Souchez et la Guerre 1914-1918


La commune de Souchez fut particulièrement touchée au cours de la première guerre mondiale, ce qui lui a valu d'être citée à l'ordre de la Nation en 1920 et de recevoir en 1924 La Croix de Guerre (que l'on peut voir sur le fronton de la mairie).
Il faut dire que notre commune l'avait bien méritée car comme le dit Fleury Cresson dans son livre "Souchez à travers les ages". "Malgré tous les malheurs s'étant abattus sur Souchez au cours de siècles précédents, rien n'est comparable cependant à ce qu'il lui advint entre les années 1914-1918 ! Son martyre fut tellement grand durant ces quatre années que son nom fut connu de l'univers entier, et que ce même nom a meublé pendant des mois les communiqués du haut commandement français. Les souffrances de ceux qui s'y battirent furent indicibles et sa population connut un calvaire effrayant".
Galtier-Boissière dans son ouvrage "un hiver à Souchez (1915-1916)" nous donne une vision apocalystique de notre village :
"Soudain, derrière un boqueteau sinistre dont les arbres ététés par la mitraille raturent le ciel comme une armée de grotesques manches à balais, Souchez nous apparait... Le paysage est si hideux, si hors nature que je me demande si je ne rêve pas : c'est une vision d'infernal cauchemar, le lugubre décor de quelque conte fantastique d'Edgar Poë
Ce ne sont pas des ruines : il n'y a plus de mur, plus de rue, plus de forme. Tout a été pulvérisé, nivelé par le pilon. Souchez n'est plus qu'une dégoutante bouillie de bois, de pierres, d'ossements, concassés et pétris dans la boue.
Comme sur la mer après un naufrage, quelques épaves gisent éparses sur un tapis de boue luisante. Ces décombres puent la mort. Lorsque Souchez cessa d'être le théâtre d'une guérilla journalière, l'eau acheva l'oeuvre du feu : la petite rivière, qui certains soirs coula rouge, se révolta et, sortant de son lit, s'efforca de submerger les décombres.
Quelques flots de ruines émergent seuls de la boue ; néanmoins les obus ennemis s'acharnent à fouiller sans pitié les entrailles du bourg assassiné..."
Souchez en 1914, c'est un village d'environ 1500 habitants avec son hospice (environ 350 personnes) ... mais après le 8 mai 1915, il ne restera plus aucun civil.
Les Souchézois se sont dispersés ou ont été dispersés dans la région mais aussi dans des départements lointains tels que le Maine et Loire, la Vendée, La creuse, la Charente.

Souchez en 1915, c'est la mort du Général Barbot, tué le 11 mai près du cimetière communal (perdu puis repris 5 fois de suite), là où s'élève actuellement sa statue. Son successeur, le Colonel Stirn, nommé Général le lendemain, fut également tué derrière le cimétière.
Située entre les collines de Lorette et de Vimy, Souchez subira d'incessants combats.
Après l'installation des allemands sur la colline de Lorette dès le 5 octobre 1914, il y aura de multiples tentatives françaises pour reprendre ce haut-lieu.
Dès le printemps 1915, une grande offensive d'Artois fut déclenchée et les troupes françaises s'installèrent définitivement sur le haut de Lorette.
En mai 1915, Souchez fut en grande partie détruite ; les allemands qui occupaient le village en firent un fortin imprenable, tellement ils avient accumulé de moyens de défense.


Cependant, après une préparation d'artillerie considérable, les troupes françaises pénétrèrent dans le haut de Souchez mais ne purent conserver leur avance. C'est ainsi que le cimetière fut perdu et repris 5 fois de suite, puis perdu à nouveau. Il fallut le mois de septembre pour le reconquérir définitivement au prix de prodiges, de courage et d'héroïsme de nos soldats.
L'apreté des combats et les nombreuses pertes lors de cette période est rappelée par une plaque commémorative apposée à l'entrée de la mairie.

Après tout cela, Souchez sera complètement rasée comme en témoigne de nombreuses cartes postales ou photos parues dans "L'illustration".

Souchez 14-18 c'est aussi le tombeau d'hommes venus de tous les points du globe.
Fleury Cresson a relevé "comme étant tombés à Souchez en 1915 dans les rangs de l'Armée Française : des Suisses, des Grecs, des Hollandais, des Norvégiens, des Suédois, des Espagnols, des Portugais, des Brésiliens, des Américains des Etats-Unis, des Danois, des Marocains, des Tunisiens, des Argentins et des Chiliens". Des soldats de 15 nations sont morts à Souchez ; aucune en France n'en a eu autant.
De tous ces combats sur notre territoire restent de nombreuses traces, comme les 3 cimetières qui sont par ordre d'importance :
  • Le cabaret rouge avec 7583 tombes britanniques.
  • Le Canadian Cimetery avec 139 tombes de soldats candiens.
  • Le Zouave Valley Cimetry où reposent 233 soldats britanniques et un allemand.
  • Après la guerre en 1920, Souchez fut adoptée/parrainée par la cité anglaise de Kensington (devenue maintenant un quartier de Londres) en souvenir de son régiment "The Royal Kensington" qui s'était battu de longs mois sur notre territoire ; elle fit de nombreux et très élevés dons pour aider à reconstruire le village.
    Ceci explique le nom de Kensington donné à la place de la mairie et celui de la rue Rice Oxley qui était le maire de Kensington.
     
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