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I Généralités sur le village:

 

  I-1 A l’origine

 I-I a Origine de la commune

 I-I b Origine du nom de la commune

 I-2 Armoiries
 I-3 Coordonnées géographiques et administratives   Maire et anciens maires depuis 1708  

I-4 Les hameaux
I-5 Evolution de la population

 I-6 Un autre Méteren...aux Pays-Bas

II Histoire:

Avant-propos: hommage à l'Abbé Béhague

II-1 Les temps préhistoriques: le « trésor » du Monts des Cats

II-2 Au temps d’Astérix et d’Obélix
II-3 La conquête romaine
II-4 Moyen-Age
II-5 Du XVIe à la Révolution                          
II-6 De la Révolution à 1900                           
II-7 La 1ère Guerre Mondiale 1914-18           
II-8 La reconstruction du village             
II-9 La seconde Guerre Mondiale 1939-45     

III La mémoire des évènements                          

III-1 Le procès en sorcellerie de Thomas LOOTEN en 1659                                      
III-2 La mort du Prince de Hesse au Mont des Cats en 1914 

  III-3 Le futur Maréchal Montgomery laissé pour mort à Méteren en 1914
III-4
Le mausolée du Lieutenant anglais Atwood MORRIS tué en octobre 1914
III-5 Les 110 méterennois Morts pour la France en 1914-18

III-6 A Le cimetière militaire franco-britannique de Méteren    

III-6 B Diaporama des tombes françaises    
III-7 Méteren peint par un soldat canadien en 1916

 III-8 Correspondances de Régina De Coninck avec l’Abbé Lemire (1914)
III-9 Les Méterennois morts au cours des guerres 1939-45, d’Indochine et d’Algérie

III-10 Le cahier de Valentine BUTTIN (occupation allemande 1940-44)
III-11 Mort tragique d’un jeune lorrain le 5 septembre 1944
III-12 Andrée, jeune victime civile de la guerre 1939-45

III-13 Les deux méterennois de la Bande POLLET

III-14 Les DUBORPER à Méteren, une famille très nombreuse

      III-15  Arrêt à Méteren de Napoléon 1er et de l’Impératrice

 

     
IV Traditions

IV-1 La dentelle aux fuseaux à Méteren          

IV-2 La culture du houblon                                 

IV-3 Le géant de Méteren

IV-4 Les rois mages de Méteren     

V Ils ont donné leur nom à une rue du village  

 

  V-1 Mgr Casimir Wicart (1799-1879)            
V-2 Le peintre De Coninck (1828-1910)        
V-3 Le commandant Clemmer (1825-1870)   
V-4 Marie Delie (1865-1943)                         

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 I - Généralités sur le village

Situation :

Le village de Méteren est situé au cœur de la Flandre française, dans le département du Nord, à peu près à mi-chemin entre Lille (25 km) et Dunkerque (30 km), sur le tracé de l’autoroute A 25, à proximité immédiate de la ville de Bailleul, au pied du Mont des Cats (Catsberg), un des sommets de la « Cordillère des Flandres » !

La configuration de son territoire de 1844 hectares est curieuse et ressemble à une grossière étoile à trois branches, celle du nord   s’étendant jusqu’au Mont des Cats à 5 km, celle de l’ouest jusqu’au cœur même de Strazeele à 5 km également et celle du Sud jusqu’au centre d’Outtersteene à 3 km. Le tracé s’approche aussi très près de Flêtre, dans l’axe Strazeele-Mont des Cats. L’historien local, l’abbé René Béhague émet l’hypothèse que cette configuration particulière pourrait s’expliquer à l’origine par l’appartenance de l’ensemble du territoire à un même maître, seigneur puissant, comte

 

     

Source IGN

 

Le village a été totalement anéanti au cours des combats d’avril 1918. Il a été reconstruit à partir de 1920 suivant un plan très proche de l’ancien. Les bâtiments publics, mairie, bureau de poste, écoles, logements scolaires, forment autour de la place un ensemble architectural très harmonieux. L’église et son fin clocher, qui s’élance à plus de 50 mètres, se repèrent à des kilomètres à la ronde.

Depuis quelques décennies des lotissements sont venus progressivement entourer le village. La comparaison des photos aériennes avant et après la construction des lotissements est éloquente                                   ( voir le lien « photos »)

Cartes : pour avoir un aperçu détaillé du terroir méterennois, la carte I.G.N. (Institut Géographique National)  au 1/25 000e semble le mieux convenir. Si vous êtes intéressé il vous faudra cependant faire l’acquisition de deux cartes, non pas que le territoire de la commune soit tellement grand qu’il remplisse plus d’une carte, mais parce qu’il est malencontreusement réparti entre les deux cartes aux références ci-après :

I.G.N. Série bleue n° 2403 Ouest Steenvoorde

I.G.N. Série bleue n° 2404 Ouest Hazebrouck                                                   Retour haut de page

 

 

I-1 A l’origine

a) Origine de la commune :

 

Un chemin ancien de la commune s’appelle la « Voie romaine ». Il vient de Bailleul par le Calverdaens, oblique à hauteur de la chapelle St Donat et débouche à l’entrée de Méteren au niveau de la ferme Parent. Est-ce vraiment une voie de l’époque romaine ? Rien ne permet de l’affirmer car ni l’itinéraire d’Adrien, ni les Tables de Peutinger n’en font état. Si elle existait effectivement on peut imaginer que, compte tenu de la topographie des lieux, il y avait un embryon de hameau à l’emplacement du village actuel.

Sinon il faut chercher la naissance des lieux dans la période qui a suivi les invasions germaniques       (Ve siècle), ce que confirmerait l’origine thioise (cf § b ci-après) du toponyme « Méteren ».

Ce qui est sûr dans cette recherche c’est qu’une carte de 839 mentionne la voie dite romaine. De Cassel, d’où partent sept voies, l’une d’elles se dirige vers Caestre, où elle fait un angle droit pour aller traverser la Lys à Minariacum      (Pont d’Estaires). Strazeele s’est développé le long de cette voie. Un peu au-dessous de Caestre, en un point qui semble correspondre parfaitement à la Courte-Croix, une ligne se détache à angle droit également, se dirigeant , par Bailleul, à Viroviacum (Werwicq). Or cette ligne passe précisément par le tracé de ce que nous appelons la voie romaine. On sait par ailleurs, que la grande artère qui traversait Méteren pendant tout le Moyen-Age et avant la construction de la route nationale était précisément cette « voie romaine » continuée au-delà de l’agglomération, en ligne droite jusqu’à la Courte-Croix.

                                                                                                                       Retour haut de page

 

b) Origine du nom de la commune :

 

Le premier document faisant référence à Méteren est un texte du XIIe siècle. Il s’agit d’un cartulaire, recueil de titres relatifs aux biens temporels de l’abbaye Saint-Bertin de Saint-Omer, qui en 1158 fait état d’une dîme que l’abbaye perçoit sur une terre sise à Maternes.

Maternes est un des anciens noms du village qui dans les vieux textes s’est également appelé Materna, Materen, Maderen, Méternis , Méternes,

Selon l’abbé Béhague ces noms seraient issus de mader, un mot thiois, la langue primitive des tribus germaniques, signifiant  prairie, au pluriel maderen. L’abondance des prairies pourrait donc être à l’origine du nom du village.

L’hypothèse est  renforcée par le fait que le thiois était la langue de la tribu germanique des Cattes qui a donné son nom au Mont des Cattes devenu par la suite Mont des Cats.

Une autre hypothèse, développée sur un site Internet de toponymie du Nord (crehangec.free.fr/nord.htm) laisse entendre que le nom de Méteren serait dérivé de Matrae, déesse gauloise des eaux. Elle n’est étayée que par l’omniprésence de la Méteren Becque depuis sa source au pied du Mont des Cats jusqu'à Outtersteene, à 10 km.

 

Dans les deux cas il s’agit donc d’hypothèses             Retour haut de page                                                

 

I – 2  Les armoiries

 

Collection Daniel Fache

 

En langage héraldique on dit des armes de Méteren qu’elles sont «  de gueules à deux clés d’argent affrontées et passées en sautoir, et sur le tout un écusson d’or à trois cors de sable, liés de gueules ».

Pour transposer en langage courant penser que « gueules » correspond à la couleur rouge et « sable » à la noire, qu’un écusson est un petit écu contenu dans un plus grand, que le mot « affrontées » signifie face à face et « en sautoir » en forme de croix de St André.

La Croix de Guerre : a été remise à la commune le 20 juillet 1921 par le général Gascouin en souvenir des sacrifices consentis par la population au cours de la guerre 1914-1918 : destruction totale du village en avril 1918, 110 soldats méterennois morts pour la France.

On ignore l’origine des armoiries de Méteren. L’apparition des armoiries en général semble liée aux tournois de chevaliers qui les arboraient sur leur bouclier afin qu’on puisse les reconnaître. Il en était de même lors des croisades où pour se reconnaître l’on portait haut un étendard où figuraient ses armes. Faut-il en déduire qu’ Henri de Materen qui accompagnait Godefroy de Bouillon lors de la première croisade (1090) portait ces armes ?

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 I - 3 Coordonnées géographiques et administratives :

a) Coordonnées géographiques

 

Ce n’est pas ici qu’il convient d’expliquer ce que sont les coordonnées géographiques d’un point, à savoir la latitude, la longitude et l’altitude.

Il existe de très bons sites spécialisés auxquels on accède facilement en tapant « coordonnées géographiques » dans la fenêtre de recherche d’un bon moteur comme « Google » par ex.

Le site de l’I.G.N. (adresse ci-dessous) est le plus visité d’entre eux.

http://www.ign.fr/affiche_rubrique.asp?rbr_id=1087&CommuneId=55494

Il nous annonce par exemple que les coordonnées de la mairie de Méteren, exprimées dans le système ED50 (système géodésique européen unifié), celui qu’utilisent les G.P.S., sont 

Longitude : 02°41’35 ‘’ Est     (par rapport au méridien de Greenwitch)

Latitude :    50°44’29 ‘’ Nord   (par rapport à l’équateur )

 

Altitude : en chiffres arrondis, elle varie de 20 m. au sud du village à 150 m. au Mont des Cats (cimetière).

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b) Coordonnées administratives    < Cliquez pour atteindre la page

 

                                                                                                         

I – 4  Les hameaux   < Cliquez pour atteindre la page

 

I – 5   Evolution de la population

 

Les chiffres qui suivent sont extraits des écrits de l’Abbé Béhague (op.cit. page 223), de César Lauwerie (op. cit. page 42) et des documents diffusés par l’I.N.S.E.E (1990 à 2006).

 

Année 1794      2153 habitants

Année 1931      1770 habitants

Année 1852      2600 habitants

Année 1936      1703 habitants

Année 1875      2702 habitants

Année 1962      1572 habitants

Année 1884      2516 habitants

Année 1968      1655 habitants

Année 1891      2441 habitants

Année 1975      1736 habitants

Année 1899      2414 habitants

Année 1982      1979 habitants

Année 1906      2400 habitants

Année 1990      2000 habitants

Année 1911      2316 habitants

Année 1999      2116 habitants

Année 1921      1652 habitants

Année 2006      2155 habitants

Année 1926      1852 habitants

 

 

 

 

 

 

 

 

Le tableau fait ressortir une croissance douce mais régulière depuis 1962, année où la population (1572 hab.) fut à son niveau le plus faible depuis la Révolution. C’est en 1875 qu’il fut au plus haut avec 2702 habitants.

Le recensement de 2006

La population a augmenté de 39 habitants entre les recensements de 1999 et 2006

Le détail du recensement de 2006 figure sur le site de l’INSEE à l’adresse suivante :

http://www.insee.fr/fr/recensement/nouv_recens/resultats/repartition/chiffres_cles/n3/59/n3_59401.pdf

Courbe d’évolution de la population depuis la Révolution. :

 

 

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I – 6 : Un autre Méteren …. aux Pays-Bas  

Confirmant l’origine thioise du nom, on trouve aux Pays-Bas également un village du nom de Méteren.

Il se situe dans la province de GEDERLAND et dans la Communauté de communes de GELDERMALSEN.

 

Le village, qui annonce 3311 habitants, se trouve le long de la rivière Linge et à proximité de l’intersection des autoroutes A2-E25 ( Eindhoven à Utrecht par St Hertogenbosch) et A15-E31 (Rotterdam à Arnhem par Gorinchen). Il semble que ce soit un village à vocation essentiellement agricole et résidentielle.

C’est du moins l’impression que l’on a en visionnant la cinquantaine de photos que présente le site de l’Eglise Réformée de Meteren :

www.pknmeteren.nl/index.php?option=com_zoom&itemid=57&catid=8

On arrive directement parmi les photos classées par rues ou par site :

« Diverse Straten » Rues diverses, 7 photos plus ou moins récentes,

« Dorpstraat » Rues villageoises, 17 photos sur deux pages,

« Evenementen », Evènements, 6 photos

« Luchtfoto’s », photos aériennes, une carte géog. et un photo,

« Huis te Meteren », la maison commune de Meteren, 3 photos,

« Rijkstraatweg », la rue des riches ( ?), 6 photos,

« Schoolstraat », la rue des Ecoles, 3  photos,

« Wilhelmina Straat » la rue de Wilhelmine (reine) au cours des ans, 5 photos.

 

Le blason :

Dans une case d’azur, une fleur de lys d’argent. Ce blason semble s’inspirer de celui de l’illustre famille Van Meteren que l’on évoquera ci-après :

 

 

Histoire de la famille Van Meteren ;

L’histoire du village hollandais est intimement liée à celle des seigneurs des lieux au Moyen-Age, période durant laquelle il y avait deux châteaux sur le domaine. Le plus grand appartenait aux ducs Van Kuyc qui porteront par la suite le nom de Van Cuyck Van Meteren. Ce château sera démoli en 1907.

Entre temps, par mariage, le nom évolue mais tous les seigneurs du lieu ajoutent Van Meteren à leur nom de famille. On remarque aussi que vers 1450 un des descendants, le duc Jan Van Tiel Van Meteren se faisait appeler plus simplement Jan Van Meteren et dès lors ses descendants feront de même. Ce nom de famille a survécu et on le trouve souvent lorsqu’à partir d’un moteur de recherche comme GOOGLE notamment, on lance une recherche sur le mot « Meteren ».

Le plus célèbre des Van Meteren, Emmanuel (1535-1612), a été un illustre historien qui a écrit une Histoire de la Belgique et des Pays Bas en 28 volumes. Consul de son pays à Londres, il fut un témoin direct et bien informé des évènements qui secouèrent les Pays Bas et ses travaux historiques sont une des sources les plus documentées

On peut trouver l’arbre généalogique de cette famille sur le site suivant :

http://www.vanmetre.com/Papers/van_meteren_family.htm   puis en bas de page sur « Van Meeteren family tree »

 

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 II Histoire (résumé succinct).

Avant–propos

Hommage à l’Abbé René Béhague (1868-1954)

Le chapitre « HISTOIRE » de ce site est inspiré en grande partie du livre consacré à Méteren par l’Abbé René Béhague ( 1868-1954) sous le titre «Essai d’histoire d’une commune flamande : Méteren ». Ce livre, rédigé vers 1926 et publié en 1932 par le Comité Flamand de France, constitue l’unique étude du lointain passé de Méteren .

Ce prêtre au talent d’historien, doté d’une vaste culture, maîtrisant parfaitement les vieux textes latins et flamands, s’appuyant sur des recherches approfondies,  nous a légué un livre qui est une véritable mine sur le passé du village.

Hommage lui soit donc rendu !

Voici quelques étapes de sa vie, ainsi que les distinctions qui l’ont jalonnée :

Né à Méteren en 1868. Ordonné prêtre du diocèse de Cambrai (celui de Lille n’existait pas encore) en 1892. Nommé professeur à N.D. des Dunes à Dunkerque (dès sa sortie du Grand Séminaire), puis au Petit Séminaire d’Hazebrouck en 1893 et au Collège de l’Immaculée Conception à Bailleul.

Il est nommé Supérieur du Collège N.D. des Anges à Saint-Amand-les-Eaux en 1907.

Pendant la guerre 1914-18 il est supérieur du Petit Séminaire d’Hazebrouck puis nommé Curé-Doyen de Saint Amand-les-Eaux en 1919.

Il est nommé Chanoine Honoraire du diocèse de Cambrai en 1932.

En 1951 il prend une retraite méritée à Méteren où il  décède le 25 avril 1954 à l’âge de 86 ans, dont 62 années de sacerdoce.

Licencié es-lettres, il fut membre de la Commission Historique du Nord et du Comité Flamand de France.

*-*-*-*-*-*-*-*

Voir aussi à la rubrique  « Généalogie » la liste alphabétique des 497 personnes citées dans le livre de l’Abbé Béhague

 

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II – 1 : Les temps préhistoriques

 

Avant d’aborder ce qui paraît être le seul témoignage local de ces temps reculés, révisons nos connaissances.

Il nous reste de nos souvenirs scolaires la classification de la préhistoire en grandes périodes, les âges de pierre, du bronze et du fer où les outils de l’homme furent successivement élaborés à partir de la pierre taillée, de la pierre polie, puis du bronze et enfin du fer.

Les progrès constatés dans le façonnage des galets de silex constituent autant de périodes intermédiaires dans l’âge de pierre :

-        le paleolithique, la période la plus reculée de l’âge de pierre, couvre des temps très longs de 1 000 000 et plus 9000 ans avant notre ère. Les outils sont grossièrement façonnés dans des galets de silex .

-         le mesolithique, la période intermédiaire suivante de 9 000 à 5 000 ans avant notre ère  est caractérisé par l’apparition d’outils en formes de lamelles plus finement débitées, plus régulièrement retouchées, d’outils à dos courbe plus faciles à manier.

-         Le neolithique, de 5 000 à 1 800 ans avant notre ère, c’est l’âge de la pierre polie par opposition à la pierre taillée.

 

On admet généralement que l’âge du bronze couvre la période de 1800 à 750 avant notre ère et que l’âge du fer s’étend de 750 au début de notre ère.

 

Ces dates ne peuvent s’appliquer systématiquement à toutes les contrées, il faut tenir compte du degré d’évolution variable des peuplades qui les habitent et des contacts qu’elles ont entre elles.

 

Le « trésor » du Mont des Cats :

 

Il a été découvert en 1955 sur les pentes du Mont des Cats, au lieudit Kruys-Straete, commune de Godewaersvelde, à quelques hectomètres des limites territoriales de Méteren, dans une sablière, à un mètre de profondeur, un dépôt de 84 lames de silex, de 14 outils de support laminaires et de 2 éclats. Le « dépôt » se situait dans une poche vide de sédiment de la sablière. Ces outils sont issus de silex de teintes variées, souvent grises et noires, dont l’origine est probablement locale. Rappelons que les sommets des Monts de Flandre sont protégés de l’érosion par une couche de « poudingue », un conglomérat de grés ferrugineux et de galets de silex arrondis.

Pour visualiser ce « poudingue » et les grès ferrugineux, consulter le site suivant, qui présente 8 photos prises sur le Mont Noir et 18 sur le Mont des Cats :

http://jl.franchomme.free.fr/monts_de_flandre.htm ADSL recommandé 

 

C’est le nombre élevé de pièces, la longueur importante des lames variant de 6 à 21 cm, le caractère sélectif des pièces accumulées, toutes parfaitement utilisables, et la maîtrise affichée dans la technique de débitage du silex qui incitent à parler de « trésor » archéologique.

Les chercheurs qui ont étudié cet outillage, qu’ils qualifient d’atypique, hésitent à le situer chronologiquement. Par analogie avec des lames trouvées à Hallines, près de Wizernes (62) ils évoquent notamment le Magdalénien, c’est-à-dire à la fin du Paléolithique, peut-être dix mille ans avant notre ère…mais prudence. Restons modestes aussi puisque, dans le départe-ment du Nord, les trouvailles les plus anciennes remontent à environ 500 000 ans avant notre ère (les bifaces de Quiévy près de Solesmes) et à environ 700 000 ans pour le Pas de Calais (silex de la Pointe aux Oies à Wimereux) !

 

Quelques unes des lames préhistoriques (silex) du Mont des Cats

 

Bibliographie :

 

Abbé TIEGHEM (1963)  La cachette de lames de silex du Mont des Cats (Godewaersvelde) Compte rendu du IVème congrès des sociétés savantes du Nord de la France à Hénin-Liétard, p.5-12.

R. AGACHE (1966) « Informations archéologiques » Gallia-Préhistoire. T.IX, fasc.2

J. HURTRELLE et J.F. PININGRE (1976 ) Le dépôt de lames de silex du Mont des Cats, commune de Godewaersvelde ( Nord). Revue Historique trimestrielle du Nord de la France, Belgique et Pays-Bas N°231, a.LVIII, 1976. Cote bibliothèque Univ.de Lille III : PZA 206

 

Le « poudingue » des Monts de Flandre

Le poudingue est un conglomérat de grès ferrugineux et de galets arrondis de silex

 

Photo de J.L. FRANCHOMME tirée du site :

http://jl.franchomme.free.fr/flandre_interieure.htm (ADSL recommandé)

 

Consulter également l’accueil du site :

http://jl.franchomme.free.fr/Index.htm (ADSL recommandé)

 

Retenons que la découverte archéologique a mis en évidence une occupation humaine très lointaine du Mont des Cats et, quelle qu’en soit la datation exacte, c’est un repère local très intéressant. L’endroit choisi se voulait rassurant : on y dominait l’épaisse forêt environnante qui fournissait le gibier et la plaine alors en grande partie  marécageuse d’où pouvait venir un éventuel danger

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(1)    II – 2 : Au temps d’Astérix et d’Obélix

 

Faute d’autres repères historiques nous effectuons un bond important dans le temps et les progrès de la civilisation et allons retrouver les Gaulois. Deux siècles avant notre ère la Gaule est divisée en trois parties : la Gaule Belgique, la Gaule Aquitaine et la Gaule Celtique.

L’actuel département du Nord était totalement situé en Gaule Belgique. Quatre grandes tribus d’origine germanique envahirent ce territoire et refoulèrent les anciens habitants vers le Sud.

-         Les Morins, entre  la Lys et Boulogne (capitale Thérouanne)

-         Les Atrébates au sud de la Lys (capitale Arras)

-         Les Nerviens à l’ est de l’Escaut (capitale Bavay)

-         Les Ménapiens, qui nous concernent, au nord de la Lys (capitale Cassel).

(2)

 

Les Ménapiens refoulèrent les anciens habitants et s’installèrent au nord de la Lys et de l’Escaut, des emplacements actuels de Dunkerque et Hazebrouck à celui de l’actuel Anvers, ces cités n’existant bien sûr pas à l’époque. Les Ménapiens constituaient une tribu originaire du Jutland (Danemark) et de la Frise (Pays-Bas). Ils apportèrent leur langue dont hérite le flamand actuel.

Sur la carte ci-dessus les trois lignes de tirets  délimitent une zone marécageuse, inondable par la mer qui déborde régulièrement sur les régions basses. On rencontre en dehors de cette zone inhospitalière des huttes coniques, parfois sur pilotis, regroupées en petits hameaux reliés par des sentiers où les chariots passent difficilement. De chasseurs et cueilleurs, nos ancêtres sont devenus un peuple de cultivateurs. Ils disposent de charrues rudimentaires, de faucilles, de houes. Ils cultivent le seigle, l’orge et le lin. Ils attèlent le cheval et le bœuf, élèvent des vaches, des porcs, des moutons, des volailles et des abeilles. Ils fabriquent de la bière (cervoise) et de l’hydromel.. Les femmes tissent et teignent le lin et la laine. Elles se servent de récipients en terre cuite pour les usages domestiques.

Les hommes sont forts et de haute taille, ils portent une abondante chevelure blonde et de longues moustaches pendantes. Ils sont de braves et rudes guerriers.

(1)

Les Ménapiens vont fortifier le haut de la butte de Cassel en y édifiant un « oppidum » , c’est-à-dire une enceinte entourée d’une levée de terre et de pierres établie sur une position favorable. Habituellement l’oppidum est d’abord un refuge en cas de danger, puis s’y établissent à demeure des fabricants d’armes et d’autres artisans. L’oppidum devient souvent un petit centre commercial en même temps qu’un lieu de culte. Etait-ce le cas de Cassel (qui ne portait pas encore ce nom) ? Et qu’y avait-il à Méteren à  cette époque ? En raison de la position légèrement élevée du centre de l’actuelle commune, on peut imaginer que l’endroit ait pu  favoriser l’implantation de quelques huttes de Ménapiens. Mais c’est là pure spéculation de l’esprit . Même l’encycl’obélix n’en parle pas, c’est dire !

 

(1)   Illustrations empruntées au site : http://www.asterix.tm.fr

(2)   Illustrations empruntées au site : http://www.mdsk.net/hista_fr.html

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II – 3  La conquête romaine

 

En 57 avant J.C. les armées romaines envahissent le nord de la Gaule et s’y heurtent à une mosaïque de tribus celtes et germaniques qui leur opposent une résistance opiniâtre. Les Nerviens faillirent battre Jules César. Mais les tribus gauloises belges finirent par s’incliner. Entre temps elles avaient quand même fourni des troupes à Vercingétorix, le chef de la coalition des peuples gaulois contre César. Les Morins envoyèrent 25 000 guerriers, les Ménapiens 7 000 et les Atrebates 15 000. Puis ce fut la défaite d’Alésia (Côte d’Or) en 52 avant J.C.

 

 

 

Constructeurs de routes

Le pays flamand est intégré aux provinces romaines de Belgique. Les Romains construisent de nombreuses routes stratégiques reliant les cités fortifiées, les cités commerçantes, les villes chefs-lieux de peuplades belges. Ils utilisent des matériaux locaux : grès ferrugineux des monts de Flandre et galets, en deux niveaux superposés.

(2)

Dans notre région, après les Ménapiens, les Romains vont sérieusement fortifier la terrasse de la butte de Cassel et y établir leur administration. Malheureusement les vestiges de leur château (castellum d’où vient Cassel) ont disparu et les restes de fortifications sont enfouis ; seul un pan de « mur romain » est signalé à l’attention des curieux.

 

Vers l’an 20 avant J.C., Cassel était devenu un important carrefour routier.

Sur la carte on distingue :

-         l’itinéraire nord de Boulogne à Bavay, via Cassel, Wervicq et Tournai

-         l’itinéraire sud de Boulogne à Bavay par Thérouanne, Arras, Cambrai, qui est l’axe principal de circulation, prolongé vers Cologne .

-         un itinéraire de Cassel à Amiens par Thérouanne

-         un itinéraire de Cassel à Poperinghe

-         une voie du sel, vers le rivage de la Mer du Nord

-         un itinéraire de Cassel à Arras par les villages actuels de Ste Marie Cappel, St Sylvestre Cappel et Strazeele et le Pont d’Estaires (Minariacum) sur la Lys.  Nous avons vu plus haut qu’à hauteur de Caestre un diverticule, ne figurant pas sur cette carte, se dirigeait vers Méteren (voir « origine du village), Bailleul et Wervicq. Nous en avions déduit qu’il y avait probablement le long de cette route au moins un hameau, un relais, à hauteur de Méteren. Aucun vestige ni aucune pièce romaine ne semblent, sauf erreur, avoir été trouvés sur le territoire de la commune.

 

 

 Les grandes invasions :

Alors que s’amorce le déclin de la domination romaine les invasions barbares vont amener dans la région leur flot de pillages et de destructions. A partir de 406 l’autorité romaine est fortement battue en brèche par le déferlement des Francs ou Germains (parmi lesquels les Cattes) et des Saxons poussés par d’autres barbares en marche vers l’Occident. Les Saxons sont cantonnés sur les côtes de la Ménapie. Les Francs Saliens s’installent dans une région qui va de l’embouchure de l’Escaut à la Somme. Au nord de cette zone, la germanisation plus poussée donne naissance à la langue flamande et à une frontière linguistique aux environs actuels de Lille . Tournai est la première capitale des Francs

Attila, roi des HUNS (Illustration tirée du site Wikipedia

En 450 l’invasion des Huns, conduits par Attila sème à nouveau la terreur en Gaule.

 Mais nous n’avons pas de repères locaux  précis. Seul, semble-t-il, Jérôme Ficheroulle dans « Bailleul, pages d’histoire locale » paru en 1909 fait une allusion à cette période troublée : « Notre ville fut, assure-t-on, détruite par les Francs en 420 et demeura inhabitée pendant deux cents ans jusqu’au moment où , en 621, Lydéric…repeupla le pays ». Mais il ne cite aucune source et l’expression « assure-t-on » n’est pas de nature à satisfaire notre

L’Empire Romain d’Occident prend fin en 476 quand l’empereur est défait par les barbares. C’est le début du Moyen-Age.

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.(J-P D.)  

 

 

II-4 Moyen-Age      <--Cliquez pour atteindre la page


II-5 Du XVIe à la Révolution   
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II-6 De la Révolution à 1900  
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II-7 La 1ère Guerre Mondiale 1914-18      <--Cliquez pour atteindre la page


II-8 La reconstruction du village  
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II-9 La seconde Guerre Mondiale 1939-45 
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III La mémoire des évènements

III-1 Le procès en sorcellerie de Thomas LOOTEN  en 1659 

 

Ce procès, souvent cité comme l’exemple type du procès en sorcellerie du XVIIe siècle, a inspiré plusieurs historiens.

Le premier a été l’Abbé Béhague. Dans son livre Essai d'histoire d'une commune flamande « METEREN », publié par le Comité Flamand de France en 1932, il évoque longuement pages 74,75 et 76, les péripéties de ce procès en sorcellerie, intenté en 1659 à un marchand de bestiaux de Méteren, Thomas Looten. (Voir aussi Annales du CCF, Tome XXXVIII).

Dans un très beau livre, richement illustré par Roger Flament, Michel Le Calvé, sous le titre « Un procès en sorcellerie dans la Flandre du XVIIe » publié en 1990,  met en scène de façon très réaliste le manuscrit du procès Looten. Il en recrée le contexte historique et local, il analyse les différentes phases du procès, information préparatoire, interrogatoires, auditions des témoins, enquête, torture, sentence. Il nous fait en outre partager  ses recherches sur le manuscrit du procès et sur les hommes qui l’ont animé.

Dans le cadre de leur ouvrage consacré à "La sorcellerie et la justice en Flandre", publié en 1991  par le Foyer Culturel de l’Houtland à Steenvoorde, Christiane et Michel Loosen, citent intégralement le texte de l’Abbé Béhague  sur le procès de Thomas Looten pour en faire une analyse forcément plus globale que ne le fait le livre cité précédemment. On peut retrouver  cette évocation  sur la page de site ci-après :

 http://nouzautes.free.fr/sorcellerie/affaire_Looten.htm

Il vous faut absolument faire une visite à la page d’accueil de ce site patoisant http://nouzautes.free.fr

Voici maintenant une relation illustrée,  agréable à l’œil, ce qui ne gâte rien, de ce procès célèbre. Elle est tirée du sympathique site personnel de la famille Morel and Co,  qui traite, entre autres sujets, de généalogie et de régionalisme (moulins, géants, sorcières du Nord, recettes flamandes, ballade en Flandres…)

http://morel.and.co.free.fr/

 

 

L'affaire Thomas LOOTEN à Méteren

 

 

Vers le milieu du XVIIe siècle, se manifeste en Flandre et en France, même à la cour de Louis XIV, une recrudescence de sorcellerie; ou plutôt les procès de sorcellerie se multiplient. Des personnages très illustres, comme le maréchal de Retz, y sont impliqués; le bourreau de Dunkerque se vante d'avoir exécuté "de sa propre main" 500 à 600 sorciers. A Meteren, un procès fut intenté en 1659, à Thomas Looten, marchand de bestiaux, âgé de 50 ans. Depuis quelque temps, des bruits se chuchotaient dans le village; on parlait de bêtes ensorcelées, de maladies bizarres, de personnes qu'on avait dû exorciser, surtout d'un jeune enfant mort dans des circonstances étranges; on se disait que des sorts avaient été jetés; on accusait Thomas Looten. Son gendre l'en avertit un soir, dans un cabaret; il refusa de prendre la chose au sérieux et se contenta d'en rire. Mal lui en prit. Sur l'injonction des échevins, le bailli Jean Van den Walle, dépose une plainte devant la Cour féodale de Bailleul. Le 22 septembre, Thomas Looten, saisi et garrotté, comparaît devant ses juges. Les témoins, au nombre de 18, dont Jean Baryzeel, lui reprochent d'avoir jeté des sorts sur des vaches qui crevèrent "ayant des signes certains d'ensorcellement dans les yeux et aux dents" ; sur des femmes et des enfants malades "les uns, guéris par les exorcismes du curé, des pères capucins ou d'autres religieux, les autres, restés malades malgré les exorcismes" ; sur des enfants "en leur distribuant des prunes" et l'un d'eux, le fils d'Adam Wicaert en était mort. Ils ajoutent que des crapauds, en sautant, faisaient cercle autour du feu; et surtout que Looten avait chez lui une boîte renfermant des vipères, des cheveux humains, des écales d'oeufs. Looten reste ferme et calme devant ses juges. Il explique plusieurs des faits, prétendus surnaturels, et nie énergiquement avoir été pour quelque chose dans le décès de l'enfant Wicaert, comme dans la perte des bestiaux. Il jure qu'il est innocent des faits qu'on met à sa charge. L'instruction terminée - elle avait duré cinq jours - le tribunal fait visiter le prévenu par l'officier criminel de Dunkerque, Noorman. Noorman enfonce à plusieurs reprises une épingle jusqu'à la tête entre les deux omoplates, sans que le prisonnier en souffre et sans qu'il en sorte du sang; il déclare sous serment que c'est bien là le stigma diabolique. Devant cette preuve juridique et vu les dénégations formelles de Looten, le bailli de Meteren demande la torture. La Cour l'ordonne. Looten la subit sans défaillance depuis 7 heures 30 du soir jusqu'à 3 heures du matin. Vaincu par les tourments, il fait quelques aveux. Ils sont jugés insuffisants. La torture recommence.

 

N'en pouvant plus, il finit par passer les aveux suivants que la sentence enregistre:


1) Il est sorcier depuis huit ans; son diable s'appelle Karlakyn, est habillé de bas verts, a les pieds petits, étranges et fourchus. C'est de lui qu'il a reçu le signe dans le dos ;
"en ce moment, dit-il, son émotion avait été si grande qu'il en avait tremblé" ; il a signé un pacte avec du sang tiré de son pouce par Karlakyn.
2) A diverses reprises, la nuit de la St Jean et de la Toussaint, il s'est trouvé au sabbat à Hondeghem, Steenvoorde, Ste Marie-Cappel et Blaringhem. Au milieu des orgies, le diable apparaissait sous les traits d'un beau jeune homme, habillé avec luxe; on l'adorait et chacun lui faisai t une offrande en déposant un patard sur son chapeau.
3) Il a reçu de l'argent de Karlakyn, une fois au moins 18 livres de gros, avec lesquels il a acheté 4 vaches.
4) Son diable lui a donné un
"onguent vert" avec lequel il se frottait pour voler dans les airs: ce qu'il avait fait à Merris et à Hondeghem ; et une "poudre verte" pour ensorceler les bêtes et il en avait usé en maintes circonstances.
5) Enfin Karlakyn l'a soutenu dans ses peines jusqu'à mardi, jour où il l'a abandonné vers 9 heures du matin.

Condamné, Thomas Looten est reconduit en prison. Le lendemain, vers huit heures, on le trouve mort dans sa cellule et la sentence dit officiellement: le cou brisé par le diable, ainsi qu'il a été justifié par la Cour. Le cadavre est trainé sur un échafaud dressé sur le marché et, de là, transporté au Ravensberghe pour y être exposé sur une roue,
"afin de servir d'exemple" (1).

Abbé René BEHAGUE - Essai d'histoire d'une commune flamande METEREN, C.F.F., 1932

(1). Le peuple a, de tout temps, cru aux sorciers. On y croyait en Flandre (Cf. Bertheaud, Légendes surnaturelles de la Flandre) et la croyance y était entretenue particulièrement par les récits entendus aux "veillées". L'imagination populaire a peut-être "créé" les sorciers; mais ce sont les légistes qui ont créé le "fait juridique" de la sorcellerie; c'est leur code qui est le vrai responsable des exécutions capitales; et ce code, est-il besoin de le dire, n'est basé ni sur des données religieuses certaines, ni sur des faits scientifiquement vérifiés.

 

 

Accusé publiquement d'être sorcier, Thomas Looten s'était mis volontairement entre les mains de la cour féodale de Bailleul, afin de se disculper de cette imputation.
On ouvrit aussitôt une instruction, elle commença le Jeudi 22 septembre 1659, et le 27, après avoir entendu les témoins, l'instruction préparatoire terminée, la cour avait ordonné que Looten serait transféré dans la prison de Bailleul.
Dans ces procès tout marchait vite, et dans celui dont nous nous occupons cinq jours à peine avaient suffi pour éclairer la religion des juges.

Le bailli de Méteren avait dressé lui-même les questions qui avaient été posées aux témoins et à l'accusé. L'interrogatoire de Looten ne portait nullement sur le fond même de l'accusation, mais sur une foule de détails insignifiants recueillis dans l'instruction préparatoire, laissant de côté tout ce qui touchait directement à la sorcellerie.
Quoiqu'il en soit, Looten resta ferme devant ses juges, expliqua plusieurs faits prétendus surnaturels, reconnut pour vraies quelques circonstances secondaires, et nia énergiquement avoir été pour quelque chose dans le décès de l'enfant de
Wycaert, un des témoins, auxquels il avait donné quelques prunes, et dans la perte des bestiaux dont il était accusé par d'autres témoins.
Looten savait lire et écrire et possédait, ce qui est certain, une intelligence supérieure à celle de ses juges. Il termina ses déclarations en disant :
"qu'il n'entendait pas se servir de reproches, qu'il ne lui fallait ni avocat ni procureur, qu'il était innocent des faits qu'on mettait à sa charge, et que les hommes de la Cour pouvaient prononcer contre lui telle sentence que bon leur semblerait, mais qu'ils aient à le bien juger, afin de ne pas s'exposer à subir plus tard un terrible châtiment".

Ici apparaît un autre personnage dont la déclaration devait avoir pour Looten les conséquences les plus épouvantables. Le premier novembre, le bourreau de Dunkerque se trouvant accidentellement à Bailleul, fut officiellement commis par la Cour, à la visite corporelle, afin de savoir si Looten n'avait pas le stigma diabolique.
Le prévenu est donc amené devant les juges, on le déshabille, et le bourreau procède à la visite. Après quelques recherches sur toutes les parties du corps, l'officier criminel déclare que le prisonnier portait le stigma au milieu du dos, entre les deux omoplates.
Nous donnons la copie du procès-verbal qui a été dressé, l'original de cette pièce a été déposée aux archives de la mairie de Bailleul.

"Le premier novembre 1659, en présence du bailli; M. Gilles Velle, l'ancien ; MM. Pieter Biezéval, Pieter Boddaert, Gille Velle, le jeune ; Guillaume Bubbe, M. Jan Walle, hommes de la Cour, M. Van Drynckam, M. Jan Baert, Charles Van Costenobel, M. Robert Corteel et M. Frans Ysebrandt, dans l'affaire du Bailli de Méteren, causa officij, demandeur, Contre et à la charge de: Thomas Looten, prisonnier, défendeur".
Puisque l'officier criminel de Dunkerque se trouve dans cette ville, les bailli et juges ci-dessus dénommés ont décidé qu'ils feraient visiter le prisonnier en leur présence pour voir et examiner si ledit prisonnier n'avait pas le stigmate diabolique. En conséquence, le prisonnier ayant été amené, déshabillé et visité par ledit officier, il a été reconnu que ledit prisonnier avait le stigmate diabolique au dos entre les deux omoplates, que ledit officier criminel y avait enfoncé, à plusieurs reprises, une épingle jusqu'à la tête sans que le prisonnier en souffrît et sans qu'il sortît du sang, quoique ledit officier pressât dessus pour qu'il pût en sortir.
Le prédit officier criminel a déclaré sous serment que le prisonnier avait le signe diabolique, qu'il avait visité et exécuté cinq à six cents sorciers ou sorcières et qu'il connaissait parfaitement ledit signe. Marque de Jan Noorman, officier criminel.


Plus de doute possible, Looten était bien et dûment convaincu d'être sorcier. Aussi le bailli ne perdit pas une minute pour que justice fût faite, et ce même jour, la cour condamna Looten à la torture pour obtenir par ce moyen, l'aveu des faits mis à sa charge.

 

 

LA TORTURE.

Le 2 novembre, au matin, les vingt-quatre hommes de la cour féodale dont les noms suivent furent tirés au sort pour assister par lots de quatre à la fois au supplice de Looten.
Voici ces noms tels qu'ils sont écrits au dossier:
Velle, l'ancien ; Biezewal, Boddaert, Drinckam, Mre Jan Waele d'Heer (monsieur Jacques Van de Walle, (bailli de Méteren) J. de Mey, H. Ellieul, Velle, le jeune ; Den Schoudt (l'écoutête), Pr Inghelveert, Craye, M. Corbeel, M. Camerlynck, C. Costenobel, F. Isebrandt, Jooris Isebrandt, Mahieu de Coussemaecker, Jan Baert, Charles Vitse, Antheunis Theeten, Den Amman (l'amman), M. Jan Cleenvewerck, M. Guillaume Bubbe.
La première épreuve devait durer douze heures, depuis 6 heures du soir jusqu'à 6 heures du matin.
Le moment venu, Thomas Looten fut dépouillé de ses vêtements jusqu'à la chemise et attaché sur une chaise en bois de chêne, un collier de fer fixé par derrière dans le dossier enserrait le cou du patient pour l'empêcher de remuer la tête; les jambes étaient écartées et solidement garottées sous la chaise, de façon à présenter en avant le dessus des pieds; les bras étaient pendants et liés aux deux grands montants parallèles.
Ces préparatifs amenèrent quelque retard, et la torture ne put commencer à l 'heure fixée. Enfin à sept heures et demie tout était prêt. En présence de Jan Waele, l'écoutête, Charles Costenobel et Guillaume Bubbe, (tous hommes du premier lot) assistés de Jacques Vande Walle, bailli de Méteren ; Henri et Jacques Ellieul, le prévenu, ainsi lié et garotté, fut placé devant un grand feu.
La douleur devint bientôt atroce, mais Looten supporta courageusement ces souffrances jusqu'à 3 heures du matin.
Alors, en présence des hommes du 5me lot, les sieurs Boddaert, Ellieul, Corbeel et Cleenewerck, l'accusé affirme et déclare pour vrai et véritable que
Robert Beecke, au cabaret de Jan Boone, l'avait publiquement accusé d'être sorcier, ainsi que le témoin Jan Bariseel en avait fait la déclaration dans l' instruction.
Les témoins à la torture ayant demandé à quel enfant d'
Adam Wicaert, Looten avait donné des prunes, celui-ci répond en avoir donné à tous les enfants et avoir appris plus tard qu'un de ces enfants était tombé malade et avait succombé. Il déclare aussi avoir compris, d'après quelques paroles de Marc Heems, son beau-fils qu'il avait, lui Looten, la réputation d'avoir ensorcelé ledit enfant au moyen de ces prunes. Sur la demande pourquoi il n'a pas porté plainte en justice à propos de cette accusation, il répond qu'il l'a fait et que le bailli avait ordonné l'incarcération de Heems. Ces déclarations n'étaient d'aucunes valeur réelle et ne constituaient aucun aveu, aussi, les hommes de fief décidèrent que la torture serait continuée le jour même avec adjonction de deux PP capucins.

Nous ne connaissons pas les suites du premiers acte de ce drame. Le procès-verbal de cette seconde torture manque, toutefois nous trouvons l'ordonnance suivante :

Den (le) iiij novembre 1659. Dans la cause de M. Jacques Vanden Wall, le jeune, bailli de Méteren, causa officij, demandeur, contre: Et à la charge de Thomas Looten, priossnier, accusé de sorcellerie, défendeur. En présence de Mre Gilles Velle, l'ancien, Mre Pieter Bieswal, Pieter Boddaert, Mynheere (Monsieun Van Drincham, Mre Jan Cleenewerck, Mre Robert Corbeel, Mre Gilles Velle, le jeune ; Mre Jan Waele, d'heer (Monsieun Jacques Vande Wall, l' ancien, Pieter Inghel wert, Frans Cauwersyn, Mahieu de Coussemaker, d'heer Charles Van Costenobel, Mre Guillaume Bubbe, d'heer Guillaume de Vryere, Jooris Isebrandt, d'heer Antoine Hersin et sieur Hendrick Ellieul, homme de la Cour ,
A la requête dudit bailli, l'officier criminel entendu a déclaré que la forte constitution du prisonnier permettait de recommencer les tortures; que, par suite de cette déclaration, les hommes de la Cour prénommés ont décidé de les continuer à discrétion jusqu'à nouvel ordre, en mettant le prisonnier sur une autre chaise préalablement bénite, lui mettant une autre chemise bénite et le frottant par tout le corps avec de l'eau bénite ; puis, priant les révérends pères capucins de renouveler leurs exorcismes, ils décidèrent que la question serait subie aussi longtemps que les hommes de la Cour qui seraient près du prisonnier le croiraient nécessaire, en prenant toutefois l'avis du docteur qui jugerait à quel moment les forces du patient seraient épuisées par les souffrances.

Acte, date que dessus :


Il ordonnèrent en outre que la nourriture et les boissons seraient bénites ainsi que le bois que l'on ferait brûler dans l'âtre devant lequel il serait assis; bénits aussi les liens avec lesquels ses bras seraient liés près des poignets. Cette fois l'expérience fut décisive; le malheureux, anéanti par la douleur, avoua. C'est ce qui résulte de l'état de frais du procès :

Le supplice fut arrêté et l'on reconduisit Looten en prison.

Que se passa-t-il ensuite ?
Le lendemain soir, vers les huit heures, quand on alla le voir, Looten avait cessé de vivre : Il avait le cou brisé, dit le même état de frais. Les souffrances horribles qu'il avait endurées l'avaient tué, son cadavre restait, l'arrêt va nous dire ce qu'on fit et en quoi consistaient les aveux arrachés au supplicié.


La question des brodequins

 

 

 

LA SENTENCE

Vu par les hommes de la Cour première féodale de la ville et Cassellerie de Bailleul, le procès criminel par eux instruit entre le bailli de Méteren, à cause de sa charge, demandeur, d'une part,
Et Thomas Looten, prisonnier, défendeur, d'autre part,
Le défendeur accusé de sorcellerie s'est remis à la discrétion desdits hommes de la Cour et pendant l'instruction du procès il a, de son propre aveu, reconnu :
Qu'il était sorcier depuis environ huit ans, que son diable s'appelait Karlakyn, qu'il était habillé de bas verts, avait les pieds petits, étranges et fourchus; que c'était de lui qu'il avait reçu le signe sur le dos et que son émotion en ce moment avait été si vive qu'il en avait tremblé ;
Que ce même diable lui avait alors remis de l'argent et qu'il avait signé un pacte avec du sang tiré de son pouce droit par Karlakyn ;
Qu'il avait bu à Haesebroucq deux pots de bière et qu'à Merris, à onze heures de la nuit près le tilleul où demeure Adrien De Groote, il avait tenu sabbat avec trois ou quatre femmes, dansant aux sons de la flûte jouée par un jeune garçon, couchant sur l 'herbe avec une des plus belles et ayant avec elle des rapports charnels ;
Que de là il s'était rendu vers Langhewaert où se trouvaient xiiij femmes, IV hommes xiiij diables, mangeant ensemble de la viande semblable à de la viande de veau, buvant de la bière et d'autres boissons ressemblant à du cidre de couleur rougeâtre, sans que le sel figurât au repas.
Qu'à diverses époques la nuit de Saint-Jean et de la Toussaint il était au sabbat, à Hondeghem, à Sainte-Marie-Cappel, à Steenvoorde et à Blaringhem ; à Hondeghem, dans une grande rue à peu de distance au nord, à Sainte- Marie-Cappel dans une grande rue, à Steenvoorde dans le bas au sud, à Blaringhem dans une rue au couchant, toujours en compagnie de femmes avec lesquelles il avait des rapports charnels et chaque fois avec une autre femme ;
Que dans ces réunions, on adorait le démon qui était habillé avec luxe, qu'il apparaissait sous les traits d'un beau jeune homme et que chacun lui faisait son offrande en mettant un patard sur son chapeau ;
Qu'ensuite il avait reçu de son diable à Haesebrouck viij patards en solds de Zélande et avec cet argent et celui qu'il possédait il avait acheté deux porcs; qu'il avait touché du même diable en différentes fois au moins xviij livres de gros avec lequel il avait acheté à Cassel et à Haesebroucq quatre vaches qu'il avait ensuite vendues chez lui et à Bailleul, et reçu un onguent vert avec lequel il se frottait l'aîne, les bras, les mains et autres endroits pour voler dans les airs où il désirait; qu'il en avait quelquefois en telle quantité, qu'il pouvait s'en servir deux ou trois fois; que c'est ainsi qu'il avait fait deux ou trois voyages en volant de sa maison chez Adrien De Groote et la dernière fois à Hondeghem, il y a environ deux mois ;
Qu'il a reconnu que son diable l'avait secouru dans ses peines jusqu'à mardi, jour où il l'avait abandonné vers 9 heures du matin ;
Qu'étant en prison il était venu le visiter dix à douze fois et avait supporté pour lui les douleurs de la torture, lui faisant entendre qu'il lui donnerait toutes les satisfactions qu'il voudrait avoir ;
Qu'il avait reçu ensuite de son prédit diable une poudre verte pour exercer sa sorcellerie, ce qu'il avait fait à Hondeghem en ensorcelant un veau rouge au dos blanc, ce que le diable lui avait payé deux sous et demi de Zélande ; Idem, un cheval de Guillaume Herman à Méteren, ce qui lui avait rapporté un florin ; Idem, deux vaches de Claude Pouvillon, pour chaque XX patards, trois vaches de Maerten Kesteloot, XVI patards par vache; Idem, la vache de la femme de Mathieu Wyts, X patards en petits sous; Idem, une génisse rouge de Jacques Durant, V patards en sous françois sans croix; en sus d'autres exécrables et abominables faits mis à sa charge; enfin après avoir subi la torture penant environ XX heures, ledit diable lui brisa le cou et l'étrangla, ainsi qu'il en a été justifié à la Cour,

C'est pourquoi la cour faisant droit a condamné et condamne par ces présentes ledit cadavre à être traîné sur un échafaud dressé sur le marché, et ensuite transporté au Schavenberghe, place patibulaire, pour y être exposé sur une roue (1) afin de servir d'exemple, confisquant en outre tous les biens du dit Looten au profit de qui il appartient, frais de droits de justice préalablement prélevés.


Ainsi prononcé au Conseil de la Cour le 6 novembre 1659. Nous nous garderons de commenter ce récit qui est la reproduction de ce monstrueux procès, et nous laisserons le lecteur sous l'impression de ce drame épouvantable, sachant que notre plume ne pourrait rien ajouter à l'horreur dont il sera saisi pour les bourreaux, ni à la pitié qu'il ressentira pour cette intéressante et malheureuse victime.

Charles TAVERNE DE TERSUD - Hazebrouck depuis son origine jusqu'à nos jours, 1890

(1). Le supplice de la roue était un des plus horribles en usage au XVlle siècle.
Voici en quoi il consistait : on plaçait le condamné les jambes écartées et les bras en croix sur deux madriers disposés en croix de Saint-André et taillés de façon à ce que chaque membre portât sur un espace vide. Le bourreau lui brisait tous les membres et la poitrine à coups de barre de fer. On appliquait ensuite le corps du patient sur une petite roue suspendue à un poteau en ramenant les jambes et les bras brisés derrière le dos et en lui tournant la face vers le ciel, afin qu'il expirât dans cette position. On épargnait souvent au condamné les douleurs atroces de ce supplice en l'étranglant avant de le lui infliger.

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III–2 La mort du Prince de Hesse au Mont des Cats en 1914              <--Cliquez pour atteindre la page

 

 

III-3 En 1914 le futur Maréchal Montgomery, alors lieutenant, avait été laissé pour mort dans une tranchée de Méteren.

En parcourant le Guide Casterman consacré à la « Première Guerre Mondiale des Flandres à l’Alsace », paru en 1996, on peut être surpris d’y lire, page 230, que le futur Maréchal Montgomery, alors jeune lieutenant, avait combattu à Méteren en octobre 1914, cet épisode étant peu connu.

Dans son livre « Méteren, fin du XIXe et début du XXe siècle » César Lauwerie, ancien maire de la commune, évoque à deux reprises, pages 62 et 195, les combats d’octobre 1914 et notamment de façon détaillée ceux du 13 octobre au cours desquels le lieutenant Atwood Morris a trouvé la mort, là où se trouve son mausolée, comme de nombreux autres soldats britanniques tombés pour libérer Méteren des occupants allemands qui s’y étaient fortement retranchés.

Dans le cimetière militaire britannique de la commune reposent 116 soldats tués les 12, 13 et 14 octobre 1914 dont 45 appartenaient au Royal Warwickshire Regiment, le plus touché, 19 au Seaforth Highlanders  et 24 au Royal Lancaster Regiment, celui du Lieutenant Morris. Les 28 morts restants appartenaient à neuf  autres régiments, ce qui donne une idée du nombre de troupes britanniques massées devant Méteren. Parmi ces 116 morts, 23 sont des soldats inconnus dont on ne connaît que le régiment d’appartenance et/ou la date de décès. On sait par ailleurs que le seul Royal Warwickshire a eu 3 officiers et 85 soldats blessés.

Dans sa correspondance à l’Abbé Lemire, Régina De Coninck fait état de 500 hommes mis hors de combat dont près de 120 morts. Son estimation paraît hélas très proche de la réalité.

Le 13 octobre, le lieutenant Bernard Law Montgomery, du Royal Warwickshire, fut grièvement blessé à Méteren par une balle qui lui traversa la poitrine et qui avait été tirée par un des soldats allemands embusqués dans le clocher de l’église.

Il a retracé ces instants difficiles dans son autobiographie « The memoirs of Field Marshal Montgomery » parue en 1958.

« Ma vie a été sauvée ce jour là par un soldat de ma section. J’étais tombé à découvert et restait immobile, espérant éviter d’attirer l’attention des Allemands. Mais un soldat ami accourut vers moi et commença à poser un pansement sur ma blessure ; un soldat allemand isolé (a sniper) lui tira une balle dans la tête et il s’effondra sur moi. Le tireur isolé continua de tirer sur nous et je reçus une deuxième blessure au genou ; le soldat reçut plusieurs balles qui m’étaient destinées. Aucune autre tentative ne fut faite par ma section pour nous secourir. Sans doute pensait-on que nous étions tous les deux morts. »

« Quand la nuit tomba, les brancardiers vinrent pour nous emporter ; le soldat était mort et j’étais dans un sale état. Je fus ramené jusqu’à un poste de secours avancé ; les médecins estimèrent que je ne pouvais pas survivre et comme le poste de secours devait prochainement déménager, une tombe fut creusée à mon intention. Mais quand vint le temps de déménager j’étais toujours en vie. Aussi me mit-on dans une ambulance motorisée et je fus renvoyé vers un hôpital ».

On lit par ailleurs (« Montgomery chronology ») qu’il fut dirigé vers un hôpital de campagne puis soigné à l’hôpital de Saint-Omer, puis rapatrié en Angleterre où il séjourna à l’hôpital de Woolwich d’octobre 1914 à février 1915. Guéri, il est renvoyé au front en janvier 1916 et il participera notamment aux batailles de la Somme (juin-novembre 1916), d’Arras (avril 1917), de Passchendaele (juillet- novembre 1917) et combattra sur d’autres fronts du nord lors de l’offensive allemande de mars à juin 1918. A la fin de la guerre il est déjà lieutenant-colonel.

Entre les deux guerres il sera instructeur dans des écoles militaires et participera à diverses campagnes extérieures à la tête du Royal Warwickshire (Irlande, Palestine, Alexandrie, Egypte, Indes ).

Lorsque éclate la deuxième guerre mondiale, Montgomery (que ses soldats appellent « Monty ») est général, commandant le 2e Corps d’Armées britannique. Il participe à l’âpre bataille de Louvain (15-16 mai 1940) mais incapable de stopper l’avance allemande il fait retraite vers Dunkerque et rentre en Angleterre le 1er juin 1940.

En 1942, Winston Churchill,  chef du gouvernement britannique, nomme Montgomery à la tête de la 8e Armée d’Afrique du Nord qui vient d’être battue par les troupes de l’Africa Korps du général allemand Rommel. Montgomery, qui avait pour mission de tenir coûte que coûte, réussit à redonner de l'assurance à ses troupes et, en avançant avec prudence et en assurant les liaisons avec ses arrières, leur chef évita les erreurs tactiques de ses prédécesseurs. La 8e Armée finit par repousser les Allemands. L'armée ennemie est contrainte de se replier en dehors de l'Égypte après la bataille décisive de chars d'el-Alamein (novembre 1942). C'est la première victoire des Alliés contre l'Allemagne nazie, une victoire qui ramène la confiance en Grande-Bretagne et qui confirme la réputation de «  Monty  ».

En 1943 il dirige les troupes alliées qui envahissent la Sicile puis celle-ci libérée, il commande les armées de débarquement en Italie du Sud.

En décembre 1943, Montgomery est rappelé en Angleterre pour prendre le commandement des forces terrestres qui participeront au débarquement de Normandie. Il est commandant en chef du 21e Groupe d'armées pendant la campagne de l'Europe du Nord-Ouest, qui débute par le débarquement de Normandie, le 6 juin 1944, pour se poursuivre jusqu'à la reddition allemande, le 4 mai 1945.

À la fin de la guerre, Montgomery est maréchal, un grade qu'il a obtenu le 1er septembre 1944. En 1946, il est reçu chevalier de l'Ordre de la Jarretière et le roi lui décerne le titre de 1er vicomte d'Alamein en reconnaissance de sa contribution exceptionnelle à la victoire alliée. Par la suite, de 1946 à 1948, il est chef d’Etat-Major général de l’ Empire britannique,  il préside le Comité des chefs d'état-major de l'Europe de l'Ouest de 1948 à 1951 et il est commandant adjoint au Commandement suprême allié de l'Europe de 1951 jusqu'à sa retraite en 1958. Il publie ses mémoires en 1958, sous le titre de « Memoirs » .Né à Londres le 17 novembre 1887, il y est décédé le 24 mars 1976. Son impressionnant parcours d’officier supérieur avait bien failli se terminer tragiquement à Méteren le 13 octobre 1914.

Jean-Pierre Deswarte

Daniel Fache

************

Complément d’information.

Un compte-rendu de recherche anglais du 8 février 2013

LA MORT D’UN SOLDAT DE LA PREMIERE GUERRE MONDIALE

EN 1914 RESTE UN MYSTERE ET POURTANT ELLE A MODIFIE LE COURS DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE

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III-4 Le mausolée du Lieutenant Atwood MORRIS tué en octobre 1914

                            une tombe militaire britannique originale :

 

Nous avons déjà longuement décrit les durs combats qui se déroulèrent au cours des sombres journées du 9 au 13 octobre 1914 (cf II – 7  Guerre 1914-1918 § F et G) et évoqué les lourdes pertes subies par les troupes britanniques pour la reprise du village de Méteren aux Allemands.

Les parents d’un officier britannique tué le 13 octobre 1914 à Méteren vont obtenir l’autorisation exceptionnelle  de faire enterrer leur fils dans une tombe individuelle là où il est tombé et ceci après bien des péripéties.

En effet la tradition britannique est différente des usages français. En France une famille peut réclamer la dépouille d’un militaire mort pour la France pour l’inhumer dans sa région d’origine, aux frais de l’Etat. En Grande-Bretagne il en est autrement et les soldats sont inhumés dans le cimetière militaire britannique le plus proche du lieu où ils ont été tués, sans possibilité de transfert en Grande –Bretagne, sauf très rares exceptions.

L’inhumation du Lieutenant Morris dans un mausolée individuel à Méteren constitue justement une exception à ces règles.

Qui était le Lieutenant Morris ?

 

  Anthony George Atwood MORRIS est né le 19 mai 1887 à Rugby, que l’on dit être le berceau du sport du même nom. Située dans le Warwickshire, à 20 km de Coventry, la cité avait, en 2005, une population évaluée à 91600 habitants.

Anthony était le plus jeune fils de Mr Frédérick Arthur Morris et de Mme Cunitia Atwood.

 

 

 

 Il fit ses études au Winchester College, puis rejoignit la Milice avant de s’engager en 1907 dans le 1er Bataillon Royal du Lancaster Regiment.

 Il fut promu lieutenant en avril 1911 puis, à la déclaration de guerre, en 1914,  fut affecté au 3ème bataillon (réserve) de ce même régiment. Volontaire pour le front, il rejoignit à nouveau le 1er bataillon le 17 septembre 1914. Il y fut chargé de la section de mitrailleurs peu après son arrivée et prit part à la bataille d’Armentières.

 

 

Ci- contre : le collège militaire de Winchester 

Dans quelles conditions est-il mort ?

Les Allemands qui occupaient Lille, Armentières et  Bailleul  voulurent pousser leur percée vers Calais et Dunkerque mais ils furent arrêtés par  les alliés sur une ligne Cassel – Hazebrouck et refluèrent ensuite vers Méteren qu’ils mirent en état de défense.

Le 12 octobre,  après un bombardement intensif de l’artillerie britannique dirigé vers les abords de Méteren, pour tenter de neutraliser le système défensif allemand, l’infanterie anglaise va prendre position aux lieudits Zacht Leven, Courte-Croix et aux Sept Ormes, pour attaquer le village, mais le feu nourri des Allemands fait reporter l’offensive au lendemain.

Le 13 octobre, le 1er Bataillon était à l’extrême droite de l’offensive, le Lieutenant Morris emmenant sa section de mitrailleurs en couverture, mais ils avaient été repérés. Dès qu’il déboucha de derrière les haies, le Lancaster Regiment fut pris sous le feu ennemi dont les mitrailleuses étaient installées dans le chemin de ronde du clocher de l’église. Le lieutenant Morris et ses mitrailleurs avaient pris position derrière une haie clairsemée où lui et ses hommes furent retrouvés plus tard dans cet alignement, tous morts et leurs mitrailleuses hors d’état.

Les pérégrinations d’ un soldat mort :

Ils furent enterrés dans le cimetière autour de l’église (voir la variante), mais après la guerre, quand les autres furent réinhumés dans le cimetière militaire de Méteren, les parents Morris décidèrent de ramener le corps de leur fils pour l’enterrer chez eux.

En fait ils atteignirent Calais pour apprendre que cela n’était pas permis. Ils firent demi-tour et inhumèrent provisoirement leur fils avec ses hommes. Parallèlement les parents achetaient deux hectares de la terre entourant l’endroit où leur fils avait été tué. S’agissant d’une famille influente et fortunée, elle obtint une dérogation à la réglementation du Ministre britannique des Armées.

Tous les ans, avant la guerre de 1939-1945, la mère du défunt, Mme Morris, venait prier sur la tombe de son fils. Elle cessa ses visites en 1940 et est décédée en 1946.

Elle avait deux autres enfants, un fils, Jack Arthur Atwood Morris, capitaine dans la marine royale britannique et une fille, mariée à un descendant de la famille royale des Stuart.

Où se trouve le mausolée :

Depuis la construction de l’autoroute A 25, qui a coupé la rue Vyverput, on ne peut plus accéder directement au mausolée, comme jadis, depuis le centre du village. Deux itinéraires sont possibles :

1)     Emprunter la sortie vers Flêtre par l’ancienne Nationale devenue D.933, puis tourner à gauche, avant le passage sous l’autoroute pour prendre la Beunstraete puis la rue Vyverput.

2)     Rejoindre la route d’Hazebrouck (R.N.42),  puis prendre le deuxième  chemin  à droite  qui mène directement à la rue Vyverput, puis au mausolée, situé a l’extrémité d’un chemin d’accès particulier.

 

 

La forme originale du mausolée :

Il s’agit d’un bâtiment en briques, en forme de pagode, où quatre piliers de maçonnerie supportent un toit rustique à quatre pentes, couvert de tuiles. Le plafond est lambrissé. Une murette ajourée à quatre entrées est installée entre les piliers

Le versant du toit, face à l’entrée, supporte une imposante horloge amenée d’Angleterre où elle était installée sur les écuries des parents. Une lucarne dans la face opposée du toit permet l’accès au grenier.

 

 

La tombe :

 

En 1920 le corps du Lieutenant Morris est transféré dans le mausolée pour y reposer définitivement sous une simple croix de granit. La tombe est entourée d’un encadrement revêtu d’ une inscription en anglais que l’on peut traduire comme suit :

« A la chère mémoire d’Anthony George Atwood Morris du Régiment Royal du Lancaster, né le 19 mai 1887, tué au combat le 13 octobre 1914 à Méteren au cours de la Grande Guerre avec l’Allemagne ».

L’entretien du mausolée et de son environnement :

 

A l’origine il semble que l’exploitation de la terre et de la pâture ait été accordée au cultivateur voisin moyennant l’entretien du mausolée, du chemin d’accès et le remontage de l’horloge. Trois exploitants  se sont ainsi succédés dans ces  conditions : Mr Herreman, Mr Jean-Baptiste Dethoor et Mr Fernand Gombert.

Après la seconde guerre mondiale la famille Morris a tenté de négocier le don de sa propriété au Bureau d’Aide Sociale avec des charges d’entretien identiques aux précédentes mais la proposition n’a pas été acceptée à l’époque. Ce n’est qu’en 1965 qu’un accord définitif fut réalisé avec la famille, aux termes duquel le Bureau d’Aide Sociale devient propriétaire et loue les parcelles à un agriculteur qui assure les charges d’entretien contre une réduction du fermage.

Le 9 mai 1965 une cérémonie officielle, à laquelle assistait la famille Morris, a scellé la donation.

En 1999 d’importants travaux ont été réalisés pour maintenir en état le mémorial qui en avait grand besoin. Les fonds furent collectés par l’intermédiaire de la Fondation Batlefield Mémorial et de la Western Front Association.

Voir César Lauwerie, livre déjà cité, pages 195 à 198.

Voir aussi le site de « The Western Front Association », à l’adresse ci-dessous

www.westernfrontassociation.com/thegreatwar/articles/individuals/morris.htm

Variante :

On relève une différence entre la relation de l’inhumation des soldats britanniques tués le 13 octobre 1914, décrite ci-dessus, et qui la situe dans le cimetière paroissial, autour de l’église (Version de la Western Front Association),

- et celle relatée par Régina de Coninck dans le Cri des Flandres du 12 décembre 1915 (1). Dans cet article elle cite les pertes britanniques qu’elle évalue à 120 hommes et précise qu’ils firent l’objet d’une inhumation collective dans une tranchée, sur les lieux mêmes des combats.

Elle ajoute que le 2 novembre suivant, soit une quinzaine de jours après les combats, « la paroisse, clergé en tête, fut visiter les tombes. L’abbé Van de « Walle fit un discours très ému. On pleurait. Le champ était encore plein de « débris d’équipements : de larges taches brunes étaient encore visibles sur la « terre. Nous sommes saisis de la longueur de la tombe. Tant de braves gisent « là ! Plus loin une plus grande encore : il y a là 39 soldats, plus loin encore 20. « Les tombes sont fleuries… »

Le champ de bataille étant resté en secteur britannique, on peut penser qu’il a été procédé à l’inhumation des 120 soldats dans des conditions permettant de sauvegarder leur identification ultérieure, ce qui facilita leur transfert au cimetière militaire britannique de la rue des Quatre Fils Aymon. Il ne semble pas qu’il y ait eu une inhumation intermédiaire et qu’en conséquence ces braves sont restés enterrés sur place toute la durée de la guerre, y compris le lieutenant Morris.

(1)   F. De Vos, Association Mémoire Abbé Lemire, la vie à Méteren, 1914-1917, Quelques lettres de Régina de Coninck à l’Abbé Lemire.

Cette plaquette est consultable en mairie de Méteren

* Voir également deux articles de la Voix du nord, édition d’Hazebrouck, des 13 et 16 octobre 2004 :  « Une tombe de guerre isolée à Méteren ».

 

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III-5     Les 110 méterennois Morts pour la France en 1914-18

( par Daniel FACHE)

 

Historique sommaire du Monument aux Morts

Dans son livre consacré à « Méteren : fin du XIXe siècle et début du XXe siècle », César Lauwerie a longuement évoqué, pages 161 à 164, l’histoire du Monument aux Morts de la guerre 1914 – 1918 Nous en reprenons les principales étapes :

- Le 16 novembre 1922, le Conseil Municipal décide d’acquérir à l’amiable les parcelles où l’on prévoit d’ériger le monument.

- Le 27 avril 1923, formation d’un Comité du Souvenir en vue de la souscription publique pour la construction du Monument aux Morts. Ce Comité est présidé par Joseph Degrendel, adjoint au maire, dont trois frères sont morts pour la France.

- Le 9 janvier 1924, le Conseil Municipal choisit le projet de Camille Deberdt, sculpteur à Paris mais originaire de Bailleul et en accepte le devis.

- Le 5 octobre 1924 à 15 h 30, on procède à l’inauguration officielle du Monument en présence de nombreuses personnalités civiles, militaires et religieuses, de toutes les sociétés et groupements méterennois, des représentants des familles éprouvées et des habitants venus nombreux se recueillir.

 

La symbolique du Monument : le haut-relief en bronze représente une femme en costume flamand agenouillée sur la tombe du « poilu ». Elle a, dans sa méditation, la vision du héros tombant en pressant sur son cœur l’emblème de la Patrie. Sur le tertre est plantée une croix de bois sur laquelle est fixée la cocarde tricolore du Souvenir français ; au pied de la croix une pousse de chêne, emblème de la gloire.

En haut du monument on trouve un fronton avec un écusson aux armes de la commune et une inscription « A nos héros ».

Le socle porte l’inscription « Hommage de reconnaissance de Méteren à nos glorieux enfants morts pour la Patrie ». De chaque côté du socle, sur six colonnes, sont gravés les noms des 110 soldats tombés au champ d’honneur.

Ce travail de mémoire est tiré d’une plaquette (élaborée par Daniel Fache) où les Morts pour la France de Méteren font l’objet d’un triple classement :

-   Par ordre alphabétique

-   Dans l’ordre chronologique des dates de décès

-   Par département de décès et à l’intérieur d’une même département par date de décès, avec mention du grade et du régiment d’affectation.

Chacun peut consulter cette plaquette en mairie de Méteren

 

 

Liste des Morts pour la France telle qu'elle apparaît sur le Monument

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mise à jour du:30.06.2009

 

Référ.

Nom et prénom usuel

Naissance

Décès

 

 

 

 

Date

Lieu

Date

 

Lieu

D

                       Circonstances

A

1

DECONINCK

Elie

8

4

1857

 

Méteren( 59)

24

1

1919

 

Pau

64

Suite de maladie contractée aux Armées

 

A

2

ALLEWEIRELDT

Marcel

7

6

1891

 

Méteren (59)

11

8

1918

 

Pierrefonds

60

Suite blessures de guerre

 

A

3

ALOSTERY

Michel

11

10

1894

 

Méteren (59)

20

4

1917

 

Berry-au-Bac

2

Tué à l'ennemi

 

A

4

ALOSTERY

Joseph

6

7

1896

 

Méteren (59)

28

5

1918

 

Saint-Dié

88

Suite blessures de guerre

 

A

5

ASSEMAN

Henri

13

1

1886

 

Méteren (59)

23

10

1917

 

Allemant

2

Tué à l'ennemi

 

A

6

BALLIN

Albert

11

10

1895

 

Méteren (59)

26

9

1915

 

Eparges (Aux)

55

Tué à l'ennemi

 

A

7

BECQUAERT

Joseph

29

4

1896

 

Méteren (59)

8

5

1918

 

Mille Kruiss

B

Tué à l'ennemi (disparu)

 

A

8

BECUWE

Jérôme

24

5

1892

 

Méteren (59)

4

9

1914

 

La Bouloie

51

Tué à l'ennemi

 

A

9

BEHAEGEL

Georges

11

9

1887

 

Méteren (59)

22

10

1916

 

Sailly-Saillisel

80

Tué à l'ennemi

 

A

10

BELPALME

Albert

3

6

1889

 

Méteren (59)

6

3

1916

 

Dugny

55

Accident de service commandé

 

A

11

BEUDIN

Jérôme

19

2

1882

 

Méteren (59)

25

4

1918

 

Locre

B

Tué à l'ennemi

 

A

12

BUSSON

Venant

2

3

1897

 

Méteren (59)

25

4

1918

 

Mont Kemmel

B

Tué à l'ennemi (disparu)

 

A

13

CAEYSELLE

Léon

24

6

1885

 

Méteren (59)

15

2

1919

 

Hôp.Lille

59

Maladie contractée en service

 

A

14

CAMBIE

Denis

21

3

1890

 

Méteren (59)

28

8

1914

 

Croix Piot

8

Disparu

 

A

15

CAMPAGNE

Jules

20

5

1885

 

Méteren (59)

29

9

1914

 

Pontavert

2

Blessures reçues sur le champ de bataille (disparu)

 

A

16

CAULIER

Jérôme

2

4

1893

 

Méteren (59)

3

12

1914

 

La Harazée

51

Disparu

 

A

17

CLAIE

Joseph

1

1

1893

 

Méteren (59)

16

2

1915

 

Mesnil les Hurlus

51

Tué à l'ennemi

 

A

18

COMYN

Marcel

5

7

1883

 

Méteren (59)

22

7

1916

 

Soyécourt

80

Tué à l'ennemi (disparu)

 

A

19

DEBRUYNE

André

15

2

1895

 

Méteren (59)

1

11

1918

 

Villeurbanne

69

Maladie contractée en service Hôpital compl.37

 

B

20

DEGRENDEL

Etienne

21

2

1883

 

Méteren (59)

30

9

1917

 

Saint-Omer

62

Tué à l'ennemi en gare de Saint-Omer (bombardement)

 

B

21

DEGRENDEL

Jules

6

10

1895

 

Méteren (59)

29

9

1915

 

Ste Marie à Py

51

Tué à l'ennemi (disparu)

 

B

22

DEGRENDEL

Lucien

5

6

1893

 

Méteren (59)

26

7

1917

 

St Hilaire le Gd

51

Tué à l'ennemi

 

B

23

DECAMP

Marcel

16

11

1886

 

Méteren (59)

22

11

1914

 

Montpellier

34

Décédé à l'hôp., suite de blessures de guerre

 

B

24

DECAMP

Paul

24

4

1884

 

Méteren (59)

15

7

1918

 

Dormans

51

Tué à l'ennemi (disparu)

 

B

25

DECOOPMAN

Maurice

9

6

1893

 

Flêtre (59)

31

10

1914

 

La Harazée

51

Tué à l'ennemi (disparu)

 

B

26

DECOOPMAN

Prudent

18

12

1890

 

Godewaersv. (59)

20

2

1915

 

Mesnil les Hurlus

51

Tué à l'ennemi

 

B

27

DEHONGHER

Julien

12

5

1895

 

Méteren (59)

17

4

1917

 

Montigny sur Vesle

51

Suite de blessures de guerre

 

B

28

DELAR

Etienne

28

7

1889

 

Méteren (59)

18

9

1914

 

Ville-au-Bois

2

Tué à l'ennemi

 

B

29

DELBECQ

Fidèle

29

12

1895

 

Hazebrouck (59)

12

6

1918

 

Saint-Maur

60

Tué à l'ennemi (à la Cote 109, près de St Maur)

 

B

30

DEMAN

Joseph

 4

12 

 1874

 

 Méteren

 3

5 

 1919

 

 à Tocqueville-sur-Eu

 76

Suite maladie contractée à l'Armée

 

B

31

DEPUYDT

Henri

10

1

1897

 

Berthen (59)

27

11

1917

 

Neuilly sur Seine

75

Mort à l'hôp.suite de blessures de guerre

 

B

32

DERVAUX

Henri

28

5

1893

 

Méteren (59)

23

8

1914

 

Saint-Gérard

B

Tué à l'ennemi (disparu)

 

B

33

DERVAUX

Léon

19

9

1896

 

Méteren (59)

8

6

1918

 

Crécy-sur-Serre

2

Tué à l'ennemi (décédé au lazaret)

 

B

34

DERVAUX

Marcel

2

4

1887

 

Méteren (59)

8

1

1916

 

Châtillon

55

Suites de blessures de guerre (Amb. N°1)

 

B

35

DESCHEPPER

René

12

11

1887

 

Méteren (59)

24

6

1917

 

Vauxaillon

2

Tué à l'ennemi

 

B

36

DESEURE

Joseph

17

3

1896

 

Bailleul (59)

14

4

1917

 

Montigny-sur-Vesle

51

Hôp.d'évac. de M.sr V. - blessures de guerre (disparu)

 

B

37

DEVOS

Henri

31

3

1894

 

Méteren (59)

17

2

1915

 

Beauséjour

51

Tué à l'ennemi (disparu)

 

B

38

DEVOS

Michel

29

9

1894

 

Méteren (59)

14

9

1915

 

La Neuville

51

Tué à l'ennemi

 

C

39

STORME

Léon César

19

5

1889

 

Godewaersv. (59)

6

10

1915

 

Souain

51

Tué à l'ennemi. Bois J.28 à Souain

 

C

40

DEWEPPE

Elie

16

11

1888

 

Méteren (59)

7

2

1919

 

Cadillac

33

Pas de renseignements sur les circonstances

 

C

41

D'HOUNDT

Léon

7

9

1890

 

Méteren (59)

30

8

1914

 

Laigny

2

Disparu au combat

 

C

42

DOUCHY

Ernest

19

5

1890

 

Méteren (59)

3

9

1916

 

Hardecourt

80

Tué à l'ennemi (secteur de Hardecourt)

 

C

43

DOUCHY

Maurice

7

9

1889

 

Méteren (59)

18

5

1917

 

Couvrelles

2

Décédé des suites de ses blessures par éclat d'obus

 

C

44

DOUCY

Rémi

14

3

1897

 

Méteren (59)

15

7

1918

 

La Bourdonnerie

51

Tué à l'ennemi

 

C

45

FACHE

Maurice

8

6

1892

 

Flêtre (59)

30

8

1918

 

Noyon

60

Suite de blessures de guerre

 

C

46

GOUDENHOOFT

Albert

19

2

1890

 

Méteren (59)

11

2

1919

 

Méteren

59

Pas de renseignements sur les circonstances

 

C

47

GOUDENHOOFT

Marcel

24

12

1895

 

Méteren (59)

8

3

1916

 

Vaux-devant-Damloup

55

Tué à l'ennemi (disparu)

 

C

48

HOUCKE

Georges

23

1

1885

 

Méteren (59)

6

10

1918

 

Braîne

2

Suite de blessures de guerre

 

C

49

HOUVENAGHEL

Georges

11

4

1892

 

Méteren (59)

10

8

1915

 

La Neuvillette

51

Tué à l'ennemi

 

C

50

HURTHEMEL

Marcel

9

7

1886

 

Méteren (59)

25

6

1916

 

Ménil la Tour

54

Des suites de blessures de guerre, plaie pénétrante

 

C

51

HURTHEMEL

Maurice

3

4

1888

 

Méteren (59)

4

10

1915

 

Ferme de Navarin

51

Tué à l'ennemi (disparu)

 

C

52

HUYGHE

Romain

22

11

1888

 

Méteren (59)

18

5

1916

 

Cote 304

55

Disparu au combat secteur Avocourt/Fleury/Damloup

 

C

53

ISENBRANDT

Michel

27

10

1898

 

Méteren (59)

9

8

1918

 

Le Frétoy

60

Tué à l'ennemi, secteur de Le Ployron

 

C

54

JOURDIN

Gaston

17

7

1891

 

Méteren (59)

31

8

1914

 

Wiège-Faty

2

Suite de blessures de guerre. Ambulance 5

 

C

55

LAMPS

Alfred

23

8

1889

 

Méteren (59)

5

4

1915

 

Hennemont

55

Tué à l'ennemi (Combat du Bois de Pareïd)

 

C

56

LEIRE

Paul

7

3

1892

 

Méteren (59)

6

9

1914

 

Soizy-aux-Bois

51

Tué à l'ennemi (disparu)

 

D

57

LEVOYE

Isaîe

29

7

1885

 

Méteren (59)

28

2

1916

 

Douaumont

55

Suite de blessures de guerre

 

D

58

LOOZEN

Marcel

4

11

1895

 

Méteren (59)

21

3

1921

 

Hazebrouck

59

Maladie

 

D

59

MALBRANCKE

Denis

23

2

1889

 

Méteren (59)

4

3

1915

 

Biarritz

64

Suite de blessures de guerre, décédé

 

D

60

MALBRANCKE

Marcel

8

8

1885

 

Méteren (59)

24

8

1914

 

Agimont

B

Disparu

 

D

61

MALBRANCKE

Paul

15

1

1888

 

Méteren (59)

5

5

1915

 

Bois d'Ailly

55

Tué à l'ennemi (disparu)

 

D

62

MARMUSE

Joseph

31

7

1897

 

Méteren (59)

12

9

1918

 

Apremont

55

Tué à l'ennemi

 

D

63

MESSIANT

Henri

22

5

1888

 

Méteren (59)

5

6

1915

 

Ancenis

44

Hôpital temporaire n° 15

 

D

64

MILLE

Henri

8

7

1887

 

Méteren (59)

21

7

1916

 

Biaches

80

Tué à l'ennemi

 

D

65

MILLEVILLE

Léon

20

5

1893

 

Méteren (59)

26

8

1916

 

Etinehem

80

Suite blessures de guerre. Ambul. 5/1

 

D

66

OLIVIER

Henri

26

7

1890

 

Méteren (59)

17

9

1914

 

Pontavert

2

Suite de blessures de guerre (disparu)

 

D

67

OZEEL

Elie

31

7

1884

 

Méteren (59)

29

6

1917

 

Esnes-en-Argonne

55

Tué à l'ennemi

 

D

68

OZEEL

Henri

26

1

1882

 

St Jans Cappel (59)

12

10

1914

 

Pontavert

2

Disparu

 

D

69

PARRAIN

Georges

29

1

1893

 

Méteren (59)

10

4

1915

 

Eparges

55

Disparu aux Eparges

 

D

70

PARRAIN

Jérémie

15

11

1886

 

Méteren (59)

6

9

1914

 

Ville-sur-Cousances

55

Tué à l'ennemi

 

D

71

PARRAIN

Marcel

23

7

1882

 

Méteren (59)

10

11

1914

 

Zuydschote

B

Tué à l'ennemi (disparu)

 

D

72

PARRAIN

Rémi (René)

15

7

1883

 

Méteren (59)

23

8

1914

 

Onhaye

B

Disparu

 

D

73

PERCKE

Henri

4

1

1878

 

Steenwerck (59)

9

3

1916

 

Méteren

59

En son domicile des suites de maladie

 

D

74

PLANCKE

Adrien

15

2

1896

 

Méteren (59)

15

7

1918

 

Festigny les Hameaux

51

Tué à l'ennemi

 

E

75

PLANCKE

Emile

18

12

1888

 

Méteren (59)

29

7

1918

 

Meaux

77

Blessures de guerre. Ambulance 14/2

 

E

76

PLOUVIER

Eugène

22

1

1892

 

Méteren (59)

26

9

1914

 

Prunay

51

Blessures de guerre (disparu)

 

E

77

QUAGHEBEUR

Maurice

14

4

1896

 

Méteren (59)

6

4

1918

 

Le Cardonnois

80

Tué à l'ennemi

 

E

78

QUESTROY

Benjamin

29

1

1893

 

Flêtre (59)

17

4

1917

 

Magarevo (Serbie)

S

Blessures de guerre (campagne de Serbie-disparu)

 

E

79

RICOUR

Firmin

29

6

1891

 

Méteren (59)

4

10

1914

 

Bouffignereux

2

Tué à l'ennemi

 

E

80

RUCKEBUSCH

Maurice

15

12

1892

 

Méteren (59)

3

1

1915

 

Ste Ménehould

51

Blessures de guerre

 

E

81

SMAGGHE

Ferdinand

14

5

1893

 

Méteren (59)

24

7

1915

 

Harbacq

62

Blessures de guerre. Ambulance 10/14

 

E

82

SMAGGHE

Henri

19

9

1890

 

Méteren (59)

14

1

1917

 

Souain

51

Blessures de guerre. Ambulance 8/1 - SP 213

 

E

83

SMAGGHE

Gabriel

28

10

1883

 

Méteren (59)

6

10

1915

 

Souain

51

Disparu

 

E

84

SMAGGHE

Maurice

22

4

1888

 

Méteren (59)

10

6

1916

 

Verdun

55

Tué à l'ennemi

 

E

85

SPANNEUT

Rémi

7

1

1878

 

Méteren (59)

22

5

1917

 

Craonne

2

Tué à l'ennemi-Plateau de Vauclers

 

E

86

SPETEBROODT

Marcel

10

1

1888

 

Méteren (59)

12

7

1916

 

Assevillers

80

Tué à l'ennemi

 

E

87

SPILLEBOUT

Henri

12

1

1893

 

Méteren (59)

22

9

1914

 

Pontavert

2

Tué à l'ennemi (disparu)

 

E

88

STEENKISTE

Albert

2

3

1890

 

Caestre (59)

18

4

1915

 

Dieue

55

Blessures de guerre au Gd Rattentout

 

E

89

SUFFYS

Julien

1

6

1883

 

Méteren (59)

26

9

1916

 

Caix

80

Tué à l'ennemi

 

E

90

TAFFIN

André

5

7

1895

 

Méteren (59)

3

11

1919

 

Méteren

59

Maladie

 

E

91

TERRIER

Henri

12

7

1896

 

Méteren (59)

25

10

1917

 

Houthulst

B

Tué à l'ennemi, combat de la Forêt d'Houthulst

 

E

92

THELIER

Julien

20

6

1896

 

Méteren (59)

23

9

1918

 

Kupa Grèce)

G

Blessures de guerre.Ambulance alpine 12 (Grèce)

 

F

93

THELIER

Marcel

13

12

1895

 

Méteren (59)

17

4

1916

 

Douaumont

55

Tué à l'ennemi (disparu)

 

F

94

THOOR

Théophile

12

11

1890

 

Méteren (59)

26

9

1916

 

Cerisy-Gailly

80

Blessures de guerre

 

F

95

VANDAELE

Henri

18

8

1887

 

St Jans Cappel (59)

13

9

1914

 

Bétheny

51

Disparu au combat

 

F

96

VANDAELE

Pierre

19

5

1893

 

St Jans Cappel (59)

3

10

1918

 

Liry (Cote 183)

8

Tué à l'ennemi

 

F

97

VANDYCKE

Elie

22

5

1892

 

Boeschèpe (59)

15

8

1914

 

Dinant

B

Tué à l'ennemi

 

F

98

VANDYCKE

Florimond

29

12

1896

 

Méteren (59)

7

11

1918

 

Véles (Serbie)

S

Maladie contractée au service

 

F

99

VANGILVE

Jules

4

7

1887

 

Godewaersv. (59)

30

6

1915

 

Brest (hôpital)

29

Blessures de guerre

 

F

100

VANHEE

Jérôme

23

9

1892

 

Méteren (59)

16

9

1915

 

Berry-au-Bac

2

Tué à l'ennemi

 

F

101

VERWAERDE

Abel

11

11

1888

 

Méteren (59)

23

7

1918

 

Billy-sur-Ourcq

2

Tué à l'ennemi

 

F

102

VERWAERDE

Henri

3

8

1893

 

Méteren (59)

29

8

1914

 

Landifay

2

Disparu au combat

 

F

103

VERWAERDE

Julien

14

5

1895

 

Méteren (59)

24

8

1916

 

Maurepas

80

Tué à l'ennemi

 

F

104

VERWAERDE

Maurice

1

5

1887

 

Méteren (59)

6

9

1914

 

Ville sur Cousances

55

Tué à l'ennemi (disparu)

 

F

105

VERWAERDE

Pierre

5

4

1896

 

Méteren (59)

18

5

1917

 

Moronvilliers

51

Tué à l'ennemi - combat du Têton.

 

F

106

VERWAERDE

Rémi

1

7

1892

 

Méteren (59)

11

10

1916

 

Lihons

80

Disparu au combat

 

F

107

WALLART

Jérôme

5

8

1887

 

Bailleul (59)

23

6

1915

 

Neufchâteau (hôp)

88

Blessures de guerre

 

F

108

WESTRELIN

Jules

11

1

1882

 

Vieux-Berquin

23

8

1918

 

Pommiers

2

Tué à l'ennemi

 

F

109

WOUTS

Auguste

9

12

1883

 

Méteren (59)

6

10

1915

 

Souain

51

Tué à l'ennemi

 

F

110

WYDAUW

Maurice

13

9

1893

 

Méteren (59)

24

11

1914

 

Champigny sur Vesle

51

Blessures de guerre

 

 

 

Cas particuliers de non inscription au Monument aux Morts de Méteren

 

1)    Soldats nés à Méteren, non inscrits au Monument

Chieux Gérard Joseph : né à Méteren le 7 février 1879, fils de Louis Joseph, natif de Boeschèpe, cultivateur et de Emma Apolline Vancostenoble, native de Bailleul, cultivatrice.

Marié le 30 septembre 1905 en mairie de Bailleul à Madeleine Judith Yvonne Cousin. Soldat au 273e Régiment d’ Infanterie. Mort pour la France le 23 février 1916 à Louvemont (Meuse) à 9 heures. Acte transcrit le 7 juillet 1916 à l’Etat-Civil de Bailleul. Inscrit au Monument aux Morts de Bailleul où il était domicilié.

 

Declerc Jules Albert Achille Evariste : né à Méteren le1er décembre 1887, fils de Henri Jules Elie, boulanger, natif de Morbecque et de Charlotte Marie Antoinette Janssen, native de Cassel. Caporal au 265e Régiment d’Infanterie, disparu à Estrées (Somme) le 26 juillet 1916, mort pour la France. Jugement transcrit à l’Etat-Civil d’Armentières le 10 novembre 1921. Séminariste, professeur à Estaires. Domicilié à Armentières.

Henri Declerc, son père, est décédé dix jours après sa naissance et la famille est partie très rapidement habiter Cassel.

 

Deswarte Henri Joseph : né à Méteren le 15 décembre 1895, fils de Henri Julien, ouvrier de ferme et de Hélène Dehalle, ménagère. Soldat de 2e classe au 1er Régiment d’Infanterie. Mort pour la France le 15 janvier 1919 à Gross Geran (Allemagne) d’ un accident de chemin de fer. Acte transcrit à l’Etat-Civil de Berthen le 3 février 1921. Célibataire. Inscrit au Monument aux Morts de Berthen où il était domicilié.

 

Lembrez Albert Calixte Eugène Joseph : né à Méteren le 17 novembre 1876, fils de Pierre Jean Calixte, natif de Méteren, marchand brasseur, et de Eugénie Sophie Theeten, native de Bailleul, sans profession. Marié le 20 novembre 1908 en mairie d’Armentières à Julia Norbertine Colette Roussel, née et domiciliée à Armentières. Capitaine au 33e Régiment d’Infanterie. Mort pour la France le 30 août 1914 à Sains-Richaumont (Aisne).

Transcription à l’Etat-Civil d’Armentières le 24 mars 1921, où il était domicilié. Inhumé à la Nécropole Nationale « Le Sourd » (Aisne) – Tombe individuelle n° 715. Militaire de carrière. Inscrit au Monument aux Morts de Bailleul.

 

Loveny Marcel : né à Méteren le 16 août 1884, fils de Désiré Louis, journalier natif de Méteren et de Eugénie Sophie Léonie Verhaegue, journalière, native de Méteren. Soldat au 365e Régiment d’Infanterie, mort pour la France le 11 novembre 1914 à 9 heures, à l’Hôpital Temporaire n°5 à Verdun (Meuse) des suites de ses blessures de guerre. Etait domicilié à Méteren où le décès a été transcrit à l’Etat-Civil le 12 février 1915. Il est inscrit au Monument aux Morts d’Outersteene, mais pas de Bailleul. Egalement inscrit sur l a plaque intérieure de la mairie de Méteren où il était domicilié.

S’était marié en mairie de Merris le 27 mars 1910 à Félicie Marie Quaghebeur

 

Suffys Jules Joseph : né à Méteren le 18 mars 1887, fils de Pierre Théophile, natif de Méteren, cordonnier, et de Marie Sophie Wydauw, native de Méteren, ouvrière. Marié le 30 septembre 1911 en mairie de Mouvaux (Nord) à Madeleine Marie Huart, moulineuse, native d’Annapes, domiciliée à Mouvaux. Soldat  de 2e classe au 165e Régiment d’Infanterie, mort pour la France à Dombasle-en-Argonne (Meuse) le 2 septembre 1914 à 18 heures, à l’ambulance n°3 suite à blessures de guerre.. Décès transcrit le 28 juillet 1919 à l’état-civil de Mouvaux (Nord) où il résidait. Profession : charbonnier.

Inhumé à la nécropole Nationale « Bois de Bethelainville » à Dombasle-en-Argonne (Meuse) Tombe collective 150, indice bis.

 

Vandycke Théophile Emile : né à Méteren le 1er mai 1876, fils de Victorin Pierre Benjamin, tisserand, et de Reine Nathalie Smagge fileuse,  soldat de 2e classe au 8e Régiment d’Infanterie Territorial, mort pour la France le 26 octobre 1916  à 15 heures par éclat d’obus au Fort de Vaux (Meuse). Décès transcrit à l’Etat-Civil de Berthen le 29 septembre 1917. Egalement transcrit àl’Etat-Civil de Méteren. Marié le 25 octobre 1903 en mairie de Berthen à Ida Marie Scheercousse. Journalier. Il est inscrit au Monument aux Morts de Berthen où il résidait probablement à la déclaration de guerre, mais son acte de décès mentionne « domicilié en dernier lieu à Méteren ».

 

Vitse Henri Emile César : né à Méteren le 18 août 1894, fils de Henri Louis Joseph, natif de Méteren et de Adrienne Julienne Delmote, native de Méteren, dentellière. Soldat au 151e Régiment d’Infanterie. Mort pour la France le 22 octobre 1915 à Auberive-sur-Suippe  (Marne). Transcription du jugement le 23 juillet 1918 à l’Etat-Civil de Bailleul.

Inhumé à la Nécropole Nationale de Mourmelon-le-Grand (Marne) – tombe individuelle n°234. Inscrit au Monument aux morts de Bailleul où il était domicilié en dernier lieu. Célibataire. Profession : mineur

 

Wydauw Victor Georges Joseph : né à Méteren le 22 avril 1901, soldat au 15e Groupe d’Artillerie de Campagne d’Afrique, décédé le 21 novembre 1922 à l’hôpital de campagne et d’évacuation de Beyrouth (Liban) des suites de maladie contractée en service. Son décès a été transcrit à l’état-civil de Méteren le 19 octobre 1923. Il était le frère de Maurice Wydauw, le dernier par ordre ailphabétique de la liste des morts sur le Monument. Il est mort pour la France dans le cadre de la mission confiée en 1920  par la Société des Nations qui avait décidé d’instituer  un mandat français sur la Syrie et le Liban.

L’oubli vient d’être réparé. Voir Bulletin Municipal du 30 juin 2007.

Il a été inhumé au cimetière de Méteren – au carré militaire- le 17mai 1923 

 

2)    Soldats non natifs de Méteren, non inscrits au Monument, mais dont le décès a été transcrit à l’Etat-civil de la commune :

 

Houvenaghel Eugène-René :  né à Strazeele le 8 juillet 1883, fils de Julien Auguste, journalier, natif de Vieux-Berquin et de Marie Adèle Beaurain, dentellière, native de Strazeele. Marié le 6 novembre 1908 en mairie de Bailleul à Hélène Marie Cnockaert, native de Méteren, servante de ferme, domiciliée au hameau d’Outtersteene. Soldat de 2e classe au 8e régiment de zouaves. Mort pour la France à Camblain-l’Abbé (P. de C.) à l’ambulance 1/55 le 26 juin 1915 à 14 heures par suite de plaie perforante au thorax et plaies multiples. Acte transcrit à l’Etat-Civil de Méteren le 18 avril 1916. Inscrit au Monument d’Outtersteene ( mais pas à celui de Bailleul !). Inhumé à la Nécropole Nationale Notre-Dame de Lorette à Ablain-Saint-Nazaire - tombe individuelle Carré 73 Rang 8  n° 14749. A son mariage il était domicilié à Méteren et exerçait comme ouvrier agricole.

 

Mayali Jean : né à Piedicorte di Gaggio (Corse) le 28 juin 1885, fils de Constantin cultivateur et de Claire Marie Ottavi. Marié à la mairie de Méteren le 3 mai 1910 à Eudoxie Sidonie Verwaerde, sans profession, native de Méteren. Douanier en poste à Méteren mobilisé au 1er Bataillon Actif des Douanes. Mort pour la France le 24 octobre 1914 à 20 heures à l’Hôpital temporaire n°5 d’Amiens, d’une balle dans la région pariétale droite. Son décès a été transcrit à Méteren le 10 décembre 1914. Il est inscrit sur le Monument de Strazeele, son dernier domicile connu. Inhumé à la Nécropole Nationale Saint-Pierre à Amiens, tombe individuelle n°566     

 

Roussel Jean-Baptiste : né à Merville le 4 juillet 1886,fils de Emile, Gabriel ,Ernest, natif de Merville, cultivateur,et de Marie Coralie Bernard native de Hinges (P. de C.) cultivatrice. Marié le 21 juillet 1913 à la mairie de Vieux-Berquin à Zulmée, Marie ,Adolphine Traisnel, native de Vieux Berquin.

 Maréchal des logis (sergent) au 15e Régiment d’Artillerie de Campagne, mort pour la France le 29 novembre 1918 à Mirecourt (Vosges) à l’ambulance 5/7, à 8 heures, de maladie contractée en service. Décès transcrit le 29 mars 1920 à l’ état-civil de Méteren où il résidait Chemin des Sept Ormes. Profession : agriculteur. Inscrit au Monument aux Morts de Vieux-Berquin. D’abord enterré à Mirecourt, puis au cimetière (caveau familial) de Vieux-Berquin le 27 avril 1922. Son épouse est morte de chagrin le 21 février 1920. Ils avaient deux enfants.

 

 

 

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III-6 A    Le cimetière militaire franco-britannique de Méteren. <--Cliquez pour atteindre la page

 

 

 

 

 III-6 B     Cimetière militaire Diaporama <--Cliquez pour atteindre la page

 

 

 

 

 

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III-7  Méteren peint par un lieutenant canadien en février 1916

 

Reproduction d’un tableau découvert sur le site des Archives Publiques de l’Ontario (Canada) à l’adresse suivante :

http://www.archives.gov.on.ca/french/exhibits/war_artists/big/big_44_meteren.htm

 

 

 

 

 

View of the town of Meteren, south of Ypres, from the Canadian Bombing School, février 1916

Ce tableau est l’œuvre du Lieutenant canadien Cyril H. Barraud, un artiste officiel attaché au Bureau canadien des archives de guerre. Il a été peint à partir de divers croquis pris depuis l’école de bombardement canadienne de Méteren ( ?).

 

Ce tableau fait partie d’une exposition virtuelle dite « exposition de Burlington House » que nous vous recommandons de visiter ( adresse Internet ci-dessus) car elle contient notamment plusieurs autres tableaux peints à Ypres, à Poperinghe et au Mont des Cats (ci-dessous).

 

Cyril H.Barraud (1877-1965) :

 

Né en Grande Bretagne, Cyril Barraud est arrivé au Manitoba (Canada) en 1913 et est progressivement devenu un personnage influent au sein de la communauté artistique de Winnipeg. Il a occupé le poste de président de la Manitoba Society of Artists and Craftsmen et a fondé le Winnipeg Art Club en 1915. Les talents de ce graveur artistique expérimenté ont été exploités sur le front en 1915 pendant son service à titre de lieutenant au sein du 43e bataillon du Corps expéditionnaire canadien.

En 1916 et 1917, M. Barraud a fait des croquis de la campagne française dévastée par la guerre. Lorsque ses services ont été retenus par le Fonds de souvenirs de guerre canadiens en août 1917, bon nombre de ses croquis ont été reproduits en éditions complètes.

 

 

Le monastère du Mont des Cats

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III-8 Correspondances de Régina De Coninck avec l’Abbé Lemire (1914)


III-9 Les Méterennois morts au cours des guerres 1939-45, d’Indochine et d’Algérie


III-10 Le cahier de Valentine BUTTIN (occupation allemande 1940-44)


III-11 Mort tragique d’un jeune lorrain le 5 septembre 1944


III-12 Andrée, jeune victime civile de la guerre 1939-45

 

III-13 Les deux méterennois de la Bande POLLET

 

 III-14 Les DUBORPER à Méteren, une famille très nombreuse

 

      III-15  Arrêt à Méteren de Napoléon 1er et de l’Impératrice

 

 

 

IV Traditions

 

IV-1 La dentelle aux fuseaux à Méteren 

         

IV-2 La culture du houblon    

                             

IV-3 Le géant de Méteren

 

IV-4 Les rois mages de Méteren                                                                              

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V Ils ont donné leur nom à une rue du village

 

V –1  Mgr Casimir Wicart, évêque :

Casimir Alexis Joseph WICART est né à Méteren le 4 mars 1799. Il est le premier des sept enfants d’Alexis Joseph Wicart et de Catherine Degroote, tous deux originaires de Vieux-Berquin, où ils s’étaient mariés le 13 floréal An VI (3 mai 1798). Le nouveau-né reçoit le prénom du saint du jour accolé aux prénoms de son père.

Les églises n’étaient pas rouvertes et c’est dans une maison particulière que l’enfant fut baptisé par le curé de Méteren, Augustin Theeten, qui avait refusé de prêter serment sous la Révolution.

Le père fut appelé par le roi à deux reprises (1816 et 1821) pour remplir les fonctions de Maire de la commune.

Après sa communion solennelle le jeune Casimir est confié à son oncle, Dominique Degroote, curé d’Oxelaere, au pied du Mont Cassel, chez qui il restera deux ans et sous la direction duquel il apprendra le latin. Puis il entre comme externe au petit collège de Cassel où il garda toute sa vie des connaissances.

Il entre au petit séminaire d’Hazebrouck en 1815 puis au grand séminaire de Cambrai en 1817 pour quatre ans d’études. Il y est en proie en 1817 à une crise de conscience, rentre à la maison, puis après une longue discussion avec son oncle, réintègre le séminaire.

Il est ordonné prêtre le 23 septembre 1821.

Ses différentes fonctions :

1821 - Vicaire à la paroisse Saint Jacques de Douai

1823 – Directeur du Petit Séminaire de Cambrai (à 24 ans !)

1827 – Curé-Doyen de la paroisse Saint Jacques de Tourcoing. Sa sœur Adèle le rejoint pour lui servir de gouvernante.

1828 – Curé-Doyen de la paroisse Sainte Catherine de Lille, c’est très exceptionnel à 29 ans. Il y prêche avec talent et éloquence.

1833 – Le roi Louis-Philippe et la reine Marie-Amélie, en visite à Lille, assistent à la messe à la paroisse Ste Catherine qui est celle de la Préfecture où ils sont hébergés. Ils sont impressionnés par ce prêtre au grand talent oratoire et à leur retour à Paris la reine lui offre une aube. C’est l’annonce de hautes faveurs.

1841 – A la mort de Mgr Belmas, évêque de Cambrai, il fut unanimement désigné pour prononcer son oraison funèbre ; c’était la preuve publique devant les autorités religieuses, civiles et militaires de son grand talent et il est vraisemblable que la Cour intervint pour qu’il soit nommé Vicaire Général du nouvel évêque de Cambrai, Mgr Giraud. Durant trois années il va se familiariser avec les tournées pastorales et les travaux administratifs du diocèse.

1845 – Il est nommé évêque de Fréjus, succédant à Mgr Michel décédé le 22 février 1845. Il est sacré par Mgr Giraud à Cambrai le 11 juin 1845.

Le plus jeune de ses frères, César, ordonné en 1837, directeur du collège de Marq en 1840, le rejoint à Fréjus où il est nommé Vicaire Général.

Mgr Wicart se distingue par une mission qu’il effectue au bagne de Toulon en 1849 et par l’influence qu’il exerce dans la définition du dogme de l’Immaculée Conception proclamé par le Pape Pie IX en 1850. Il prend également part à l’ élaboration de la loi Falloux qui consacre la liberté de l’enseignement secondaire (15/3/1850).

En 1850 et 1853 il effectue un séjour à Méteren . Sa mère décline et décède le 31 juillet 1853. Il revient pour les funérailles et pour le service anniversaire.

En septembre 1853 il reçoit à Toulon le prince Louis Napoléon Bonaparte qui le fait chevalier de la Légion d’Honneur.

1855 – Nommé premier évêque de Laval, il est intronisé le 28 novembre 1855 ; son frère César devient son Vicaire Général. Ils s’attèleront tous deux au chantier de construction du Palais épiscopal et du Grand Séminaire qui seront terminés en 1858.

Deux faits majeurs marquent la période lavalloise :

 Le premier Concile 1869-1870 : il participe très activement au premier Concile du Vatican qui proclame l’ infaillibilité pontificale, dogme selon lequel le Pape ne peut se tromper en matière de foi. Pie IX reconnaissant l’appellera de façon pittoresque « le bon Laval ».

Les apparitions de Pontmain :  le 17 janvier 1871 la Vierge Marie est apparue à quatre enfants du petit bourg de  Pontmain en Mayenne, distant d’environ 40 km de Laval alors assailli par les armées prussiennes. Elle leur demande de prier Dieu pour obtenir la fin rapide de la guerre.  Le 20 janvier les armées prussiennes lèvent le siège de Laval . Le 28 l’armistice est signé et les 38 soldats de Pontmain reviennent tous sains et saufs.

La Vierge de Pontmain est représentée de façon saisissante, portant un crucifix rouge sur lequel le Christ est également rouge comme dans les apparitions.

Après une enquête prudente et un procès canonique Mgr Wicart déclare le 2 février 1872 « Nous jugeons que l’Immaculée Vierge Marie, mère de Dieu, a véritablement apparu le 17 janvier 1871 à Eugène et Joseph Barbedette, Françoise Richier et Jeanne-Marie Lebossé dans le hameau de Pontmain ».

Une basilique a été édifiée sur les lieux de l’apparition. Dans un vitrail Mgr Wicart, accompagné de Saint Casimir, son saint patron, offre l’église à Notre-Dame. En haut de la rosace on distingue à gauche, les armes du Pape, à droite celles de Mgr Wicart .

La démission de Mgr Wicart,  qui a alors 77 ans, est acceptée par Pie IX le 3 mai 1876, date à laquelle il prend à Laval une retraite méritée. Il meurt le 8 avril 1879 et est enterré sous une dalle de la cathédrale de Laval. Son frère César lui survécut deux ans et Adèle, sa sœur, retourna en Flandres où elle mourut un an après.

Dans son testament Casimir Wicart fit don d’une somme pour la « fabrique » de Méteren. Celle-ci la reçut en 1881. Dans l’entrée de la mairie actuelle une plaque rappelle qu’elle a été reconstruite avec les dommages de guerre de l’habitation ayant appartenu à Mgr Wicart.

Daniel Fache   /   J.P.Deswarte 

 

Bibliographie

La vie de Mgr Wicart, évêque de Laval  1799-1879 par le Chanoine Couanier de Launay,  parue en 1888 (600 pages). Il s’agit d’une biographie un peu panégyrique de Mgr Wicart écrite par le Vicaire Général de son successeur Mgr Le Hardy du Marais.

Oraison funèbre prononcée par l’évêque d’Angers, Mgr Freppel (32 pages).

Notice manuscrite du Chanoine Bouvet (1879).

L’oraison et la notice sont conservées aux Archives historiques de l’évêché de Laval.

Textes de Mgr Wicart 

Recueil de ses mandements épiscopaux.

Oraison funèbre de Mgr Belmas.

(Archives de l’évêché de Lille) 

 

Mgr Wicart à la fin de sa vie (Collection D. Fache)

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V –2 Pierre De Coninck, peintre. (1828-1910)

Pierre Louis Joseph De Coninck est à Méteren le 22 novembre 1828 dans une petite maison située à gauche, près de la sortie du village en direction de Flêtre.

Il est le fils d’Augustin De Coninck, qui est charpentier, et de Lucie Rosalie Thooris. Ses grands parents sont de petits rentiers qui habitent la Dool Drève.

Il fréquente à Méteren l’école maternelle de Catherine Millekant, puis la zondag scool (école dominicale). A huit ans il entre à la koster  school (école du maître). Il excelle en orthographe et calligraphie, mais surtout en dessin, mais n’aime guère le calcul.

A treize ans, en 1841, il est placé comme apprenti chez un peintre, vitrier, tapissier de Bailleul, François Delahaye, puis effectue un séjour à l’atelier du peintre Bafcop à Cassel dont il admire beaucoup les œuvres. On peut voir ces dernières dans les musées de Cassel, Bailleul et à la Maison du Westhoek à Esquelbecq.

Grâce aux démarches entreprises par le Maire de Méteren, Edouard Leurs et par le Député Plichon, Pierre De Coninck est ensuite admis vers son vingtième anniversaire dans l’atelier du peintre Debruck à Ypres où il fréquente l’Académie en hiver et où il remporte tous les prix.

Toujours sur les recommandations de ses bienfaiteurs il obtint une bourse du Conseil général pour suivre les cours des Beaux Arts de Lille où il se classe premier. Mais il échoue au concours parisien de 1849.

En 1850 il participe au concours de soutien aux jeunes artistes organisé par la ville de Lille pour leur permettre d’aller continuer leurs études à Paris. Il gagne le concours et obtient la bourse. Il monte à Paris où il est admis dans l’atelier du peintre Léon Coignet pour préparer le concours d’ entrée aux Beaux Arts de Paris. Mais Pierre De Coninck, issu d’un milieu modeste, n’avait guère de bagage intellectuel et il ne fut pas admis au concours d’entrée de 1850. Cependant il pouvait désormais vivre de la vente de ses œuvres, notamment à ses compatriotes de Méteren qui furent ses premiers clients

 

En 1851 il est reçu à l’Ecole des Beaux Arts de Paris où il parfait sa culture et où il se révèle un élève déterminé à réussir. Il suit même des cours d’anatomie.

Son prochain objectif est la Villa Medicis à Rome. Il prépare donc le concours du Prix de Rome qui y donne accès. En 1855 il est second Prix de Rome, mais cela ne lui semble pas suffisant. Il persiste dans sa préparation tout en exposant au Salon de Paris à partir de 1857.

En 1858 il n’est toujours pas Premier Grand Prix de Rome mais il est quand même admis comme pensionnaire à la Villa Médicis avec une bourse pour deux ans. Il a  obtenu cette dérogation car le jury a très longuement hésité entre le peintre Henner et lui, attribuant finalement le Grand Prix à Jean-Jacques Henner, mais les mérites des deux artistes se valaient. Grâce à des commandes officielles il pourra prolonger son séjour trois années supplémentaires.

Le concurrent de De Coninck pour le Grand Prix , Jean-Jacques Henner, peintre alsacien originaire d’Altkirch, acquit en son temps une réputation considérable pour ses nus vaporeux de femmes rousses et pour ses portraits. Un musée national lui est consacré à Paris 17e.

A son retour à Paris commence pour De Coninck la période faste. Il produit énormément et ses œuvres sont fortement imprégnées d’italianisme. Il excelle dans les œuvres de genre dans lesquelles les enfants jouent souvent le rôle principal. Il peint aussi de très nombreux portraits. Il exécute des peintures décoratives au Palais Royal pour le Conseil d’Etat à Paris.

Il expose régulièrement au Salon de Paris, à Moscou, à Vienne et aux Etats Unis, notamment à Philadelphie. De nombreux musées possèdent leur tableau de De Coninck, le peintre réaliste flamand, au dessin ferme et à la polychromie puissante. Citons notamment pour la France les musées de Bayonne, Castelnaudary, Douai, Dunkerque, Lille, Bailleul.

En 1879 il quitte Paris pour Méteren où,  tout en continuant à peindre, il s’intéresse à la philosophie et aux lettres. Il exécute encore de nombreux portraits de notabilités flamandes et des tableaux de scènes d’inspiration locale.

 

Il ne recueillit pas l’honneur suprême des artistes : l’habit vert de l’Académie et il attendit longtemps la Légion d’Honneur qu’il reçut en 1889.

Pierre De Coninck est mort à Méteren le 5 juillet 1910, quatre jours après son épouse née Ernestine Couvrit. Il avait 82 ans, elle 78. Il furent enterrés dans l’ancien cimetière autour de l’église. Un médaillon en bronze fut posé sur la tombe en 1911 afin de perpétuer le souvenir de l’illustre peintre. Les bouleversements d’avril 1918 firent que l’on ne retrouva que le seul médaillon dans les décombres. Il a été sauvegardé et placé dans la salle de réunions de la mairie.

Beaucoup de ses tableaux sont partis à l’étranger et malheureusement la plus grande partie des tableaux détenus à Méteren et dans les Flandres ont été détruits au cours de la guerre 1914-18.

Les époux De Coninck eurent deux filles qui furent toutes deux artistes : Regina née à Paris en 1867 et décédée à Méteren en 1917 et Augustine, née à Paris en 1874 et décédée en 1909. La mort prématurée de la cadette à l’âge de 35 ans avait beaucoup ébranlé ses parents qui ne lui survécurent qu’un an.

Régina étant décédée sans postérité, la maison et les tableaux qu’elle contenait échurent à sa petite-cousine Lucie COPIN, petite-fille d’Emile De Coninck, le plus jeune frère du peintre Pierre De Coninck. En avril 1918, avant d’évacuer, Lucie Copin , qui avait entre-temps épousé un jeune officier britannique, John EDDLESTON, fit emmurer dans la cave les nombreux tableaux pour les mettre à l’abri des bombardements.

Lors du déblaiement des décombres on ne retrouva paraît-il aucun de ces tableaux.

Les descendants anglais de Lucie Eddleston-Copin s’étant récemment faits connaître après avoir découvert sur Internet la recherche que nous avions lancée en décembre 2006, nous leur consacrerons prochainement une Fiche d’Histoire dans la rubrique voisine.

(Mise à jour du 25 novembre 2007)

 

Pasquecia                   

 

Une  exposition organisée du 22 octobre au 3 novembre 1982 au Présidial de Bailleul a permis de rassembler vingt cinq œuvres du peintre et de ses deux filles. Elle a aussi été l’occasion de faire le point sur la localisation de certains importants tableaux du peintre.

 

 Dans lannexe jointe on trouve la liste de vingt cinq œuvres exposées et une liste de tableaux non exposés avec leur localisation actuelle supposée.

Daniel Fache  -   J.P. Deswarte

Bibliographie:

Pierre De Coninck et ses amis, de Gustave Derudder, Librairie académique Perrin, Paris, 1914

Bulletin du Comité Flamand de France, Conférence de Gustave Derudder, Année 1920, Fascicule 2 pages 175 et suivantes.

Les petits maîtres de la peinture 1820-1920, valeurs de demain de Gérard Schurr, Les éditions de l’Amateur, Tome III, Paris 1976

Dictionnaire Balteau, biographies françaises, tome IX, page 474

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V– 3  Le Commandant Charles Clemmer (1825-1870)

D’une famille de seize enfants, Charles Louis CLEMMER est né à Méteren le 15 novembre 1825. Ses parents Pierre-Jean Clemmer et Marie-Jeanne Vermeersch sont fermiers au lieudit La Fontaine, près de l’ancien cabaret du même nom., en haut de la rue.

La fortune ne leur sourit pas et ils vendent bestiaux et récoltes pour créer au village un transport de marchandises, face à l’ancien cimetière, contour de l’ église, puis à l’angle de la Rue Nationale et de la Rue du Mont des Cats

Collection Daniel Fache

Charles Louis fréquente l’école communale où il a pour maître Philippe Boone dont nous avons parlé à l’occasion des troubles révolutionnaires.

A sa sortie de l’école il est apprenti maçon. A ses moments de loisirs il lit beaucoup, surtout des livres d’histoire et de géographie.

Il reprend aussi des études le soir à Bailleul avec le vieux maître Scheercousse.

A 16 ans il quitte ses parents pour chercher du travail à Lille où il trouve un emploi de coupeur de papier dans une imprimerie, puis de rattacheur dans une filature du Faubourg de Wazemmes où il devient par la suite garçon de bureau.

 C’est là qu’il mûrit sa décision d’embrasser la carrière militaire le 15 juin 1844.

Au cours de ses vingt années de présence aux armées il va franchir tous les échelons de la hiérarchie militaire.

Sa carrière militaire :

Il est incorporé au 26e R.I. à la caserne de la Courtine à Paris. Il y franchit le premier degré de caporal le 6 janvier 1845

L’appel de l’Afrique.

  Le 14 juin 1846 il part pour l’Algérie dans les compagnies de  discipline, chez les « camisards ». Il y montre qu’il a de la poigne, de l’autorité et de l’énergie. La France est présente en Algérie depuis 1830 mais la situation est loin d’être maîtrisée.

  Charles Clemmer est en garnison à Dellys, en bord de mer entre Alger et Bougie. En 1847 il est affecté à la pacification de la Kabylie et à la conquête, sans cesse remise en cause, des routes Bougie-Alger et Bougie-Sétif. Les accrochages sont nombreux : en 1847 nos armées compteront 4430 morts et 9745 en 1848.

  Il est nommé sergent-fourrier  (vivres-logement-matériel) le 17 avril 1847, sergent le 10 février 1848, sergent-major le 1er juillet 1848. Le 5 mars 1852 il est nommé sous-lieutenant au Bataillon de Tirailleurs d’Oran à Mostaganem. Le 9 mars 1854 il est muté au Régiment de Tirailleurs Algériens (les « turcos ») avec lesquels il part en Crimée.

1854 - Guerre de Crimée :

  On appelle guerre de Crimée le conflit qui opposa en 1854-55, la France, la Grande Bretagne, la Turquie et le Piémont à la Russie. Illustré par les batailles de l’Alma et de Sébastopol, il se termina par la défaite de la Russie, consacrée par le traité de Paris de 1856.

  Le corps expéditionnaire débarque en Crimée le 14 septembre 1854 sous le commandement du maréchal de Saint-Arnaud et obtient un premier résultat décisif contre les Russes à la bataille de l’Alma dès le 20 septembre 1854. Cette victoire ouvre la route de Sébastopol où les alliés avaient décidé d’assiéger les troupes russes. Ce fut un siège unique dans l’histoire moderne par sa durée : octobre 1854 à  septembre 1855.

  Les « turcos » de Charles Clemmer se distinguent notamment à la bataille d’Inkermann (5 novembre 1854) où ils chargent les Russes à la baïonnette pour sortir leurs alliés britanniques d’une situation désespérée. Après un hiver des plus rigoureux durant lequel les turcos souffrent du froid sous leur tente, ils reprennent leur poussée sur Sébastopol emportant un à un les ouvrages avancés et le 16 août 1855 ils participent à  la bataille du pont de Trafkir (ou de la Tchernaïa) qui voient la défaite définitive des troupes russes extérieures à Sébastopol. Un dernier assaut contre la citadelle a lieu le 8 septembre 1855. Sébastopol capitule.

  Charles Clemmer, qui s’est distingué par sa bravoure durant ces combats, voit sa carrière s’accélérer . Il est successivement promu lieutenant le 24 mars 1855 et capitaine le 29 juin 1855, après 3 mois seulemennt.

Tenue des  turcos   

  Tenue d’officier

Retour en Algérie (1856-1858)

  Le 26 octobre 1855 il embarque pour l’Algérie et gagne Constantine avec le 3e Régiment de Tirailleurs Algériens (R.T.A.) en passant par Constantinople et Galipoli. En février 1856 il est à Blida et en mars à Sétif. Il est de nouveau affecté à des opérations de consolidation de la présence française sur un terrain qu’il connaît bien.

  Au cours de l’été 1858 il est en permission à Méteren. A son retour  à Alger en décembre il repart en expédition dans le sud algérois.

Guerre d’Italie (1859)

  L’Autriche, qui occupait la Vénétie et la Lombardie depuis le traité de 1815, envahit le Piémont. En avril 1859 l’armée française franchit les Alpes et une partie s’embarqua à Toulon pour Gênes, avec Napoléon III. Charles Clemmer est à nouveau de l’expédition avec ses turcos, au départ de Toulon. Il débarque à Gênes et est expédié en Lombardie contre les Autrichiens.

Nouveau court séjour en Algérie (1859-1861)

  Il est rappelé à Alger en mai 1859 pour y exercer des fonctions de trésorier car il a aussi acquis des connaissances dans le domaine administratif où il est reconnu pour son sens de l’organisation et sa rigueur. Le 7 août 1859 il est fait chevalier de la Légion d’Honneur. Le 25 octobre de la même année il perd son frère Auguste, sergent, engagé lui aussi, atteint du choléra au Maroc.

Expédition de Cochinchine (1861-1864)

  Charles Clemmer embarque pour la province de Saïgon le 15 août  1861. Le pays, conquis en partie depuis 1857, est en proie à une rébellion menée par les « Annamites » de Tu-Duc, empereur d’Annam (1848-1883).Ses persécutions contre les missionnaires catholiques furent le prétexte de l’intervention de la France en Cochinchine (1861-1867), puis de l’expédition du Tonkin.

  Située dans le delta du Mékong aux bras innombrables, la région est connue pour son climat meurtrier. Nos compagnies de soldats sont réparties en divers points du territoire qu’elles aménagent en autant de sites défensifs d’où elles rayonnent pour traquer les rebelles. Une tâche particulièrement ingrate dans un pays inhospitalier. Après trois ans passés en Cochinchine Charles bénéficie d’une longue permission et quitte Saïgon le 12 juillet 1864. Il rencontre le peintre De Conninck à Paris  et passe la fin d’année dans sa famille à Méteren .

La campagne du Mexique (1865-1867)

  La république du Mexique était en révolution, les commerçants étrangers étaient maltraités. La France, l’Angleterre et l’Espagne exigèrent que leurs commerçants fussent payés des dommages qu’on leur avait causés. Les mexicains offrirent une indemnité. L’Angleterre et l’Espagne s’en contentèrent, pas la France. La guerre du Mexique commença.

  On s’aperçut par la suite que le véritable but de l’expédition était de fonder au Mexique un gouvernement monarchique, un empire au profit d’un prince autrichien, l’archiduc Maximilien qui fut proclamé en 1864 sous la protection de nos troupes. Nos régiments étaient obligés de sillonner  le vaste territoire du Mexique pour faire reconnaître son autorité. C’est dans ce contexte que Charles Clemmer  s’embarque pour le Mexique en septembre 1865.

  Il avait au préalable effectué un court séjour en Algérie de janvier à juin 1865 . Le 17 juin 1865 il est nommé commandant chef de bataillon au 14e R.I. à Paris, puis passe au Régiment Etranger avec lequel il s’embarque pour le Mexique sous les ordres du général Douai.

  A la tête d’une colonne il pénètre à l’intérieur du Mexique d’où il harcèle les bandes d’insoumis puis il se retranche à Matehuala d’où il rayonne. En novembre 1866 son régiment est à Queretaro  où l’ empereur Maximilien sera fait prisonnier et fusillé en  juin 1867.

Le 1er février 1867 il est élevé au grade d’officier de la Légion d’Honneur. Il quitte le Mexique le 25 février 1867.

Retours en Algérie et mariage 1867-1869 :

  Le 30 mars 1867 il est de retour en Algérie où il prend le commandement du bataillon de tirailleurs algériens.

  Début octobre 1867 il est à Bailleul où il épouse Mathilde Coralie Charlotte Ruyssen. Le couple embarque pour Constantine le 8 octobre 1867 et mène une vie errante entre Constantine, Sétif, Batna et Biskra.

 Ils sont de retour à Paris en avril 1869. Le Commandant est le chef de la garde aux Tuileries et il dîne à la table du couple impérial.

Commandant Clemmer 1845-1870

( Collection Furon )

Mathilde Coralie Charlotte Ruyssen

Epouse Clemmer

( Collection Furon )

 

La mort glorieuse 1870 :

   Charles est de nouveau de retour en  Algérie le 31 mai 1870. Sa femme reste à Paris, en principe jusqu’au 15 août, mais ils ne se reverront plus car la guerre est déclarée à la Prusse le 19 juillet 1870. Les tirailleurs embarqués à Constantine sont dirigés en Alsace. Ils sont incorporés dans le 1er corps de l’armée du Rhin, commandé par Mac-Mahon

  Les premiers engagements des Turcos ont lieu le 4 août à Wissembourg où ils livrent des combats retardateurs  meurtriers devant une armée prussienne très supérieure en nombre et en armement. Les régiments algériens montent à l'assaut des hauteurs, font des prodiges, mais sont submergés dans un combat inégal. L'héroïsme des soldats arabes tués, blessés ou faits prisonniers, en ces journées de Wissembourg et de Woerth, sauva, au prix de lourdes pertes, le gros de l’armée française qui put se replier. L'armée française, battue le 4 à Wissembourg, est refoulée de Woerth par l'armée du Prince Royal de Prusse. Le 6 août, c’est Froeschwiller et Reichshoffen. Pour couvrir sa retraite Mac-Mahon sacrifie ses dernières troupes de réserve. Alors apparurent à nouveau les tirailleurs algériens. Ils avaient combattu l'avant veille toute la journée à Wissembourg. Ils étaient 1700. Déployés en ligne, comme à la parade, sans tirer un coup de feu, criant d'une seule voix:« À la baïonnette! », ils s'élancèrent. En quelques minutes, ils reprennent les pièces perdues, le village d'Elsasshausen et, toujours courant, poursuivent les Allemands jusqu'à la lisière de la forêt. Là, contre un ennemi bien à couvert, leurs charges, trois fois renouvelées, furent vaines. Quand les tirailleurs, décimés par la mitraille, se retirèrent, ils laissèrent sur le terrain 800 hommes, la moitié de leur effectif. La charge des tirailleurs, la résistance acharnée de quelques débris de régiments, permirent la retraite sur Reichshoffen. 

   Le commandant Clemmer est au nombre des morts glorieux du 6 août , tué d’une balle lors de la troisième charge des héroïques turcos. Il est tombé non loin du pont de Bruche-Muhle sur la Sauer, entre Eberbach et la forêt de Niederwald, au cours du combat appelé « bataille de Froeschwiller ».

  Les trois régiments turcos ont vu ce jour là 90% de leurs officiers et sous-officiers mis hors de combat. Ceux-ci étaient en effet les premiers visés par les tireurs ennemis.

  Le 2 avril 1873, le Conseil Municipal de Méteren autorise le Maire (Edouard Leurs) à concéder gratuitement et à perpétuité à son épouse, deux  mètres carrés du cimetière de Méteren pour y élever un cénotaphe (*) à la mémoire de Charles Louis Clemmer. Il fut détruit en avril 1918. Le buste en bronze, retrouvé dans les ruines du cimetière, se trouve actuellement dans la salle de réunion de la mairie de Méteren.

  Les époux Clemmer sont décédés sans postérité.

Daniel Fache, J.P.Deswarte   

* cénotaphe : tombeau monumental érigé à la mémoire d’un mort, mais qui ne renferme pas son corps.

Bibliographie :

  Un soldat d’Afrique, vie du Commandant Clemmer, 1825-1870, par Gustave Derudder - 1899

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V– 4  Marie DELIE, dentellière (1865-1943)  

Marie Délie est née à Méteren le 16 avril 1865. Elle était la fille de Pierre Jean Joseph Délie et de Stéphanie Eugénie Serteel.

Elle a consacré toute son existence au travail de la dentelle. Agée de cinq ans, elle commençait déjà son apprentissage à l’école dentellière de Méteren sous la direction de Melle Catherine Heyman. Ces cours étaient suivis régulièrement par une soixantaine d’enfants.

La guerre de 1914-18 interrompit à peine ce labeur. Evacuée de Méteren en avril 1918, Marie Délie partit à Lisieux. Elle y séjourna quinze mois. Elle revint à Méteren sitôt que sa petite maison de la rue de la Fontaine fut reconstruite.

En 1929 les dentellières  résolurent de se grouper en syndicat afin de mieux vendre leurs productions. Marie Délie, en fut la première présidente, entourée au bureau par les plus expertes dentellières. Les fonctions de secrétaire furent confiées à Valentine Buttin.

Le démarrage du syndicat fut aidé par un don généreux de l’ œuvre du « Retour au Foyer ». Les dentellières de Méteren vont s’y rallier nombreuses car c’était pour elles le seul moyen d’écouler leur production. Toutes les dentellières de Flandres les suivront.

 

Collection Daniel Fache

De nombreuses distinctions lui seront décernées tout au long de sa carrière.

En 1924 le « Retour au Foyer » organise un concours local  réservé aux dentellières de la région de Bailleul.

Quatre vingt quatorze méterennoises s’y inscrivent .

Marie est du nombre, et en même temps membre du jury désignée par les ouvrières dentellières.

Trois prix hors concours sont décernés, dont un à Marie qui se voit attribuer en outre une prime exceptionnelle pour « affirmer  tout l’intérêt que le  Retour au Foyer  porte à l’exécution d’œuvres de haute qualité et pour que son exemple soit suivi par les ouvrières de la région ».

1924, c’est aussi l’année du premier concours du meilleur ouvrier de France (M.O.F.) mais les méterennoises impliquées dans le concours local de Bailleul n’y participent pas.

En 1927 Marie participe pour la première fois aux sélections pour le titre de Meilleur(e) Ouvrier(e) de France (M.O.F.). Les épreuves se déroulent  tous les  trois ans, en deux étapes :

       -des Expositions départementales du Travail permettent de sélectionner les meilleu-res dentellières du département auxquelles on décerne médailles d’or, d’argent et de bronze.

        -Une Exposition nationale du Travail ouverte aux médaillées d’or des départements dont les plus expertes peuvent se voir décerner le titre de Meilleur(e) Ouvrier(e) de France.

Au concours départemental des 28 et 29 août 1927 deux personnes sont classées hors concours avec médaille d’or. Il s’agit de deux méterennoises, une reconnaissance de premier plan pour l’école dentellière du village.

 Marie Délie reçoit la première médaille d’or, Mme Sure-Franchomme, reçoit la deuxième. Elles sont toutes deux qualifiées pour le concours national. Celui-ci a lieu à Paris les 30, 31 octobre et 1er novembre 1927. Marie Délie est reçue au rang de Meilleure Ouvrière de France, catégorie « Dentelles au fuseau ».

Le concours de 1930 n’est pas organisé, il faut attendre 1933. Marie obtient un deuxième titre de Meilleure Ouvrière de France. La médaille lui sera remise à Méteren le 10 mai 1934 par Paul Perrier, Conseiller Général, au cours d’une cérémonie que relate César Lauwerie dans son livre « Méteren, fin du XIXe et début du XXe siècle » page 93.

Marie Délie a longtemps enseigné à l’Ecole Dentellière du Retour au Foyer de Méteren où elle a formé à son art de nombreuses fillettes et jeunes filles, perpétuant une tradition flamande qui semble remonter au XVIe siècle et qui connut son apogée au XVIIIe. Elle consacrait le reste de son temps au travail de la dentelle à domicile en compagnie de voisines ou d’élèves. Elle a vécu modestement dans sa petite maison du bas de la rue de la Fontaine. Elle est décédée, sans descendance, à son domicile, le 24 mars 1943.

Elle fut la figure emblématique de ces nombreuses dentellières méterennoises, elles étaient encore 300 en 1910, qui de génération en génération, ont pratiqué cet art, le plus souvent pour n’apporter qu’un maigre revenu d’appoint à leur foyer. En ce sens on ne peut qu’applaudir la décision du Conseil Municipal de la commune qui, en 1989, donna le nom de Marie Délie à la rue du nouveau lotissement Bellevue.

Ecole Dentellière de Méteren vers 1924 ou 1925. Marie Délie est debout, inspectant le travail d’une de ses élèves

 

Bibliographie :

« L’industrie dentellière française, principalement en Flandres . Enquête dans la région de Bailleul, Mabille de Poncheville, Librairie Giard, Valenciennes, 1911.

 « Bailleul en dentelles » - Musée de Puydt, Bailleul, 1992

Daniel Fache / J.P. Deswarte

 

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