VOREPPE

-2-

Le Vercors, vers où le phénomène serait parti - Copyright : SOS OVNI Rhône-Alpes.

************************

Les dimensions de l'objet

Cette caractéristique démontre clairement la difficulté d'appréciation lorsque nous avons affaire à des témoignages humains. Que ce soit les informations publiées par les journaux, l'enquête effectuée par SOS OVNI ou encore les propos du SEPRA, les dimensions invoquées s'étendent de 1 mètre à 7 mètres de diamètre. Voici quelques exemples :

·         "[...] une famille de Voreppe a informé la police que leur fils avait lâché un ballon qui était assez grand (un mètre de diamètre), de la forme d'une coccinelle.[...]" - UFO Roundup n° 39, 27 septembre 98.

·         "[...] une sphère métallique brillante d'environ deux mètres [...]" - UFO Roundup n° 37, 14 septembre 98.

·         "[...] Les adultes rapportent que l'objet, sphérique et lumineux, d'une envergure de 4 à 5 mètres [...]" - Premier communiqué de l'AFP qui sera relayé par les médias dès le 11 septembre 98.

·         "[...] Il a décrit l'objet comme "un disque rond, d'environ 5 mètres" [...]" - Propos de J.J. Velasco - UFO Roundup n° 37, 14 septembre 98.

·         "[...] une sphère incandescente de 5 ou 6 mètres [...]" - Propos de Franck Marie (Banque OVNI) - UFO Roundup n° 39, 27 septembre 98.

·         "[...] d'un diamètre de 5 à 7 mètres [...]" - Le Dauphiné Libéré du 11 septembre 98.

En fait, les témoins indiquent clairement, même après l'explication du SEPRA, que les dimensions de l'objet oscillent entre 5 et 7 mètres. Quant au ballon d'enfant gonflé à l'hélium, notamment celui qui est très probablement la cause de l'observation, sa dimension est de l'ordre de 1 mètre. Donc, soit l'estimation de la taille par les témoins n'est pas correcte, ou soit que ce n'était pas un ballon.

Les évolutions et la description de l'objet

Dès le départ, la description indique une sphère d'aspect métallique et incandescente (lumineuse). Ce simple fait a certainement contribué à alimenter la polémique. Si c'est un ballon, il serait intéressant de connaître si celui-ci est recouvert d'une matière réfléchissante. Comme nous étions au crépuscule, la lumière rasante du soleil a probablement dû se refléter sur l'objet.

Quant aux évolutions, elles correspondent aux évolutions d'un objet emporté par le vent.

·         "[...] Les adultes rapportent que l'objet, sphérique et lumineux [...]" - Premier communiqué de l'AFP qui sera relayé par les médias dès le 11 septembre 98.

·         "[...] par la présence d'un objet en suspension dans l'air et soumis à d'intenses vibrations verticales [...]" - La Dépêche du Midi du vendredi 11 septembre 98.

·         "[...] une sphère métallique brillante d'environ deux mètres (6.6 pieds), lente, en vol stationnaire, apparemment au-dessus du sommet d'un cerisier. [...]" - UFO Roundup n° 37, 14 septembre 98.

·         "[...] C'est à ce moment que celles-ci voient, à quelques mètres, un objet sombre, dixit M. Velasco, qui oscille et va venir au-dessus de leur tête pour ensuite tranquillement disparaître [...]" – Groupement UFOCOM.

·         "[...] Jean-Jacques Velasco du CNES a dit "l'OVNI semblait flotter et se déplacer ensuite de manière curieuse." Il a décrit l'objet comme "un disque rond, d'environ 5 mètres (16.5 pieds) de diamètre avec quelques protubérances en sortant et un anneau rouge autour du fond."[...]" - UFO Roundup n° 37, 14 septembre 98.

Les deux dernières citations précédentes de J.J. Velasco semblent corréler avec la description des témoins interrogés par SOS OVNI que voici :

·         "[...] Il est de couleur gris sombre, avec une lumière rouge non éblouissante sur le dessous. [...]" - Phénomèna n° 40, page 36.

·         "[...] L'objet possède des protubérances, comme trois "pattes" grises métallisées, longues et fines. Elles sont disposées de chaque côté (vue de face), avec "... comme des pinces à sucre au bout de chacune d'elles..." [...]" - Phénomèna n° 40, page 36.

Exemple d'un cas ressemblant :

Voici l'exemple d'un cas ressemblant par certains points à celui de Voreppe. Celui-ci a également été enquêté par l'association française SOS OVNI. Le texte qui suit a été emprunté à DOSSIERS OVNI n° 10 dans le chapitre consacré aux erreurs d'interprétation. A noter que l'objet suspect dans cette affaire n'est pas un ballon d'enfant mais un ballon-sonde.

------------------------

"[...] Ce fut justement une affaire de ce genre, parmi bien d'autres, à laquelle allaient être confrontées, dans le sud-est de la France, les équipes de SOS OVNI, une association ufologique française. Dans la nuit du 29 au 30 août 1993, à 3h30, un jeune homme rentre chez lui en voiture après avoir raccompagné un ami. Sur la départementale 8, au détour d'un virage, il fait soudain une étrange constatation : « J'ai vu une masse sombre posée à cheval sur le carrefour et un terre-plein attenant. Le phénomène, éclairé par mes phares, les renvoya sous forme de reflets de couleur, mais il n'avait aucune lumière propre. Il devait mesurer environ 4 mètres de large pour 1,50 mètre de hauteur mais, arrivant de face, je n'ai pu distinguer de masse. J'aurais pu aisément contourner le phénomène sur la portion de route non obstruée. J'ai choisi cependant de ralentir à environ 10 km/h en m'approchant jusqu'à me trouver à 4 mètres de l'objet. Celui-ci se déplaça brusquement de façon latérale, paraissant avoir contourné quelque chose que je ne voyais pas.»

Un cas de rencontre assurément très rapprochée, et qui aurait pu le rester si les enquêteurs n'avaient pas déployé des trésors d'ingéniosité pour tenter de comprendre ce qui s'était passé. En fait, certains détails comme l'absence de bruit et de luminosité propre ainsi que le déplacement latéral rapide (un fort mistral soufflait en rafales sur la région) firent rapidement envisager la possibilité d'une sorte de gros ballon. Vérification faite auprès de Météo France, un ballon-sonde était bien parti de Nîmes à 0h00 GMT, soit 2 heures du matin, heure française. Restait à vérifier l'hypothèse selon laquelle ce ballon aurait pu précisément être responsable d'une observation à plusieurs centaines de kilomètres de là. Il faut savoir en effet que ces sondes, lancées tous les jours aux mêmes heures (12 heures et 0h00 GMT), depuis des stations météorologiques situées dans le monde entier, doivent normalement prendre rapidement de l'altitude, jusqu'à 27 000 mètres, puis se dilater jusqu'à l'éclatement, libérant un réflecteur qui redescend à l'aide d'un petit parachute.

Les enquêteurs apprirent que le diamètre de départ de l'enveloppe est justement de 4 mètres et que, exceptionnellement, des micro-déchirures de celle-ci pouvaient empêcher la montée de l'appareil qui « rebondirait » au sol au gré des vents. Les ingénieurs de Météo France calculèrent donc la position théorique du ballon, en fonction de la vitesse et de la direction des vents, s'il n'était pas monté en altitude. A l'heure dite, il se serait trouvé, à quelques dizaines de mètres près, à l'endroit où le témoin fit son observation. De plus, une reconstitution sur les lieux révéla la présence d'un gros chêne au bord de la route. Précisément l'obstacle contourné par le ballon dans la nuit. Un cas de rencontre rapprochée venait de s'évanouir, mais les enquêteurs avaient enrichi leur inventaire des méprises d'une nouvelle et surprenante explication. [...]" - © ALP/Editions MARSHALL CAVENDISH.

------------------------

Tout comme l'observation de Voreppe, l'objet fût observé à quelques mètres du témoin durant un court instant, pour ensuite se déplacer de manière aléatoire, un peu comme quelque chose emporté par le vent. Ce qui est étonnant, c'est que les ingénieurs de Météo France aient pû déterminer l'emplacement du ballon à quelques mètres près de l'endroit où le témoin fit son observation, et ceci à l'heure dite. Il serait particulièrement intéressant de connaître comment le SEPRA a procéder concernant le cas Voreppe, sachant qu'ils ont déterminé le parcours effectué par le ballon qui fût perdu par l'enfant. Ont-ils procédé à la manière de SOS OVNI, comme ce fût le cas pour le ballon-sonde en août 93 ? Pourquoi SOS OVNI n'a pas réitéré cette procédure pour Voreppe ? Peut-être qu'ils n'ont pas pu joindre les propriétaires du ballon égaré, sachant qu'ils leur faut connaître les caractéristiques du ballon, ainsi que l'endroit où il fût perdu...

************************

Retour sur l'affaire Voreppe :

Après l'enquête effectuée par SOS-OVNI et relaté dans le Phénomèna n° 40 de Décembre 1998, l'analyse d'une copie du film a permis à cette association de revenir sur ce cas dans le Phénomèna n° 41 d'Avril 1999. Tout d'abord, précisons tout de suite que la qualité moyenne du film ainsi obtenu (suite à une nouvelle visite chez les témoins, les enquêteurs n'ont pu que filmer l'écran de télévision à l'aide d'un caméscope semi-professionnel !) a ruiné quelque peu le travail. Il est donc très regrettable qu’ils n’aient pu effectuer une copie en se branchant directement sur la sortie du magnétoscope... de plus cette vidéo en possession des témoins est une copie, l'original étant entre les mains du SEPRA.

La situation dans un tel cas est : était-il nécessaire et utile de mobiliser du temps, des moyens et des personnes pour un résultat condamné d'office à être plus que moyen ? Néanmoins, quelques données intéressantes sont à relever :

- Durant une bonne minute, une masse ovoïde sombre paraît s'éloigner des témoins... mais aucun repère au sol ne permet de déterminer la taille réelle de l'objet.

- L'objet se déplace horizontalement avec parfois un mouvement d'oscillation de haut en bas, ce qui privilégierait la thèse d'un ballon emporté par le vent.

- Rien sur la vidéo (de mauvaise qualité...) ne permet de déceler la moindre forme faisant allusion à un insecte, notamment une coccinelle. Néanmoins, sur la bande son (elle aussi de mauvaise qualité...) nous pouvons saisir les propos suivants : "...tu as vu, moi je levais les yeux... c'est au-dessus de chez nous... c'est noir et rouge... on dirait une coccinelle... avec des gros trucs... on dirait que ça revient... non, non...".

- D'après l'analyse du film, l'objet ne semble pas réfléchir la lumière du soleil, ce qui est en contradiction avec un ballon pour enfant... seulement la bande son parle d'un objet noir et rouge, des couleurs pas ou peu réfléchissantes.

- SOS-OVNI a tenté d'appliquer différentes techniques aux images (embossage, filtrage des couleurs et contourage), ce qui a permis de voir des protubérances, sans pouvoir préciser s'il s'agit de pattes, de fil... etc.

Cet article de Phénomèna est composée de deux parties : la première est signée Jean-Pierre Troadec (Coordination de la contre-enquête) et résume parfaitement le retour à cette affaire. Quant à la deuxième, elle est signée Perry Petrakis et s'attache beaucoup plus aux résultats de l'analyse du film.

Au regard de ces nouveaux éléments, la conclusion concernant SOS OVNI est clairement indiqué par cette remarque de Perry Petrakis : "Pour notre part, si nous restons persuadés qu'il s'agit bien d'un ballon, notamment en raison des saccades caractéristiques d'un objet balloté par le vent, la "coccinelle" reste une identification par défaut. Autrement dit, un raccourci logique permettant de lier deux choses, sans la preuve finale qu'elles le sont réellement."

Je reconnais volontiers que le SEPRA a parfaitement raison d'éviter toute récupération malchanceuse par des groupements ou associations faisant peu de discernement entre la croyance, le dogmatisme et l'objectivité des faits, seulement SOS OVNI a depuis longtemps prouvé qu'elle adoptée une attitude objective et sérieuse dans ce domaine, même si on ne peut lui reconnaître d'être parfait... mais qui peut se reconnaître de l'être ?

(Copyright - SOS-OVNI Rhône-Alpes)

************************

Enfin, je voudrai terminer ce dossier par cette petite phrase pertinente de mon collègue Nico Conti :

"Pour moi, lorsqu'un cas soulève plus de questions que de réponses, il n'est pas identifié. Il peut être interprété mais pas identifié." - Nico Conti.


RETOUR


DOSSIERS - ACCUEIL