L’itinéraire des deux premiers soldats français tués sur le territoire de Méteren

le 11 octobre 1914

 

 

En marge de l’exposition organisée à Méteren le 11 novembre 2006 sur le thème des « Poilus » méterennois de la guerre 1914-1918, un hommage particulier a été rendu aux deux premiers soldats français tués sur le territoire de la commune, au cours d’une embuscade qui eut lieu dans le village le 11 octobre 1914.

 

Ces deux soldats, un Sous-Lieutenant et un Maréchal des Logis, appartenaient au 14e Régiment de Dragons. Ils avaient tous deux vingt trois ans.

 

En guise de devoir de mémoire, partageons leur itinéraire des premiers mois de guerre, leur arrivée en Flandre, l’embuscade fatale et les sentiments de piété que leur témoigna la population méterennoise.

 

 

Les engagements du 14e régiment de Dragons avant son arrivée en Flandre :

 

 

Du 4 août au 9 septembre 1914, durant ce que l’on a appelé la bataille des frontières, le 14e Dragons participe à toutes les actions de la bataille pour Sarrebourg (Moselle), ville qui sera prise puis perdue  au cours de combats violents.

 

Du 4 au 17 août, c’est la marche vers la frontière allemande (celle de 1870) franchie le 17 à Gogney, au nord de Blamont (M. et Moselle). Les 18, 19 et 20 août ce sont les durs combats pour Sarrebourg qui sera finalement abandonnée aux Allemands très largement supérieurs en nombre et en artillerie lourde et sans cesse renforcés. L’armée de Lorraine s’étant heurtée à des organisations défensives puissamment outillées et à des forces considérables dut se replier à partir du 21. Dans son mouvement de retraite, la 6ème division de cavalerie, à laquelle appartient le 14e régiment de Dragons, alla jusqu’à la lisière Est de la forêt de Charmes (Vosges) où elle contre-attaque le 25 août. Ce fut la terrible bataille de Rozelieures au cours de laquelle les allemands ravagèrent puis incendièrent Gerbéviller (M. et Moselle).

 

La 6e D.C. se replie ensuite en bon ordre aux confins de la M. et Moselle et des Vosges, en direction d’Epinal puis de Darnieulles où elle embarque le 9 septembre  pour la Marne.

 

Engagé précipitamment dans la bataille de la Marne, le 14e Dragons, désormais rattaché à la 9e Division de cavalerie, débarque le 10 septembre près de Brienne-le-Château (Aube), pour prendre part à la poursuite des allemands qui se replient.

 

 

 

 

 

On note le passage du 14e Dragons près d’Arcy-sur-Aube, Sompuis (Marne), La Chaussée-sur-Marne, Suippes, Sante-Ménehould, Châlons-sur-Marne, Rilly-la-Montagne…. autant de lieux qui rappellent des combats difficiles.

 

Près de Souain, tristement célèbre, le 14e D. se heurte à la ligne de repli que les allemands avaient déjà organisée. Le front va ensuite se stabiliser au nord de la Marne.

 

 

Dragon casqué

 

 

 

 

Engagements du 14e régiment de Dragons en Flandre :

 

 

 

L’opération dite « Course à la mer » étant déclenchée, le régiment fut embarqué le 5 octobre à Fère-Champenoise (Marne) pour repousser la cavalerie ennemie qui faisait son apparition dans les Flandres.

 

Après les batailles de la Marne, de l’Aisne et de l’Artois (notamment autour d’Arras), on assiste à une tentative allemande de percée vers l’ouest, afin de prendre le contrôle des ports de la Manche par où arrivent les troupes alliées et leur armement lourd. Les deux parties tentent de se déborder mutuellement dans une incessante lutte de vitesse dans des espaces jusqu’alors restés en dehors des hostilités, dans un continuel glissement d’infanterie et d’artillerie, précédées par de la cavalerie. Finalement les armées anglo-françaises gagneront cette course qui se terminera à la côte belge où elles se joindront à ce qui subsiste de l’armée belge après la chute d’Anvers tombé le 9 octobre.

 

C’est dans ce contexte  que la 9e Division de Cavalerie (Général de Mitry) en opérations près de Chalons sur Marne, après avoir été engagée dans la première bataille de la Marne, est embarquée à destination d’Hazebrouck, où elle arrive le 6, à quelques 3 ou 4 km d’infiltrations ennemies déjà signalées. Cette division comprend huit régiments dont le 14e Régiment de Dragons auquel appartiennent le Sous-Lieutenant GRIFFATON et son camarade d’infortune, le Maréchal des Logis Marcel GODFROY, tous deux apparemment affectés au 1er escadron.

 

Deux escadrons du 14e Dragons débarquent à Hazebrouck et deux autres à Cassel. Ils prennent la direction de Béthune par Morbecque, Saint-Venant, Busnes, Chocque et Annezin.


Le 7 octobre, ils remontent en direction du nord, par Vendin, Hinges, le canal d’Aire, le Hameau de Bohème, le Vierhouck pour arriver à Estaires.

 

Le 8 octobre, ils font à nouveau route vers le nord et s’installent entre Cassel et Hazebrouck, vers les lieudits « La Canewelle » et « Les cinq rues » (commune d’Hazebrouck) et sur la « croupe » de Hondeghem. L’ensemble de la division occupe la ligne Cassel, Saint-Sylvestre-Cappel, Caestre. Le 14e Dragons s’installe à Saint-Sylvestre-Cappel et au Hameau de la Bréarde (Hondeghem).

 

Le 9 octobre, le régiment reste sur sa position mais ses différents pelotons sont harcelés par des cavaliers et des cyclistes ennemis armés de mitrailleuses.

A 19 h 30 le régiment se porte, en arrière du ruisseau de la Becque, sur la route de Hondeghem à Hazebrouck et à 22 heures va cantonner à Lynde (à 12km à l’ouest d’Hazebrouck).

 

Le même jour à 22 heures, le Sous-Lieutenant GRIFFATON est envoyé en reconnaissance en profondeur, au-delà de la ligne Hazebrouck - la Bréarde, vers Bailleul. On ne connaît pas exactement le nombre ni l’ identité des hommes qui accompagnaient le Sous-Lieutenant, en dehors du Maréchal des Logis GODFROY.

 Les chiffres diffèrent selon les récits et sont sujets à interprétation. D’après le Journal de Marche et d’Opérations du régiment, qui est le document le plus sûr, on peut déduire qu’ils étaient six.

 

La mort des deux premiers soldats français

 

Le récit est emprunté à l’article de Régina De Coninck paru dans le journal le Cri des Flandres du 14/11/1915 et à un article de Melle Fache, correspondante du Journal La Croix, paru le 8 octobre 1964 à l’occasion de la messe du cinquantenaire demandée par la famille Griffaton.

 

 

 Le dimanche 11 octobre, de bon  matin, la patrouille française se présente à Méteren et traverse le village. Un habitant, qui à l’entrée de la Rue de la Fontaine, les voit monter la Rue Nationale, les prévient : « Les Allemands sont à 150 mètres – Combien ? – J’en ai vu un… ». Cependant à l’autre bout du village se dessine une silhouette d’ Allemand dans le ciel clair. Le tournant de la route le cachait aux dragons qui défilaient insouciants. Ils avancent et tout à coup les apercevant mettent sabre au clair. Ils foncent sur l’ennemi. Les uhlans font volte-face mais une patrouille de cyclistes embusqués dans un verger fusille les dragons dans le dos, près de l’entrée de la Doel Drève (actuelle Rue neuve) ;  quatre tombent, deux s’enfuient, deux autres encore se dégagent de dessous leurs chevaux et gagnent une ruelle. Les Allemands se ruent sur ceux qui gisent, ils les palpent, nous pensons peut-être qu’ils les achèvent. Ils leur enlèvent leurs bottes et les laissent morts sur la route. 

 

 Monsieur Van de Walle, le pro-curé nommé pour épauler le vieux curé Gryson, met un brassard de la Croix Rouge  et s’élance ; Mademoiselle Marguerite de Swarte, qui est infirmière diplômée met aussi un brassard et avec sa jeune servante se lance à son tour au secours des blessés, sans se soucier ni du danger, ni des avertissements de sa mère. Hélas ils sont morts, l’abbé leur donne l’ultime absolution, puis aidé des voisins qui apportent du linge nous transportons les victimes à la Salle d’Oeuvres.

 

 

 

 

 

 

Marguerite De Swarte

 

 

 

Les chevaux gisent dans une mare de sang. Le sous-lieutenant mort héroïquement est Monsieur Griffaton, fils d’un avocat d’Angers, le maréchal des logis, son compagnon, est fils d’un agriculteur de l’Est. Oh ! les avoir vu passer pleins de force et de jeunesse et un quart d’heure à peine après inanimés ! Mademoiselle de Swarte et ses dévouées aides firent leur toilette mortuaire, les ensevelissant dans leur uniforme, leur casque à crinière posé sur le corps . Elles semèrent autour de leurs dépouilles des fleurs rouges comme le sang vermeil répandu le premier sur notre sol. 

 Pieusement les habitants du village vinrent toute la journée rendre hommage à la jeunesse, au courage, à l’honneur. Pour leurs familles des photos furent prises. 

 

 

 

Le soir, les corps posés à même la civière, furent portés à l’église, salués au passage par les Allemands alignés qui, au garde-à-vous, rendirent les honneurs, puis les firent mettre en terre dans les cercueils confectionnés à la hâte à la demande de l’Abbé Van de Walle. Ils furent inhumés dans l’ancien cimetière communal, autour de l’église.

 

 

 

 

 

 Les choses avaient été précipitées, les Allemands ayant besoin de la Salle d’Oeuvres pour loger leurs soldats. Ils revenaient, c’étaient les mêmes ! 

 

 

 

L’ennemi rechercha les soldats qui accompagnaient l’officier et le sous-officier tués. Il y avait cinq cadavres de chevaux. Qu’étaient devenus les trois autres soldats manquants ? Ils les cherchèrent en vain. M. Cordonnier, au service de M. J. De Swarte, et avec son consentement, les avait cachés dans le grenier à fourrage de la brasserie où il leur porta de la nourriture et des vêtements civils. Ils furent sauvés.

 

Une anecdote touchante :

Un garçonnet de cinq ans, ayant accompagné sa mère dans la salle mortuaire, s’était extasié devant les casques magnifiques des deux dragons. Inconscient de la portée de son geste, il retourna en cachette dans la Salle d’œuvres et déroba l’une des coiffures, merveilleuse à ses yeux, puis la cacha dans le grenier paternel où il alla souvent la contempler amoureusement.

Ce casque n’a apparemment pas été retrouvé à la fin de la guerre.

Melle Fache, qui rapporte cette anecdote dans le journal La Croix, a bien connu ce petit garçon, c’était un membre de sa famille !!!

 

 

Qui étaient les deux braves tombés le 11 octobre 1914

 

 

1-   Le Sous Lieutenant René Joseph GRIFFATON

 

 

René GRIFFATON est né à Angers le 30 mars 1891. Son père, Julien GRIFFATON est avocat à la Cour d’Appel d’Angers. Sa mère, Marie BIGOT, est la fille de Julien BIGOT, ancien président de la Cour d’Appel d’Angers, député de la Mayenne lors de la naissance de René

Il est le troisième des quatre enfants de la famille GRIFFATON-BIGOT au sein de laquelle sont nés successivement Marie en 1887, Jean en 1888, René en 1891 et Anne en 1895.

 

René suit les classes préparatoires au concours de Saint-Cyr au Lycée Sainte-Geneviève, rue Lhomond à Paris.

 

Ci-contre le jeune aspirant en 1913 (Photo Famille Griffaton)

 

 

Préalablement à son entrée à Saint-Cyr il effectue une année de service militaire au 29e régiment de Dragons où il est incorporé le 7 octobre 1911. Il entre à l’E.S.M. de Saint-Cyr le 12 octobre 1912 et est nommé aspirant.

 

 

 

 

Admis au concours d’entrée avec le n° 60 , il peut opter pour la cavalerie, son rêve. Il appartient à la 96e promotion qui a choisi de s’appeler « Promotion des Marie-Louise » en souvenir des conscrits des classes 1814-1815.

 

(Ces conscrits furent appelés sous les drapeaux en 1813 par un décret signé par l’impératrice Marie-Louise, alors régente de l’Empire, d’où le surnom qui leur fut donné : les Marie-Louise. Partis sans instruction militaire ou presque, ces jeunes soldats se sont magnifiquement comportés pendant la campagne de France de 1814.)

 

Au 1er janvier 1914, René GRIFFATON est affecté au 14e régiment de Dragons de Saint-Etienne en qualité de Sous-Lieutenant, mais il ne rejoint pas tout de suite son unité. Il est retenu pour suivre, à l’Ecole d’Application de la Cavalerie de Saumur, le cours des sous-lieutenants-élèves du 10 janvier au 31 juillet 1914, un cours qui sera interrompu par la mobilisation générale et la déclaration de guerre.

 

René  bénéficie d’une ultime courte permission dans la propriété familiale du Petit-Serrant, près d’Angers, le 26 juillet, et il revoit une dernière fois sa maman et ses deux sœurs, le 1er août à Saumur.

 

 

Il rejoint aussitôt le 14e régiment de Dragons à Saint-Etienne, où le travail de mobilisation avait commencé dès le 31 juillet. Le régiment composé de quatre escadrons a rapidement quitté Saint-Etienne pour l’Est de la France dès le 1er août au matin pour débarquer le 2 à Châtel-sur-Moselle (Vosges), à 15 km au nord d’Epinal. René rejoint le 4 août, l’ensemble de son régiment (probablement le 1er escadron) qui s’est entre temps avancé jusqu’à Glonville, au N.O. de Baccarat (M. et Moselle). Il suivra dès lors l’itinéraire de son Régiment, tel qu’il est évoqué ci-dessus.

 

 

 

   2- Le Maréchal des Logis Marcel Stanis GODFROY

 

Né à Villy (Canton de Carignan, Ardennes) le 3 septembre 1891, Marcel GODFROY  est le premier enfant  de Pierre Justin GODFROY et de Marie-Léonie HUTIN. Il n’a qu’une sœur, Célestine Marceline GODFROY, née en 1893, qui se marie en 1919 avec Jean Henry Arsène GERARD. Les enfants issus du couple GERARD-GODFROY constituent à Villy la seule famille survivante connue de Marcel GODFROY. Nous n’avons pas trouvé de photographie du soldat, en dehors de celle qui figure sur l’ancien Monument aux Morts, et qui, bien qu’émaillée, a subi les outrages du temps au point de n’être plus exploitable (Ci-contre).

 

Ses parents sont cultivateurs à Villy où ils exercent en outre une activité de coquetiers, c’est-à-dire qu’ils ramassent les œufs dans les fermes des environs et les revendent soit au détail à la ville voisine, soit à un grossiste en œufs et volailles.

 

On ne possède sur ce soldat aucun renseignement relatif à la période antérieure à son départ au service militaire qui survient le 1er octobre 1912, date à laquelle il est affecté au 28e régiment de dragons de Mézières (Ardennes). Il est nommé brigadier le 17 mai 1913. A la déclaration de guerre, le 2 août 1914, il n’a pas terminé son service militaire et il se trouve alors affecté au 14e Régiment de Dragons basé à St Etienne en temps de paix, mais qui rejoint l’Est dès les premiers jours d’août 1914, ainsi que nous l’avons vu plus haut.

 

 

 

Intégré au 1er escadron il est placé sous l’autorité du Sous-Lieutenant GRIFFATON et suit le même itinéraire que son officier jusqu’à l’embuscade fatale de Méteren

 

Marcel GODFROY se distingue par un acte de bravoure en tout début de guerre, dans la première quinzaine d’août, lors des combats qui se sont déroulés aux limites de la Meurthe-et-Moselle, entre Blamont et Sarrebourg. Le 17 août 1914 il est cité à l’ordre de la Division en ces termes :

 

« GODFROY, brigadier au 1er escadron,  étant en patrouille et momentanément seul, a tué de sa main un officier ennemi et mis en fuite les uhlans qui l’accompagnaient » (Historique du Régiment page 24).

 

Pour cet acte de bravoure il est nommé Maréchal des Logis (sergent) le 5 septembre 1914.

 

Nous ne connaissons pas la date du transfert des restes du Maréchal des Logis GODFROY, les archives municipales et celles de la Direction Départementale des Anciens Combattants n’en faisant pas mention. Son corps a été regroupé depuis dans la sépulture commune des familles GODFROY-HUTIN et GERARD-GODFROY au cimetière communal de Villy (Ardennes).

Le nom de Marcel GODFROY figure à la fois sur l’ancien Monument aux Morts implanté dans le cimetière communal et sur le nouveau monument, place de l’ Eglise.

 

Ci-contre l’ancien Monument aux Morts de 1914-1918

Photo Mairie de Villy (08)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     

Inhumations, exhumations et réinhumations :

 

 

 

Le 11 octobre 1914 au soir les deux militaires ont été inhumés côte à côte dans le cimetière communal alors situé autour de l’église. Grâce à une photo d’époque des deux tombes, récemment communiquée (avec d’autres) par un neveu du Sous-Lieutenant Griffaton, nous en connaissons la disposition exacte et une particularité : les deux croix des tombes sont en effet reliées par une arche de bois portant l’inscription : « Tombés glorieusement le 11 octobre 1914 ».

 

 

 

 

                                                                                       Ci-dessus les deux tombes dans l’ancien cimetière :

(Photo collection famille Griffaton)

 

 

 

 

 

 

 

 

Après la guerre, le 14 mai 1919, une mission militaire procéda à l’exhumation des restes des deux soldats et à leur réinhumation dans le cimetière militaire de la Rue des Quatre Fils Aymon, nouvellement organisé, dans les tombes N° 1 et 2.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ci-contre les tombes n° 1 et 2 affectées au Sous-Lieutenant René GRIFFATON et au Maréchal des Logis  Marcel GODFROY en 1919

(Photo collection famille Griffaton)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au début de l’année 1922 la famille Griffaton est venue à Méteren pour procéder à  l’exhumation du jeune René afin qu’il soit ramené dans le caveau de famille à Angers.

 

 

 

 

La croix de bois qui avait été placée par les services militaires est toujours conservée dans la chapelle familiale au cimetière de l’Est à Angers (photo).

(Photo collection famille Griffaton)

 

 

 

 

 

 

La famille GRIFFATON et la commune de Méteren

 

 

Au cours de ce devoir de mémoire en forme de recherche,  nous avons fait d’intéressantes découvertes. C’est ainsi que nous apprîmes :

 

Que Jean Griffaton, le frère de René, Sous-Lieutenant au 66e R.I. à cette époque sur le front d’Ypres, vint en 1914 à Bailleul et Méteren pour recueillir des renseignements sur son frère René alors porté « disparu ».

 

Que Maria DEBRUYNE (1892-1975), une méterennoise bien connue, qui habitait une maison bourgeoise de la Rue de la Fontaine, devint une amie très chère des deux sœurs de René Griffaton. Les deux familles étaient abonnées à la revue « Le Noël » dans laquelle Maria Debruyne avait relaté, fin 1914, la mort des deux soldats, ce qui attira évidemment l’attention de la famille Griffaton. Il s’ensuivit une abondante correspondance.

 

Que la famille Debruyne évacua en avril 1918, à Bouchemaine (M. et L.) dans une propriété de la famille Griffaton. A Angers Maria se joignit alors à Madame Griffaton et à ses deux filles qui étaient bénévoles à l’hôpital auxiliaire n° 11 de la Croix Rouge d’Angers où affluaient de nombreux soldats blessés.

 

Que l’Abbé Van de Walle, pro-curé de Méteren en 1914, qui célébra les « funérailles » des deux soldats se retrouva lui-aussi à Angers lors de l’évacuation du Grand Séminaire de Lille alors replié à Wardrecques, près de Saint-Omer.

 

De notre côté nous savions qu’une messe du cinquantenaire avait été demandée par la famille à la paroisse de Méteren en 1964 (fait relaté par le journal « La Croix » de 1964).

 

Enfin quatre membres de la famille sont venus spécialement assister aux manifestations et visiter l’exposition du 11 novembre 2006.

 

 

 

 

Distinctions honorifiques reçues par les deux braves

 

Le Sous-Lieutenant René Griffaton fut cité :

 

Citation à l’Ordre du Régiment N°13 le 1er novembre 1914

« Jeune officier plein de bravoure, frappé à mort, à la tête d’une troupe

de reconnaissance à Méteren (Nord) le 10 octobre 1914 « 

 

Il reçut à titre posthume :

La Croix de guerre avec palme

La Croix de Chevalier de la Légion d’Honneur

 

Le Maréchal des Logis Marcel Godfroy :

 

Nous avons vu plus haut qu’il avait été cité à l’ordre de la Division le 17 août 1914 pour un acte de bravoure accompli dans les premiers jours de guerre. Cela lui valut d’être promu de Brigadier à Maréchal des Logis.

Il reçut à titre posthume la Croix de guerre avec palme et la Médaille Militaire

 

 

Le 11 octobre 2006

 D.Fache, J.P. Deswarte