Lumières dans la Nuit - n° 346 - Juillet-août 1997


5 juin 1997, la Houssaye-en-Brie (Seine-et-Marne)

Jean-Louis Lagneau (qui anime, avec Johnny Destouches, le GEIPIS) a enquêté sur ce cas le 2 octobre, et a recueilli des précisions supplémentaires deux semaines plus tard.

L'incident s est produit vers 2 ou 3 h du matin, le jeudi 5 juin. Les témoins, au nombre de deux, se prénomment Nathalie et Marc. Ils étaient assis dans la voiture de Marc, et parlaient de choses et d'autres. D'autres personnes qu'ils connaissaient bien (des grévistes occupant leur lieu de travail) se trouvaient non loin de là.

Nathalie commence ainsi son récit (qui est confirmé par Marc) :

« J'aperçus dans le ciel un phénomène étrange. Cela ressemblait à une roue... Il y avait environ douze lumières, comme des phares. Elles tournaient dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Nous avons pu observer le phénomène pendant plus de deux heures. Je voulais avertir les autres (les grévistes qui dormaient), mais j'avais la sensation d'être clouée à mon siège. Au bout de deux heures environ, nous sommes partis nous coucher. »

Le phénomène était visible en direction de l'obélisque et de Meaux, c'est-à-dire vers le nord, à une trentaine de degrés au-dessus de l'horizon. Les tailles apparentes indiquées par Nathalie sont surprenantes : 60 cm à bout de bras (à 2 cm près) pour l'ensemble des lumières tournantes, auquel il faut ajouter un ensemble de trois « traits » parallèles qui faisaient 1m environ à bout de bras, et qui étaient séparés des lumières tournantes par un intervalle correspondant à une trentaine de centimètres, toujours à bout de bras.

L'ensemble du phénomène remplissait donc la totalité du champ visuel des témoins, et il avait même tendance à en déborder sur les côtés : « Ça remplissait tout le pare-brise ».

Nathalie indique, pour chacun des trois « traits », une largeur apparente d'environ 3 cm à bout de bras. On peut donc parler de tubes, plutôt que de traits.

Les « phares » étaient de couleur vert émeraude, alors que les « tubes » étaient d'un vert pâle. Les formes étaient bien nettes. Aucun halo ne les entourait.

Par moments, le phénomène semblait basculer sur lui-même, tout en continuant à tourner dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Ceci se répétait régulièrement.

L'aspect global du phénomène suggère évidemment un skytracer, les « phares » et « traits » correspondant respectivement aux impacts et aux faisceaux. Mais pour diverses raisons, que voici, cette explication n'est manifestement pas la bonne :

1°) Nathalie sait très bien ce qu'est un skytracer, et elle a l'habitude d'en voir (notamment celui du Tiffany, une boite de nuit à Guignes-Rabutin). Selon elle, et malgré la vague ressemblance générale, aucune confusion possible.

2°) II n'y avait pas de nuages, et on voyait les étoiles. Cette circonstance ne permet pas d'interpréter la douzaine de « phares » comme autant d'impacts d'un sky sur une couche nuageuse. En outre, les trois « traits » étaient nettement séparés des « phares ».

3°) Ces trois « traits » étaient fixes, alors que la couronne de « phares » ne cessait pas de tourner.

4°) Ils ne venaient pas du sol, et étaient inclinés (d'environ 5°) par rapport à l'horizontale, comme indiqué sur le schéma.

5°) Les couleurs (vert pâle et vert émeraude) ne correspondent à aucun type de sky connu, comme nous l'a confirmé Jocelyn Morel (qui a récemment mis à jour son catalogue des divers types de skytracers en service en France, avec leurs différentes caractéristiques).

Jean-Louis Lagneau s'est d'ailleurs renseigné auprès de la gérante d'un dancing local, pour savoir si une signalisation lumineuse avait été utilisée cette nuit-là. La réponse a été négative.

Il a en outre contacté les cibistes de la région : rien de spécial n'a été signalé à cette date. C'est assez surprenant, compte tenu des dimensions apparentes attribuées au phénomène (et même si on peut imaginer qu'elles aient été légèrement surévaluées). En effet, la nationale 36 (Melun-Meaux) passe à 500 m environ du lieu où se trouvaient les témoins. Jean-Jouis Lagneau en déduit que la distance entre les témoins et le phénomène devait être très courte. (Mais nous ne savons même pas si ce genre de manifestation lumineuse est, ou n'est pas, localisé dans l'espace).

Cette observation repose le problème du « parasitage des skytracers » : nous avons affaire, non pas à un sky, mais à quelque chose qui semble en être une imitation grossière, avec des taches vert émeraude, très nettes, dans un ciel sans nuages, et les trois traits figurant (très mal !) les faisceaux d'un sky.

Nathalie ne s'explique pas comment son collègue et elle ont pu assister à ce spectacle sans réagir, pendant environ deux heures. Elle envisage de prendre des mesures concrètes pour tenter de trouver une réponse à cette question. C'est donc Vincent Michel (1) qui prendra très prochainement le relais dans cette enquête.

(1) : voir LDLN 329, pp. 26 et suivantes


15 ou 17 juin 1997, Fontenay-Trésigny (Seine-et-Marne)

L'incident dont voici le récit constitue une suite à celui du 5 juin. Fontenay-Trésigny se trouve sur la N4, à 4 km au sud de la Houssaye.

Il y a cette fois-ci six témoins : Nathalie (l'un des témoins du 5 juin) et Gilles, Céline et Karim, Corinne et son mari Dominique.

Tout commence vers minuit. Dominique et Corinne sont sur leur balcon, situé au premier étage. Ils aperçoivent un ovni qui passe au-dessus des HLM. Karim, qui se trouvait dans son jardin, les entend et les voit faire des appels à l'aide d'une lampe-torche, en direction de l'objet. Se rappelant que Nathalie s'intéresse aux OVNI depuis son observation de début juin, il court pour l'avertir du phénomène.

Nathalie, Gilles et Karim sortent de leur immeuble, et regardent aussitôt dans la direction désignée par Karim. Ils ne voient d'abord rien, puis Nathalie découvre l'ovni à la verticale de leur position. Il paraît très bas, et Nathalie s'exclame : « Mais c'est le même que j'ai vu à la Houssaye ! ».

L'objet se dirige vers le bout de la rue. Nathalie le suit, mais ses amis, moins hardis, rebroussent chemin. La chose s'immobilise au-dessus des pavillons.

Soudain, les lumières se mettent à tourner très rapidement, dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, et ne forment plus qu'un cercle lumineux, qui oscille de droite à gauche. Cela va durer une bonne heure. Le phénomène, très lumineux, est de couleur vert émeraude (comme le 5 juin).

Finalement, en l'espace de cinq secondes environ, les lumières se rassemblent au centre, le phénomène prend un aspect diffus, ne forme plus qu'un trait de lumière, et part vers la gauche, en direction de Rozay-en-Brie.

Lors du survol, le phénomène donnait l'impression de n'être qu'à cinq mètres au-dessus de la tête des témoins !

Lorsqu'il se balançait, l'objet semblait par moments changer d'inclinaison (comme dans l'observation du 5 juin). Il ne sortait jamais d'un espace délimité par les toits de deux maisons.

Nathalie fut effrayée par ce spectacle. Elle imagina que la chose était revenue la chercher. Elle eut l'impression que le phénomène manifestait de la colère, qu'il ne trouvait pas ce qu'il cherchait...

A la suite de cette seconde observation, elle fit des cauchemars, dans le récit desquels Jean-Louis Lagneau a noté certains détails qui paraissent remarquables : on les trouve dans le témoignage d'un garçon de 7 ans, qui habite également Fontenay-Trésigny, et qui affirme avoir reçu la visite d'étranges personnages, dans sa chambre, il y a deux ans (alors qu'il était donc âgé de 5 ans). Sa propre mère, ainsi que son oncle, ont été eux aussi témoins d'apparitions, dans cette même pièce.

C'est un sujet sur lequel nous reviendrons probablement.


8 novembre 1997, Fontenay-Trésigny (Seine-et-Marne)

Il semble que les observations faites en juin (le 5, puis le 15 ou 17) aient eu, tout récemment, une suite, qui concerne tout particulièrement Nathalie. Jean-Louis Lagneau et Johnny Destouches ont été les premiers à recueillir son témoignage, qui pose beaucoup de questions...

Peu après minuit, dans la nuit du vendredi 7 au samedi 8, Nathalie avait quitté Céline (sa soeur) et Karim, et était rentrée chez elle. Les deux appartements ne sont distants que de 250 ou 300 m.

Karim sortit alors promener sa chienne, et que vit-il dans le ciel, en direction du nord-nord-est ? Les lumières tournantes, comparables à celles de juin ! Le ciel était parfaitement dégagé, en cette nuit du 7 au 8 : on voyait très bien les étoiles. Pas question, donc, de rechercher une explication à base de sky-tracer.

Karim se précipita chez lui pour avertir Céline, qui téléphona aussitôt à sa soeur : « Nathalie! Réveille-toi, regarde les lumières! ».

Nathalie, qui s'était endormie non pas dans son lit, mais sur un canapé, répondit qu'elle était fatiguée, et qu'elle avait besoin de dormir. En son for intérieur, elle se disait « Il faut que je me lève. Il faut que je filme ça ». Elle avait d'ailleurs préparé son caméscope, le soir-même, à tout hasard... Pourtant, elle n'arrivait pas à se lever !

Son absence de réaction est d'autant plus étonnante que Nathalie est une jeune femme intelligente, qui a adopté une attitude active, face à ses expériences du mois de juin

Etonnée de cette absence de réaction, Céline se précipita chez sa soeur, la secoua, tenta de la faire réagir. Rien n'y fit : Nathalie l'envoya purement et simplement balader...

Le lendemain matin (c'est-à-dire, en fait, toujours le samedi 8), c'est Nathalie qui alla chez Céline, pour lui demander si elle était bien venue au cours de la nuit, et si elle n'avait pas rêvé. C'est qu'après le départ de Céline, elle avait passé une nuit quelle n'oubliera pas de sitôt. Elle s'était rendormie aussitôt, et avait fait un rêve étrange.

Elle se trouvait dans une pièce ronde, sombre. Quatre formes vaguement humaines, transparentes, blanchâtres, l'entouraient. Ils n'avaient pas l'air d'être méchants...

Le personnage de gauche s'approcha lentement. Il tenait, dans une pince à épiler, un petit objet plat, de forme carrée, et il avait manifestement l'intention de lui enfoncer la chose à l'arrière du cou, sur le côté gauche.

Nathalie, dans son rêve (s'il s'agit bien d'un rêve), se débattait en vain...

Elle cessa de bouger lorsque le personnage tourna son regard vers ses compagnons. Elle vit alors ses cheveux blancs, qui dépassaient sur les côtés, et ses yeux noirs, un peu plus grands que les nôtres, son visage assez doux. Il pouvait avoir dans les quarante-cinq ans.

Nathalie se réveilla, et regarda l'heure : il était 3 h 38. Elle se souvenait de son rêve, mais n'était pas traumatisée pour autant. Elle se recoucha, non plus sur ce canapé, mais dans son lit. Elle rêva à nouveau, mais il s'agissait cette fois d'un rêve « normal », où il était question de fourmis...

Le dimanche 9 novembre, vers 13 h, on pouvait voir derrière et sous l'oreille gauche de Nathalie une petite trace rouge. Cela faisait « comme quand on est enflé », et cela chauffait un peu. A 17 h, cette trace n'était plus visible, mais Nathalie souffrait de douleurs (supportables) dans les deux oreilles, surtout celle de gauche. Cela lui faisait comme lorsqu'on est dans un avion qui change rapidement d'altitude, et elle éprouvait des vertiges.

Lorsqu'on demande à Nathalie s'il s'agissait vraiment d'un rêve, elle répond : « J'avais vraiment l'impression de vivre la scène. Une impression de réel... ».

L'affaire en est là. On peut supposer qu'elle n'est pas terminée. Nathalie ne connaît rien à l'ufologie. Nous ne lui avons rien donné à lire, afin d'éviter que des apports extérieurs n'interviennent dans le travail de régression que Vincent Michel doit entreprendre dès le 14 novembre. Affaire à suivre.