Annexe Moyen-Age

Chronologie des Comtes de Flandre

 

1) La Maison de Flandre (862-1128)

Le roi Charles le Chauve confie à son gendre Baudouin, dit Bras de Fer, la défense du nord de la Francie occidentale.

 Il le fait Comte de Flandre  sous le nom de Baudouin 1er (862-879)  qui devient  donc le fondateur de la première dynastie flamande en 862.

Le Comté comprend alors les pays de Waes au nord, de Gand, de Bruges et de Bergues (Mempisc).

a) Neuf comtes de la maison de Flandre se succèdent de père en fils de 862 à 1071, c’est assez exceptionnel.

Baudouin 1er dit Bras de fer (v.862-879), Baudouin II dit le Chauve (879-918), Arnoul(d) 1er dit le Grand (918-965), Baudouin III dit le Jeune (958-962), Arnoul(d) II dit le jeune (965-988), Baudouin IV dit le Barbu (988-1035), Baudouin V dit le Pieux ou de Lille (1036-1067), Baudouin VI dit le Bon (1067-1070) et Arnoul(d) III dit le Malheureux  (1070-1071)

Dans cette lignée, Arnoul(d) 1er  présente la particularité d’avoir régné deux  fois, une première de  918 à 958 et une deuxième après la mort prématurée de son fils Baudouin III,  de 962 à 965.

Baudouin II (879- 918), fils de Baudouin 1er, fonde véritablement la puissance flamande. Il hérisse le comté de forteresses ou la population peut se réfugier lors des sévères incursions normandes (879-883).

C’est de cette époque que date le château-fort de Bailleul qui sera détruit en 882.

La paix signée en 912 avec les normands ramène la tranquillité dans notre région. Dés lors on reconstruit et l’agriculture devient florissante.

Les successeurs élargissent leur territoire vers le sud : Arras, Douai, et vers l’ouest : Boulonnais, Ternois, St-Omer.

Le mariage du futur Baudouin VI avec l’héritière du Hainaut permet la réunion personnelle des deux comtés (1067). La mort précoce de Baudouin VI laisse la Flandre et le Hainaut en contestation dynastique. Baudouin VI avait prévu que la Flandre reviendrait à son fils aîné Arnoul(d) III sous la tutelle de son oncle Robert le Frison, tandis que le Hainaut irait au cadet Baudouin sous la tutelle de la comtesse Richilde, sa mère. Mais cette dernière, maladroite et cruelle, poussée par le roi de France veut prendre la régence de Flandre au détriment de Robert le Frison, d’où une insurrection de la noblesse des villes et un affrontement armé à Cassel. C’est la première Bataille de Cassel (voir aussi 1328 et 1677). Arnoul(d) III est tué à Bavinchove, au pied du Mont Cassel, le 22 février 1071 et Robert le Frison devient Comte de Flandre.

b) Le Frison et ses héritiers : (1071- 1128)

 Robert 1er  (1071-1093), son fils Robert II (1093-111) et son petit-fils Baudouin VII (1111-1119)

Robert 1er dit le Frison  est le frère cadet de Baudouin VI, la couronne comtale demeure donc dans la même famille, on change seulement de lignée. Robert 1er, pour se faire pardonner son  usurpation, dote de nombreuses églises flamandes, fonde un monastère à Watten et bâtit une collégiale à Cassel. Il associe son fils Robert II à l’administration du Comté. Le fils gouverne seul pendant la longue absence de son père (1085-1091) durant laquelle il se rend en pèlerinage à Jérusalem et au Mont Sinaï, un voyages qui préfigure les Croisades lancées quelques années plus tard. Il meurt en 1093 et est inhumé dans l’église Saint-Pierre de Cassel.

 

Robert II (1093-1111) dit de Jérusalem car il répond en 1096 à l’appel à la croisade lancé par le pape Urbain II. Après avoir organisé un conseil de régence, il suit Godefroy de Bouillon dans la croisade dite des Barons (par opposition à la Croisade populaire emmenée par Pierre l’Ermite). A cette croisade des Barons participe un certain Henri de Materen (Méteren), dont nous avons évoqué le nom ci-dessus au § I-2 Armoiries.

 

Baudouin VII (1111-1119) dit Baudouin à la Hache décédé sans postérité qui choisit son cousin Charles le Bon (fils d’une fille de Robert le Frison), pour lui succéder.

Charles 1er (1119-1127) dit le Bon, mort assassiné sans postérité, à qui succède très brièvement Guillaume de Normandie, dit Cliton (1127-1128) son cousin, tué en 1128, mort sans postérité.

2) La maison d’Alsace (1128-1194) :

Guillaume de Normandie est mort sans héritier, c’est à un autre petit-fils de Robert le Frison qu’échoit la couronne comtale : Thierry d’Alsace, fils de Gertrude de Flandre et du duc Thierry II de Lorraine .

Thierry d’Alsace (1128-1168) Participe à quatre croisades en 1139, 1147, 1157 et 1164. Développement de l’administration comtale. Apogée de l’extension territoriale de la Flandre. Enterré à l’abbaye de Watten.

Philippe d’Alsace (1157-1191), fils du précédent, comte associé à partir de 1157, durant les croisades de son père. Sans héritier il désigne pour héritiers sa sœur Marguerite d’Alsace et son beau-frère Baudouin V de Hainaut (Baudouin VIII de Flandre). En conflit dynastique avec le roi Philippe-Auguste il doit céder  face aux prétentions royales (Vermandois). Meurt en croisade de la peste en 1191.

3) La maison de Hainaut (1191-1280)

Marguerite d’ Alsace et son 2e mari Baudouin VIII de Flandre ((1191-1194), comte de Hainaut (1171-1195). A la mort de Marguerite en 1194, le comté passe au fils aîné qui prend le nom de Baudouin IX .

 

Baudouin IX de Flandre (1191-1205), comte de Hainaut (1195-1205). Défend les intérêts flamands face à la montée en puissance du roi de France. Prend part à la 4e croisade, joue un rôle décisif dans la prise de Constantinople, dont il est proclamé 1er empereur latin. Mais vaincu par les « Bulgares » à Andrinople le 14 avril 1205, il serait mort en captivité en 1206, laissant deux fillettes, Jeanne et Marguerite de Constantinople confiées à l’évêque de Liège, puis à Philippe-Auguste.

Jeanne de Constantinople, comtesse de Flandre et de Hainaut (1205-1244), épouse Ferrand de Portugal. Ce mariage déplait au fils aîné de Philippe-Auguste, le futur Louis VIII, qui les fait prisonniers en vue de récupérer le Vermandois. Après avoir dû céder Jeanne et Ferrand s’allie contre la France avec le roi Jean d’Angleterre et l’empereur Otton. Ils sont battus  en 1214 à Bouvines (Cysoing  - 59). Ferrand est resté prisonnier 12 ans et Jeanne règne seule de 1214 à 1227. Ferrand meurt en 1233 et leur fille unique  en 1236. Jeanne meurt en 1244, sa sœur Marguerite lui succède.

 

 

Illustration tirée du site du Cercle Michel de Swaen auquel nous vous recommandons de prévoir une visite prolongée .

 

 

Marguerite de Constantinople, comtesse de Flandre et de Hainaut (1244-1280), épouse Bouchard d’Avesnes en 1212 (mariage annulé)  puis Guillaume de Dampierre en 1223.

L’annulation discutée du premier mariage de Marguerite provoque des conflits de légitimité des héritiers, de bigamie de leur mère. Une guerre civile de dix ans oppose les partisans des héritiers d’Avesnes et des héritiers Dampierre, arbitrée en 1246 par le roi Louis IX qui attribue le Hainaut aux premiers et la Flandre aux seconds.

4) La maison de Dampierre (1280-1384)

Gui de Dampierre, comte de Flandre (1280-1305)

Favorise comme ses prédécesseurs l’industrie flamande des draperies et le commerce vital de la laine avec l’Angleterre. Le projet de mariage de sa fille avec le fils du roi d’Angleterre sert de prétexte à une intervention militaire du roi Philippe le Bel qui occupe la Flandre de 1300 à 1302.Gui de Dampierre est emprisonné. Mais les Flamands se libèrent en écrasant la chevalerie française à Courtrai en 1302 (bataille des Eperons d’Or). Gui de Dampierre est libéré.  Le roi prend sa revanche à Mons-en-Pévèle en 1304. Le comte à nouveau captif meurt en 1305.

Robert III de Flandre (1305-1322), dit aussi de Dampierre ou de Béthune (par sa mère).

Fils aîné du précédent. Fait prisonnier lors de l’occupation française sous le règne de son père. Libéré contre une rançon écrasante et le transfert de la Flandre wallonne (Lille, Douai, Orchies) à la France, il est écartelé entre les Flamands mécontents de ce rattachement et l’habileté manœuvrière du roi Philippe le Bel.

Le fils aîné de Robert III et de sa seconde épouse Yolande de Bourgogne, Comtesse de Nevers, Louis 1er de Nevers, meurt peu de temps avant son père. C’est le petit-fils de Robert III, Louis 1er de Flandre, né en 1304, qui lui succède.

Louis 1er de Flandre (1322-1346), dit Louis de Nevers, comme son père.

En 1320, à l’âge de 16 ans il épouse la comtesse Marguerite de Bourgogne (1310-1382), fille du roi Philippe le Long, qui n’a que 10 ans. Ils eurent, en 1330, un fils qui hérita du titre à la mort de son père à la bataille de Crécy (Somme) en 1346 et qui prit le nom de Louis II.

Louis II de Flandre ( 1346-1384), dit Louis de Maele, fils du précédent et de la comtesse Marguerite de Bourgogne. Marié en 1347 à Marguerite de Brabant dont il n’aura qu’une fille, Marguerite III de Flandre dite de Maele, née en 1350 qui sera la fondatrice de la maison de Bourgogne.

A la mort de sa mère en 1382, Louis II, Comte de Flandre, devient également comte de  Franche-Comté, de Bourgogne et d’ Artois.

 

 

 

 

5-) La maison de Bourgogne (1384-1482)

Marguerite III de Flandre (1384-1405)

Née en 1350, fille unique de Louis II, elle épousa à l’âge de sept ans, Philippe de Rouvres, onze ans, Comte de Bourgogne, d’Artois, de Boulogne, d’Auvergne, qui deviendra Duc de Bourgogne de 1349 à 1361, le dernier de la lignée capétienne de

Bourgogne. Veuve à 11 ans, elle fut duchesse héritière de Bourgogne de 1361 à 1369, date à laquelle elle se remarie avec Philippe II de Bourgogne dit Philippe le Hardi de la lignée des Valois, fils cadet du roi de France, Jean II. Leur fils aîné Jean 1er de Bourgogne  dit Jean sans Peur leur succède en 1405.

Ci-contre Philippe le Hardi (1342-1404)

La Flandre à l’origine de la fortune de la maison de Bourgogne :

La fortune de cette maison ne vient pas de son duché aux mains de la famille capétienne depuis longtemps. Elle est assurée par le mariage en 1369 du plus jeune des fils de Jean le Bon, Philippe le Hardi, duc de Bourgogne depuis 1363, avec la fille et héritière du comte de Flandre Louis de Mâle, Marguerite de Flandre. En dépit de la crise économique, la Flandre est, avec ses trois cités de Gand, Bruges et Ypres, l'une des régions les plus riches de l'Europe médiévale. La draperie flamande, à Gand, est sans doute encore la plus importante industrie européenne; Bruges, avec ses avant-ports de Damme et de L'Ecluse (aujourd’hui Sluis) est le centre de redistribution privilégié des marchandises italiennes et hanséates, respectivement vers les marchés de l'Europe du Nord et du Nord-Ouest et vers ceux de l'Atlantique.

Jean 1er de Bourgogne dit Jean sans Peur (1405-1420)

Epouse en 1385 Marguerite de Bavière, participe à la croisade contre les Turcs en 1396, succède à son père en 1404 et devient Duc de Bourgogne, puis à la mort de sa mère en 1405, Comte de Flandre, d’Artois et de Boulogne. Assassiné en 1420 à Montereau, il laisse un fils Philippe III de Bourgogne dit Philippe le Bon, et sept filles qui servent sa politique matrimoniale.

Philippe III de Bourgogne dit Philippe le Bon (1420-1467)

Marié trois fois, avec Michelle de France (1409), Bonne d’Artois (1424) et Isabelle de Portugal (1430). Seule cette dernière lui donne une descendance, trois fils, dont seul survécut Charles de Bourgogne dit Le Téméraire, né en  1433.

 

Charles de Bourgogne dit Le Téméraire (1467-1477)

Homme courageux, violent et impulsif qui ne connaît que la force pour régler les problèmes. Avant d’accéder au titre de Duc il avait déjà brutalement réprimé une révolte des Flamands en 1452. Il défie le roi Louis XI qu’il défait à Montlhéry en 1465. Il détruit et soumet Dinant en 1466 et Liège l’année suivante. En 1477 il trouve la mort devant Nancy qu’il assiégeait..

Marié trois fois, avec Catherine de France (1440) sans postérité, Isabelle de Bourbon (1454) dont naquit Marie de Bourgogne en 1457, la troisième épouse étant Marguerite d’York (1468), décédée sans postérité.

Marie de Bourgogne (1477-1482)

 Fille unique de Charles le Téméraire, la stérilité de la troisième épouse de son père  fait de Marie « la plus grande héritière de son temps ». Son père se sert d’elle dans sa politique d’hostilité au roi Louis XI en la fiançant à de multiples partis favorables à son camp.

A la mort de son père en 1477, Marie a 20 ans. L’état économique des territoires sur lesquels Marie va régner se dégrade en raison du coût des guerres incessantes menées par son père. Le blocus économique imposé par Louis XI augmente le prix des denrées alimentaires et le peuple gronde. Louis XI ordonne l’invasion des états bourguignons tandis que Bruxelles et Bruges se révoltent.

 Marie presse son mariage avec Maximilien de Habsbourg, futur empereur germanique, négocié du vivant de son père. Le mariage a lieu au mois d’août 1477. Maximilien qui n’a que 18 ans, et n’est pas un chef militaire aguerri , ne peut s’opposer aux  visées de Louis XI.

Marie meurt d’une chute de cheval en 1482. Elle a 25 ans et laisse deux jeunes enfants dont Philippe le Beau, le père du futur empereur germanique, Charles Quint.

Nous considèrerons arbitrairement que le Moyen-Age se termine en Flandre avec Marie de Bourgogne.

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