Jeudi 22 Janvier 1998 - 20h08 heure de Paris - Le président du groupe RPR à l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré, a dénoncé, jeudi, "le retour de l'Etat PS", accusant notamment le ministre de l'Education nationale, Claude Allègre, de se livrer à "un travail de quasi-épuration".
"Je vois arriver l'infiltration de l'Etat par les camarades du Parti socialiste, alors que M. Jospin avait dit qu'il ne reviendrait pas à ces vieilles pratiques", a affirmé M. Debré. Selon lui, "M. Allègre a réuss i l'exploit, à mettre au niveau des records, de virer en une seule fois, par une seule décision, tous les di recteurs d'administration centrale étiquetés par lui comme proches de l'ancienne majorité".
" En réduisant de dix-neuf à dix le nombre des directeurs, il a en réalité renvoyé p lus de quinze personnes", a-t-il dit, ajoutant: "Il en est de même pour les recteurs nommés depuis le d&eac ute;but de la cohabitation". "Un travail quasi-systématique d'épuration politique a été entr epris", a affirmé l'ancien ministre de l'Intérieur. Selon lui ce terme est employé par "certains syndicats à l'intérieur du ministère de l'Education nationale".
"Regardez ce qui se passe à l'INSE RM, à l'INRA, à l'INRIA: à chaque fois, le ministre de l'Education nationale veut placer ses amis politiques. C'est ça le retour de l'Etat PS, à l'Education nationale et dans beaucoup d'autres secteurs", a-t-il dit. "C'est une conception de l'Etat qui n'est pas la nôtre", a-t-il ajouté.
Philippe Séguin : "remettre à plat" le système d'indemnisation du chômage
Jeudi 22 Janvier 1998 - 22h21 heure de Paris - Le président du RPR, Philippe Séguin, a estimé, jeudi, qu'il fallait "remettre à plat" le système d'indemnisation du chômage qui est "inefficace et extrêmement coûteux".
Tout en se refusant à "la caricature" de la politique é conomique du gouvernement socialiste, M. Séguin, interrogé sur France 2, a affirmé que son "pronostic sur les effets à venir de cette politique est malheureusement défavorable".
Le Premier ministre Lionel Jospin est "dans une contradiction entre les espoirs qu'il a suscités, pas toujours à son corps défendant, pendant la campagne électorale, et les contraintes qu'il est bien obligé de prendre en considération", a-t-il estimé. Il a ajouté qu'il "rejoignait bien volontiers le Premier ministre" sur un point: "Plutôt que de se résigner à une socié té d'assistanat, il faut faire en sorte que les gens soient susceptibles d'avoir une activité".
Notant que M. Jospin "fonde toute sa politique sur les emplois Aubry et les 35 heures", M. Séguin a estimé que "ce n'est pas en augmentant le nombre des fonctionnaires qu'on peut régler le problème du chômage". Quant aux 35 heures, le RPR "n'est pas opposé à la diminution du temps du travail", mais refuse qu'elle soit "uniforme et autoritaire", a-t-il dit.
Evoquant les études sur l'effet des 35 heures, M. Séguin affirmé que "certaines" d'entre elles "prévoient une baisse de l'emploi du fait de l'application des 35 heures". "Mais ça, on n'en entend pas parler par le Premier ministre", a-t-il ajouté. "Celles qui sont favorables mettent deux préalables: l'introduction de la flexibilité et la baisse du salaire. En aucun cas il n'est question, comme le laisse entendre le Premier ministre, de travailler 35 heures payées 39. Sur ces deux préalables, le Premier ministre était hier d'une discrétion absolue, pour ne pas dire d'un mutisme total", a-t-il ajouté.
M. Séguin s'est inscrit en faux contre l'idée, exprimée jeudi par M. Jospin, d'une "responsabilité" des entreprises dans le chômage. "Les entreprises ne sont pas comptables en termes d'emploi, mais en termes d'accroissement de la richesse nationale. Ce sont les pouvoirs publics qui sont responsables en termes d'activité", a-t-il dit, qualifiant la notion d'"entreprise citoyenne" de "rigolade".
Alors qu'on lui demandait si le Premier ministre Lionel Jospin avait eu raison de dire mercredi qu'il était impossible de relever les minima sociaux de 1.500 F, M . Séguin a reconnu que "le budget de l'Etat est dans l'incapacité de faire face à une dé pense" de 70 milliards.
Le système d'indemnisation du chômage "a été prévu pour 200.000 chômeurs. Or nous en avons 16 ou 17 fois plus", a-t-il dit. "On assure son emploi comme on assure son automobile. Avec 12,5% de la population active au chômage, cela correspond à une chance sur huit d'avoir un accident quand on prend le volant le matin. L'assurance automobile n'y résisterait pas. L'assurance c hômage n'y résiste pas non plus."
M. Séguin a conclu en demandant aux Français de "se souvenir" de la réaction qui a été la leur "face aux situations de détresse" des chômeurs, "lorsqu'il y aura des décisions importantes à prendre".
Mazeaud propose de repousser le passage à l'euro
PARIS, 18 janvier, Reuters - Le RPR Pierre Mazeaud a souhaité dimanche que la France repousse d'un an ou deux son passage à l'euro pour s'attaquer au chômage par une relance de la consommation impliquant "un peu d'inflation".
"Les autres pays qui ont gagné la bataille du chômage n'ont pas hésité à avoir un peu d'inflation, même certains ont été jusqu'à la dévaluation, la Grande-Bretagne", a-t-il dit lors de l'émission Public sur TF1.
"Je comprends que l'Europe soit une nécessité, (...) mais je dis tout de suite que si l'Europe est en marche, n'allons pas trop vite", a-t-il ajouté.
Pierre Mazeaud a proposé "à défaut de changer profondément de politique" de "reculer un petit peu, d'un an, deux ans, les problèmes de la monnaie", quitte à ce que la France renonce provisoirement à ses engagements européens.
"Il n'est pas normal que la France soit dans la situation la plus dramatique", a-t-il dit, affirmant que ce n'était pas "en baissant le temps de travail à 35 heures" que l'on ferait baisser le chômage mais en "redonnant du travail".
"Il ne faut pas rester attaché et fidèle à l'argent cher, un peu d'inflation, que l'argent soit moins cher, que les gens consomment. A ce moment-là, les entreprises feront des carnets de commande", a-t-il ajouté.
Le PS remercie le FN
La Lettre de la Nation, 16 janvier - "70" c'est le nombre de députés PS élus dans le cadre de triangulaires ou grâce à des reports de voix du FN lors des dernières législatives.
Jospin, Dreyfus et le F.N.
PARIS, 15 janvier, Reuters - Philippe Séguin accuse Monsieur Jospin d'entretenir "une misérable guerre civile" et de prendre "un malin plaisir à réveiller les vieilles divisions nationales", comme lors de l'incident survenu mercredi à l'Assemblée à propos de l'abolition de l'esclavage et de l'affaire Dreyfus.
"Au lieu de tourner l'attention du pays vers l'avenir, M. Jospin préfère-t-il entretenir, ou tenter d'entretenir, une misérable guerre civile ? Nous sommes loin, bien loin, tristement loin de Lincoln, Jaurès ou de Gaulle", écrit le président du RPR dans une courte tribune publiée vendredi dans Le Figaro.
"Cette attitude doit être dénoncée. Car on voit trop combien elle nuit à la France. On voit trop à qui elle profite: au Front national. M. Jospin ferait mieux de s'attaquer aux vrais problèmes: le chômage et l'Europe. Les fantômes du passé ne lui sont, en effet, d'aucun secours", affirme Philippe Séguin.
Pour le président des gaullistes, "les socialistes se réfugient de plus en plus dans le passé, pour mieux échapper aux réalités du présent".
Pour le président du RPR, le "dérapage verbal" du Premier ministre, qui s'en était pris mercredi à l'attitude de la droite française face à l'abolition de l'esclavage et l'affaire Dreyfus, "a des racines profondes et inquiétantes".
"Comment ne pas voir que les socialistes prennent un malin plaisir à rouvrir les plaies du passé, à ranimer les haines, parfois même les souffrances ?", lance-t-il.
Incident/Assemblée - Jean-Louis Debré "prend acte" des "regrets" de Jospin
PARIS, 15 janvier, Reuters - Le président du groupe RPR de l'Assemblée, Jean-Louis Debré, a "pris acte" jeudi des "regrets" exprimés par le Premier ministre, Monsieur Jospin, au lendemain de l'incident qui l'a opposé à l'opposition au Palais-Bourbon.
"J'ai pris acte des regrets du Premier ministre. Je me demande simplement si, quand on est Premier ministre, on ne devrait pas réfléchir avant de parler", a-t-il déclaré dans les couloirs de l'Assemblée.
"Comme il lisait un texte, ce n'était pas une improvisation. Alors il est facile aujourd'hui, devant les cris, devant les protestations, devant l'indignation de dire: 'désolé, j'aurais dû réfléchir'", a poursuivi le président du groupe RPR. "Si la France est gouvernée par des gens qui ne réfléchissent pas, où va-t-on?".
Prié de dire s'il attendait des excuses du chef du gouvernement, Jean-Louis Debré a répondu: "non, parce que finalement il est face à sa conscience et il est face aux Français qui ont trouvé que ce qu'il avait dit était indigne d'un Premier ministre".
La Constitution révisée par Monsieur Jospin
PARIS, 15 janvier, Reuters - Le président du RPR, Philippe Séguin, a accusé jeudi le Premier ministre, Monsieur Jospin, de ne pas respecter la Constitution à propos de la ratification du traité d'Amsterdam et a affirmé que le gouvernement "joue les abonnés absents".
Lors de ses voeux à la presse, le président du mouvement gaulliste a tenu à poser la question qu'il entendait soumettre la veille au chef du gouvernement lors de la séance des questions d'actualité à l'Assemblée, interrompue par la polémique sur l'esclavage et l'affaire Dreyfus.
Philippe Séguin a rappelé que Monsieur Jospin avait déclaré mardi, lors de ses propres voeux à la presse, que l'initiative de la révision de la Constitution nécessaire à la ratification du traité européen revenait au président Jacques Chirac.
Il a alors interrogé: "Pourriez-vous nous confirmer, M. le Premier ministre, que, dans le cas d'espèce, vous êtes bien résolu à renoncer à exercer vos prérogatives constitutionnelles".
Philippe Séguin a cité l'article 89 de la Constitution qui stipule que "l'initiative de la révision de la Constitution appartient concurremment au président de la République sur proposition du Premier ministre et aux membres du Parlement".
"Il est temps d'éclaircir une situation ubuesque", a-t-il lancé.
Pour Philippe Séguin, "depuis des mois, le Premier ministre, jaloux de ses prérogatives, dispense avec hauteur des leçons de droit constitutionnel au chef de l'Etat". "Aujourd'hui, il se défait benoîtement du pouvoir de proposition que lui confère l'article 89 de la Constitution en matière de révision".
"Ce pouvoir, pourtant décisif, puisque le président de la République est lié par le contenu de la proposition du Premier ministre et ne peut s'en écarter, M. Jospin, purement et simplement, s'en dessaisit. Il s'en dessaisit à la lettre", a-t-il ajouté.
"Nous savons ainsi, et du même coup, que M. Jospin n'a rien à dire sur le traité d'Amsterdam (...) Je craignais la dilution du débat d'Amsterdam dans un magma de questions informes (...) Mais en fin de compte, nous sommes confrontés au néant. A l'inconnu total. Le gouvernement ne veut pas gouverner. Il joue les abonnés absents", a lancé le président du RPR.
Lille - La police municipale "gaze" les chômeurs
Lille, 15 janvier - Des échauffourées ont opposé jeudi des policiers municipaux de Lille à une quinzaine de chômeurs qui ont envahi le hall de la mairie pour tenter de rencontrer Madame Aubry, ministre de l'Emploi et premier adjoint au maire.
Selon des témoins, les policiers municipaux, ont fait usage de gaz lacrymogène à l'encontre des chômeurs. Il n'y a pas eu de blessé. L'occupation se poursuivait à 15h00. Un cordon de forces de l'ordre s'est déployé à l'extérieur du bâtiment.
Une délégation de chômeurs a été reçue par des collaborateurs de Madame Aubry qui ne se trouvait pas à Lille en raison de ses activités de ministre (rappelons que Madame Aubry est ministre, adjoint au maire de Lille, vice-présidente de la communauté urbaine, élue député à Seclin en 1997, présidente du FACE, etc, etc).
L'Histoire de France révisée par Monsieur Jospin
Paris, 14 janvier - Réagissant aux déclarations de Monsieur Jospin à l'Assemblée, le président du RPR l'a taxé d'"ignorance".
"L'histoire retiendra que le Premier ministre de la France a cité Gambetta parmi les héros de la gauche lors de l'affaire Dreyfus, alors que Gambetta est mort en 1882, c'est-à-dire 12 ans avant le déclenchement de l'affaire" en 1894, a déclaré Philippe Seguin à des journalistes au Palais-Bourbon.
Chômeurs/Debré - Le gouvernement a montré son "incapacité"
PARIS, 13 janvier, Reuters - Le président du groupe RPR de l'Assemblée, Jean-Louis Debré, a une nouvelle fois critiqué, mardi, le gouvernement pour sa gestion du mouvement des chômeurs.
"Nous avons trouvé que le gouvernement ne récoltait que sa façon de gérer ou de ne pas gérer cette crise", a-t-il déclaré à l'issue de la réunion hebdomadaire du bureau de son groupe.
"Il a fait preuve en ce domaine de mépris puis d'indifférence et finalement il a montré son incapacité à entendre celles et ceux qui souffrent", a ajouté l'ancien ministre de l'Intérieur.
A propos du Parti communiste, Jean-Louis Debré a rappelé l'attitude de ce dernier en 1947.
"Certains ont évoqué l'évolution assez intéressante du Parti communiste", a dit Jean-Louis Debré.
"En 1947, quand les socialistes étaient au pouvoir et qu'ils envoyaient la police contre les chômeurs, les communistes quittaient le gouvernement. Aujourd'hui, le gouvernement envoie la police contre les chômeurs et les communistes approuvent".
Jacques CHIRAC: les Français "ne croient pas que réduire le temps de travail réduira le chômage"
TULLE, 10 jan (AFP) - Le président Jacques Chirac a affirmé samedi à Tulle que les Français, "dans leur immense majorité, ne croient pas que réduire le temps de travail, qui est une aspiration naturelle et légitime, réduira le chômage".
"Créer les conditions de l'activité et du développement, tel est donc l'enjeu" pour créer du travail, a-t-il déclaré en estimant que "les remèdes" étaient connus, "même s'ils sont parfois difficiles à atteindre": "baisser les charges, diminuer les impôts, introduire davantage de souplesse dans l'organisation du travail".
"La France, s'est interrogé le chef de l'Etat, peut-elle être le pays où l'on entre le plus tard sur le marché du travail, où l'on en sort le plus tôt, où l'on travaille le moins, alors que la durée de la vie ne cesse de s'allonger?" "A cette interrogation de fond, le simple bon sens apporte sa réponse", a-t-il assuré.
"Au fil des siècles, le temps de travail est allé diminuant, et avoir du temps pour soi est une aspiration naturelle. Il est normal, et conforme au cours des choses, que la réduction du temps de travail fasse partie des discussions sur l'organisation du travail", a reconnu le président de la République.
Il a toutefois posé une "condition, le dialogue social, seul moteur d'une démocratie moderne et dynamique". "Comment imaginer, aujourd'hui, que ce qui concerne la vie des entreprises ne soit pas discuté et négocié entre partenaires sociaux, au sein de l'entreprise, jusqu'à ce que chacun y trouve son avantage ?" a demandé Jacques Chirac en mettant en garde contre "le danger de méthodes qui imposeraient des solutions uniformes sans tenir compte des différences dans un monde de plus en plus concurrentiel".
Comme il l'a fait à plusieurs reprises cette semaine au cours des cérémonies de voeux à l'Elysée, M. Chirac a plaidé pour qu'"un meilleur équilibre soit trouvé dans notre pays entre le secteur public et le secteur privé".
"Nous avons naturellement besoin d'emplois publics", a-t-il dit en citant l'exemple de la santé, de l'éducation, de la justice, de la police. "Mais est-il raisonnable que nous soyons le pays où l'emploi public a le plus progressé au cours des 20 dernières années, alors que les créations d'emploi dans le secteur privé étaient les moins nombreuses ?" a-t-il encore demandé.
Il a appelé à "briser le cercle vicieux" de l'augmentation des impôts et des taxes, qui pèse "sur le développement de l'activité, donc de l'emploi".
Jacques CHIRAC "les remèdes sont connus"
TULLE, 10 jan AFP (extrait) - Comme chaque année depuis son élection à la présidence de la République en mai 1995, le chef de l'Etat est venu présenter ses voeux aux Corrèziens, dont il fut l'élu pendant 28 ans. Dans le gymnase du lycée Edmond-Perrier de Tulle, Jacques Chirac s'est adressé à un auditoire d'un millier de personnes, composé d'artisans, d'agriculteurs, de patrons et salariés de PME.
"Les obstacles que vous devez affronter sont connus. Les remèdes le sont aussi même s'ils sont parfois difficiles à atteindre: baisser les charges, diminuer les impôts, introduire davantage de souplesse dans l'organisation du travail", a-t-il dit.
Pour le chef de l'Etat, la seule façon de marquer "des points contre le chômage" est de susciter "plus de croissance et d'activité". "Cela suppose qu'un meilleur équilibre soit trouvé dans notre pays entre le secteur public et le secteur privé", a-t-il dit.
"Qui ne voit que la masse considérable des dépenses de l'Etat et des collectivités locales pèse directement sur le développement de l'activité, donc de l'emploi, à force de taxes et d'impôts? Il y a là un cercle vicieux que nous devons briser", a-t-il ajouté.
Jacques Chirac a estimé qu'il s'agissait d'"une question de volonté politique". "Examiner chaque dépense. Veiller à ce que chaque franc d'argent public dépensé soit utile à la collectivité. Poursuivre résolument la réforme d'un Etat aujourd'hui menacé d'impuissance", a-t-il préconisé.
Chômeurs - "Pas de réponses précises et concrètes", dit Jean-Louis Debré
PARIS, 9 janvier, Reuters - Jean-Louis Debré, président du groupe RPR à l'Assemblée, estime que les mesures annoncées par le Premier ministre en faveur des chômeurs n'apportent pas "de réponses précises et concrètes aux problèmes posés".
"J'ai cinq remarques à faire. La première, c'est qu'il y a un décalage énorme entre les discours tenus et les mesures annoncées. La deuxième, c'est que Jospin fait preuve d'une prétention et d'une autosatisfaction extraordinaire. Sa politique est contestée à l'étranger, condamnée en France et il persiste et signe", a-t-il dit dans les couloirs du Palais-Bourbon.
"La troisième remarque, c'est qu'il n'y a pas de réponses précises et concrètes aux problèmes posés. Le problème posé, c'est le chômage longue durée qui a progressé de 1,2% en novembre et il répond '35 heures'. Il répond chômage et emplois de jeunes or les emplois des jeunes ne sont pas ciblés et ne concernent pas les jeunes exclus", a-t-il ajouté.
Jean-Louis Debré a souligné que Lionel Jospin débloquait "un milliard sans dire si c'est par redéploiement et sans dire si dans ce milliard, il y a déjà les 500 millions qui ont déjà été annoncés par Mme Aubry";.
"Enfin, le Premier ministre reconnaît qu'il a perdu sept mois. Monsieur Jospin redécouvre après sept mois à Matignon qu'il y a dans ce pays des exclus", a ajouté le président du groupe RPR.
Jacques Chirac appelle l'Etat à mieux dépenser
PARIS, 8 janvier, Reuter - Jacques Chirac a jugé jeudi que l'Etat devait mieux dépenser et faciliter la création d'emplois privés plutôt que celle d'emplois publics afin de pouvoir satisfaire aux besoins des personnes en grande difficulté.
Recevant les "forces vives" pour la traditionnelle cérémonie de voeux, le chef de l'Etat n'a pas évoqué directement le mouvement des chômeurs mais a souligné que "l'actualité nous montre chaque jour combien l'emploi doit être notre priorité".
"Qu'il s'agisse des tâches régaliennes ou du bon fonctionnement des services essentiels à la vie du pays, il faut veiller à ce que chaque franc dépensé soit réellement utile à la collectivité", a-t-il déclaré.
"C'est ainsi que pourront être réduites les dépenses excessives et donc dégagés les crédits nécessaires à la satisfaction des besoins insuffisamment couverts. Je pense par exemple aux chômeurs en grande difficulté, aux personnes handicapées ou aux personnes très âgées".
Le chef de l'Etat s'exprimait devant les représentants des organisations syndicales et patronales mais aussi quelque 200 chefs d'entreprises et les PDG d'entreprises publiques, et en présence du Premier ministre Monsieur Jospin.
Il a souligné que "l'emploi public a aussi toute sa place" dans l'économie, mais relevé que "de tous les pays occidentaux" la France était "celui où les créations d'emplois dans le secteur privé ont été les moins nombreuses au cours des vingt dernières années et où l'emploi public a le plus progressé".
"Un jour où l'autre vient l'épreuve de vérité: comment financer à un niveau si élevé le fonctionnement de l'Etat et des collectivités publiques sans freiner le développement de l'activité et de l'emploi par des prélèvements excessifs? Cette question n'est ni de gauche ni de droite, elle est d'intérêt national. Notre pays ne peut pas l'éluder", a-t-il dit.
En filigrane, le chef de l'Etat a redit son opposition à une réduction du temps de travail passant par la loi, comme le gouvernement a prévu de le faire, en jugeant que "s'il y a aujourd'hui un modèle pour la France, ce modèle ne peut être différent du nouveau modèle européen qu'elle a elle même contribué à définir".
Il a prôné le dialogue qui "n'est pas une mode", mais une "éthique" et également une "nécessité" car "ce qui fait la force d'un grand pays moderne, c'est sa capacité à trouver des solutions qui recueillent l'assentiment le plus large du corps social".
Jacques Chirac a également encouragé à la poursuite de la réforme de la sécurité sociale, engagée, a-t-il dit, il y a deux ans "avec le soutien de beaucoup d'entre vous" et qui "joue un grand rôle dans le maintien de notre cohésion sociale".
"Nous devons veiller à garantir la sécurité de tous face aux événements et aux risques de la vie", en citant la violence, mais aussi "la maladie, le chômage, l'exclusion sociale, la vieillesse".
Madame Blandin gênée d'appartenir à la gauche plurielle
LILLE, 7 janvier, Reuters (extrait)- La présidente écologiste de la région Nord/Pas-de-Calais, Marie-Christine Blandin, a fustigé mercredi soir l'intervention des forces de l'ordre qui ont évacué des chômeurs des locaux des ASSEDIC de Lille, affirmant "qu'elle se sentait gênée de faire partie d'une majorité plurielle".
Arrivée sur les lieux une heure après l'évacuation d'une trentaine de sans-emploi, Marie-Christine Blandin a mis en garde le gouvernement.
"S'ils veulent faire descendre tout le monde dans la rue, ils vont réussir" a-t-elle prévenu. La présidente de région a parlé d'une "intervention des flics lamentable"
Jacques Chirac critique la majorité plurielle sur le programme parlementaire
PARIS, 6 janvier, Reuters - Le président Jacques Chirac a reproché mardi au gouvernement socialiste (socialo-écolo-communiste NDLR) un programme parlementaire trop "chargé" et le recours trop fréquent à la procédure d'urgence.
Recevant les voeux des bureaux des assemblées, le chef de l'Etat, cité par sa porte-parole Catherine Colonna, a estimé que le programme législatif avait imposé aux assemblées des "contraintes lourdes".
"Beaucoup de textes de loi ont été soumis au Parlement selon la procédure d'urgence. Or la fréquence de son usage, qui est certes une prérogative constitutionnelle à la disposition du gouvernement, ne favorise pas toujours la qualité des travaux législatifs, en particulier pour les projets de loi complexes qui exigent une discussion approfondie", a-t-il dit.
"Elle affecte aussi le rapprochement des points de vue entre les deux assemblées et nuit par là même au fonctionnement du bicamérisme auquel les Français sont fortement attachés. Les fonctions de débat et de contrôle supposent que le Parlement dispose dans les faits des moyens de s'exprimer et d'agir", a-t-il ajouté.
Depuis le changement de majorité parlementaire, trois projets de loi de première importance concernant les emplois jeunes, la nationalité et l'entrée et le séjour des étrangers en France ont été soumis au Parlement selon la procédure d'urgence.
La pensée unique chez les fonctionnaires
PARIS, 2 janvier, Reuters - Henri Guaino estime que la décision du gouvernement, vendredi, de lui retirer ses fonctions de commissaire au Plan constitue "un limogeage pur et simple" et dit voir dans cette mesure "une nouvelle manifestation du triomphe de la pensée unique".
Dans une interview publiée par le journal Le Monde, il juge qu'il y a un "lien" entre son éviction, deux ans seulement après sa nomination, et sa participation à la rédaction d'un rapport évaluant à près de sept millions de le nombre de personnes touchées par les difficultés de l'emploi.
"On me l'a fait comprendre. Cela n'a d'ailleurs rien de surprenant puisqu'en faisant le constat (...), nous avons précisément apporté la preuve de l'échec de cette politique unique", souligne-t-il.
Henri Guaino, proche du président du RPR Philippe Séguin et l'un des théoriciens de la fracture sociale, a été remplacé en Conseil des ministres par l'économiste Jean-Michel Charpin, actuellement responsable de la gestion actif-passif à la BNP.
Pour le commissaire sortant, "cette affaire n'a rien à voir avec le clivage droite/gauche".
"A gauche, beaucoup de responsables politiques ou d'intellectuels m'ont apporté leur soutien".
"Non ...à la racine de tout cela, il y a quelque chose de beaucoup plus profond: mon éviction est une nouvelle manifestation du triomphe de la pensée unique. c'est une preuve de plus que le camp de la pensée unique domine tout dans les grandes administrations françaises et dans les cabinets ministériels, à commencer, semble-t-il, par le cabinet du Premier ministre", déclare-t-il.
Henri Guaino rapproche son limogeage à la dissolution par le gouvernement d'Edouard Balladur du Centre d'études des revenus et des coûts (CERC), "au motif qu'il publiait des études dérangeantes sur le développement des inégalités en France".