Cliquez ici      ACCUEIL METEREN - PAGES HISTOIRE – GEO

 

I Généralités sur le village:

 

  I-1 A l’origine

 I-I a Origine de la commune

 I-I b Origine du nom de la commune

 I-2 Armoiries
 I-3 Coordonnées géographiques et administratives   Maire et anciens maires depuis 1708  

I-4 Les hameaux
I-5 Evolution de la population

 I-6 Un autre Méteren...aux Pays-Bas

II Histoire:

Avant-propos: hommage à l'Abbé Béhague

II-1 Les temps préhistoriques: le « trésor » du Monts des Cats

II-2 Au temps d’Astérix et d’Obélix
II-3 La conquête romaine
II-4 Moyen-Age
II-5 Du XVIe à la Révolution                          
II-6 De la Révolution à 1900                           
  II-7 La 1ère Guerre Mondiale 1914-18           
II-8 La reconstruction du village             
II-9 La seconde Guerre Mondiale 1939-45     

III La mémoire des évènements                          

III-1 Le procès en sorcellerie de Thomas LOOTEN en 1659                                      
III-2 La mort du Prince de Hesse au Mont des Cats en 1914 

 III-3 Le futur Maréchal Montgomery laissé pour mort à Méteren en 1914
III-4
Le mausolée du Lieutenant anglais Atwood MORRIS tué en octobre 1914
III-5 Les 110 méterennois Morts pour la France en 1914-18

III-6 A Le cimetière militaire franco-britannique de Méteren    

III-6 B Diaporama des tombes françaises    
III-7 Méteren peint par un soldat canadien en 1916

  III-8 Correspondances de Régina De Coninck avec l’Abbé Lemire (1914)
III-9 Les Méterennois morts au cours des guerres 1939-45, d’Indochine et d’Algérie

III-10 Le cahier de Valentine BUTTIN (occupation allemande 1940-44)
III-11 Mort tragique d’un jeune lorrain le 5 septembre 1944
III-12 Andrée, jeune victime civile de la guerre 1939-45

III-13 Les deux méterennois de la Bande POLLET

III-14 Les DUBORPER à Méteren, une famille très nombreuse

      III-15  Arrêt à Méteren de Napoléon 1er et de l’Impératrice

 

     
IV Traditions

IV-1 La dentelle aux fuseaux à Méteren          

IV-2 La culture du houblon                                 

IV-3 Le géant de Méteren

IV-4 Les rois mages de Méteren     

V Ils ont donné leur nom à une rue du village  

 

  V-1 Mgr Casimir Wicart (1799-1879)            
V-2 Le peintre De Coninck (1828-1910)        
V-3 Le commandant Clemmer (1825-1870)   
V-4 Marie Delie (1865-1943)                         

Retour au sommaire Meteren.net

 

 

 I - Généralités sur le village

Situation :

Le village de Méteren est situé au cœur de la Flandre française, dans le département du Nord, à peu près à mi-chemin entre Lille (25 km) et Dunkerque (30 km), sur le tracé de l’autoroute A 25, à proximité immédiate de la ville de Bailleul, au pied du Mont des Cats (Catsberg), un des sommets de la « Cordillère des Flandres » !

La configuration de son territoire de 1844 hectares est curieuse et ressemble à une grossière étoile à trois branches, celle du nord   s’étendant jusqu’au Mont des Cats à 5 km, celle de l’ouest jusqu’au cœur même de Strazeele à 5 km également et celle du Sud jusqu’au centre d’Outtersteene à 3 km. Le tracé s’approche aussi très près de Flêtre, dans l’axe Strazeele-Mont des Cats. L’historien local, l’abbé René Béhague émet l’hypothèse que cette configuration particulière pourrait s’expliquer à l’origine par l’appartenance de l’ensemble du territoire à un même maître, seigneur puissant, comte

 

     

Source IGN

 

Le village a été totalement anéanti au cours des combats d’avril 1918. Il a été reconstruit à partir de 1920 suivant un plan très proche de l’ancien. Les bâtiments publics, mairie, bureau de poste, écoles, logements scolaires, forment autour de la place un ensemble architectural très harmonieux. L’église et son fin clocher, qui s’élance à plus de 50 mètres, se repèrent à des kilomètres à la ronde.

Depuis quelques décennies des lotissements sont venus progressivement entourer le village. La comparaison des photos aériennes avant et après la construction des lotissements est éloquente                                   ( voir le lien « photos »)

Cartes : pour avoir un aperçu détaillé du terroir méterennois, la carte I.G.N. (Institut Géographique National)  au 1/25 000e semble le mieux convenir. Si vous êtes intéressé il vous faudra cependant faire l’acquisition de deux cartes, non pas que le territoire de la commune soit tellement grand qu’il remplisse plus d’une carte, mais parce qu’il est malencontreusement réparti entre les deux cartes aux références ci-après :

I.G.N. Série bleue n° 2403 Ouest Steenvoorde

I.G.N. Série bleue n° 2404 Ouest Hazebrouck                                                   Retour haut de page

 

 

I-1 A l’origine

a) Origine de la commune :

 

Un chemin ancien de la commune s’appelle la « Voie romaine ». Il vient de Bailleul par le Calverdaens, oblique à hauteur de la chapelle St Donat et débouche à l’entrée de Méteren au niveau de la ferme Parent. Est-ce vraiment une voie de l’époque romaine ? Rien ne permet de l’affirmer car ni l’itinéraire d’Adrien, ni les Tables de Peutinger n’en font état. Si elle existait effectivement on peut imaginer que, compte tenu de la topographie des lieux, il y avait un embryon de hameau à l’emplacement du village actuel.

Sinon il faut chercher la naissance des lieux dans la période qui a suivi les invasions germaniques       (Ve siècle), ce que confirmerait l’origine thioise (cf § b ci-après) du toponyme « Méteren ».

Ce qui est sûr dans cette recherche c’est qu’une carte de 839 mentionne la voie dite romaine. De Cassel, d’où partent sept voies, l’une d’elles se dirige vers Caestre, où elle fait un angle droit pour aller traverser la Lys à Minariacum      (Pont d’Estaires). Strazeele s’est développé le long de cette voie. Un peu au-dessous de Caestre, en un point qui semble correspondre parfaitement à la Courte-Croix, une ligne se détache à angle droit également, se dirigeant , par Bailleul, à Viroviacum (Werwicq). Or cette ligne passe précisément par le tracé de ce que nous appelons la voie romaine. On sait par ailleurs, que la grande artère qui traversait Méteren pendant tout le Moyen-Age et avant la construction de la route nationale était précisément cette « voie romaine » continuée au-delà de l’agglomération, en ligne droite jusqu’à la Courte-Croix.

                                                                                                                       Retour haut de page

 

b) Origine du nom de la commune :

 

Le premier document faisant référence à Méteren est un texte du XIIe siècle. Il s’agit d’un cartulaire, recueil de titres relatifs aux biens temporels de l’abbaye Saint-Bertin de Saint-Omer, qui en 1158 fait état d’une dîme que l’abbaye perçoit sur une terre sise à Maternes.

Maternes est un des anciens noms du village qui dans les vieux textes s’est également appelé Materna, Materen, Maderen, Méternis , Méternes,

Selon l’abbé Béhague ces noms seraient issus de mader, un mot thiois, la langue primitive des tribus germaniques, signifiant  prairie, au pluriel maderen. L’abondance des prairies pourrait donc être à l’origine du nom du village.

L’hypothèse est  renforcée par le fait que le thiois était la langue de la tribu germanique des Cattes qui a donné son nom au Mont des Cattes devenu par la suite Mont des Cats.

Une autre hypothèse, développée sur un site Internet de toponymie du Nord (crehangec.free.fr/nord.htm) laisse entendre que le nom de Méteren serait dérivé de Matrae, déesse gauloise des eaux. Elle n’est étayée que par l’omniprésence de la Méteren Becque depuis sa source au pied du Mont des Cats jusqu'à Outtersteene, à 10 km.

 

Dans les deux cas il s’agit donc d’hypothèses             Retour haut de page                                                

 

I – 2  Les armoiries

 

Collection Daniel Fache

 

En langage héraldique on dit des armes de Méteren qu’elles sont «  de gueules à deux clés d’argent affrontées et passées en sautoir, et sur le tout un écusson d’or à trois cors de sable, liés de gueules ».

Pour transposer en langage courant penser que « gueules » correspond à la couleur rouge et « sable » à la noire, qu’un écusson est un petit écu contenu dans un plus grand, que le mot « affrontées » signifie face à face et « en sautoir » en forme de croix de St André.

La Croix de Guerre : a été remise à la commune le 20 juillet 1921 par le général Gascouin en souvenir des sacrifices consentis par la population au cours de la guerre 1914-1918 : destruction totale du village en avril 1918, 110 soldats méterennois morts pour la France.

On ignore l’origine des armoiries de Méteren. L’apparition des armoiries en général semble liée aux tournois de chevaliers qui les arboraient sur leur bouclier afin qu’on puisse les reconnaître. Il en était de même lors des croisades où pour se reconnaître l’on portait haut un étendard où figuraient ses armes. Faut-il en déduire qu’ Henri de Materen qui accompagnait Godefroy de Bouillon lors de la première croisade (1090) portait ces armes ?

                                                                                                      Retour haut de page 

 I - 3 Coordonnées géographiques et administratives :

a) Coordonnées géographiques

 

Ce n’est pas ici qu’il convient d’expliquer ce que sont les coordonnées géographiques d’un point, à savoir la latitude, la longitude et l’altitude.

Il existe de très bons sites spécialisés auxquels on accède facilement en tapant « coordonnées géographiques » dans la fenêtre de recherche d’un bon moteur comme « Google » par ex.

Le site de l’I.G.N. (adresse ci-dessous) est le plus visité d’entre eux.

http://www.ign.fr/affiche_rubrique.asp?rbr_id=1087&CommuneId=55494

Il nous annonce par exemple que les coordonnées de la mairie de Méteren, exprimées dans le système ED50 (système géodésique européen unifié), celui qu’utilisent les G.P.S., sont 

Longitude : 02°41’35 ‘’ Est     (par rapport au méridien de Greenwitch)

Latitude :    50°44’29 ‘’ Nord   (par rapport à l’équateur )

 

Altitude : en chiffres arrondis, elle varie de 20 m. au sud du village à 150 m. au Mont des Cats (cimetière).

 Retour haut de page

b) Coordonnées administratives    < Cliquez pour atteindre la page

 

                                                                                                         

I – 4  Les hameaux   < Cliquez pour atteindre la page

 

I – 5   Evolution de la population

 

Les chiffres qui suivent sont extraits des écrits de l’Abbé Béhague (op.cit. page 223), de César Lauwerie (op. cit. page 42) et des documents diffusés par l’I.N.S.E.E (1990 à 2006).

 

Année 1794      2153 habitants

Année 1931      1770 habitants

Année 1852      2600 habitants

Année 1936      1703 habitants

Année 1875      2702 habitants

Année 1962      1572 habitants

Année 1884      2516 habitants

Année 1968      1655 habitants

Année 1891      2441 habitants

Année 1975      1736 habitants

Année 1899      2414 habitants

Année 1982      1979 habitants

Année 1906      2400 habitants

Année 1990      2000 habitants

Année 1911      2316 habitants

Année 1999      2116 habitants

Année 1921      1652 habitants

Année 2006      2155 habitants

Année 1926      1852 habitants

 

 

 

 

 

 

 

 

Le tableau fait ressortir une croissance douce mais régulière depuis 1962, année où la population (1572 hab.) fut à son niveau le plus faible depuis la Révolution. C’est en 1875 qu’il fut au plus haut avec 2702 habitants.

Le recensement de 2006

La population a augmenté de 39 habitants entre les recensements de 1999 et 2006

Le détail du recensement de 2006 figure sur le site de l’INSEE à l’adresse suivante :

http://www.insee.fr/fr/recensement/nouv_recens/resultats/repartition/chiffres_cles/n3/59/n3_59401.pdf

Courbe d’évolution de la population depuis la Révolution. :

 

 

Retour haut de page

I – 6 : Un autre Méteren …. aux Pays-Bas  

Confirmant l’origine thioise du nom, on trouve aux Pays-Bas également un village du nom de Méteren.

Il se situe dans la province de GEDERLAND et dans la Communauté de communes de GELDERMALSEN.

 

Le village, qui annonce 3311 habitants, se trouve le long de la rivière Linge et à proximité de l’intersection des autoroutes A2-E25 ( Eindhoven à Utrecht par St Hertogenbosch) et A15-E31 (Rotterdam à Arnhem par Gorinchen). Il semble que ce soit un village à vocation essentiellement agricole et résidentielle.

C’est du moins l’impression que l’on a en visionnant la cinquantaine de photos que présente le site de l’Eglise Réformée de Meteren :

www.pknmeteren.nl/index.php?option=com_zoom&itemid=57&catid=8

On arrive directement parmi les photos classées par rues ou par site :

« Diverse Straten » Rues diverses, 7 photos plus ou moins récentes,

« Dorpstraat » Rues villageoises, 17 photos sur deux pages,

« Evenementen », Evènements, 6 photos

« Luchtfoto’s », photos aériennes, une carte géog. et un photo,

« Huis te Meteren », la maison commune de Meteren, 3 photos,

« Rijkstraatweg », la rue des riches ( ?), 6 photos,

« Schoolstraat », la rue des Ecoles, 3  photos,

« Wilhelmina Straat » la rue de Wilhelmine (reine) au cours des ans, 5 photos.

 

Le blason :

Dans une case d’azur, une fleur de lys d’argent. Ce blason semble s’inspirer de celui de l’illustre famille Van Meteren que l’on évoquera ci-après :

 

 

Histoire de la famille Van Meteren ;

L’histoire du village hollandais est intimement liée à celle des seigneurs des lieux au Moyen-Age, période durant laquelle il y avait deux châteaux sur le domaine. Le plus grand appartenait aux ducs Van Kuyc qui porteront par la suite le nom de Van Cuyck Van Meteren. Ce château sera démoli en 1907.

Entre temps, par mariage, le nom évolue mais tous les seigneurs du lieu ajoutent Van Meteren à leur nom de famille. On remarque aussi que vers 1450 un des descendants, le duc Jan Van Tiel Van Meteren se faisait appeler plus simplement Jan Van Meteren et dès lors ses descendants feront de même. Ce nom de famille a survécu et on le trouve souvent lorsqu’à partir d’un moteur de recherche comme GOOGLE notamment, on lance une recherche sur le mot « Meteren ».

Le plus célèbre des Van Meteren, Emmanuel (1535-1612), a été un illustre historien qui a écrit une Histoire de la Belgique et des Pays Bas en 28 volumes. Consul de son pays à Londres, il fut un témoin direct et bien informé des évènements qui secouèrent les Pays Bas et ses travaux historiques sont une des sources les plus documentées

On peut trouver l’arbre généalogique de cette famille sur le site suivant :

http://www.vanmetre.com/Papers/van_meteren_family.htm   puis en bas de page sur « Van Meeteren family tree »

 

****************************************

 

 

Retour haut de page 

 

 

 II Histoire (résumé succinct).

Avant–propos

Hommage à l’Abbé René Béhague (1868-1954)

Le chapitre « HISTOIRE » de ce site est inspiré en grande partie du livre consacré à Méteren par l’Abbé René Béhague ( 1868-1954) sous le titre «Essai d’histoire d’une commune flamande : Méteren ». Ce livre, rédigé vers 1926 et publié en 1932 par le Comité Flamand de France, constitue l’unique étude du lointain passé de Méteren .

Ce prêtre au talent d’historien, doté d’une vaste culture, maîtrisant parfaitement les vieux textes latins et flamands, s’appuyant sur des recherches approfondies,  nous a légué un livre qui est une véritable mine sur le passé du village.

Hommage lui soit donc rendu !

Voici quelques étapes de sa vie, ainsi que les distinctions qui l’ont jalonnée :

Né à Méteren en 1868. Ordonné prêtre du diocèse de Cambrai (celui de Lille n’existait pas encore) en 1892. Nommé professeur à N.D. des Dunes à Dunkerque (dès sa sortie du Grand Séminaire), puis au Petit Séminaire d’Hazebrouck en 1893 et au Collège de l’Immaculée Conception à Bailleul.

Il est nommé Supérieur du Collège N.D. des Anges à Saint-Amand-les-Eaux en 1907.

Pendant la guerre 1914-18 il est supérieur du Petit Séminaire d’Hazebrouck puis nommé Curé-Doyen de Saint Amand-les-Eaux en 1919.

Il est nommé Chanoine Honoraire du diocèse de Cambrai en 1932.

En 1951 il prend une retraite méritée à Méteren où il  décède le 25 avril 1954 à l’âge de 86 ans, dont 62 années de sacerdoce.

Licencié es-lettres, il fut membre de la Commission Historique du Nord et du Comité Flamand de France.

*-*-*-*-*-*-*-*

Voir aussi à la rubrique  « Généalogie » la liste alphabétique des 497 personnes citées dans le livre de l’Abbé Béhague

 

Retour haut de page

II – 1 : Les temps préhistoriques

 

Avant d’aborder ce qui paraît être le seul témoignage local de ces temps reculés, révisons nos connaissances.

Il nous reste de nos souvenirs scolaires la classification de la préhistoire en grandes périodes, les âges de pierre, du bronze et du fer où les outils de l’homme furent successivement élaborés à partir de la pierre taillée, de la pierre polie, puis du bronze et enfin du fer.

Les progrès constatés dans le façonnage des galets de silex constituent autant de périodes intermédiaires dans l’âge de pierre :

-        le paleolithique, la période la plus reculée de l’âge de pierre, couvre des temps très longs de 1 000 000 et plus 9000 ans avant notre ère. Les outils sont grossièrement façonnés dans des galets de silex .

-         le mesolithique, la période intermédiaire suivante de 9 000 à 5 000 ans avant notre ère  est caractérisé par l’apparition d’outils en formes de lamelles plus finement débitées, plus régulièrement retouchées, d’outils à dos courbe plus faciles à manier.

-         Le neolithique, de 5 000 à 1 800 ans avant notre ère, c’est l’âge de la pierre polie par opposition à la pierre taillée.

 

On admet généralement que l’âge du bronze couvre la période de 1800 à 750 avant notre ère et que l’âge du fer s’étend de 750 au début de notre ère.

 

Ces dates ne peuvent s’appliquer systématiquement à toutes les contrées, il faut tenir compte du degré d’évolution variable des peuplades qui les habitent et des contacts qu’elles ont entre elles.

 

Le « trésor » du Mont des Cats :

 

Il a été découvert en 1955 sur les pentes du Mont des Cats, au lieudit Kruys-Straete, commune de Godewaersvelde, à quelques hectomètres des limites territoriales de Méteren, dans une sablière, à un mètre de profondeur, un dépôt de 84 lames de silex, de 14 outils de support laminaires et de 2 éclats. Le « dépôt » se situait dans une poche vide de sédiment de la sablière. Ces outils sont issus de silex de teintes variées, souvent grises et noires, dont l’origine est probablement locale. Rappelons que les sommets des Monts de Flandre sont protégés de l’érosion par une couche de « poudingue », un conglomérat de grés ferrugineux et de galets de silex arrondis.

Pour visualiser ce « poudingue » et les grès ferrugineux, consulter le site suivant, qui présente 8 photos prises sur le Mont Noir et 18 sur le Mont des Cats :

http://jl.franchomme.free.fr/monts_de_flandre.htm ADSL recommandé 

 

C’est le nombre élevé de pièces, la longueur importante des lames variant de 6 à 21 cm, le caractère sélectif des pièces accumulées, toutes parfaitement utilisables, et la maîtrise affichée dans la technique de débitage du silex qui incitent à parler de « trésor » archéologique.

Les chercheurs qui ont étudié cet outillage, qu’ils qualifient d’atypique, hésitent à le situer chronologiquement. Par analogie avec des lames trouvées à Hallines, près de Wizernes (62) ils évoquent notamment le Magdalénien, c’est-à-dire à la fin du Paléolithique, peut-être dix mille ans avant notre ère…mais prudence. Restons modestes aussi puisque, dans le départe-ment du Nord, les trouvailles les plus anciennes remontent à environ 500 000 ans avant notre ère (les bifaces de Quiévy près de Solesmes) et à environ 700 000 ans pour le Pas de Calais (silex de la Pointe aux Oies à Wimereux) !

 

Quelques unes des lames préhistoriques (silex) du Mont des Cats

 

Bibliographie :

 

Abbé TIEGHEM (1963)  La cachette de lames de silex du Mont des Cats (Godewaersvelde) Compte rendu du IVème congrès des sociétés savantes du Nord de la France à Hénin-Liétard, p.5-12.

R. AGACHE (1966) « Informations archéologiques » Gallia-Préhistoire. T.IX, fasc.2

J. HURTRELLE et J.F. PININGRE (1976 ) Le dépôt de lames de silex du Mont des Cats, commune de Godewaersvelde ( Nord). Revue Historique trimestrielle du Nord de la France, Belgique et Pays-Bas N°231, a.LVIII, 1976. Cote bibliothèque Univ.de Lille III : PZA 206

 

Le « poudingue » des Monts de Flandre

Le poudingue est un conglomérat de grès ferrugineux et de galets arrondis de silex

 

Photo de J.L. FRANCHOMME tirée du site :

http://jl.franchomme.free.fr/flandre_interieure.htm (ADSL recommandé)

 

Consulter également l’accueil du site :

http://jl.franchomme.free.fr/Index.htm (ADSL recommandé)

 

Retenons que la découverte archéologique a mis en évidence une occupation humaine très lointaine du Mont des Cats et, quelle qu’en soit la datation exacte, c’est un repère local très intéressant. L’endroit choisi se voulait rassurant : on y dominait l’épaisse forêt environnante qui fournissait le gibier et la plaine alors en grande partie  marécageuse d’où pouvait venir un éventuel danger

 Retour haut de page

 

(1)    II – 2 : Au temps d’Astérix et d’Obélix

 

Faute d’autres repères historiques nous effectuons un bond important dans le temps et les progrès de la civilisation et allons retrouver les Gaulois. Deux siècles avant notre ère la Gaule est divisée en trois parties : la Gaule Belgique, la Gaule Aquitaine et la Gaule Celtique.

L’actuel département du Nord était totalement situé en Gaule Belgique. Quatre grandes tribus d’origine germanique envahirent ce territoire et refoulèrent les anciens habitants vers le Sud.

-         Les Morins, entre  la Lys et Boulogne (capitale Thérouanne)

-         Les Atrébates au sud de la Lys (capitale Arras)

-         Les Nerviens à l’ est de l’Escaut (capitale Bavay)

-         Les Ménapiens, qui nous concernent, au nord de la Lys (capitale Cassel).

(2)

 

Les Ménapiens refoulèrent les anciens habitants et s’installèrent au nord de la Lys et de l’Escaut, des emplacements actuels de Dunkerque et Hazebrouck à celui de l’actuel Anvers, ces cités n’existant bien sûr pas à l’époque. Les Ménapiens constituaient une tribu originaire du Jutland (Danemark) et de la Frise (Pays-Bas). Ils apportèrent leur langue dont hérite le flamand actuel.

Sur la carte ci-dessus les trois lignes de tirets  délimitent une zone marécageuse, inondable par la mer qui déborde régulièrement sur les régions basses. On rencontre en dehors de cette zone inhospitalière des huttes coniques, parfois sur pilotis, regroupées en petits hameaux reliés par des sentiers où les chariots passent difficilement. De chasseurs et cueilleurs, nos ancêtres sont devenus un peuple de cultivateurs. Ils disposent de charrues rudimentaires, de faucilles, de houes. Ils cultivent le seigle, l’orge et le lin. Ils attèlent le cheval et le bœuf, élèvent des vaches, des porcs, des moutons, des volailles et des abeilles. Ils fabriquent de la bière (cervoise) et de l’hydromel.. Les femmes tissent et teignent le lin et la laine. Elles se servent de récipients en terre cuite pour les usages domestiques.

Les hommes sont forts et de haute taille, ils portent une abondante chevelure blonde et de longues moustaches pendantes. Ils sont de braves et rudes guerriers.

(1)

Les Ménapiens vont fortifier le haut de la butte de Cassel en y édifiant un « oppidum » , c’est-à-dire une enceinte entourée d’une levée de terre et de pierres établie sur une position favorable. Habituellement l’oppidum est d’abord un refuge en cas de danger, puis s’y établissent à demeure des fabricants d’armes et d’autres artisans. L’oppidum devient souvent un petit centre commercial en même temps qu’un lieu de culte. Etait-ce le cas de Cassel (qui ne portait pas encore ce nom) ? Et qu’y avait-il à Méteren à  cette époque ? En raison de la position légèrement élevée du centre de l’actuelle commune, on peut imaginer que l’endroit ait pu  favoriser l’implantation de quelques huttes de Ménapiens. Mais c’est là pure spéculation de l’esprit . Même l’encycl’obélix n’en parle pas, c’est dire !

 

(1)   Illustrations empruntées au site : http://www.asterix.tm.fr

(2)   Illustrations empruntées au site : http://www.mdsk.net/hista_fr.html

  Retour haut de page

 

II – 3  La conquête romaine

 

En 57 avant J.C. les armées romaines envahissent le nord de la Gaule et s’y heurtent à une mosaïque de tribus celtes et germaniques qui leur opposent une résistance opiniâtre. Les Nerviens faillirent battre Jules César. Mais les tribus gauloises belges finirent par s’incliner. Entre temps elles avaient quand même fourni des troupes à Vercingétorix, le chef de la coalition des peuples gaulois contre César. Les Morins envoyèrent 25 000 guerriers, les Ménapiens 7 000 et les Atrebates 15 000. Puis ce fut la défaite d’Alésia (Côte d’Or) en 52 avant J.C.

 

 

 

Constructeurs de routes

Le pays flamand est intégré aux provinces romaines de Belgique. Les Romains construisent de nombreuses routes stratégiques reliant les cités fortifiées, les cités commerçantes, les villes chefs-lieux de peuplades belges. Ils utilisent des matériaux locaux : grès ferrugineux des monts de Flandre et galets, en deux niveaux superposés.

(2)

Dans notre région, après les Ménapiens, les Romains vont sérieusement fortifier la terrasse de la butte de Cassel et y établir leur administration. Malheureusement les vestiges de leur château (castellum d’où vient Cassel) ont disparu et les restes de fortifications sont enfouis ; seul un pan de « mur romain » est signalé à l’attention des curieux.

 

Vers l’an 20 avant J.C., Cassel était devenu un important carrefour routier.

Sur la carte on distingue :

-         l’itinéraire nord de Boulogne à Bavay, via Cassel, Wervicq et Tournai

-         l’itinéraire sud de Boulogne à Bavay par Thérouanne, Arras, Cambrai, qui est l’axe principal de circulation, prolongé vers Cologne .

-         un itinéraire de Cassel à Amiens par Thérouanne

-         un itinéraire de Cassel à Poperinghe

-         une voie du sel, vers le rivage de la Mer du Nord

-         un itinéraire de Cassel à Arras par les villages actuels de Ste Marie Cappel, St Sylvestre Cappel et Strazeele et le Pont d’Estaires (Minariacum) sur la Lys.  Nous avons vu plus haut qu’à hauteur de Caestre un diverticule, ne figurant pas sur cette carte, se dirigeait vers Méteren (voir « origine du village), Bailleul et Wervicq. Nous en avions déduit qu’il y avait probablement le long de cette route au moins un hameau, un relais, à hauteur de Méteren. Aucun vestige ni aucune pièce romaine ne semblent, sauf erreur, avoir été trouvés sur le territoire de la commune.

 

 

 Les grandes invasions :

Alors que s’amorce le déclin de la domination romaine les invasions barbares vont amener dans la région leur flot de pillages et de destructions. A partir de 406 l’autorité romaine est fortement battue en brèche par le déferlement des Francs ou Germains (parmi lesquels les Cattes) et des Saxons poussés par d’autres barbares en marche vers l’Occident. Les Saxons sont cantonnés sur les côtes de la Ménapie. Les Francs Saliens s’installent dans une région qui va de l’embouchure de l’Escaut à la Somme. Au nord de cette zone, la germanisation plus poussée donne naissance à la langue flamande et à une frontière linguistique aux environs actuels de Lille . Tournai est la première capitale des Francs

Attila, roi des HUNS (Illustration tirée du site Wikipedia

En 450 l’invasion des Huns, conduits par Attila sème à nouveau la terreur en Gaule.

 Mais nous n’avons pas de repères locaux  précis. Seul, semble-t-il, Jérôme Ficheroulle dans « Bailleul, pages d’histoire locale » paru en 1909 fait une allusion à cette période troublée : « Notre ville fut, assure-t-on, détruite par les Francs en 420 et demeura inhabitée pendant deux cents ans jusqu’au moment où , en 621, Lydéric…repeupla le pays ». Mais il ne cite aucune source et l’expression « assure-t-on » n’est pas de nature à satisfaire notre

L’Empire Romain d’Occident prend fin en 476 quand l’empereur est défait par les barbares. C’est le début du Moyen-Age.

 Retour haut de page 

 

.(J-P D.)  

 

 

II-4 Moyen-Age      <--Cliquez pour atteindre la page


II-5 Du XVIe à la Révolution   
      <--Cliquez pour atteindre la page

                       
II-6 De la Révolution à 1900  
      <--Cliquez pour atteindre la page

                         

II-7 La 1ère Guerre Mondiale 1914-18      <--Cliquez pour atteindre la page


II-8 La reconstruction du village  
      <--Cliquez pour atteindre la page

           
II-9 La seconde Guerre Mondiale 1939-45 
       <--Cliquez pour atteindre la page

 

 


III La mémoire des évènements

III-1 Le procès en sorcellerie de Thomas LOOTEN  en 1659 

 

Ce procès, souvent cité comme l’exemple type du procès en sorcellerie du XVIIe siècle, a inspiré plusieurs historiens.

Le premier a été l’Abbé Béhague. Dans son livre Essai d'histoire d'une commune flamande « METEREN », publié par le Comité Flamand de France en 1932, il évoque longuement pages 74,75 et 76, les péripéties de ce procès en sorcellerie, intenté en 1659 à un marchand de bestiaux de Méteren, Thomas Looten. (Voir aussi Annales du CCF, Tome XXXVIII).

Dans un très beau livre, richement illustré par Roger Flament, Michel Le Calvé, sous le titre « Un procès en sorcellerie dans la Flandre du XVIIe » publié en 1990,  met en scène de façon très réaliste le manuscrit du procès Looten. Il en recrée le contexte historique et local, il analyse les différentes phases du procès, information préparatoire, interrogatoires, auditions des témoins, enquête, torture, sentence. Il nous fait en outre partager  ses recherches sur le manuscrit du procès et sur les hommes qui l’ont animé.

Dans le cadre de leur ouvrage consacré à "La sorcellerie et la justice en Flandre", publié en 1991  par le Foyer Culturel de l’Houtland à Steenvoorde, Christiane et Michel Loosen, citent intégralement le texte de l’Abbé Béhague  sur le procès de Thomas Looten pour en faire une analyse forcément plus globale que ne le fait le livre cité précédemment. On peut retrouver  cette évocation  sur la page de site ci-après :

 http://nouzautes.free.fr/sorcellerie/affaire_Looten.htm

Il vous faut absolument faire une visite à la page d’accueil de ce site patoisant http://nouzautes.free.fr

Voici maintenant une relation illustrée,  agréable à l’œil, ce qui ne gâte rien, de ce procès célèbre. Elle est tirée du sympathique site personnel de la famille Morel and Co,  qui traite, entre autres sujets, de généalogie et de régionalisme (moulins, géants, sorcières du Nord, recettes flamandes, ballade en Flandres…)

http://morel.and.co.free.fr/

 

 

L'affaire Thomas LOOTEN à Méteren

 

 

Vers le milieu du XVIIe siècle, se manifeste en Flandre et en France, même à la cour de Louis XIV, une recrudescence de sorcellerie; ou plutôt les procès de sorcellerie se multiplient. Des personnages très illustres, comme le maréchal de Retz, y sont impliqués; le bourreau de Dunkerque se vante d'avoir exécuté "de sa propre main" 500 à 600 sorciers. A Meteren, un procès fut intenté en 1659, à Thomas Looten, marchand de bestiaux, âgé de 50 ans. Depuis quelque temps, des bruits se chuchotaient dans le village; on parlait de bêtes ensorcelées, de maladies bizarres, de personnes qu'on avait dû exorciser, surtout d'un jeune enfant mort dans des circonstances étranges; on se disait que des sorts avaient été jetés; on accusait Thomas Looten. Son gendre l'en avertit un soir, dans un cabaret; il refusa de prendre la chose au sérieux et se contenta d'en rire. Mal lui en prit. Sur l'injonction des échevins, le bailli Jean Van den Walle, dépose une plainte devant la Cour féodale de Bailleul. Le 22 septembre, Thomas Looten, saisi et garrotté, comparaît devant ses juges. Les témoins, au nombre de 18, dont Jean Baryzeel, lui reprochent d'avoir jeté des sorts sur des vaches qui crevèrent "ayant des signes certains d'ensorcellement dans les yeux et aux dents" ; sur des femmes et des enfants malades "les uns, guéris par les exorcismes du curé, des pères capucins ou d'autres religieux, les autres, restés malades malgré les exorcismes" ; sur des enfants "en leur distribuant des prunes" et l'un d'eux, le fils d'Adam Wicaert en était mort. Ils ajoutent que des crapauds, en sautant, faisaient cercle autour du feu; et surtout que Looten avait chez lui une boîte renfermant des vipères, des cheveux humains, des écales d'oeufs. Looten reste ferme et calme devant ses juges. Il explique plusieurs des faits, prétendus surnaturels, et nie énergiquement avoir été pour quelque chose dans le décès de l'enfant Wicaert, comme dans la perte des bestiaux. Il jure qu'il est innocent des faits qu'on met à sa charge. L'instruction terminée - elle avait duré cinq jours - le tribunal fait visiter le prévenu par l'officier criminel de Dunkerque, Noorman. Noorman enfonce à plusieurs reprises une épingle jusqu'à la tête entre les deux omoplates, sans que le prisonnier en souffre et sans qu'il en sorte du sang; il déclare sous serment que c'est bien là le stigma diabolique. Devant cette preuve juridique et vu les dénégations formelles de Looten, le bailli de Meteren demande la torture. La Cour l'ordonne. Looten la subit sans défaillance depuis 7 heures 30 du soir jusqu'à 3 heures du matin. Vaincu par les tourments, il fait quelques aveux. Ils sont jugés insuffisants. La torture recommence.

 

N'en pouvant plus, il finit par passer les aveux suivants que la sentence enregistre:


1) Il est sorcier depuis huit ans; son diable s'appelle Karlakyn, est habillé de bas verts, a les pieds petits, étranges et fourchus. C'est de lui qu'il a reçu le signe dans le dos ;
"en ce moment, dit-il, son émotion avait été si grande qu'il en avait tremblé" ; il a signé un pacte avec du sang tiré de son pouce par Karlakyn.
2) A diverses reprises, la nuit de la St Jean et de la Toussaint, il s'est trouvé au sabbat à Hondeghem, Steenvoorde, Ste Marie-Cappel et Blaringhem. Au milieu des orgies, le diable apparaissait sous les traits d'un beau jeune homme, habillé avec luxe; on l'adorait et chacun lui faisai t une offrande en déposant un patard sur son chapeau.
3) Il a reçu de l'argent de Karlakyn, une fois au moins 18 livres de gros, avec lesquels il a acheté 4 vaches.
4) Son diable lui a donné un
"onguent vert" avec lequel il se frottait pour voler dans les airs: ce qu'il avait fait à Merris et à Hondeghem ; et une "poudre verte" pour ensorceler les bêtes et il en avait usé en maintes circonstances.
5) Enfin Karlakyn l'a soutenu dans ses peines jusqu'à mardi, jour où il l'a abandonné vers 9 heures du matin.

Condamné, Thomas Looten est reconduit en prison. Le lendemain, vers huit heures, on le trouve mort dans sa cellule et la sentence dit officiellement: le cou brisé par le diable, ainsi qu'il a été justifié par la Cour. Le cadavre est trainé sur un échafaud dressé sur le marché et, de là, transporté au Ravensberghe pour y être exposé sur une roue,
"afin de servir d'exemple" (1).

Abbé René BEHAGUE - Essai d'histoire d'une commune flamande METEREN, C.F.F., 1932

(1). Le peuple a, de tout temps, cru aux sorciers. On y croyait en Flandre (Cf. Bertheaud, Légendes surnaturelles de la Flandre) et la croyance y était entretenue particulièrement par les récits entendus aux "veillées". L'imagination populaire a peut-être "créé" les sorciers; mais ce sont les légistes qui ont créé le "fait juridique" de la sorcellerie; c'est leur code qui est le vrai responsable des exécutions capitales; et ce code, est-il besoin de le dire, n'est basé ni sur des données religieuses certaines, ni sur des faits scientifiquement vérifiés.

 

 

Accusé publiquement d'être sorcier, Thomas Looten s'était mis volontairement entre les mains de la cour féodale de Bailleul, afin de se disculper de cette imputation.
On ouvrit aussitôt une instruction, elle commença le Jeudi 22 septembre 1659, et le 27, après avoir entendu les témoins, l'instruction préparatoire terminée, la cour avait ordonné que Looten serait transféré dans la prison de Bailleul.
Dans ces procès tout marchait vite, et dans celui dont nous nous occupons cinq jours à peine avaient suffi pour éclairer la religion des juges.

Le bailli de Méteren avait dressé lui-même les questions qui avaient été posées aux témoins et à l'accusé. L'interrogatoire de Looten ne portait nullement sur le fond même de l'accusation, mais sur une foule de détails insignifiants recueillis dans l'instruction préparatoire, laissant de côté tout ce qui touchait directement à la sorcellerie.
Quoiqu'il en soit, Looten resta ferme devant ses juges, expliqua plusieurs faits prétendus surnaturels, reconnut pour vraies quelques circonstances secondaires, et nia énergiquement avoir été pour quelque chose dans le décès de l'enfant de
Wycaert, un des témoins, auxquels il avait donné quelques prunes, et dans la perte des bestiaux dont il était accusé par d'autres témoins.
Looten savait lire et écrire et possédait, ce qui est certain, une intelligence supérieure à celle de ses juges. Il termina ses déclarations en disant :
"qu'il n'entendait pas se servir de reproches, qu'il ne lui fallait ni avocat ni procureur, qu'il était innocent des faits qu'on mettait à sa charge, et que les hommes de la Cour pouvaient prononcer contre lui telle sentence que bon leur semblerait, mais qu'ils aient à le bien juger, afin de ne pas s'exposer à subir plus tard un terrible châtiment".

Ici apparaît un autre personnage dont la déclaration devait avoir pour Looten les conséquences les plus épouvantables. Le premier novembre, le bourreau de Dunkerque se trouvant accidentellement à Bailleul, fut officiellement commis par la Cour, à la visite corporelle, afin de savoir si Looten n'avait pas le stigma diabolique.
Le prévenu est donc amené devant les juges, on le déshabille, et le bourreau procède à la visite. Après quelques recherches sur toutes les parties du corps, l'officier criminel déclare que le prisonnier portait le stigma au milieu du dos, entre les deux omoplates.
Nous donnons la copie du procès-verbal qui a été dressé, l'original de cette pièce a été déposée aux archives de la mairie de Bailleul.

"Le premier novembre 1659, en présence du bailli; M. Gilles Velle, l'ancien ; MM. Pieter Biezéval, Pieter Boddaert, Gille Velle, le jeune ; Guillaume Bubbe, M. Jan Walle, hommes de la Cour, M. Van Drynckam, M. Jan Baert, Charles Van Costenobel, M. Robert Corteel et M. Frans Ysebrandt, dans l'affaire du Bailli de Méteren, causa officij, demandeur, Contre et à la charge de: Thomas Looten, prisonnier, défendeur".
Puisque l'officier criminel de Dunkerque se trouve dans cette ville, les bailli et juges ci-dessus dénommés ont décidé qu'ils feraient visiter le prisonnier en leur présence pour voir et examiner si ledit prisonnier n'avait pas le stigmate diabolique. En conséquence, le prisonnier ayant été amené, déshabillé et visité par ledit officier, il a été reconnu que ledit prisonnier avait le stigmate diabolique au dos entre les deux omoplates, que ledit officier criminel y avait enfoncé, à plusieurs reprises, une épingle jusqu'à la tête sans que le prisonnier en souffrît et sans qu'il sortît du sang, quoique ledit officier pressât dessus pour qu'il pût en sortir.
Le prédit officier criminel a déclaré sous serment que le prisonnier avait le signe diabolique, qu'il avait visité et exécuté cinq à six cents sorciers ou sorcières et qu'il connaissait parfaitement ledit signe. Marque de Jan Noorman, officier criminel.


Plus de doute possible, Looten était bien et dûment convaincu d'être sorcier. Aussi le bailli ne perdit pas une minute pour que justice fût faite, et ce même jour, la cour condamna Looten à la torture pour obtenir par ce moyen, l'aveu des faits mis à sa charge.

 

 

LA TORTURE.

Le 2 novembre, au matin, les vingt-quatre hommes de la cour féodale dont les noms suivent furent tirés au sort pour assister par lots de quatre à la fois au supplice de Looten.
Voici ces noms tels qu'ils sont écrits au dossier:
Velle, l'ancien ; Biezewal, Boddaert, Drinckam, Mre Jan Waele d'Heer (monsieur Jacques Van de Walle, (bailli de Méteren) J. de Mey, H. Ellieul, Velle, le jeune ; Den Schoudt (l'écoutête), Pr Inghelveert, Craye, M. Corbeel, M. Camerlynck, C. Costenobel, F. Isebrandt, Jooris Isebrandt, Mahieu de Coussemaecker, Jan Baert, Charles Vitse, Antheunis Theeten, Den Amman (l'amman), M. Jan Cleenvewerck, M. Guillaume Bubbe.
La première épreuve devait durer douze heures, depuis 6 heures du soir jusqu'à 6 heures du matin.
Le moment venu, Thomas Looten fut dépouillé de ses vêtements jusqu'à la chemise et attaché sur une chaise en bois de chêne, un collier de fer fixé par derrière dans le dossier enserrait le cou du patient pour l'empêcher de remuer la tête; les jambes étaient écartées et solidement garottées sous la chaise, de façon à présenter en avant le dessus des pieds; les bras étaient pendants et liés aux deux grands montants parallèles.
Ces préparatifs amenèrent quelque retard, et la torture ne put commencer à l 'heure fixée. Enfin à sept heures et demie tout était prêt. En présence de Jan Waele, l'écoutête, Charles Costenobel et Guillaume Bubbe, (tous hommes du premier lot) assistés de Jacques Vande Walle, bailli de Méteren ; Henri et Jacques Ellieul, le prévenu, ainsi lié et garotté, fut placé devant un grand feu.
La douleur devint bientôt atroce, mais Looten supporta courageusement ces souffrances jusqu'à 3 heures du matin.
Alors, en présence des hommes du 5me lot, les sieurs Boddaert, Ellieul, Corbeel et Cleenewerck, l'accusé affirme et déclare pour vrai et véritable que
Robert Beecke, au cabaret de Jan Boone, l'avait publiquement accusé d'être sorcier, ainsi que le témoin Jan Bariseel en avait fait la déclaration dans l' instruction.
Les témoins à la torture ayant demandé à quel enfant d'
Adam Wicaert, Looten avait donné des prunes, celui-ci répond en avoir donné à tous les enfants et avoir appris plus tard qu'un de ces enfants était tombé malade et avait succombé. Il déclare aussi avoir compris, d'après quelques paroles de Marc Heems, son beau-fils qu'il avait, lui Looten, la réputation d'avoir ensorcelé ledit enfant au moyen de ces prunes. Sur la demande pourquoi il n'a pas porté plainte en justice à propos de cette accusation, il répond qu'il l'a fait et que le bailli avait ordonné l'incarcération de Heems. Ces déclarations n'étaient d'aucunes valeur réelle et ne constituaient aucun aveu, aussi, les hommes de fief décidèrent que la torture serait continuée le jour même avec adjonction de deux PP capucins.

Nous ne connaissons pas les suites du premiers acte de ce drame. Le procès-verbal de cette seconde torture manque, toutefois nous trouvons l'ordonnance suivante :

Den (le) iiij novembre 1659. Dans la cause de M. Jacques Vanden Wall, le jeune, bailli de Méteren, causa officij, demandeur, contre: Et à la charge de Thomas Looten, priossnier, accusé de sorcellerie, défendeur. En présence de Mre Gilles Velle, l'ancien, Mre Pieter Bieswal, Pieter Boddaert, Mynheere (Monsieun Van Drincham, Mre Jan Cleenewerck, Mre Robert Corbeel, Mre Gilles Velle, le jeune ; Mre Jan Waele, d'heer (Monsieun Jacques Vande Wall, l' ancien, Pieter Inghel wert, Frans Cauwersyn, Mahieu de Coussemaker, d'heer Charles Van Costenobel, Mre Guillaume Bubbe, d'heer Guillaume de Vryere, Jooris Isebrandt, d'heer Antoine Hersin et sieur Hendrick Ellieul, homme de la Cour ,
A la requête dudit bailli, l'officier criminel entendu a déclaré que la forte constitution du prisonnier permettait de recommencer les tortures; que, par suite de cette déclaration, les hommes de la Cour prénommés ont décidé de les continuer à discrétion jusqu'à nouvel ordre, en mettant le prisonnier sur une autre chaise préalablement bénite, lui mettant une autre chemise bénite et le frottant par tout le corps avec de l'eau bénite ; puis, priant les révérends pères capucins de renouveler leurs exorcismes, ils décidèrent que la question serait subie aussi longtemps que les hommes de la Cour qui seraient près du prisonnier le croiraient nécessaire, en prenant toutefois l'avis du docteur qui jugerait à quel moment les forces du patient seraient épuisées par les souffrances.

Acte, date que dessus :


Il ordonnèrent en outre que la nourriture et les boissons seraient bénites ainsi que le bois que l'on ferait brûler dans l'âtre devant lequel il serait assis; bénits aussi les liens avec lesquels ses bras seraient liés près des poignets. Cette fois l'expérience fut décisive; le malheureux, anéanti par la douleur, avoua. C'est ce qui résulte de l'état de frais du procès :

Le supplice fut arrêté et l'on reconduisit Looten en prison.

Que se passa-t-il ensuite ?
Le lendemain soir, vers les huit heures, quand on alla le voir, Looten avait cessé de vivre : Il avait le cou brisé, dit le même état de frais. Les souffrances horribles qu'il avait endurées l'avaient tué, son cadavre restait, l'arrêt va nous dire ce qu'on fit et en quoi consistaient les aveux arrachés au supplicié.


La question des brodequins

 

 

 

LA SENTENCE

Vu par les hommes de la Cour première féodale de la ville et Cassellerie de Bailleul, le procès criminel par eux instruit entre le bailli de Méteren, à cause de sa charge, demandeur, d'une part,
Et Thomas Looten, prisonnier, défendeur, d'autre part,
Le défendeur accusé de sorcellerie s'est remis à la discrétion desdits hommes de la Cour et pendant l'instruction du procès il a, de son propre aveu, reconnu :
Qu'il était sorcier depuis environ huit ans, que son diable s'appelait Karlakyn, qu'il était habillé de bas verts, avait les pieds petits, étranges et fourchus; que c'était de lui qu'il avait reçu le signe sur le dos et que son émotion en ce moment avait été si vive qu'il en avait tremblé ;
Que ce même diable lui avait alors remis de l'argent et qu'il avait signé un pacte avec du sang tiré de son pouce droit par Karlakyn ;
Qu'il avait bu à Haesebroucq deux pots de bière et qu'à Merris, à onze heures de la nuit près le tilleul où demeure Adrien De Groote, il avait tenu sabbat avec trois ou quatre femmes, dansant aux sons de la flûte jouée par un jeune garçon, couchant sur l 'herbe avec une des plus belles et ayant avec elle des rapports charnels ;
Que de là il s'était rendu vers Langhewaert où se trouvaient xiiij femmes, IV hommes xiiij diables, mangeant ensemble de la viande semblable à de la viande de veau, buvant de la bière et d'autres boissons ressemblant à du cidre de couleur rougeâtre, sans que le sel figurât au repas.
Qu'à diverses époques la nuit de Saint-Jean et de la Toussaint il était au sabbat, à Hondeghem, à Sainte-Marie-Cappel, à Steenvoorde et à Blaringhem ; à Hondeghem, dans une grande rue à peu de distance au nord, à Sainte- Marie-Cappel dans une grande rue, à Steenvoorde dans le bas au sud, à Blaringhem dans une rue au couchant, toujours en compagnie de femmes avec lesquelles il avait des rapports charnels et chaque fois avec une autre femme ;
Que dans ces réunions, on adorait le démon qui était habillé avec luxe, qu'il apparaissait sous les traits d'un beau jeune homme et que chacun lui faisait son offrande en mettant un patard sur son chapeau ;
Qu'ensuite il avait reçu de son diable à Haesebrouck viij patards en solds de Zélande et avec cet argent et celui qu'il possédait il avait acheté deux porcs; qu'il avait touché du même diable en différentes fois au moins xviij livres de gros avec lequel il avait acheté à Cassel et à Haesebroucq quatre vaches qu'il avait ensuite vendues chez lui et à Bailleul, et reçu un onguent vert avec lequel il se frottait l'aîne, les bras, les mains et autres endroits pour voler dans les airs où il désirait; qu'il en avait quelquefois en telle quantité, qu'il pouvait s'en servir deux ou trois fois; que c'est ainsi qu'il avait fait deux ou trois voyages en volant de sa maison chez Adrien De Groote et la dernière fois à Hondeghem, il y a environ deux mois ;
Qu'il a reconnu que son diable l'avait secouru dans ses peines jusqu'à mardi, jour où il l'avait abandonné vers 9 heures du matin ;
Qu'étant en prison il était venu le visiter dix à douze fois et avait supporté pour lui les douleurs de la torture, lui faisant entendre qu'il lui donnerait toutes les satisfactions qu'il voudrait avoir ;
Qu'il avait reçu ensuite de son prédit diable une poudre verte pour exercer sa sorcellerie, ce qu'il avait fait à Hondeghem en ensorcelant un veau rouge au dos blanc, ce que le diable lui avait payé deux sous et demi de Zélande ; Idem, un cheval de Guillaume Herman à Méteren, ce qui lui avait rapporté un florin ; Idem, deux vaches de Claude Pouvillon, pour chaque XX patards, trois vaches de Maerten Kesteloot, XVI patards par vache; Idem, la vache de la femme de Mathieu Wyts, X patards en petits sous; Idem, une génisse rouge de Jacques Durant, V patards en sous françois sans croix; en sus d'autres exécrables et abominables faits mis à sa charge; enfin après avoir subi la torture penant environ XX heures, ledit diable lui brisa le cou et l'étrangla, ainsi qu'il en a été justifié à la Cour,

C'est pourquoi la cour faisant droit a condamné et condamne par ces présentes ledit cadavre à être traîné sur un échafaud dressé sur le marché, et ensuite transporté au Schavenberghe, place patibulaire, pour y être exposé sur une roue (1) afin de servir d'exemple, confisquant en outre tous les biens du dit Looten au profit de qui il appartient, frais de droits de justice préalablement prélevés.


Ainsi prononcé au Conseil de la Cour le 6 novembre 1659. Nous nous garderons de commenter ce récit qui est la reproduction de ce monstrueux procès, et nous laisserons le lecteur sous l'impression de ce drame épouvantable, sachant que notre plume ne pourrait rien ajouter à l'horreur dont il sera saisi pour les bourreaux, ni à la pitié qu'il ressentira pour cette intéressante et malheureuse victime.

Charles TAVERNE DE TERSUD - Hazebrouck depuis son origine jusqu'à nos jours, 1890

(1). Le supplice de la roue était un des plus horribles en usage au XVlle siècle.
Voici en quoi il consistait : on plaçait le condamné les jambes écartées et les bras en croix sur deux madriers disposés en croix de Saint-André et taillés de façon à ce que chaque membre portât sur un espace vide. Le bourreau lui brisait tous les membres et la poitrine à coups de barre de fer. On appliquait ensuite le corps du patient sur une petite roue suspendue à un poteau en ramenant les jambes et les bras brisés derrière le dos et en lui tournant la face vers le ciel, afin qu'il expirât dans cette position. On épargnait souvent au condamné les douleurs atroces de ce supplice en l'étranglant avant de le lui infliger.

  Retour haut de page

III–2 La mort du Prince de Hesse au Mont des Cats en 1914              <--Cliquez pour atteindre la page

 

 

III-3 En 1914 le futur Maréchal Montgomery, alors lieutenant, avait été laissé pour mort dans une tranchée de Méteren.

En parcourant le Guide Casterman consacré à la « Première Guerre Mondiale des Flandres à l’Alsace », paru en 1996, on peut être surpris d’y lire, page 230, que le futur Maréchal Montgomery, alors jeune lieutenant, avait combattu à Méteren en octobre 1914, cet épisode étant peu connu.

Dans son livre « Méteren, fin du XIXe et début du XXe siècle » César Lauwerie, ancien maire de la commune, évoque à deux reprises, pages 62 et 195, les combats d’octobre 1914 et notamment de façon détaillée ceux du 13 octobre au cours desquels le lieutenant Atwood Morris a trouvé la mort, là où se trouve son mausolée, comme de nombreux autres soldats britanniques tombés pour libérer Méteren des occupants allemands qui s’y étaient fortement retranchés.

Dans le cimetière militaire britannique de la commune reposent 116 soldats tués les 12, 13 et 14 octobre 1914 dont 45 appartenaient au Royal Warwickshire Regiment, le plus touché, 19 au Seaforth Highlanders  et 24 au Royal Lancaster Regiment, celui du Lieutenant Morris. Les 28 morts restants appartenaient à neuf  autres régiments, ce qui donne une idée du nombre de troupes britanniques massées devant Méteren. Parmi ces 116 morts, 23 sont des soldats inconnus dont on ne connaît que le régiment d’appartenance et/ou la date de décès. On sait par ailleurs que le seul Royal Warwickshire a eu 3 officiers et 85 soldats blessés.

Dans sa correspondance à l’Abbé Lemire, Régina De Coninck fait état de 500 hommes mis hors de combat dont près de 120 morts. Son estimation paraît hélas très proche de la réalité.

Le 13 octobre, le lieutenant Bernard Law Montgomery, du Royal Warwickshire, fut grièvement blessé à Méteren par une balle qui lui traversa la poitrine et qui avait été tirée par un des soldats allemands embusqués dans le clocher de l’église.

Il a retracé ces instants difficiles dans son autobiographie « The memoirs of Field Marshal Montgomery » parue en 1958.

« Ma vie a été sauvée ce jour là par un soldat de ma section. J’étais tombé à découvert et restait immobile, espérant éviter d’attirer l’attention des Allemands. Mais un soldat ami accourut vers moi et commença à poser un pansement sur ma blessure ; un soldat allemand isolé (a sniper) lui tira une balle dans la tête et il s’effondra sur moi. Le tireur isolé continua de tirer sur nous et je reçus une deuxième blessure au genou ; le soldat reçut plusieurs balles qui m’étaient destinées. Aucune autre tentative ne fut faite par ma section pour nous secourir. Sans doute pensait-on que nous étions tous les deux morts. »

« Quand la nuit tomba, les brancardiers vinrent pour nous emporter ; le soldat était mort et j’étais dans un sale état. Je fus ramené jusqu’à un poste de secours avancé ; les médecins estimèrent que je ne pouvais pas survivre et comme le poste de secours devait prochainement déménager, une tombe fut creusée à mon intention. Mais quand vint le temps de déménager j’étais toujours en vie. Aussi me mit-on dans une ambulance motorisée et je fus renvoyé vers un hôpital ».

On lit par ailleurs (« Montgomery chronology ») qu’il fut dirigé vers un hôpital de campagne puis soigné à l’hôpital de Saint-Omer, puis rapatrié en Angleterre où il séjourna à l’hôpital de Woolwich d’octobre 1914 à février 1915. Guéri, il est renvoyé au front en janvier 1916 et il participera notamment aux batailles de la Somme (juin-novembre 1916), d’Arras (avril 1917), de Passchendaele (juillet- novembre 1917) et combattra sur d’autres fronts du nord lors de l’offensive allemande de mars à juin 1918. A la fin de la guerre il est déjà lieutenant-colonel.

Entre les deux guerres il sera instructeur dans des écoles militaires et participera à diverses campagnes extérieures à la tête du Royal Warwickshire (Irlande, Palestine, Alexandrie, Egypte, Indes ).

Lorsque éclate la deuxième guerre mondiale, Montgomery (que ses soldats appellent « Monty ») est général, commandant le 2e Corps d’Armées britannique. Il participe à l’âpre bataille de Louvain (15-16 mai 1940) mais incapable de stopper l’avance allemande il fait retraite vers Dunkerque et rentre en Angleterre le 1er juin 1940.

En 1942, Winston Churchill,  chef du gouvernement britannique, nomme Montgomery à la tête de la 8e Armée d’Afrique du Nord qui vient d’être battue par les troupes de l’Africa Korps du général allemand Rommel. Montgomery, qui avait pour mission de tenir coûte que coûte, réussit à redonner de l'assurance à ses troupes et, en avançant avec prudence et en assurant les liaisons avec ses arrières, leur chef évita les erreurs tactiques de ses prédécesseurs. La 8e Armée finit par repousser les Allemands. L'armée ennemie est contrainte de se replier en dehors de l'Égypte après la bataille décisive de chars d'el-Alamein (novembre 1942). C'est la première victoire des Alliés contre l'Allemagne nazie, une victoire qui ramène la confiance en Grande-Bretagne et qui confirme la réputation de «  Monty  ».

En 1943 il dirige les troupes alliées qui envahissent la Sicile puis celle-ci libérée, il commande les armées de débarquement en Italie du Sud.

En décembre 1943, Montgomery est rappelé en Angleterre pour prendre le commandement des forces terrestres qui participeront au débarquement de Normandie. Il est commandant en chef du 21e Groupe d'armées pendant la campagne de l'Europe du Nord-Ouest, qui débute par le débarquement de Normandie, le 6 juin 1944, pour se poursuivre jusqu'à la reddition allemande, le 4 mai 1945.

À la fin de la guerre, Montgomery est maréchal, un grade qu'il a obtenu le 1er septembre 1944. En 1946, il est reçu chevalier de l'Ordre de la Jarretière et le roi lui décerne le titre de 1er vicomte d'Alamein en reconnaissance de sa contribution exceptionnelle à la victoire alliée. Par la suite, de 1946 à 1948, il est chef d’Etat-Major général de l’ Empire britannique,  il préside le Comité des chefs d'état-major de l'Europe de l'Ouest de 1948 à 1951 et il est commandant adjoint au Commandement suprême allié de l'Europe de 1951 jusqu'à sa retraite en 1958. Il publie ses mémoires en 1958, sous le titre de « Memoirs » .Né à Londres le 17 novembre 1887, il y est décédé le 24 mars 1976. Son impressionnant parcours d’officier supérieur avait bien failli se terminer tragiquement à Méteren le 13 octobre 1914.

Jean-Pierre Deswarte

Daniel Fache

 Retour haut de page

III-4 Le mausolée du Lieutenant Atwood MORRIS tué en octobre 1914

                            une tombe militaire britannique originale :

 

Nous avons déjà longuement décrit les durs combats qui se déroulèrent au cours des sombres journées du 9 au 13 octobre 1914 (cf II – 7  Guerre 1914-1918 § F et G) et évoqué les lourdes pertes subies par les troupes britanniques pour la reprise du village de Méteren aux Allemands.

Les parents d’un officier britannique tué le 13 octobre 1914 à Méteren vont obtenir l’autorisation exceptionnelle  de faire enterrer leur fils dans une tombe individuelle là où il est tombé et ceci après bien des péripéties.

En effet la tradition britannique est différente des usages français. En France une famille peut réclamer la dépouille d’un militaire mort pour la France pour l’inhumer dans sa région d’origine, aux frais de l’Etat. En Grande-Bretagne il en est autrement et les soldats sont inhumés dans le cimetière militaire britannique le plus proche du lieu où ils ont été tués, sans possibilité de transfert en Grande –Bretagne, sauf très rares exceptions.

L’inhumation du Lieutenant Morris dans un mausolée individuel à Méteren constitue justement une exception à ces règles.

Qui était le Lieutenant Morris ?

 

  Anthony George Atwood MORRIS est né le 19 mai 1887 à Rugby, que l’on dit être le berceau du sport du même nom. Située dans le Warwickshire, à 20 km de Coventry, la cité avait, en 2005, une population évaluée à 91600 habitants.

Anthony était le plus jeune fils de Mr Frédérick Arthur Morris et de Mme Cunitia Atwood.

 

 

 

 Il fit ses études au Winchester College, puis rejoignit la Milice avant de s’engager en 1907 dans le 1er Bataillon Royal du Lancaster Regiment.

 Il fut promu lieutenant en avril 1911 puis, à la déclaration de guerre, en 1914,  fut affecté au 3ème bataillon (réserve) de ce même régiment. Volontaire pour le front, il rejoignit à nouveau le 1er bataillon le 17 septembre 1914. Il y fut chargé de la section de mitrailleurs peu après son arrivée et prit part à la bataille d’Armentières.

 

 

Ci- contre : le collège militaire de Winchester 

Dans quelles conditions est-il mort ?

Les Allemands qui occupaient Lille, Armentières et  Bailleul  voulurent pousser leur percée vers Calais et Dunkerque mais ils furent arrêtés par  les alliés sur une ligne Cassel – Hazebrouck et refluèrent ensuite vers Méteren qu’ils mirent en état de défense.

Le 12 octobre,  après un bombardement intensif de l’artillerie britannique dirigé vers les abords de Méteren, pour tenter de neutraliser le système défensif allemand, l’infanterie anglaise va prendre position aux lieudits Zacht Leven, Courte-Croix et aux Sept Ormes, pour attaquer le village, mais le feu nourri des Allemands fait reporter l’offensive au lendemain.

Le 13 octobre, le 1er Bataillon était à l’extrême droite de l’offensive, le Lieutenant Morris emmenant sa section de mitrailleurs en couverture, mais ils avaient été repérés. Dès qu’il déboucha de derrière les haies, le Lancaster Regiment fut pris sous le feu ennemi dont les mitrailleuses étaient installées dans le chemin de ronde du clocher de l’église. Le lieutenant Morris et ses mitrailleurs avaient pris position derrière une haie clairsemée où lui et ses hommes furent retrouvés plus tard dans cet alignement, tous morts et leurs mitrailleuses hors d’état.

Les pérégrinations d’ un soldat mort :

Ils furent enterrés dans le cimetière autour de l’église (voir la variante), mais après la guerre, quand les autres furent réinhumés dans le cimetière militaire de Méteren, les parents Morris décidèrent de ramener le corps de leur fils pour l’enterrer chez eux.

En fait ils atteignirent Calais pour apprendre que cela n’était pas permis. Ils firent demi-tour et inhumèrent provisoirement leur fils avec ses hommes. Parallèlement les parents achetaient deux hectares de la terre entourant l’endroit où leur fils avait été tué. S’agissant d’une famille influente et fortunée, elle obtint une dérogation à la réglementation du Ministre britannique des Armées.

Tous les ans, avant la guerre de 1939-1945, la mère du défunt, Mme Morris, venait prier sur la tombe de son fils. Elle cessa ses visites en 1940 et est décédée en 1946.

Elle avait deux autres enfants, un fils, Jack Arthur Atwood Morris, capitaine dans la marine royale britannique et une fille, mariée à un descendant de la famille royale des Stuart.

Où se trouve le mausolée :

Depuis la construction de l’autoroute A 25, qui a coupé la rue Vyverput, on ne peut plus accéder directement au mausolée, comme jadis, depuis le centre du village. Deux itinéraires sont possibles :

1)     Emprunter la sortie vers Flêtre par l’ancienne Nationale devenue D.933, puis tourner à gauche, avant le passage sous l’autoroute pour prendre la Beunstraete puis la rue Vyverput.

2)     Rejoindre la route d’Hazebrouck (R.N.42),  puis prendre le deuxième  chemin  à droite  qui mène directement à la rue Vyverput, puis au mausolée, situé a l’extrémité d’un chemin d’accès particulier.

 

 

La forme originale du mausolée :

Il s’agit d’un bâtiment en briques, en forme de pagode, où quatre piliers de maçonnerie supportent un toit rustique à quatre pentes, couvert de tuiles. Le plafond est lambrissé. Une murette ajourée à quatre entrées est installée entre les piliers

Le versant du toit, face à l’entrée, supporte une imposante horloge amenée d’Angleterre où elle était installée sur les écuries des parents. Une lucarne dans la face opposée du toit permet l’accès au grenier.

 

 

La tombe :

 

En 1920 le corps du Lieutenant Morris est transféré dans le mausolée pour y reposer définitivement sous une simple croix de granit. La tombe est entourée d’un encadrement revêtu d’ une inscription en anglais que l’on peut traduire comme suit :

« A la chère mémoire d’Anthony George Atwood Morris du Régiment Royal du Lancaster, né le 19 mai 1887, tué au combat le 13 octobre 1914 à Méteren au cours de la Grande Guerre avec l’Allemagne ».

L’entretien du mausolée et de son environnement :

 

A l’origine il semble que l’exploitation de la terre et de la pâture ait été accordée au cultivateur voisin moyennant l’entretien du mausolée, du chemin d’accès et le remontage de l’horloge. Trois exploitants  se sont ainsi succédés dans ces  conditions : Mr Herreman, Mr Jean-Baptiste Dethoor et Mr Fernand Gombert.

Après la seconde guerre mondiale la famille Morris a tenté de négocier le don de sa propriété au Bureau d’Aide Sociale avec des charges d’entretien identiques aux précédentes mais la proposition n’a pas été acceptée à l’époque. Ce n’est qu’en 1965 qu’un accord définitif fut réalisé avec la famille, aux termes duquel le Bureau d’Aide Sociale devient propriétaire et loue les parcelles à un agriculteur qui assure les charges d’entretien contre une réduction du fermage.

Le 9 mai 1965 une cérémonie officielle, à laquelle assistait la famille Morris, a scellé la donation.

En 1999 d’importants travaux ont été réalisés pour maintenir en état le mémorial qui en avait grand besoin. Les fonds furent collectés par l’intermédiaire de la Fondation Batlefield Mémorial et de la Western Front Association.

Voir César Lauwerie, livre déjà cité, pages 195 à 198.

Voir aussi le site de « The Western Front Association », à l’adresse ci-dessous

www.westernfrontassociation.com/thegreatwar/articles/individuals/morris.htm

Variante :

On relève une différence entre la relation de l’inhumation des soldats britanniques tués le 13 octobre 1914, décrite ci-dessus, et qui la situe dans le cimetière paroissial, autour de l’église (Version de la Western Front Association),

- et celle relatée par Régina de Coninck dans le Cri des Flandres du 12 décembre 1915 (1). Dans cet article elle cite les pertes britanniques qu’elle évalue à 120 hommes et précise qu’ils firent l’objet d’une inhumation collective dans une tranchée, sur les lieux mêmes des combats.

Elle ajoute que le 2 novembre suivant, soit une quinzaine de jours après les combats, « la paroisse, clergé en tête, fut visiter les tombes. L’abbé Van de « Walle fit un discours très ému. On pleurait. Le champ était encore plein de « débris d’équipements : de larges taches brunes étaient encore visibles sur la « terre. Nous sommes saisis de la longueur de la tombe. Tant de braves gisent « là ! Plus loin une plus grande encore : il y a là 39 soldats, plus loin encore 20. « Les tombes sont fleuries… »

Le champ de bataille étant resté en secteur britannique, on peut penser qu’il a été procédé à l’inhumation des 120 soldats dans des conditions permettant de sauvegarder leur identification ultérieure, ce qui facilita leur transfert au cimetière militaire britannique de la rue des Quatre Fils Aymon. Il ne semble pas qu’il y ait eu une inhumation intermédiaire et qu’en conséquence ces braves sont restés enterrés sur place toute la durée de la guerre, y compris le lieutenant Morris.

(1)   F. De Vos, Association Mémoire Abbé Lemire, la vie à Méteren, 1914-1917, Quelques lettres de Régina de Coninck à l’Abbé Lemire.

Cette plaquette est consultable en mairie de Méteren

* Voir également deux articles de la Voix du nord, édition d’Hazebrouck, des 13 et 16 octobre 2004 :  « Une tombe de guerre isolée à Méteren ».

 

 Retour haut de page

III-5     Les 110 méterennois Morts pour la France en 1914-18

( par Daniel FACHE)

 

Historique sommaire du Monument aux Morts

Dans son livre consacré à « Méteren : fin du XIXe siècle et début du XXe siècle », César Lauwerie a longuement évoqué, pages 161 à 164, l’histoire du Monument aux Morts de la guerre 1914 – 1918 Nous en reprenons les principales étapes :

- Le 16 novembre 1922, le Conseil Municipal décide d’acquérir à l’amiable les parcelles où l’on prévoit d’ériger le monument.

- Le 27 avril 1923, formation d’un Comité du Souvenir en vue de la souscription publique pour la construction du Monument aux Morts. Ce Comité est présidé par Joseph Degrendel, adjoint au maire, dont trois frères sont morts pour la France.

- Le 9 janvier 1924, le Conseil Municipal choisit le projet de Camille Deberdt, sculpteur à Paris mais originaire de Bailleul et en accepte le devis.

- Le 5 octobre 1924 à 15 h 30, on procède à l’inauguration officielle du Monument en présence de nombreuses personnalités civiles, militaires et religieuses, de toutes les sociétés et groupements méterennois, des représentants des familles éprouvées et des habitants venus nombreux se recueillir.

 

La symbolique du Monument : le haut-relief en bronze représente une femme en costume flamand agenouillée sur la tombe du « poilu ». Elle a, dans sa méditation, la vision du héros tombant en pressant sur son cœur l’emblème de la Patrie. Sur le tertre est plantée une croix de bois sur laquelle est fixée la cocarde tricolore du Souvenir français ; au pied de la croix une pousse de chêne, emblème de la gloire.

En haut du monument on trouve un fronton avec un écusson aux armes de la commune et une inscription « A nos héros ».

Le socle porte l’inscription « Hommage de reconnaissance de Méteren à nos glorieux enfants morts pour la Patrie ». De chaque côté du socle, sur six colonnes, sont gravés les noms des 110 soldats tombés au champ d’honneur.

Ce travail de mémoire est tiré d’une plaquette (élaborée par Daniel Fache) où les Morts pour la France de Méteren font l’objet d’un triple classement :

-   Par ordre alphabétique

-   Dans l’ordre chronologique des dates de décès

-   Par département de décès et à l’intérieur d’une même département par date de décès, avec mention du grade et du régiment d’affectation.

Chacun peut consulter cette plaquette en mairie de Méteren

 

 

Liste des Morts pour la France telle qu'elle apparaît sur le Monument

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mise à jour du:30.06.2009

 

Référ.

Nom et prénom usuel

Naissance

Décès

 

 

 

 

Date

Lieu

Date

 

Lieu

D

                       Circonstances

A

1

DECONINCK

Elie

8

4

1857

 

Méteren( 59)

24

1

1919

 

Pau

64

Suite de maladie contractée aux Armées

 

A

2

ALLEWEIRELDT

Marcel

7

6

1891

 

Méteren (59)

11

8

1918

 

Pierrefonds

60

Suite blessures de guerre

 

A

3

ALOSTERY

Michel

11

10

1894

 

Méteren (59)

20

4

1917

 

Berry-au-Bac

2

Tué à l'ennemi

 

A

4

ALOSTERY

Joseph

6

7

1896

 

Méteren (59)

28

5

1918

 

Saint-Dié

88

Suite blessures de guerre

 

A

5

ASSEMAN

Henri

13

1

1886

 

Méteren (59)

23

10

1917

 

Allemant

2

Tué à l'ennemi

 

A

6

BALLIN

Albert

11

10

1895

 

Méteren (59)

26

9

1915

 

Eparges (Aux)

55

Tué à l'ennemi

 

A

7

BECQUAERT

Joseph

29

4

1896

 

Méteren (59)

8

5

1918

 

Mille Kruiss

B

Tué à l'ennemi (disparu)

 

A

8

BECUWE

Jérôme

24

5

1892

 

Méteren (59)

4

9

1914

 

La Bouloie

51

Tué à l'ennemi

 

A

9

BEHAEGEL

Georges

11

9

1887

 

Méteren (59)

22

10

1916

 

Sailly-Saillisel

80

Tué à l'ennemi

 

A

10

BELPALME

Albert

3

6

1889

 

Méteren (59)

6

3

1916

 

Dugny

55

Accident de service commandé

 

A

11

BEUDIN

Jérôme

19

2

1882

 

Méteren (59)

25

4

1918

 

Locre

B

Tué à l'ennemi

 

A

12

BUSSON

Venant

2

3

1897

 

Méteren (59)

25

4

1918

 

Mont Kemmel

B

Tué à l'ennemi (disparu)

 

A

13

CAEYSELLE

Léon

24

6

1885

 

Méteren (59)

15

2

1919

 

Hôp.Lille

59

Maladie contractée en service

 

A

14

CAMBIE

Denis

21

3

1890

 

Méteren (59)

28

8

1914

 

Croix Piot

8

Disparu

 

A

15

CAMPAGNE

Jules

20

5

1885

 

Méteren (59)

29

9

1914

 

Pontavert

2

Blessures reçues sur le champ de bataille (disparu)

 

A

16

CAULIER

Jérôme

2

4

1893

 

Méteren (59)

3

12

1914

 

La Harazée

51

Disparu

 

A

17

CLAIE

Joseph

1

1

1893

 

Méteren (59)

16

2

1915

 

Mesnil les Hurlus

51

Tué à l'ennemi

 

A

18

COMYN

Marcel

5

7

1883

 

Méteren (59)

22

7

1916

 

Soyécourt

80

Tué à l'ennemi (disparu)

 

A

19

DEBRUYNE

André

15

2

1895

 

Méteren (59)

1

11

1918

 

Villeurbanne

69

Maladie contractée en service Hôpital compl.37

 

B

20

DEGRENDEL

Etienne

21

2

1883

 

Méteren (59)

30

9

1917

 

Saint-Omer

62

Tué à l'ennemi en gare de Saint-Omer (bombardement)

 

B

21

DEGRENDEL

Jules

6

10

1895

 

Méteren (59)

29

9

1915

 

Ste Marie à Py

51

Tué à l'ennemi (disparu)

 

B

22

DEGRENDEL

Lucien

5

6

1893

 

Méteren (59)

26

7

1917

 

St Hilaire le Gd

51

Tué à l'ennemi

 

B

23

DECAMP

Marcel

16

11

1886

 

Méteren (59)

22

11

1914

 

Montpellier

34

Décédé à l'hôp., suite de blessures de guerre

 

B

24

DECAMP

Paul

24

4

1884

 

Méteren (59)

15

7

1918

 

Dormans

51

Tué à l'ennemi (disparu)

 

B

25

DECOOPMAN

Maurice

9

6

1893

 

Flêtre (59)

31

10

1914

 

La Harazée

51

Tué à l'ennemi (disparu)

 

B

26

DECOOPMAN

Prudent

18

12

1890

 

Godewaersv. (59)

20

2

1915

 

Mesnil les Hurlus

51

Tué à l'ennemi

 

B

27

DEHONGHER

Julien

12

5

1895

 

Méteren (59)

17

4

1917

 

Montigny sur Vesle

51

Suite de blessures de guerre

 

B

28

DELAR

Etienne

28

7

1889

 

Méteren (59)

18

9

1914

 

Ville-au-Bois

2

Tué à l'ennemi

 

B

29

DELBECQ

Fidèle

29

12

1895

 

Hazebrouck (59)

12

6

1918

 

Saint-Maur

60

Tué à l'ennemi (à la Cote 109, près de St Maur)

 

B

30

DEMAN

Joseph

 4

12 

 1874

 

 Méteren

 3

5 

 1919

 

 à Tocqueville-sur-Eu

 76

Suite maladie contractée à l'Armée

 

B

31

DEPUYDT

Henri

10

1

1897

 

Berthen (59)

27

11

1917

 

Neuilly sur Seine

75

Mort à l'hôp.suite de blessures de guerre

 

B

32

DERVAUX

Henri

28

5

1893

 

Méteren (59)

23

8

1914

 

Saint-Gérard

B

Tué à l'ennemi (disparu)

 

B

33

DERVAUX

Léon

19

9

1896

 

Méteren (59)

8

6

1918

 

Crécy-sur-Serre

2

Tué à l'ennemi (décédé au lazaret)

 

B

34

DERVAUX

Marcel

2

4

1887

 

Méteren (59)

8

1

1916

 

Châtillon

55

Suites de blessures de guerre (Amb. N°1)

 

B

35

DESCHEPPER

René

12

11

1887

 

Méteren (59)

24

6

1917

 

Vauxaillon

2

Tué à l'ennemi

 

B

36

DESEURE

Joseph

17

3

1896

 

Bailleul (59)

14

4

1917

 

Montigny-sur-Vesle

51

Hôp.d'évac. de M.sr V. - blessures de guerre (disparu)

 

B

37

DEVOS

Henri

31

3

1894

 

Méteren (59)

17

2

1915

 

Beauséjour

51

Tué à l'ennemi (disparu)

 

B

38

DEVOS

Michel

29

9

1894

 

Méteren (59)

14

9

1915

 

La Neuville

51

Tué à l'ennemi

 

C

39

STORME

Léon César

19

5

1889

 

Godewaersv. (59)

6

10

1915

 

Souain

51

Tué à l'ennemi. Bois J.28 à Souain

 

C

40

DEWEPPE

Elie

16

11

1888

 

Méteren (59)

7

2

1919

 

Cadillac

33

Pas de renseignements sur les circonstances

 

C

41

D'HOUNDT

Léon

7

9

1890

 

Méteren (59)

30

8

1914

 

Laigny

2

Disparu au combat

 

C

42

DOUCHY

Ernest

19

5

1890

 

Méteren (59)

3

9

1916

 

Hardecourt

80

Tué à l'ennemi (secteur de Hardecourt)

 

C

43

DOUCHY

Maurice

7

9

1889

 

Méteren (59)

18

5

1917

 

Couvrelles

2

Décédé des suites de ses blessures par éclat d'obus

 

C

44

DOUCY

Rémi

14

3

1897

 

Méteren (59)

15

7

1918

 

La Bourdonnerie

51

Tué à l'ennemi

 

C

45

FACHE

Maurice

8

6

1892

 

Flêtre (59)

30

8

1918

 

Noyon

60

Suite de blessures de guerre

 

C

46

GOUDENHOOFT

Albert

19

2

1890

 

Méteren (59)

11

2

1919

 

Méteren

59

Pas de renseignements sur les circonstances

 

C

47

GOUDENHOOFT

Marcel

24

12

1895

 

Méteren (59)

8

3

1916

 

Vaux-devant-Damloup

55

Tué à l'ennemi (disparu)

 

C

48

HOUCKE

Georges

23

1

1885

 

Méteren (59)

6

10

1918

 

Braîne

2

Suite de blessures de guerre

 

C

49

HOUVENAGHEL

Georges

11

4

1892

 

Méteren (59)

10

8

1915

 

La Neuvillette

51

Tué à l'ennemi

 

C

50

HURTHEMEL

Marcel

9

7

1886

 

Méteren (59)

25

6

1916

 

Ménil la Tour

54

Des suites de blessures de guerre, plaie pénétrante

 

C

51

HURTHEMEL

Maurice

3

4

1888

 

Méteren (59)

4

10

1915

 

Ferme de Navarin

51

Tué à l'ennemi (disparu)

 

C

52

HUYGHE

Romain

22

11

1888

 

Méteren (59)

18

5

1916

 

Cote 304

55

Disparu au combat secteur Avocourt/Fleury/Damloup

 

C

53

ISENBRANDT

Michel

27

10

1898

 

Méteren (59)

9

8

1918

 

Le Frétoy

60

Tué à l'ennemi, secteur de Le Ployron

 

C

54

JOURDIN

Gaston

17

7

1891

 

Méteren (59)

31

8

1914

 

Wiège-Faty

2

Suite de blessures de guerre. Ambulance 5

 

C

55

LAMPS

Alfred

23

8

1889

 

Méteren (59)

5

4

1915

 

Hennemont

55

Tué à l'ennemi (Combat du Bois de Pareïd)

 

C

56

LEIRE

Paul

7

3

1892

 

Méteren (59)

6

9

1914

 

Soizy-aux-Bois

51

Tué à l'ennemi (disparu)

 

D

57

LEVOYE

Isaîe

29

7

1885

 

Méteren (59)

28

2

1916

 

Douaumont

55

Suite de blessures de guerre

 

D

58

LOOZEN

Marcel

4

11

1895

 

Méteren (59)

21

3

1921

 

Hazebrouck

59

Maladie

 

D

59

MALBRANCKE

Denis

23

2

1889

 

Méteren (59)

4

3

1915

 

Biarritz

64

Suite de blessures de guerre, décédé

 

D

60

MALBRANCKE

Marcel

8

8

1885

 

Méteren (59)

24

8

1914

 

Agimont

B

Disparu

 

D

61

MALBRANCKE

Paul

15

1

1888

 

Méteren (59)

5

5

1915

 

Bois d'Ailly

55

Tué à l'ennemi (disparu)

 

D

62

MARMUSE

Joseph

31

7

1897

 

Méteren (59)

12

9

1918

 

Apremont

55

Tué à l'ennemi

 

D

63

MESSIANT

Henri

22

5

1888

 

Méteren (59)

5

6

1915

 

Ancenis

44

Hôpital temporaire n° 15

 

D

64

MILLE

Henri

8

7

1887

 

Méteren (59)

21

7

1916

 

Biaches

80

Tué à l'ennemi

 

D

65

MILLEVILLE

Léon

20

5

1893

 

Méteren (59)

26

8

1916

 

Etinehem

80

Suite blessures de guerre. Ambul. 5/1

 

D

66

OLIVIER

Henri

26

7

1890

 

Méteren (59)

17

9

1914

 

Pontavert

2

Suite de blessures de guerre (disparu)

 

D

67

OZEEL

Elie

31

7

1884

 

Méteren (59)

29

6

1917

 

Esnes-en-Argonne

55

Tué à l'ennemi

 

D

68

OZEEL

Henri

26

1

1882

 

St Jans Cappel (59)

12

10

1914

 

Pontavert

2

Disparu

 

D

69

PARRAIN

Georges

29

1

1893

 

Méteren (59)

10

4

1915

 

Eparges

55

Disparu aux Eparges

 

D

70

PARRAIN

Jérémie

15

11

1886

 

Méteren (59)

6

9

1914

 

Ville-sur-Cousances

55

Tué à l'ennemi

 

D

71

PARRAIN

Marcel

23

7

1882

 

Méteren (59)

10

11

1914

 

Zuydschote

B

Tué à l'ennemi (disparu)

 

D

72

PARRAIN

Rémi (René)

15

7

1883

 

Méteren (59)

23

8

1914

 

Onhaye

B

Disparu

 

D

73

PERCKE

Henri

4

1

1878

 

Steenwerck (59)

9

3

1916

 

Méteren

59

En son domicile des suites de maladie

 

D

74

PLANCKE

Adrien

15

2

1896

 

Méteren (59)

15

7

1918

 

Festigny les Hameaux

51

Tué à l'ennemi

 

E

75

PLANCKE

Emile

18

12

1888

 

Méteren (59)

29

7

1918

 

Meaux

77

Blessures de guerre. Ambulance 14/2

 

E

76

PLOUVIER

Eugène

22

1

1892

 

Méteren (59)

26

9

1914

 

Prunay

51

Blessures de guerre (disparu)

 

E

77

QUAGHEBEUR

Maurice

14

4

1896

 

Méteren (59)

6

4

1918

 

Le Cardonnois

80

Tué à l'ennemi

 

E

78

QUESTROY

Benjamin

29

1

1893

 

Flêtre (59)

17

4

1917

 

Magarevo (Serbie)

S

Blessures de guerre (campagne de Serbie-disparu)

 

E

79

RICOUR

Firmin

29

6

1891

 

Méteren (59)

4

10

1914

 

Bouffignereux

2

Tué à l'ennemi

 

E

80

RUCKEBUSCH

Maurice

15

12

1892

 

Méteren (59)

3

1

1915

 

Ste Ménehould

51

Blessures de guerre

 

E

81

SMAGGHE

Ferdinand

14

5

1893

 

Méteren (59)

24

7

1915

 

Harbacq

62

Blessures de guerre. Ambulance 10/14

 

E

82

SMAGGHE

Henri

19

9

1890

 

Méteren (59)

14

1

1917

 

Souain

51

Blessures de guerre. Ambulance 8/1 - SP 213

 

E

83

SMAGGHE

Gabriel

28

10

1883

 

Méteren (59)

6

10

1915

 

Souain

51

Disparu

 

E

84

SMAGGHE

Maurice

22

4

1888

 

Méteren (59)

10

6

1916