III – 12  Andrée, jeune victime civile de la guerre 1939-45

 

Dans le chapitre II-9 consacré à la Guerre 1939-45, telle qu’elle a été vécue à Méteren, nous avions relaté, sous le titre « Une mort qui aurait pu être évitée » (E4), les conditions tragiques dans lesquelles est décédée le 2 juillet 1940, Andrée Hénuset, une jeune méterennoise, qui aurait eu neuf ans deux mois plus tard.

 

Nous revenons sur cet événement douloureusement ressenti par la population qui aspirait au calme après les combats du mois de mai.

 

 

Les circonstances du drame

 

Nous sommes le 2 juillet 1940 après-midi. Il est 16 h 40 précise l’acte de décès. Sur la place du village, Germain Plancke, qui a ramené des mines, au moyen d’un équipage de fortune, un chariot de charbon, vient de terminer de le vendre au  sac.

 

Subitement un coup de fusil claque, une fillette s’écroule, le visage à moitié emporté par la balle, morte sur le coup.

 

Le 13 juin les Allemands avaient exigé que les armes, les munitions et tout le matériel militaire divers abandonné dans le village soit trié pour le lendemain et regroupé sur la place du village. Le 29 juin ce travail avait été continué par des prisonniers français venus chercher les engins et munitions abandonnés près de l’église. Il subsistait sur la place un tas de fusils récupérés dont personne n’avait eu l’idée ou l’autorisation de les sécuriser en vérifiant qu’ils n’étaient plus chargés. Les conditions du drame étaient réunies.

 

Des jeunes garçons d’une dizaine d’années jouaient sur la place et eurent la malheureuse idée de manipuler les fusils et de viser des personnes.

 

Lucien C., pupille de l’Assistance Publique, comme on disait alors, en pension dans une famille méterennoise, chez Madame Ozeel, rue nationale, côté Bailleul, mit en joue la jeune Andrée qui allait faire une course chez sa tante.

 

Le coup fatal partit et la fillette s’écroula.

 

 

 

 

 

 

                                La jeune écolière

 

Andrée, née à Méteren le 15 septembre 1931, était la fille unique d’Arille Hénuset, plâtrier, et de Marie Debruyne, demeurant Rue des Quatre Fils Aymon. On imagine leur détresse lorsqu’ils furent prévenus de la mort de leur enfant.

Andrée était élève de la classe unique de l’école communale de filles alors dirigée par Madame Fiolet. Elle venait de terminer son année en Cours Elémentaire 2, une année scolaire particulièrement perturbée par les évènements militaires.

 

La photo ci-dessus semble avoir été prise à l’école durant les derniers mois de 1939, au début de sa dernière année scolaire.

 

Le regard est vif, perçant, sous une petite esquisse de sourire. Andrée, telle que l’on connue les plus de 75 ans d’aujourd’hui qui ont partagé ses jeux ou fréquenté sa classe.

 

 

Une curieuse coïncidence.

 

Après le décès de leur fille unique, Arille et Marie Hénuset eurent trois autres enfants. La première des trois, que l’on prénomma également Andrée, naquit le 15 septembre 1941, c’est-à-dire, exactement le même jour, mais dix ans plus tard, que sa sœur aînée décédée. On imagine combien son prénom et sa date d’anniversaire furent lourds à porter.

Deux autres enfants, Alexis et Francine, vinrent compléter la famille en 1943 et 1944.

 Les deux filles sont toujours présentes au village, leur frère, Alexis vit à Sec-Bois.

 

Le 15 septembre 2008

Daniel Fache – J.P. Deswarte

 

 

Notes des rédacteurs:

 

L’article a été rédigé en collaboration avec les deux sœurs d’Andrée

Nous recherchons d’anciennes élèves de l’école communale de filles qui auraient fréquenté la classe de Madame Fiolet (1) en même temps que la jeune Andrée, en vue de recueillir  leur éventuel témoignage. Merci de contacter Daniel.

 

(1) Mr et Mme Fiolet-Devos, originaires de St-Pol-sur-Mer, étaient tous deux instituteurs à Méteren. A la déclaration de guerre, Mr Fiolet fut mobilisé, puis fait prisonnier. Ce n’est que le 10 mai 1945 qu’il rentra dans ses foyers.