du matin, il entendit ce qu'il considéra comme « un énorme quadriréacteur », un 747 probablement. Il n'avait jamais vu un 747 voler aussi bas. Puis, quelques minutes après, il vit un autre objet, qui n'était pas un avion. Cela lui a semblé rond et fortement éclairé de trois couleurs. C'était grand aussi, et ça paraissait être juste au-dessus des arbres, à une trentaine de mètres du sol... C'est tout ce dont se souvient le garde-chasse.

Chez M.D., nous rencontrons M.K., le conducteur de la Mercedes. Il a autrefois été contrôleur qualité dans l'industrie aéronautique, chez Marcel Dassault. Ce monsieur n'avait pas pris connaissance du rapport paru dans LDLN 349, et n'avait vu aucun des dessins exécutés avec un grand talent par le témoin principal.

Arrivé à 7 h 15, le 10 janvier 1998, il n'a pas vu d'avion. Voici ce qu'il a vu et entendu :

- Il a entendu un « bruissement d'air ».

- Il a vu des « gouttes de lumière » (vertes, rouges, jaunes) qui tombaient en faisceaux parallèles sur sa voiture et sur lui, au travers de son toit ouvrant transparent. Cela tombait tout autour de lui, sur le capot de sa voiture (peinture gris argenté). Sur le capot, cela faisait des taches de lumière semblables en coloris à ce qu'il voyait tomber. Cela formait comme des taches de lumière aux bords nets, grosses comme des pommes, aux formes irrégulières.

A ce moment de la description, j'ai demandé à M.D. de montrer le dessin qu'il avait refait à la suite des descriptions que lui avait précisées son ami. Dans LDLN, le dessin décrit des faisceaux convergents. M.K. a dit nettement que ce dessin correspond bien à ce qu'il a vu.

M.K. ajoute que sur la face inférieure de l'ovni, c'était comme les guirlandes d'un arbre de Noël. Il n'est pas sorti de sa voiture. Il a vu plonger l'objet, de forme circulaire et d'au moins quarante mètres de diamètre. Il lui a semblé voir descendre « comme un rideau noir », et il s'est dit : « Mais il va s'écraser ! »... puis il n'y a plus pensé...

Alors qu'il se concentre sur ses souvenirs, M.K. se surprend à nous dire cette chose vraiment extraordinaire : il ne se rappelle pas avoir vu arriver la voiture de son ami M.D. : la voiture n'était pas sur le parking, et d'un seul coup, elle lui est apparue, comme si elle s'était matérialisée devant lui.

Dans la voiture de M.D. se trouvaient également, rappelons-le, MM.X et J.-C.J., patron d'une menuiserie employant treize personnes.

M.J.-C.J. se souvient bien d'avoir vu, comme son ami, les panneaux lumineux sur l'objet alors immobile. Il n'a pas vu la « tuyère ». Ebloui par les lumières, il n'a pas distingué la forme de la masse. Les lumières lui parurent « à facettes », non clignotantes, « comme derrière un verre dépoli ». Ces lumières n'éclairaient pas le paysage. La puissance lumineuse lui sembla à cet instant être au minimum.

Un autre ami suivait la voiture de M.D.: c'est M.J.M., qui avait un chien dans son véhicule. Nous avons pu nous entretenir par téléphone, l'après-midi de ce 6 février, avec ce monsieur, qui n'avait pu se libérer pour nous rejoindre. Il se trouvait alors dans sa voiture, qu'il arrêta pour pouvoir parler, d'abord à M.D., puis à Jacques Vallée, puis à moi-même. L'amplificateur était branché.

M.J.M. est un ancien directeur dans le domaine du bâtiment et des travaux publics, spécialiste de la construction des tunnels. Il a noté que son chien ne manifestait aucune réaction. Lui, a vu les mêmes lumières aux trois couleurs, qui s'approchaient. Avion furtif ? Forme oblongue peut-être. Environ au niveau du panneau du Ruel (là où M.D. a perdu connaissance), M.J.M. perd de vue le phénomène, qu'il assimile à un gros nuage noir. Celui-ci semble croiser son véhicule, en diagonale. Il se souvient d'avoir prononcé la phrase suivante, en arrivant au parking : « J'ai même ouvert mon toit ouvrant, pour mieux voir ». Il ne peut se souvenir de ce qui s'est passé ensuite, jusqu'au parking...

Voilà où nous en sommes à ce jour, pour ce qui est des perceptions sensorielles.


SUITE