INCOHERENCE
OU INCOMPREHENSION ? ![]()
Ceci est une réflexion de Jérôme Beau concernant le phénomène OVNI, et plus particulièrement les problèmes liés à sa compréhension. (Publié sur "OVNI-SCIENCES").
****************************************
La question du vrai et du faux, actuellement abordée dans cette liste, est
peut-être l'un des aspects les plus cruciaux, voire l'une des clés possibles
pour la compréhension du phénomène OVNI.
Ceux qui étudient le phénomène depuis quelques temps ont pu constater son
incohérence. On entend ici par cohérence impossibilité de modélisation, et non
irrationalité. On peut très bien effectuer un modèle de la mythologie grecque,
décrire sa structure, ses mécanismes, bien que ce sujet ne soit pas considéré
comme rationnel. Cette incohérence s'exprime notamment au travers :
- de l'attitude ostentatoire des appareils observés et de leurs occupants
(je fais tout pour que l'on me voie et je m'en vais).
- de la constance des observations au travers de l'histoire (antiquité,
moyen-âge, début du siècle, aujourd'hui...).
- de certains aspects des observations (apparition/disparition
immédiate, bilocation, non-détection radar, vitesses effarantes).
- des actions de ces occupants (pourquoi faire des expériences sur des
animaux, hommes ou végétaux depuis si longtemps).
- de l'adéquation apparente de certaines observations à la technologie
de l'époque (airships, boucliers enflammés dont certaines interprétations
peuvent être dues à la culture de l'observateur, mais pas toutes).
- du nombre de différences entre les appareils décrits (disque complet
ou non, lentille, bol renversé, sphère, cigare et autres formes diverses,
lumineux ou non).
- du nombre de différences entre les entités décrites (grandes, petites,
différences de pilosité, apparence souvent humanoïde).
- l'absence de preuve indiscutable depuis 50 ans de recherches (plus ou
moins efficaces).
- certains aspects de l'Hypothèse Extra-Terrestre (HET) par définition,
et dans la mesure de nos connaissances actuelles (voyages interstellaires
impossibles, dépassement de la vitesse de la lumière, etc.).
Il n'est pas question de dire ici que ces aspects impliquent une cohérence : on
peut toujours imaginer des théories les expliquant, mais l'ensemble de ces
théories est difficilement conciliable de notre point de vue cartésien, et
mêmes les théories les plus folles n'arrivent pas à inclure l'ensemble des
données du phénomène.
On peut ensuite tenter d'expliquer cette incohérence de plusieurs manières :
1. La partie incohérente du phénomène révèle les erreurs
d'interprétation et canulars. Elle doit donc être exclue de l'analyse.
2. La partie incohérente du phénomène est un écran volontairement
illogique destiné à empêcher toute analyse.
3. La partie incohérente du phénomène nous semble illogique parce sa
logique nous dépasse.
Analysons maintenant chacune de ces hypothèses :
1. La partie incohérente du phénomène révèle les erreurs
d'interprétation et canulars.
Rappelons que nous parlons ici des données "expurgées" du
phénomène, c'est-à-dire de données résistant à toute explication (c'est-à-dire
de 10 à 5 % des rapports d'observations). C'est donc au sein de pourcentage
incompressible que nous trouvons des données que nous jugeons incohérentes,
c'est-à-dire qui ne colle pas avec un modèle plausible basé sur le reste -
majoritaire pour un modèle donné - des données.
Plusieurs modèles ont été proposés, chacun prenant à leur compte une partie des
données, mais pas toutes. On parle ici de données redondantes dans les
témoignages - comment concilier les airships à l'apparence
"archaïque" et les soucoupes par exemple ? Cette approche aboutit à
un échec, simplement parce que l’on n’arrive pas à exclure la partie
incohérente du phénomène. Si l'on reprend notre exemple, je ne peux exclure ni
les airships, ni les soucoupes.
2. La partie incohérente du phénomène est un écran volontairement
illogique destiné à empêcher toute analyse.
Cette approche conspirationniste, arguant que les phénomènes aberrants ou
ridicules sont là pour discréditer le phénomène et son analyse, a l'avantage de
s'adapter à toute origine du phénomène. Une tel "rideau de fumée"
pourrait être mis en place par des entités extraterrestres ne désirant pas être
analysées, par des agences secrètes ne désirant pas que la réalité du phénomène
soit comprise, ou par les deux.
Cette technique pourrait être très efficace. Divers exemples pourront en être
trouvés au travers d'actions (parfois avouées) de désinformateurs officiels
tels que William Milton Cooper pour la thèse gouvernementale, ou chez les
Ummites pour la thèse extraterrestre (on se souvient de certaines lettres
justifiant la diffusion de canulars afin de rétablir un équilibre vrai/faux qui
leur semblait souhaitable, sinon salvateur).
Le désavantage de cette théorie est justement qu'elle semble appliquée de
manière contradictoire, ou plutôt redondante : dissimulation de la part de
gouvernements et dissimulation de la part d'entités extraterrestres. On ne peut
cependant pas l'exclure.
3. La partie incohérente du phénomène nous semble illogique parce
que sa logique nous dépasse.
Cette dernière hypothèse suppose une origine extraterrestre du phénomène. Il
n'est pas déraisonnable de considérer que l'apparition d’un phénomène
extraterrestre implique une nouvelle logique pour le comprendre. Nous avons
bien dû inventer d'autres modèles pour comprendre d'autres aspects de notre
univers, tels que la physique quantique ou la relativité. Peut-être nous
faut-il adopter une autre logique pour comprendre des entités disposant d'une
avance technologique, philosophique considérable sur nous. Je reste convaincu
qu'un indigène coupé de la "civilisation" ne comprendrait pas comment
nous réussissons à voler, ni pourquoi tous les étés, nous allons nous faire
bronzer la peau.
Cette hypothèse est toutefois particulièrement intéressante, de par son
ouverture et les perspectives qu'elle offre. De plus, elle présuppose une
quasi-certitude : nous ne détenons pas toute la vérité.
L'étude du phénomène OVNI pourrait donc se diviser en plusieurs disciplines :
1. L'étude "physique" du phénomène, au travers de l'analyse de
traces, d'enregistrements (audio, vidéo), et de différents capteurs (radars,
etc.). Cette étude à pour but de déterminer la réalité matérielle (relativement
avérée) du phénomène, puis sur la base de ces données, de tenter une
modélisation "physique". Cette discipline à cependant le désavantage
de ne disposer que de la logique cartésienne pour l'aider. Elle est donc
condamnée (à moins d'une ouverture souhaitable) à rejeter des phénomènes
peut-être réels mais encore non compris (on ne peut voyager d'une planète à une
autre, on ne peut encaisser telle accélération, un rayon de lumière ne peut
être sécable, une lumière implique forcément un reflet, etc.). Il y a quelques
centaines d'années, les scientifiques refusaient d'admettre que les météorites
puissent être des pierres tombant du ciel, et il y a plus longtemps encore, on
croyait que la terre était plate. Autorité comme majorité ne sont donc pas
gages de vérité. Ce type d'étude est cependant indispensable puisque exploitant
des bases scientifiques avérées et sur lesquelles il faut construire, mais on
doit apprendre à remplacer le terme "impossible" par
"inexpliqué".
2. L'étude "journalistique" visant à démontrer la réalité du
phénomène aux yeux de diverses personnalités et autorités, par le biais de
témoignages et recherche de documents.
3. L'étude "comportementale" visant à comprendre les agissements, les
motivations des OVNI et de leurs éventuels occupants. Cette étude présuppose la
réalité du phénomène, et les dernières années d'analyse semblent nous indiquer
que notre logique soit inefficace pour nous y atteler, et qu'il faille en
adopter une logique. Peut-être la logique tétravalente, citée précédemment dans
cette liste, est-elle une base utile, peut-être pas. Peut-être ne pourrons nous
comprendre qu'une fois arrivés au niveau d'évolution supposé des ces entités
non moins supposées.
© Jérôme Beau - Site Internet : RR0 .