Un fait maudit, histoire originale et phénoménologique du fait ovni - tome Ier : des origines à 1947 - Introduction

Par Thibaut Canuti

P.S: J'ai personnellement ajouté quelques notes en bas de page


« Comme je l’ai indiqué… je crois qu’il y a lieu de prendre en très sérieuse considération l’hypothèse que ces objets insolites constituent une certaine forme de sondes extraterrestres. Jusqu’à ce que j’eusse entrepris une étude personnelle du problème, je n’étais pas disposé à accorder crédit à une telle hypothèse. Après un an d’études intensives, je dois encore ne la considérer que comme une hypothèse, mais je dois souligner que mes recherches me poussent fortement à admettre que cette hypothèse est la seule présentement acceptable si l’on veut rendre compte du nombre tout à fait étonnant d’observations à basse altitude et à faible distance qui sont maintenant enregistrées dans le monde entier et qui portent sur des objets ayant l’apparence de machines…

A de nombreux étudiants sérieux du phénomène Ovni, il apparaît concevable que quelque chose comme une surveillance du globe par les ovnis a été mise en œuvre au cours de ces dernières années. S’il y a quelque chance, même vague, que cette vue soit exacte, alors notre présente ignorance de l’intention et du plan d’une telle surveillance doit être rapidement remplacée par une compréhension aussi complète que possible de ce qui se passe. Si le phénomène total est de quelque autre nature, il nous faut aussi le savoir. L’ignorance présente, la négligence présente et la présente raillerie, tout cela constitue de regrettables traits de nos attitudes collectives à l’égard de ce qui peut être, pour tous les peuples du monde, une affaire d’une importance pressante… »

Dr. James E. MacDonald, Doyen de l’Institut de Physique atmosphérique et professeur à la section de Météorologie de l’Université de l’Arizona, lettre à M. U. Thant, secrétaire général de l’ONU, 5 juin 1967.


Difficultés conceptuelles et sémantiques

Il est tout à fait remarquable de constater que certains sujets très sérieux sont, aujourd’hui et depuis les origines de l’étude scientifique et de la science en tant que corps social, maudits de facto. Malgré leurs intérêts scientifiques nombreux et divers, ils font l’objet d’un tabou voulu par la bienséance, un certain corporatisme, les sacro-saintes valeurs anthropocentristes et de vulgaires considérations de carrière.
Et pourtant sur une échelle de valeur dont le fondement serait l’intérêt direct et l’édification de l’humain, bien des études paraissent plus absconses et vaines que celle de la question ovni.
Sommes-nous la seule espèce organique ou entité vivante, dominante et évoluée dans l’univers ? Est-il concevable qu’à certains moments de notre histoire, ou de manière discontinue dans le temps, nous ayons pu être visités par des civilisations « étrangères » à notre monde et si oui, par quel biais ?
Notre civilisation humaine continue t’elle d’être sous surveillance ? Si l’on admet la réalité, ne fut-ce que d’une infime partie de la masse des observations humaines d’ovni à notre disposition, -et c’est ce que nous nous efforcerons de démontrer dans la présente étude-, quelles hypothèses peuvent être formulées ? Cette réalité est-elle intelligible à l’entendement humain ou définitivement circonscrite au domaine du paranormal ou de la psychiatrie ? Quelles sont les conséquences et fins du phénomène pour notre société humaine ?

Ce questionnement seul, pourtant logique et légitime en tant qu’objet scientifique, suffit à soulever un problème aux multiples facettes. Le principal argument objecté par les négateurs du phénomène est que les observations d’ovni ne pouvant être scientifiquement reproductibles, l’étude de ces faits est impossible. Cet argument est navrant. D’abord parce que l’étude approfondie de ces faits révèle des similitudes, des archétypes et suggèrent une rationalité qui peuvent être mesurables et relevés empiriquement. Enfin ce serait dénier alors tout intérêt aux diverses formes de recherche théorique et aux sciences humaines et sociales, pour lesquelles le témoignage est un outil reconnu, pour peu qu’il ait été décrypté et recoupé. Plus que pour aucun autre sujet, les positions irréconciliables sont un écueil qui se doit d’être dépassé.
Ainsi, si nous préférons parler de fait ovni, tout en reconnaissant le phénomène qui recouvre cette question et dont les résonances sont multiples, c’est parce qu’il semble important de poser, de par la continuité et la masse des rapports d’observations d’ovnis dont nous nous proposons de rendre compte dans le présent ouvrage, la réalité -sans parler de matérialité ce qui serait déjà en somme une amorce de spéculation- de ces mêmes observations, une constatation que tout esprit scientifique sérieux devrait faire à l’examen des nombreuses pièces du dossier ovni.

Or, le simple fait d’aborder le sujet nous amène à une première difficulté sémantique. Qu’il s’agisse des observations de véhicules ou de leurs occupants, la question des mots se pose plus que jamais pour un sujet auquel certains dénient toute réalité. Faut-il user du terme « extraterrestre » ? Mais ces corps peuvent provenir d’une autre dimension ou d’un autre temps. D’humanoïdes ? Mais ce terme pourrait s’appliquer à certains grands primates. D’ovnis ? Mais sont-ce vraiment des objets, quelle est la part à attribuer, pour estimer le phénomène, aux explications dites « normatives » ?
Le lecteur aura compris qu’attribuer une dénomination à un sujet sur lequel l’état de nos connaissances demeure partiel et incertain, est une grande difficulté. Il n’en reste pas moins que le terme ovni, au même titre que celui d’extraterrestre, semble aujourd’hui communément acquis. Si ces termes sont ici utilisés, c’est afin de ne pas compliquer outre mesure par un jargon qui n’aurait le mérite que d’être adéquat mais ne parlerait à personne, un sujet qui ne demande au contraire qu’à être clarifié. Cependant, nous nous permettrons de ne pas tirer les conclusions que ces dénominations impliquent. Si nous parlerons, tout le long de cette étude, d’ovnis, il nous paraît tout à fait hasardeux de reconnaître à ces observations fugitives et individuelles, une matérialité qui n’est pas forcement l’essence du monde visible. De même, lorsque nous évoquerons l’hypothèse extraterrestre, ce sera en l’entendant comme un « ailleurs » non-identifié, une volonté intelligente extérieure aux sociétés humaines en interaction avec notre environnement.
Il convient donc dès à présent de rappeler que toute dénomination d’un sujet dont la nature reste indéterminée, est un jeu de hasard qui n’est finalement jamais pleinement satisfaisant, pas plus qu’il n’est innocent. Même si l’on pose le postulat de l’existence d’une civilisation non humaine, rien ne nous indique définitivement que ladite civilisation serait forcément extra-terrestre. L’étude du fait ovni oblige celui qui s’y adonne à une ouverture extrême sur le champ du possible et impose, en conséquence, un profond relativisme à l’égard de ce qui constitue notre perception du temps, de l’espace et des grandes lois de l’univers. En soit, l’étude d’une telle question est un défi à l’idée de recherche et demeure une entreprise humble.

Cependant, il ne nous aura pas échappé que le terme « ovni » contient déjà en lui toutes les trames et ressorts qui lui sont propres aujourd’hui. Ainsi de quelqu’un sur lequel on ne sait pratiquement rien, qui est mystérieux, incompréhensible, introuvable ou insondable, on pourra dire que c’est un ovni. Certaines dénominations parmi les plus courantes, « extraterrestre », « martien » ou bien « petit homme vert » mériteraient l’attention du linguiste. Deux conclusions s’imposent de l’étude de ce type de signifiants usuels en rapport avec notre sujet : l’intense proximité conceptuelle, populaire du sujet avec l’homme d’une part, longue construction historique dont nous tacherons de démêler les fils et enfin, la déconsidération, « signifiée » par l’usage évidemment non-hasardeux de ce type de terminologie.

Les réticences de la communauté scientifique et de l’opinion.

D’une façon générale, les réticences de la communauté scientifique sont pour une grande part culturelles. S’intéresser à ces questions pour un scientifique correspond clairement à saborder sa carrière. On entre en ufologie, un peu comme en clandestinité et bien des chercheurs scrupuleux, honnêtes passent vainement un temps considérable à se disculper de leur coupable passion. En réalité, il n’y a pas de démarche plus scientifique que celle de l’ufologue respectable, puisque par nature, il est amené à devoir se justifier toujours plus qu’un archéologue, qu’un ethnologue ou qu’un psychologue sur ce qu’il avance, parce que l’hypothèse extraterrestre, l’idée même d’une altérité toute à la fois inquiétante, exotique et familière, est au détour de chaque cas d’ovni et qu’elle heurte notre système intellectuel, fruit d’une éducation et d’un inconscient collectif où l’homme est au centre de l’univers comme son pendant l’individu, règne aujourd’hui sur nos modes de perception. Paradoxalement, le phénomène ovni renvoie immanquablement pour l’opinion à l’idée d’une dimension cosmique de l’humain et reste donc un sujet fascinant, suscitant tour à tour, de la part de ceux qui en mesurent l’étendue comme de ceux qui le nient obscurément, des réactions souvent épidermiques. Le sujet est manifestement trop sensible pour être étudié sereinement.
Le problème réside avant tout, du point de vue des scientifiques, dans le fait qu’il soit intrinsèquement rétif à tous les schémas d’étude en cours. Traces, récits et mesures aléatoires, non reproductibilité du fait ovni, impossibilité d’établir des statistiques valides scientifiquement puisque aucun cas n’est authentifié à 100%, confrontation avec un « inconnu » pour lequel le chercheur ne dispose d’aucun cadre de référence, ce qui est sans doute le « plus grand problème scientifique de notre temps » semble définitivement échapper à toute tentative d’appréhension.

Enfin, les tabous transgressés par cette hypothèse sont nombreux. D’ordre religieux tout d’abord, si ces civilisations existent, l’avance technologique leur ayant permis de voyager sur de telles distances les rend scientifiquement, et donc vraisemblablement intellectuellement, très supérieurs à l’espèce humaine. Pour les religions judéo-chrétiennes notamment, l’homme est créé par Dieu à son image, qu’il soit attendu par les israélites, vénéré par son action terrestre pour les chrétiens, nos conceptions religieuses partent du postulat suivant, l’homme est la créature dominante issue de la volonté divine, et il n’est fait aucune référence à d’autres créations de semblable nature. Au mieux, « Mon royaume n’est pas de ce monde » , est-il fait mention d’une autre dimension.

Il semble donc que, de par sa culture anthropocentriste et profondément rationaliste, l’homme ne soit pas prêt à se pencher sérieusement sur cette question. C’est d’ailleurs l’opinion des gouvernants presque dans leur ensemble, qui préfèrent traiter ce problème dans l’opacité, en trahissant néanmoins un intérêt certain et une alerte perpétuelle. Il n’est pas déraisonnable d’imaginer qu’une prise de contact avec une civilisation extraterrestre aurait de larges conséquences sociologiques et du point de vue des croyances. Notre évolution pourrait en pâtir et nos sociétés connaître un choc culturel profondément néfaste et dont l’histoire nous a déjà fourni des exemples.
La seule expérience grandeur nature de réaction du public à cette annonce, fut lors du canular radiophonique imaginé par Orson WELLES le 30 octobre 1938, « La guerre des mondes », où le cinéaste fit croire à près de six millions d’auditeurs américains de la « Mercury Radio Ensemble » que notre planète était envahie par des martiens1. Welles s’était adjoint les services d’imitateurs pour les interventions des officiels et présenta « en direct » et minutes par minutes l’événement, l’approche des « Martiens », le passage de l’Hudson et la mise à sac de New-York. On déplora des embouteillages monstres, des accidents de circulation dans les Etats de New-York, Pennsylvanie et New-Jersey. Ce fait a son importance car il servit sans nul doute de référence pour ceux qui préconisèrent le secret quant au traitement du fait ovni et de ses réalités les plus inquiétantes. Témoin de l’importance, aujourd’hui mésestimée, de l’événement à l’époque, le « New York Times » du 31 octobre 1938 titrait en première page :

« Prenant une fiction pour la réalité, les auditeurs d’un programme radio cèdent à la panique ».

« Les auditeurs, apparemment, ont manqué ou n’ont pas écouté l’introduction du programme, à savoir : « Le Columbia Broadcasting System et ses stations affiliées présentent Orson Welles et la troupe du Mercury Theatre dans La Guerre des Mondes de H.G. Wells. Ils ont également omis de faire le rapport entre l’émission et son annonce dans le programme radio publié dans la presse. Ils ont de même ignoré trois annonces supplémentaires en cours d’émission, soulignant son caractère fictif…
A Newark, dans le périmètre d’un seul pâté de maison, plus de vingt familles se sont jetées dans la rue, le visage couvert de mouchoirs et de serviettes pour se protéger de ce qu’ils croyaient être un raid au gaz toxique. Dans New-York, des familles entières ont quitté leurs domiciles pour se réfugier dans les parcs. Des milliers de personnes ont appelé la police, les journaux et les stations de radio, pour s’enquérir des mesures de protection à suivre contre les raids.
Nombre de personnes ont demandé comment elles pouvaient mettre en pratique les conseils de l’émission et quitter la ville, si elles seraient mieux à l’abri des « gaz toxiques » dans leur cave ou sur leur toit, et quelles mesures il convenait de prendre pour protéger leurs enfants.
Un homme qui appelait de Dayton dans l’Ohio, a voulu savoir à quelle heure aurait lieu la « fin du monde », et une femme a appelé la compagnie des autocars pour se plaindre au standardiste « que le monde touche à sa fin, et qu’il me reste beaucoup à faire ».

Ces réactions ne sont pas à porter au seul crédit de la crédulité populaire. Les circonstances de l’écoute, la crédibilité du média radiophonique alors dominant en l’absence de télévision, ont pu donner une appréciation de ce que serait la réaction du public à l’annonce d’un contact avec une intelligence extraterrestre, qui dans ce cas précis s’avérait être clairement hostile. Orson Welles fut le premier à être étonné de la réaction d’hystérie collective qu’il avait suscité. Sans doute avait il touché là une corde sensible de l’entendement humain ?

Le phénomène ovni, un traitement injustifié

Rentré dans l’imaginaire collectif, le phénomène OVNI connaît un traitement injustifié. La majeure partie des scientifiques et de la population occultent ainsi des centaines de milliers de témoignages dont l’apparition coïncide avec l’histoire de l’homme, les anciens avaient mal interprété des phénomènes atmosphériques rares. Les photos, études ou preuves matérielles ou physiques, même celles ayant fait l’objet de rigoureuses études dont les comptes-rendus furent édités et rendus publics ou donnèrent lieu à des enquêtes serrées, les témoins d’OVNI ont toujours aperçu autre chose et la liste est longue des hypothèses pas toutes crédibles se substituant trop souvent à l’évidence, vols d’oiseaux, cristaux de glace, nuages lenticulaires, hallucinations, hystéries collectives, formations gazeuses, foudre en boule, plasmas, confusion avec un appareil prototype, intox ou paravent gouvernemental pour des opérations secrètes jusqu’aux thèses les plus fantaisistes reliant OVNI, insaisissables Atlantes et mystère des Bermudes…
Au milieu de toutes ces digressions, il est bien difficile, pour un esprit curieux ou un chercheur soucieux de s’occuper d’ufologie, d’y voir clair et ce d’autant plus que même lorsque certains chercheurs véhiculent des informations exactes, ces dernières sont souvent livrées sans aucune mention de sources. A l’écart de toute recherche officielle, et sans que de grands « canons » viennent diriger cette communauté éclatée, l’ufologie offre deux images d’elle-même, l’une scientifique et ayant admis les grands principes méthodologiques présidant à toute démarche de connaissances. L’autre, irrationnelle et fantaisiste, drainant dans certains cas des visées sectaires et spiritualistes.

Nous nous rangeons définitivement dans la première catégorie et la présente étude est le fruit d’une collecte systématique d’informations qui peuvent être vérifiables. La mention des sources revêt un caractère primordial en ce sens qu’elle crédibilise toute recherche et cet impératif est indispensable en la matière. Citer des sources directes n’est d’ailleurs pas une contingence si insurmontable, l’ensemble du dossier OVNI contenant assez de cas troublants, recoupés par des témoins multiples et qui, passés au crible d’enquêtes très approfondies, continuent de demeurer un mystère. Il nous semble pourtant que tous les éléments sont en main pour se faire une idée de la réalité, encore faut il reconnaître comme Sherlock Holmes, qu’une fois éliminées toutes les théories, celle restante fut-elle incroyable, doit être nécessairement le reflet de la vérité.
Nous avons taché d’aborder ce sujet avec ouverture et en subordonnant nos réflexions aux seuls faits contenus dans le dossier OVNI. La première constatation est celle de la masse documentaire à disposition et sa persistance au cours de l’histoire. D’évidentes considérations statistiques nous imposent de considérer d’emblée qu’un pourcentage de ces témoignages, fut-il minime, doit correspondre à une réalité ne trouvant aucune explication « rationnelle » ou normative. Malheureusement, le confort intellectuel l’emporte souvent sur la curiosité, la recherche de la vérité, la tolérance et l’ouverture d’esprit qu’exige une telle question.

Aujourd’hui encore, les institutions sont rétives à l’étude de ce phénomène qui intéresse pourtant de nombreux secteurs de la connaissance, cette question touchant de manière générale à celle de nos origines, à l’histoire et à la sociologie, à la Défense et à la sécurité des citoyens ainsi qu’à la recherche fondamentale en physique ou en astronomie et ses applications technologiques telles que la propulsion d’engins spatiaux. A défaut de prises de position claires, certains chercheurs obstinés cohabitent avec des passionnés au sein d’organisations privées de recherche, et de nombreuses sectes font de ce sujet le terreau de leurs activités, comme nous le verrons plus avant, avec un degré de dangerosité divers. Rappelons donc ici qu’un chercheur digne de confiance ne propose pas de solutions toutes faites. Il se contente, par la collecte et l’examen de mesures, de preuves scientifiques et l’étude des témoignages humains et travaux scientifiques, de pointer le doigt sur les réalités d’un phénomène, l’important étant moins les conclusions que la démarche qui a présidé à celle ci. Les sectes, proposent des dogmes, c’est à dire un ensemble de croyances et de principes auxquels il faut adhérer inconditionnellement. Le clivage est irréconciliable.
Dans ce but, nous tacherons de démontrer que les meilleurs travaux d’ufologie, associant souvent à la problématique ovni la méthode sociologique de l’enquête ainsi que le dépouillement des sources orales en matière historique peuvent nous permettre de réfléchir positivement à cette grande question.

L’objet de notre étude se veut donc, au travers d’une approche historique de l’ensemble du phénomène OVNI et des ses manifestations ainsi que ses conséquences sur notre système de pensée, d’un examen des faits avérés et ayant donné lieu à des études empiriques. De même, cet ouvrage d’histoire contemporaine espère réhabiliter le témoignage humain en matière d’OVNI, le témoignage étant la base de travaux reconnus en sciences sociales et humaines, et contribuer à le sortir de l’opprobre dans laquelle il végète injustement et de s’en saisir avec le même respect et la même prudence qu’un témoignage de résistant français. Enfin, nous nous intéresserons également à l’ufologie en tant que telle, science non reconnue et pourtant bien présente par ses figures de proue et ses travaux, discipline balbutiante et émanation directe de cette réalité incomprise. Notre approche ne se veut certes pas novatrice puisque d’autres chercheurs, pionniers en la matière se sont déjà intéressés à tous les aspects ou presque du phénomène. Nous ne prétendons donc nullement ici faire œuvre de pionnier et révéler de nouveaux faits à l’attention du public, mais pointer le doigt sur un ensemble et réfléchir sur les raisons qui nous ont amené à ne pas le recevoir. Notre tâche sera remplie si à l’aide de cette étude, les esprits ouverts et curieux prennent connaissance des éléments du dossier, en apprécient l’évolution historique et en dernier ressort, se forgent une opinion argumentée sur la réalité du phénomène.

L’hypothèse « extraterrestre ».

La plupart des scientifiques, au regard de notre savoir astronomique et de notre connaissance actuelle de l’univers, veulent bien admettre que la vie ait pu naître ailleurs et les récents travaux en exobiologie nous apprennent que les composés élémentaires présents sur Terre se retrouvent ailleurs dans le cosmos, ou que la vie sur Terre aurait pu éclore après l’impact d’une météorite chargée de bactéries extraterrestres sur notre planète. Certains plus audacieux, reconnaissent comme plausible la théorie d’univers parallèles et gémellaires et si l’on y songe, la théorie d’un univers en perpétuelle évolution ne dépasse t’elle pas en soit les limites de l’imagination humaine ?
Par ailleurs, l’idée selon laquelle d’autres civilisations aient pu prospérer ailleurs est un point que la plupart des scientifiques s’accordent à considérer comme recevable. Cette idée est d’ailleurs fort ancienne.

Lucrèce, dans son De natura rerum, écrit : « Tout cet univers visible, n’est pas unique dans la nature, et nous devons croire qu’il y a dans d’autres régions de l’espace, d’autres terres, d’autres êtres et d’autres hommes. ». L’hypothèse extraterrestre est en ce sens très classique et constitue une des composantes de certains grands textes religieux, mythologiques et cosmogoniques comme nous le démontrerons plus loin. Malgré les pressions de l’Eglise, ces idées continuèrent de prospérer dans le monde scientifique et Giordano Bruno est condamné entre autres choses pour avoir soutenu la théorie selon laquelle l’univers serait fait d’une « infinité de soleils » autour desquelles des planètes semblables à la nôtre graviteraient.

Cette idée se perpétue donc jusqu’en 1960 avec la formule désormais classique de l’astrophysicien Francis Drake.

(L’astrophysicien Francis Drake.)

Faute d’expérimentation scientifique pouvant être menée, l’homme ne connaissant à ce jour qu’un seul monde habité, Drake pose pour déterminer le nombre N de civilisations extraterrestres dans la galaxie, l’équation suivante :
N= Re x Fp x Np x Fv x Fi x Fc x Lc
Les paramètres de cette équation sont les suivants :
Re, le taux moyen de formations d’étoiles dans notre galaxie au cours de son existence.
Fp, la proportion de ces étoiles environnées par des planètes.
Np, le nombre moyen de ces dernières planètes dotées de conditions propices à la vie.
Fv, la proportion de ces planètes où la vie est effectivement apparue.
Fi, la proportion de ces planètes aux conditions propices à l’éclosion de la vie et ayant développé des formes intelligentes de vie.
Fc, la proportion parmi ces formes intelligentes de vie ayant développé une civilisation en état et souhaitant établir une communication avec d’éventuelles autres formes de vie.
Lc, la durée moyenne de vie en année de ces civilisations.

Si ces facteurs ont le mérite d’avoir été distingués, trop d’inconnus nous interdisent de l’exploiter. Cependant ces travaux et d’autres en bio-astronomie et exobiologie ont permis d’évoquer le sujet et de l’étudier, et ce simple résultat est déjà bien méritoire. Nul doute que les prochaines découvertes en la matière confèreront à ces disciplines, une postérité profonde dans les années à venir, pour la connaissance de l’origine de la vie.
En effet, en écartant les systèmes à étoile double ou multiple et en ne considérant que les seules 20 % d’étoiles simples comme notre système solaire, nous parvenons au résultat vertigineux de 6 milliards de systèmes potentiellement semblables au notre et dont la distance par rapport à la Terre serait pour les plus proches de 15 années lumière. L’hypothèse de la présence dans notre galaxie et a fortiori dans l’univers, d’autres formes de vie évoluées est, dans l’état actuel des connaissances, une hypothèse absolument recevable et si l’on considère que notre système solaire n’est vieux que de 5 milliards d’années et que les plus anciennes étoiles de notre galaxie sont âgées de plus de 15 milliards d’années, il est donc tout aussi recevable d’admettre que d’autres civilisations aient pu se développer dans le cosmos antérieurement aux nôtres. Ainsi, il reste toujours recevable de considérer que ces éventuelles civilisations puissent être ou avoir été technologiquement et scientifiquement supérieures aux nôtres. Si l’on considère enfin la fréquence des collisions entre astéroïdes, météorites et planètes, et que l’on tient comme logiquement acquis le fait qu’une civilisation scientifiquement très évoluée soit amenée à s’intéresser à l’espace spatial l’environnant pour satisfaire à son expansion ou afin de subsister, on en vient à considérer l’hypothèse extraterrestre sous un angle beaucoup plus ouvert.

L'astronome américain Allen Hynek, personnalité éminente de l’étude des ovnis et dont les travaux seront ici largement cités, déclara lors d’une interview en 1968 : « Quand j’étais étudiant, prétendre que la vie pouvait exister dans l’univers était considéré comme une plaisanterie, mais avec les théories modernes sur l’évolution stellaire, il apparaît, au moins pour une grande proportion d’étoiles, qu’un système planétaire peut se former par un processus naturel de croissance. Soutenir que notre étoile -le soleil- est la seule à posséder des planètes, équivaudrait à prétendre, par exemple, que votre chatte est seule au monde à pouvoir donner jour à des chatons. Du point de vue de l’astronome, ce serait une conception étroite de penser que notre système solaire est unique…En tant qu’astronome, je peux sans hésiter admettre l’existence possible d’autres civilisations dans notre galaxie…j’admets parfaitement qu’il puisse exister des intelligences extraterrestres » .

Le 10 avril 2002 au congrès national des astronomes à Bristol, des scientifiques britanniques de l’Open University établirent à l’aide de simulations informatiques, qu’environ un milliard de planètes semblables à la notre -notamment en terme d’humidité et de température- existaient dans notre seule galaxie. Les astronomes indiquaient que des innovations technologiques permettraient à court terme de les distinguer dans la Voie Lactée, comme les récentes et nombreuses découvertes de planètes extrasolaires semblent l’attester. Le système solaire connu le plus proche du notre est « Ursae Majoris 47 », distant de la Terre de 51 années lumière. Deux planètes géantes y ont été détectées en orbite de cette étoile solaire. La présence de ces deux planètes et leurs champs de gravitation n’excluent pas l’existence d’une planète aux conditions semblables à la Terre. « Ce système vaut la peine d’être exploré car il abrite peut-être la vie » a déclaré le professeur Barrie Jones, l’un des responsables du projet. Si l’on considère que certaines découvertes récentes tendent à accréditer l’hypothèse selon laquelle la vie pourrait exister dans des conditions très éloignées de celles terriennes, les opportunités de vie extraterrestre dans l’univers apparaissent ainsi de manière tangible.

Mais si le premier pas est franchi, le suivant est encore le plus ardu à intégrer, admettre l’éventualité que les hypothétiques civilisations de ces terres lointaines aient pu parvenir jusqu’à nous. Les travaux d’Einstein sur la relativité restreinte concernant l’incapacité théorique pour l’homme de dépasser la vitesse de la lumière, (sans atteindre le principe de causalité selon lequel la cause précède l’effet), commencent à être remis en cause, écartant par là même un des arguments clefs des adversaires de l’ufologie selon lequel les distances entre ces éventuelles formes de vie et nous, sont concrètement infranchissables. Le chercheur italien Anedio Ranfagni , du Conseil national italien de la recherche, a mené des expériences décrites dans la revue « Physical Review Letters ». « On y décrit comment des micro-ondes, émises dans le vide à travers une ouverture étroite en forme d’anneau, se sont réfléchies sur un miroir et sont revenues au point de départ à une vitesse environ 5% supérieure à celle de la lumière ».
Ces travaux font suite à ceux menés par Lijun Wang , de l’institut de recherche NEC aux Etats-Unis, et consistant à l’émission d’impulsions lumineuses dans un espace chargé en césium à l’état gazeux. Le rayon se serait déplacé à une vitesse 300 fois supérieure à celle de la lumière. Ces expériences isolées, eu égard aux conditions particulières de leurs réalisations, ne semblent pas encore probantes mais constituent une piste remarquable, du moins pour tout physicien qui croit encore à la possibilité de nouvelles découvertes après Einstein et la physique quantique. Certains ufologues voient même dans l’étude des ovnis, une nouvelle source d’exploration et une potentialité unique pour le devenir de la science. C’est également notre avis et tout laisse à penser qu’il est partagé par certaines autorités scientifiques et militaires même si la discrétion la plus rigoureuse est tenu sur ces projets.

Carl Sagan, dans son livre « Vie intelligente dans l’univers », dévoile une anecdote survenue un jour d’été 1950 au cours d’un dîner dans l’un des réfectoires du laboratoire militaire américain de Los Alamos (Nouveau Mexique), et qui passa à la postérité sous l’appellation de « Paradoxe de Fermi ». Ce raisonnement ne fut pourtant jamais formulé ailleurs par son auteur, Enrico Fermi , Prix Nobel de Physique en 1938 et initiateur de la première réaction nucléaire en 1944.
« Mais où sont-ils donc ? » s’exclamera t’il, parlant des extraterrestres2. Un article de « L’Hebdo » retrace la postérité de ce questionnement qui « vient de donner à la problématique de la vie extraterrestre une formulation scientifico-statistique qui va faire débattre des générations de chercheurs. Jusqu’à la société vaudoise des sciences naturelles, qui organisait récemment un cycle de conférences à ce propos ».

Le paradoxe de Fermi peut ainsi être interprété.
Notre civilisation n’est pas la seule civilisation technologique de l’univers.
Notre civilisation est typique en ce sens qu’elle n’est pas plus avancée, ne souhaite pas moins s’étendre dans le cosmos et communiquer, qu’une autre de ces civilisations
Les voyages stellaires sont envisageables pour des civilisations technologiquement à peine plus avancées que la notre
La colonisation de la galaxie peut s’envisager comme une étape rapide.

Les points 3 et 4 se vérifient de manière certaine. Dans la partie de la présente étude consacrée aux prospectives scientifiques de l’exploration spatiale, nous verrons que plusieurs projets incluant de nouveaux modes de propulsion seront très vraisemblablement adoptés dans un laps de temps relativement court, rendant les systèmes les plus courts distants de seulement quelques dizaines d’années de la Terre. Les points 1 et 2 se confirment avec les découvertes récentes et nombreuses de nouvelles planètes avec les progrès de l’astronomie et de l’exobiologie, qui nous apprennent que les éléments chimiques connus constituent l’univers, et si l’on admet le principe selon lequel les mêmes causes donnent les mêmes effets, nos chances statistiques d’être la seule vie organisée dans l’univers s’épuisent singulièrement.
Alors pourquoi ne voit-on pas les extraterrestres ?

Si les sceptiques prétendent que c’est parce qu’ils ne sont le fruit que d’affabulations et de méprises ou que le voyage sur de telles distances est pratiquement impossible, certains ufologues invoquent des raisons de surveillance furtive de notre aire d’influence et croient en une volonté extraterrestre de ne pas interférer dans notre développement, (mais toute cette logique est trop basée sur des fondements humains de pensée), Il faut également s’interroger sur la volonté de la science en tant que corps socioculturel, de ne pas considérer le problème ovni. C’est ce qui fait dire dans le même article au sociologue des sciences Pierre Lagrange : « Le fait scientifique ne se voit pas spontanément : il se construit, se diffuse via un réseau comprenant des professeurs, des thèses, des laboratoires et des publications. Il met souvent du temps à être accepté…Si une trace de l’existence des extraterrestres existe, il faut la chercher dans les poubelles de la science ». Plus loin, Lagrange, évoquant les recherches menées à l’observatoire de Meudon relate que « Les chercheurs qui y travaillaient au début des années 60 s’intéressaient au suivi des satellites. Ils ont bien capté des mouvements très bizarres qui ne correspondaient à aucun véhicule connu. Mais ils ont été encore plus surpris de découvrir le lendemain que ces données étaient passées à la poubelle parce que le professeur qui supervisait la recherche ne voulait pas avoir l’air d’un dingue auprès de ses collègues américains ».

Les périls d’une étude.

Toutefois, beaucoup d’écueils rendent ardue l’étude de ce phénomène. En premier lieu, les archives en la matière sont protégées par des modes de classification stricts. Cependant, une masse documentaire importante émanant de pays comme les Etats-Unis avec la loi sur la liberté de l’information ou les pays de l’ex-URSS sont diffusés. Internet a ouvert à cet égard, une fenêtre de communication pour les chercheurs et les sites du FBI (Federal Bureau of investigation), de la NSA (National security agency), de la CIA (Central Intelligence agency) par le biais de requêtes suscitées par le FOIA notamment, ont pu rendre public des documents d’importance par ce biais. Néanmoins, il existe, nonobstant la faveur dont dispose aujourd’hui la thèse de la conspiration et du complot aux Etats-Unis, de sérieuses présomptions de « débunking » (actions visant à ridiculiser, compromettre voire intimider chercheurs, enquêtes et témoins) et d’utilisation du phénomène de la part de certaines centrales de Renseignement. Cette idée est toute entière incluse dans l’épisode qui survint le 16 février 1958 à Donald Keyhoe, ancien major du corps des Marines et père du NICAP (Commission nationale d’enquête sur les phénomènes aérospatiaux non-identifiés, qui devint la plus puissante organisation ufologique du monde). Keyhoe fut coupé en direct au cours d’une émission sur le thème « Ovni, énigme des cieux », lorsqu’il aborda la question des tentatives de dissimulation de l’US Air Force en matière de rapports d’ovnis. Cette censure est un modèle du genre, en cela qu’elle fut initiée par les producteurs de l’émission eux-mêmes, qui s’autocensurèrent par crainte de représailles. Kenneth Arnold, qui devait rentrer dans la postérité comme celui par qui sera popularisé en 1947 le terme de soucoupe volante, avait envoyé le télégramme suivant : « Je refuse de participer à une émission qui présente sous un faux-jour et en les déformant les faits existants sur un sujet relevant de l’intérêt public. ».

Il n’en demeure pas moins que des chercheurs éminents tels que J. Vallée, P. Guérin, A. Michel ou J. A. Hynek ont effectué des enquêtes très sérieuses de certains cas, disponibles dans leurs ouvrages et sur de nombreux sites internet. Des documents officiels tels que celui de l’association COMETA (« Les OVNI et la Défense »)3, les publications au contenu scientifique très sérieux de la SOBEPS (Société belge d’étude des phénomènes spatiaux) ou bien le rapport de la commission Sturrock4, présentent de manière très rigoureuse certains cas constituant ainsi des bases de travail très précieuses. De plus, les témoignages et affidavits sont nombreux et constituent un élément à la fois fragile et substantiel de ce débat.
En France, les archives de la gendarmerie furent parfois prolongées par les rapports d’enquête du GEPAN (Groupement d’études des phénomènes aérospatiaux non-identifiés, qui sera remplacé en 1988 par le SEPRA, Service d’expertise des phénomènes de rentrée atmosphérique). Ces rapports officiels furent rendus publics dans les ouvrages d’ufologues tels que le journaliste Jean-Claude Bourret et l’enquêteur Robert Roussel, qui furent les premiers à les dépouiller et en faire la synthèse. Enfin, de nombreuses organisations ufologiques ont effectué un travail qu’il est impossible de passer sous silence et qu’Internet a sorti de la clandestinité dans laquelle la seule presse spécialisée la cantonnait. Le serveur du CUFOS (Centre pour l’étude des ovnis - Etats-Unis) possédait ainsi en 1984, 80.000 cas répertoriés d’observations d’ovnis et les bases de données, telles que UFOCAT ou celle remarquable du site francophone RRO, se multiplient.

Secondement, l’accès aux différents écrits sur la question reste peu aisé dans la mesure où, officiant sans le concours des autorités, cette littérature a gagné les rayons d’occultisme et de paranormal des librairies et se présente souvent sous une forme commercialement attrayante ou sensationnelle, se mêlant à des études partisanes ou ridiculement délirantes.
Internet est à ce propos une grande promesse, même s’il convient d’en dénoncer les dangers évidents : informations erronées, manque de soin des publications, sources rarement citées. Mais si ce type de ressources est, de façon prépondérante, destinées au grand public, des sites de qualité comme des banques de données très bien documentées côtoient des sites fumeux quand ils ne servent pas à des prétextes divers, parfois bien éloignés de la recherche scientifique. Il convient donc de recouper sa documentation et d’être particulièrement soupçonneux quant à ces sources. Il n’en reste pas moins qu’une fois séparé « le bon grain de l’ivraie », Internet est une fenêtre qui a sans doute contribué aux recherches et à la communication de prospérer. Plus qu’auparavant encore, l’information circule de façon accrue et l’Etat américain notamment, se sert de cet outil, pour rendre public des documents émis par divers centrales de renseignement

Pour ce qui concerne l’édition, au milieu d’un fatras colossal de publications, des travaux très sérieux de recherche historique ou sociologique, de nombreux recueils de témoignages, exécutés souvent par des personnalités éminentes, mettent à disposition du chercheur un matériel de réflexion amplement fourni.
Cet ouvrage aura déjà un grand mérite s’il permet à l’honnête homme de se faire une opinion au travers de l’examen critique des travaux en ce domaine, afin de mettre en exergue ceux qui ont réellement fait progresser la recherche dans la compréhension d’un phénomène aussi dense que celui-ci et la prise en compte de ces multiples résonances connexes. Il n’aura pas échappé au chercheur en sciences humaines les potentialités du sujet.

Il est souhaitable que des personnalités issues d’horizons très divers se joignent à l’étude de ce phénomène et entrent à leur tour en dissidence intellectuelle afin de sensibiliser l’opinion publique et enfin surtout, selon les termes du Professeur André Lebeau, « dépouiller le phénomène OVNI de sa gangue irrationnelle. »5, pour que ce qui est sans conteste la plus grande énigme de tous les temps, soit un jour admise, préalable incontournable à sa compréhension.

Thibaut CANUTI est Bibliothécaire d'Etat et titulaire d'une maîtrise d'histoire

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NOTES: (Ph. H)

1 - Voir: OVNI Présence n°43-44, Avril 1990, pp.28-46 - L'invasion martienne, par Hadley Cantril (traduction de Jacques Scornaux).

2 - Voir: VSD Hors-Série n°3, Juillet 2001, pp.64-65 - Paradoxe de Fermi: la clé de l'énigme OVNI ?, par Elisabeth Piotelat.

3 - "Les OVNI et la Défense: à quoi doit-on se préparer ?", COMETA, VSD-Hors-série, Juillet 1999 - Une seconde publication doit sortir le 26 juin 2003 aux Ed. Du Rocher.

4 - Voir à ce sujet "La science face à l'énigme des OVNIS" (titre original: "The UFO Enigma", Ed. Warner Books Inc., 1999) ouvrage écrit par Peter A.Sturrock, Ed. Presses du Châtelet, 2002.

5 - "Les OVNI et la Défense: à quoi doit-on se préparer ?", COMETA, VSD-Hors-série, Juillet 1999, p.3.


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