S E C R E T
SECURITY INFORMATION
G-1579-4
cc : B. D. Thomas
H. C. Cross/A. B. Westerman
L. R. Jackson
W. T. Reid
P. J. Rieppel
V. W. Ellzey/R. J. Lund 9 janvier 1953
Files
Extra
M. Miles E. Goll
Box 9575
Wright-Patterson Air Force Base, Ohio
A l'attention du capitaine Edward J. Ruppelt
Cher M. Goll :
La présente lettre a pour objet une recommandation préliminaire
à l'ATIC au sujet des méthodes futures de traitement du
problème des objets volants non identifiés. Cette
recommandation est basée sur notre expérience à ce jour dans
l'analyse de milliers de rapports à ce sujet. Nous considérons
cette recommandation comme préliminaire parce que notre analyse
n'est pas encore terminée et nous ne sommes pas en mesure de la
documenter sur les points où, à notre avis, elle devrait être
supportée par les faits dérivés de l'analyse.
Nous faisons cette recommandation de manière prématurée à
cause d'une réunion d'un comité scientifique patronné par la
CIA, qui doit se tenir à Washington les 14, 15 et 16 janvier
1953 pour examiner le problème des « soucoupes volantes ». La
réunion organisée par la CIA fait suite à une réunion entre
la CIA, lATIC et nos représentants qui s'est tenue à
l'ATIC le 12 décembre 1952. Lors de cette réunion du 12
décembre, nos représentants ont fortement recommandé de ne pas
établir de comité scientifique avant que notre analyse des
témoignages collectés par l'ATIC soit disponible. Puisqu'une
réunion est maintenant fixée de manière définitive, nous
pensons qu'il est nécessaire que le projet Stork et l'ATIC
arrivent à un accord concernant ce qui peut et ce qui ne peut
pas être discuté lors de la réunion de Washington les 14-16
janvier au sujet de notre recommandation préliminaire à l'ATIC.
Notre expérience à ce jour dans l'étude des objets volants non
identifiés fait ressortir un net manque de données fiables sur
lesquelles nous pourrions travailler. Même les rapports les
mieux documentés manquent souvent d'informations critiques qui
rendent impossible une identification positive ; en d'autres
termes, même dans un rapport bien documenté, il existe toujours
un élément de doute sur les données, soit parce que
l'observateur n'était pas en mesure d'obtenir les données
requises, soit qu'il ne pouvait pas utiliser les moyens qui
étaient à sa portée. Nous recommandons donc qu'une expérience
contrôlée soit organisée pour obtenir des données physiques
fiables. Un plan préliminaire grâce auquel l'expérience
pourrait être montée et exécutée est présenté dans le
paragraphe suivant.
Sur la base de notre expérience actuelle, nous nous attendons
à ce que certaines conclusions soient atteintes à l'issue
de notre analyse et qu'elles rendent évident le besoin d'un
effort nouveau pour obtenir des données fiables venant
d'observateurs compétents utilisant un équipement adéquat.
Aucune réponse positive ne pourra être donnée au problème
avant qu'un plus grand nombre de données fiables soit
disponible.
Nous nous attendons à ce que notre analyse démontre que
certaines zones des Etats-Unis ont connu un nombre anormalement
élevé d'incidents d'objets volants non identifiés ayant fait
l'objet de rapports. En supposant, sur la base de notre analyse,
que plusieurs zones bien définies productrices de rapports
puissent être sélectionnées, nous recommandons qu'une ou deux
de ces régions soit établie en zone expérimentale. Cette
région ou ces régions, devrait être dotée de postes
d'observation avec surveillance visuelle complète du ciel,
couverture radar et photographique, plus tous autres instruments
nécessaires ou susceptibles d'aider à l'obtention de données
positives et fiables sur tout ce qui se trouve dans l'air
au-dessus de la région. Un enregistrement très complet des
conditions météorologiques devrait être tenu pendant toute la
durée de
l'expérience. La couverture devrait être assez complète pour
suivre n'importe quel objet aérien et pour que l'information
ayant trait à son altitude, vitesse, taille, forme, couleur,
heure de la journée, etc. puisse être enregistrée. Tous les
lancers de ballons ou trajectoires connues de ballons, vols
d'avions et trajectoires de fusées dans la région-test
devraient aussi être portés à la connaissance des directeurs
de l'expérience. De nombreux types différents d'activité
aérienne devraient être secrètement et systématiquement
organisés à l'intérieur de la zone.
Nous nous rendons compte du fait que cette expérience que nous
proposons équivaudrait à une manuvre ou opération
militaire de grande envergure et qu'elle exigerait des
préparations intensives et une excellente coordination,
accompagnée de la sécurité la plus totale. Bien qu'il s'agisse
d'une opération majeure, qui serait chère, des bénéfices
secondaires nombreux seraient obtenus en plus des données ayant
trait aux objets volants non identifiés.
La question se pose de savoir exactement ce qu'on pourrait tirer
de l'expérience proposée. Comment peut-on résoudre le
problème de ces objets non identifiés ? A partir de cette
zone-test, pendant la durée de l'expérience, on peut s'attendre
à recevoir un flot de rapports venant de citoyens ordinaires
ayant fait des observations, en plus de celles faites par des
militaires et autres observateurs officiels. Grâce à une telle
expérience, on devrait pouvoir démontrer l'identité de tous
les objets rapportés ou bien déterminer positivement qu'il
existe bien des objets dont l'identité est inconnue. Dans de
telles conditions, tout canular pourrait être dénoncé avec une
quasi-certitude, peut-être pas publiquement, mais au moins pour
l'autorité militaire.
De plus, sur la base des données obtenues à partir de cette
expérience contrôlée, les rapports des cinq dernières années
pourraient être réévalués, à la lumière d'informations
similaires, mais positives. Cela devrait permettre d'atteindre
des conclusions raisonnablement certaines quant à l'importance
du problème des « soucoupes volantes ».
Les résultats d'une telle expérience, telle que nous l'avons
décrite, pourraient aider l'Armée de l'air à déterminer quel
niveau d'attention elle devrait accorder à des situations
futures où, comme ce fut le cas l'été dernier, des milliers
d'observations sont rapportées. A l'avenir, donc, l'Armée de
l'air devrait être en mesure de faire des déclarations
positives, rassurantes pour le public, indiquant que la situation
est bien tenue en main.
Bien à vous,
HCC :ee H. C. Cross
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Le document original, publié par le CUFOS, dans International UFO Reporter, Vol.18 - N°3, Mai-juin 1993